Interrogé par La Tribune de Genève daté d’hier, Patrick Odier, le président de l’Association suisse des banquiers (ASB) estime que la place financière helvétique est «sous pression». Pour la défendre, le responsable appelle à l’élaboration «de nouvelles stratégies pour le futur». Et ce d’autant que la profitabilité de la gestion de fortune privée diminue. Avec 26% du marché mondial dans le domaine de la gestion de fortune transfrontalière, la place financière suisse doit assurer de larges panoplies de prestations. En outre, insiste le responsable, à l’instar de Londres, Singapour, Hongkong et Luxembourg, il serait pertinent que les banques constituent un front commun avec les autorités publiques et participent en amont à la pensée politique en matière de régulation financière et de standards internationaux. «Toute la Suisse y gagnerait à promouvoir ce type de rapprochements», a insisté Patrick Odier qui ajoute que l’intérêt de la Suisse est en effet de disposer d’une place financière forte, alors qu’elle est «sous pression». La place financière doit aussi développer de nouveaux moteurs de croissance pour préserver ses emplois et contribuer au développement économique du pays. Aujourd’hui, plus que jamais, la diversification s’impose. Le négoce de matières premières en est un élément, parmi d’autres qui constitue en plus 3,5% du PIB (produit intérieur brut) helvétique et génère jusqu’à 10 000 emplois directs. Sans oublier les 22,5% des recettes fiscales provenant de personnes morales à Genève.