Les sociétés de gestion européennes doivent accélérer leurs préparations avant la mise en place du « Key Information Document » (KID), le document d’informations clés pour l’investisseur imposé par la directive Ucits IV, selon l’enquête que une étude publiée par PwC (PricewaterhouseCoopers) et l’Association européenne de la gestion (Efama). L'étude, intitulée « Ucits IV: Time for change », indique que de nombreuses grandes sociétés européennes de gestion d’actifs n’ont pas encore saisi l’importance du KID et sont insuffisamment préparées pour faire face à son impact. Selon l'étude, 58% des personnes interrogées n’ont pas encore envisagé les répercussions en matière de coûts que vont avoir les modifications qu’elles devront nécessairement apporter à leurs systèmes et à leurs contrôles.« Actuellement, les gestionnaires d’actifs n’ont pas entièrement conscience des incidences de la mise en place du KID. Celle-ci va changer la façon dont les fonds sont perçus et certains gestionnaires d’actifs pourraient, du fait de sa mise en place, se retrouver avec des gammes de produits incomplètes », déclare Thierry Blondeau, associé chez PwC Luxembourg et Ucits IV Project Leader au niveau européen pour PwC. Ceux qui ne se sont pas encore penchés sur les conséquences en termes de coûts et de préparation induits par ces changements risquent d’avoir une mauvaise surprise, le mois de juillet venu, lorsque la Commission européenne adoptera vraisemblablement des mesures d’application. Les gestionnaires doivent commencer à adapter leurs systèmes d’exploitation sans plus tarder s’ils ne veulent pas être pris au dépourvu.».Certains acteurs clés de la gestion d’actifs transfrontalière ont également exprimé des inquiétudes quant à l’efficacité du KID. « Même s’ils considèrent que le KID est un pas dans la bonne direction, les acteurs européens du secteur des fonds d’investissement ont des préoccupations quant à l’efficacité du KID et à sa capacité à créer des conditions égales pour tous les fonds européens dans le cadre de la directive Ucits IV », ajoute Thierry Blondeau. Et Peter De Proft d’ajouter que : « Nous comprenons les préoccupations du secteur en raison de l’absence de mesures d’application clés au niveau national et européen. Néanmoins, l’Efama est persuadée que le KID permettra d’aboutir à des améliorations importantes par rapport au prospectus simplifié et qu’il devrait être la référence pour les documents d’information aux investisseurs pour des produits de détail concurrents.» Le KID se veut un document de présentation d’informations concises et ciblées à l’attention des investisseurs potentiels dans des fonds Ucits, mais 60% des gestionnaires d’actifs européens interrogés craignent que le niveau de détail requis dans le cadre du KID ne suffise pas à permettre aux investisseurs de prendre des décisions d’investissement judicieuses.De plus, 30% des personnes interrogées estiment qu’il était assez ou très improbable que le KID aboutisse à la création de conditions égales pour tous ; 22% des participants à l’enquête demeurent quant à eux indécis quant à l'éventuelle création de conditions égales pour tous par le KID. Si 54% des personnes interrogées estiment que le KID permettra à l’investisseur de mieux comprendre les risques et les avantages que présentent les produits d’investissement, seulement 41% d’entre elles estiment que le KID va améliorer la transparence des coûts de gestion. Enfin, en dépit du texte de la directive Ucits IV, 50% des personnes interrogées craignent que la responsabilité civile s’applique à la divulgation d’informations dans le cadre du KID.