L’agence d'évaluation financière Standard & Poor’s a annoncé le 8 novembre un abaissement de « AA+ » à « AA » de la note à long terme de la France. La perspective est « stable » et la note à court terme est confirmée à « A-1+ ». Standard & Poor’s estime que la marge de manœuvre budgétaire de la France s’est réduite, alors qu’elle la considérait auparavant comme élevée au regard des pays comparables. «Notamment, il nous semble que les pouvoirs publics disposent désormais d’une marge de manœuvre réduite pour augmenter les recettes», indique l’agence. «Nous considérons que les mesures de politique économique mises en œuvre depuis la confirmation des notes de la France le 23 novembre 2012 n’ont pas réduit de manière significative le risque que le taux de chômage reste au-dessus de 10% jusqu’en 2016. Nous pensons que le niveau actuel du chômage amoindrit le soutien populaire en faveur de nouvelles réformes structurelles et sectorielles et affecte les perspectives de croissance à plus long terme» précise Standard & Poor’s.Selon Standard & Poor’s, «les mesures prises par le gouvernement à ce jour - telles que la création du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), l’obtention d’un accord sur la réforme du marché du travail, et des réformes sectorielles spécifiques- paraissent positives, mais probablement insuffisantes pour débloquer le potentiel de croissance de la France. En particulier, nous estimons peu probable que le secteur privé enregistre une croissance substantielle en l’absence de nouvelles réformes structurelles. Bien que le gouvernement ait pris des mesures sectorielles, nous estimons que la flexibilité de l’économie française reste dans l’ensemble inférieure à celle d’autres pays bien notés de la zone euro. Par conséquent, il semble que les entreprises exportatrices françaises continuent de perdre des parts de marché face à des concurrents européens issus de pays ayant déjà agi sur les rigidités structurelles de leurs économies». La perspective «stable» indique que les facteurs de risques pesant sur la qualité de crédit de la France s'équilibrent et que la possibilité d’un relèvement ou d’un abaissement de sa notation au cours des deux années à venir est inférieure à une sur trois.Pour sa part, dans un communiqué diffusé ce vendredi, Pierre Moscovici, Ministre de l’Economie et des Finances, regrette la décision de l’agence de notation. Il déplore ses jugements critiques et inexacts et rappelle que le gouvernement a mis en œuvre au cours des dix-huit mois écoulés des réformes d’envergure pour redresser l’économie du pays, ses finances publiques, et sa compétitivité, grâce à une méthode fondée sur l’écoute et le dialogue. Et de détailler notamment le Pacte pour la croissance, la compétitivité, et l’emploi, la loi sur la sécurisation de l’emploi, le chantier en cours de la modernisation de l’action publique, la réforme des régimes de retraites, la création de BPI France, la réforme bancaire. «Jamais un gouvernement n’avait conduit autant de réformes en un temps si court, et dans un contexte conjoncturel aussi difficile"a indiqué Pierre Moscovici qui a également rappelé que la dette française est et demeure parmi les plus sûres et les plus liquides au sein de la zone euro.