«Il serait extrêmement choquant que tout ou partie des réserves que l’AMF a constituées à partir des redevances payées par les entreprises qu’elle régule et contrôle, et en partie par les sociétés de gestion, soient siphonnées par l’Etat», s’est insurgé Pierre Bollon, délégué général de l’AFG, à l’occasion des Entretiens 2014 de l’AMF auxquels assistait L’Agefi. Plus tôt, Gérard Rameix, président du régulateur des marchés, s'était montré inquiet du financement de l’institution dont il a la charge, le ministre des Finances, Michel Sapin, l’ayant à la fois informé d’un prélèvement sur le fonds de roulement en 2015 de l’institution, et de son ouverture à des mesures plus positives pour les finances de l’AMF à partir de 2016. Dans le détail, le projet de loi de finances 2015 prévoit en effet que la baisse du plafond de la contribution aux frais de contrôle de l’AMF sera de 21 millions d’euros, ce qui correspondrait à la baisse du fonds de roulement de l’Autorité de 6 mois de dépenses à 3 mois. Toutefois en 2016, l’Etat s’engage à rééquilibrer les recettes au niveau des dépenses. Mais ce relèvement risque encore de provoquer la colère de l’AFG. En 2013 le régulateur a enregistré une perte nette de 5,8 millions d’euros, soit une quatrième année de pertes en cinq ans. En juin, le régulateur estimait le déficit 2014 à 8,37 millions d’euros. L’an dernier, le gendarme boursier avait infligé pour près de 31 millions d’euros de sanctions pécuniaires qui sont venus gonfler les recettes publiques, précise le quotidien.