Longtemps chasses gardées d’hommes d’affaires fortunés hauts en couleur, les clubs de football français séduisent de plus en plus les fonds de private equity. Dernier en date, le Red Star FC, qui a été acquis ce 12 mai par le fonds d’investissement américain 777 Partners. Ce célèbre nom du football hexagonal, situé à Saint-Ouen, joue pourtant en troisième division. Son prix? 10 millions d’euros, selon L’Equipe. Bien loin des 4,7 milliards déboursés la semaine dernière par l’Américain Todd Boehly pour s’offrir le club anglais de Chelsea, jusqu’ici aux mains de l’oligarque russe Roman Abramovitch. L’entrée récente des fonds d’investissements au capital des clubs de football français interroge les acteurs hexagonaux de l’industrie du sport. Sporsora, think tank dédié au sport business, organisait ce 12 mai chez Natixis une table ronde portant ce sujet. Et le débat s’est rapidement focalisé sur la rentabilité réelle ou fantasmée du football professionnel. Pour Laurent Damiani, fondateur et managing partner d’Inspiring Sport Capital, ce secteur, en France, ne peut être rentable, et ce pour des raisons avant tout réglementaires. «Les clubs de football sont totalement dépendants des fédérations et ligues pro. Et celles-ci imposent de nombreuses règles, comme l’obligation de dépenser 75% de la masse salariale dans les salaires des joueurs, avec des droits TV qui baissent», relate-t-il. Olivier Jaubert, directeur général du Toulouse FC promu en Ligue 1, a pour sa part soutenu la thèse inverse. « Nous sommes une société de spectacle sportif. Et comme toute société, il faut des financements et gagner de l’argent. Pourquoi le football serait une industrie où on pourrait en perdre ? », interroge-t-il. Pour lui, un club ne doit tout simplement pas dépenser plus qu’il ne gagne. «La feuille de route de l’actionnaire est simple: P&L et cash flow positifs », insiste-t-il. Son actionnaire Redbird Capital est entré au capital du club en 2020 après avoir étudié 70 clubs, relate le dirigeant. «Ils avaient des critères très précis comme la puissance économique de la ville, les infrastructures du club, l’existence d’un centre de formation, et la structure de la dette», raconte-t-il. Et la montée en Ligue 1 n'était pas la priorité. La capacité d’un club à gagner de l’argent se passe avant tout hors du terrain (billetterie, merchandising...). « Le rôle des fonds est aussi d’apporter de la rigueur dans la gouvernance», complète Mark Wyatt, associé chez KPMG.
Brookfield va introduire en Bourse 25 % du capital de sa société de gestion d’ici à la fin de cette année. C’est ce qu’a annoncé Nick Goodman, le directeur financier de Brookfield, à l’occasion de la publication des résultats du premier trimestre du groupe canadien jeudi. L’opération se déroulera à la fois à la Bourse de New York et à la Bourse de Toronto. «Nous allons coter séparément et distribuer aux actionnaires une participation de 25 % dans notre entreprise de gestion d’actifs, que nous prévoyons de réaliser d’ici la fin de 2022. Cette opération sera réalisée en franchise d’impôt pour les actionnaires canadiens et américains (et potentiellement d’autres). Notre activité de gestion d’actifs est l’une des principales sociétés d’investissement alternatif au monde, gérant l’argent de plus de 2.000 investisseurs institutionnels mondiaux et une liste croissante d’investisseurs fortunés. Nous sommes enthousiastes à l’idée de ce prochain chapitre de notre croissance», a déclaré Nick Goodman. Le dirigeant confirme et précise ainsi les intentions de Brookfield. Dans sa lettre de fin d’année, le groupe avait mentionné qu’il envisageait une introduction en Bourse partielle de sa société de gestion. «Nous avons été fortement encouragés par les retours que nous avons reçus des actionnaires et avons conclu qu’une cotation de 25 % de notre société de gestion d’actifs seraient totalement positive», se félicite Brookfield. «Séparés des investissements «lourds en actifs», nous pensons que la performance du gestionnaire en tant que gestionnaire d’actifs deviendra encore plus visible, et sera donc plus attrayante pour les investisseurs désireux d’un investissement «pure play» dans l’industrie alternative», commente le groupe. La société de gestion de Brookfield gère 379 milliards de dollars d’actifs associés à des fonds dans l’immobilier, les infrastructures, les énergies renouvelables, le crédit et le private equity pour le compte d’investisseurs institutionnels. Selon le WSJ, la société est valorisée à 80 milliards de dollars.
Carmignac vient de recruter Jean-François Louvrier en qualité de gérant de portefeuille afin de renforcer son expertise dans le domaine des actions «long-short». L’intéressé rejoint Carmignac en provenance de Pictet AM, où il était gérant d’un portefeuille actions long-short depuis 2015. Auparavant, il a travaillé chez Ivaldi Capital, Brevan Howard AM et Stark Investments après avoir débuté chez PWC puis McKinsey & Company. Au sein de Carmignac, Jean-François Louvrier dirigera un fonds d’actions internationales avec une stratégie market neutralqui intégrera des critères environnementaux et sociaux dans son processus d’investissement et sera article 8. Ce fonds sera dans un premier temps placé dans le LAB de Carmignac, qui vise à diversifier la gamme de fonds via de nouvelles stratégies avant de les mettre à la disposition des clients. Ce segment avait été lancé par Maxime Carmignac, la fille du fondateur Edouard, en 2014. Carmignac agit depuis 20 ans dans les stratégies actions long-short avec notamment le fonds Carmignac Portfolio Long Short European Equities.
Le luxembourgeois Quintet Private Bank (ex-KBL epb) vient de recruter Chris Allen pour prendre sa direction générale. L’intéressé arrive de HSBC où il travaillait depuis quinze années, dont les quatre dernières comme directeur de la banque privée de la région EMEA (Europe, Middle East and Africa).
La persévérance peut parfois tourner à l’obstination. Le Vision Fund de SoftBank a publié une perte historique de 26 milliards de dollars (3.400 milliards de yens) pour son dernier exercice fiscal 2021/2022. Ses actifs totalisaient 176 milliards de dollars à la fin du mois de mars 2022, répartis entre plusieurs véhicules. La part de cette perte revenant à Softbank group se monte à 13,1 milliards de dollars. C’est sa plus lourde perte en 40 ans d’existence.
La Banque Postale Asset Management (LBP AM), filiale de La Banque Postale, a levé 270 millions d’euros pour le premier closing de son fonds LBPAM Infrastructure Debt Climate Impact Fund. L’objectif est de réunir 500 millions d’euros, avec un hard cap de 700 millions d’euros. L’objectif de cette stratégie est de limiter l’augmentation des températures, en cohérence avec l’accord de Paris, en investissant dans des projets bas-carbone avec un objectif minimum de 70 % d’alignement avec la taxonomie européenne. Classé article 9 selon la réglementation SFDR, ce fonds s’appuie sur une mesure d’impact quantitative des actifs et du portefeuille et cible trois secteurs jugés essentiels pour la réduction des émissions carbone : les énergies renouvelables, les transports électriques et l’efficacité énergétique. La stratégie de dette infrastructure à impact utilise Ciara, un outil de mesure de l’alignement de température des portefeuilles développé par Carbone 4, ainsi que d’autres outils, pour assister l’analyse d’éligibilité des projets à la taxonomie européenne. Elle s’appuie également sur la méthodologie propriétaire de scoring d’impact, GREaT, mise en place par l’équipe ISR de LBP AM depuis 2018. La stratégie sera menée par Bérénice Arbona, responsable dette infrastructure et Marie-Laure Marshall, gérante dette privée infrastructure. L’équipe dette infrastructure de LBP AM se donne trois ans maximum pour déployer l’ensemble des fonds levés et construire un portefeuille équilibré de 15 à 20 projets. Un premier investissement est prévu ce mois-ci pour le financement d’une nouvelle centrale de cogénération biomasse qui produira de l’électricité verte et de la vapeur pour un site industriel français. La commercialisation du fonds, qui a débuté auprès d’investisseurs institutionnels européens investis aux côtés du groupe CNP, va se poursuivre sur les prochains mois, en collaboration avec Aegon Asset Management. Le closing porte le total des montants levés par la plateforme Actifs Réels et Privés de la société de gestion à près de 7 milliards d’euros.
Axa, l’entreprise mondiale de biens de consommation Unilever et le gérant Tikehau Capital annoncent la signature d’un protocole d’accord marquant leur ambition de créer un fonds à impact dédié à l’accélération de la transition vers une agriculture régénératrice. Les trois partenaires ont l’intention d’investir 100 millions d’euros chacun dans ce véhicule de portée mondiale dont la taille cible est fixée à 1 milliard d’euros. Pascal Christory, directeur des investissements du groupe Axa, et Antoine Denoix, directeur général d’Axa Climate, ont déclaré : «Ce fonds s’inscrit pleinement dans notre stratégie de décarbonation de l’économie réelle par l’investissement à impact. Au sein d’Axa, nous avons l’ambition d’investir 26 milliards d’euros dans des actifs verts d’ici à 2023, et de disposer d’1,5 milliard d’euros à déployer sur les forêts et les projets de capital naturel, au sein desquels figurera bientôt l’agriculture régénératrice.» Le fonds de private equity à impact sera géré par Tikehau Capital. Il aura pour objectif de promouvoir les pratiques d’agriculture régénératrice en se concentrant sur trois axes principaux : - Protéger la santé des sols pour renforcer la biodiversité, préserver les ressources en eau et participer à la lutte contre le changement climatique - Contribuer à l’approvisionnement futur en ingrédients régénératifs pour répondre, d’une part aux besoins de la population mondiale croissante, d’autre part à la demande des consommateurs pour des produits de plus en plus durables - Contribuer au progrès des solutions technologiques qui ont l’ambition d’accélérer la transition vers l’agriculture régénératrice Axa Climate participera de façon intégrée au lancement et au déploiement du fonds. La filiale d’Axa mobilisera son expertise sur les risques climatiques, environnementaux et agricoles, sur le suivi de l’impact (notamment via les technologies satellites), et apportera sa connaissance des filières agricoles.
Financière Arbevel, Kurma Partners via son fonds Kurma Growth Opportunities et Sham Innovation Santé conseillé par Turenne Capital, sont entrés au capital de Germitec à l’occasion d’une levée de fonds par cette dernière de 11 millions d’euros. La répartition des montants alloués n’a pas été précisée mais l’on sait que des représentants de Financière Arbevel, Kurma Partners et Turenne Capital ont fait leur entrée au conseil d’administration du groupe de santé spécialisé dans la désinfection des sondes d’échographie. Des investisseurs privés et des fonds régionaux du Sud-Ouest (Aquiti Gestion via le fonds Naco et Galia Gestion) participent également à ce tour de table, précise un communiqué. A l’occasion de ce tour de table, une nouvelle direction générale a également été nommée. «L’objectif principal de ce nouveau financement est de soutenir un plan ambitieux d’expansion commerciale internationale visant à transformer une société historiquement technologique en un leader commercial international implanté sur les marchés stratégiques», précise la société. Elle attend notamment une autorisation de la FDA pour commercialiser aux Etats-Unis une de ses solutions de désinfection.
Lombard Odier Investment Managers et l’Alliance pour l’élimination des déchets plastiques vont lancer un fonds appelé « Circular Plastic ». Ce produit vise à lever 500 millions de dollars auprès d’investisseurs institutionnels et d’investisseurs accrédités pour déployer des solutions innovantes visant à éliminer les déchets plastiques, à augmenter le recyclage et à conduire la transition mondiale vers une économie circulaire du plastique. L’Alliance sera l’un des investisseurs principaux de cette stratégie. Le fonds, créé à l’issue d’un appel d’offres de l’Alliance, vise à cibler les points principaux qui peuvent contribuer directement à une économie circulaire du plastique et à accélérer les opportunités dans la gestion globale des déchets (en amont et en aval) - notamment les infrastructures de collecte, de tri et de recyclage, les solutions pour améliorer la durabilité du plastique ainsi que sa réutilisation et sa recyclabilité. Il entend également stimuler l’innovation dans la production des plastiques, ce qui peut simplifier ou rendre plus efficace le traitement du produit en fin de vie. L’Alliance agira en tant que conseiller technique avec l’aide d’une équipe de professionnels qui fourniront des conseils sur la faisabilité technique, la viabilité commerciale et l’évolutivité des solutions d’économie circulaire des plastiques, ainsi que sur les technologies et les infrastructures de gestion des déchets. La gestion est assurée par LOIM.
BPE devient Louvre Banque Privée. Derrière le changement de nom annoncé lors d’une conférence de presse ce mardi11 mai,une stratégie de croissance qui reposesur l’acquisition de nouveaux clients mais qui lorgne également sur lesclients patrimoniaux(plus de 250.000 euros d’actifs financiers) domiciliés à La Banque Postale (LBP). Un nouveau pôle privé, dont la responsabilité sera confié à Jean-Marc Ribes, président du directoire Louvre Banque Privée, fera le lien entre ces clientset ceux de la banque privée par le biais des agences déjà ancrées dans les territoires. Le choix de la domiciliation bancaire La stratégie se veut la moins agressive possible : les clients sont bi-bancarisés et peuvent donc conserver leurs comptes à LBP tout en bénéficiant des servicesde Louvre Banque Privée. Celle-ci mettra à leur disposition ses cinq domaines d’expertise que sont l’ingénierie patrimoniale, la gestion de fortune, la gestion sous mandat, l’investissement immobilier en direct et les solutions de financements patrimoniaux.«Ce concept du libre choix n’existe pas ailleurs», affirme Philippe Heim,président du directoire de LBP. «Tous les grands réseaux non mutualistes de banques commerciales ont lancé une stratégie deconquêtedes clients stratégiques, développe Jean-Marc Ribes. Ce mouvement est un modèle de marché. Pour nous, c’est une stratégie défensive.Notre cœur de cible se situe entre 250.000 euros et 1 million d’euros d’actifs même si on ne s’interdit rien.» Côté prospects, Louvre Banque Privée dispose d’une belle marge de manoeuvre : le pôle privé compte aujourd’hui 675.000 clients pour 70 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Sur ce montant, 56 milliards d’euros appartiennent aux clients patrimoniaux et 14 milliards d’euros aux 64.000 clientsde la banque privée. Un plan de déploiement à horizon 2025 A horizon 2025, le groupe compte faire grossir les encours gérés par le pôle privé à 85 milliards d’euros, dont 25 milliards par Louvre Banque Privée. En déployant cette stratégie d’expertises croisées, la banque privée veut faire grossir ses rangs pour atteindre les 220.000 clients à cette date.«C’est un plan de valorisation de la clientèle existante mais également de conquête d’une nouvelle», indique Jean-Marc Ribes, sans vouloir répondre sur la part que représentera chacune au sein des effectifs projetés. Sur le terrain, les 28 pôles de gestion privée (d’anciennes agences LBP) et 57 espaces de banque privée en bureaux de poste déjà implantés ne seront pas suffisants pour satisfaire les ambitions du groupe. Il entend doubler sa présence en région grâce à l’ouverture de 100 nouveaux espaces sur la durée du plan. En parallèle, LBP prévoit le recrutement de 250 nouveaux collaborateurs dans les fonctions régaliennes et commerciales. Ilss’ajouteront aux 1.000 conseillers patrimoniaux déjà présents sur le réseau et aux 420 collaborateurs de Louvre Banque Privée. Louvre Banque Privée se situe actuellement en quatrième position des banques privées en France, mais ambitionne de passer en troisième position d’ici à la réalisation de son plan stratégique. Elle est actuellement devancée par les banques privées de BNP Paribas, de la Société Générale et du Crédit Agricole, qui bénéficie de son solide ancrage dans les territoires. «La banque privée est celle qui mise le plus sur le relationnel pour se développeret nous avons un solide track record, ce qui va participer à la conquête des nouveaux clients», soutient Philippe Heim.
Dans une intervention au Fund Forum de Monaco, Klaus Schuster, directeur général pour la région EMEA et directeur mondial de la gestion de fortune chez PineBridge Investments, a listé ses priorités stratégiques pour combattre la pression sur les frais.
La gestion d’actifs doit revoir son modèle de fond en comble d’ici 2030, de son organisation à sa distribution de produits en passant par sa culture de recrutement de talents. Tel est le constat qu’a posé Hermin Hologan, responsable des métiers de la gestion d’actifs et de fortune pour la région Europe, Moyen-Orient, Inde et Afrique chez EY, en préambule de la table ronde des «directeurs généraux» qu’il a modérée lors du Fund Forum à Monaco, ce mercredi. L’audience composée de professionnels du secteur de la gestion d’actifs a été sondée, dans le cadre de ce panel, sur les trois scénarios dont elle estimait la réalisation la plus probable d’ici 2030. «La transparence pour tous les actifs et l’impact sur le monde pour chaque investisseur» demeure, et de loin, le plus probable selon eux devant «la création de valeur sur le long-terme et l’impact comme base pour la rémunération et les frais des gestionnaires» et « le gérant de portefeuille augmenté grâce à l’intelligence artificielle et le calcul quantique». Pour Brigitte Daurelle, directrice générale de la plateforme de distribution de fonds MFEX by Euroclear, la technologie est un élément-clé de l’évolution de la gestion d’actifs d’ici et après 2030. «Nous sommes juste au commencement de l’utilisation de l’intelligence artificiellepour la gestion de données. Quoi que la technologie puisse apporter en soutien de l’industrie, cela est le bienvenu », dit-elle. La tech aura son rôle à jouer dans le futur de la distribution de fonds. Le modèle direct-to-consumer (vente directe au client final) va probablement gagner du terrain mais sera un modèle parmi d’autres, affirme Brigitte Daurelle, selon qui l’industrie doit par ailleurs «se saisir du paradigme ESG». Åsa Norrie, directrice générale Europe et responsable de la distribution européenne de la société de gestion américaine Principal Global Investors depuis 2021, estime qu’une grande place attend l’IA et la robotique dans la gestion d’actifs d’ici 2030. Robots et algorithmes ne sont pas encore capables de détecter certains événements de marchés comme les fraudes à la Madoff de type pyramide de Ponzi ou à la Archegos, souligne-t-elle néanmoins. Åsa Norrie indique par ailleurs avoir passé sa première année de dirigeante chez PGI à concentrer ses efforts sur deux autres sujets majeursde transformation dans l’industrie : la future croissance et la culture d’entreprise qui englobe les sujets de diversité et d’inclusion ou encore de bien-être des employés. Les ETF sur les actifs privés «pas pour demain» Autre moteur de la transformation en cours et à venir de la gestion d’actifs, la transparence. Et en la matière, Mario Giannini, directeur la région Europe, Moyen-Orient et Afrique pour la société de gestion alternative Hamilton Lane, estime que les marchés privés sont bien plus en avance que les marchés publics. «Le degré de transparence sera encore bien plus élevé dans les sociétés privées que dans les compagnies cotées dans les années qui viennent», parie-il. Aussi voit-il les marchés privés continuer à surperformer les marchés publics grâce à leur structure de rémunération. «Nous ne sommes payés que si nous créons de la valeur et offrons du rendement dans les marchés privés. C’est pourquoi nous attirons toujours autant les investisseurs», rappelle-t-il. Si sur l’aspect produits, de plus en plus de gestionnaires se tournent vers les stratégies privées et passives dans l’espoir d’attirer des investisseurs, Mario Giannini se montre confiant sur le fait qu’un mélange de ces deux univers n’est pas pour tout de suite. «Ce n’est pas demain que des stratégies passives pourront répliquer des indices marchés privés. La clé pour les stratégies passives reste l’achat de l’actif sous-jacent. Or, un indice sur les marchés privés serait un peu similaire à un indice sur les œuvres d’art. Vous ne pouvez pas vraiment acheter une Mona Lisa (célèbre tableau de Léonard de Vinci, ndlr)», dit-il. Focus «bloqué» Le directeur général de Mediolanum Asset Management, Furio Pietribiasi, a, lui, mis en exergue les problèmes rencontrés par l’industrie de la gestion d’actifs d’un point de vue distribution.«La façon de distribuer leurs fonds a été une problématique assez secondaire chez les gestionnaires d’actifs ces dernières années étant donné que les marchés étaient en hausse, relève-t-il. Mais elle est devenue aujourd’hui un problème central pour presque tout le monde, la création de valeur étant plus difficile.» Selon Furio Pietribiasi, le focus de l’industrie est «bloqué» sur les problématiques de rapport qualité-prix, de transparence et de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. «On m’a demandé si je comptais garder des fonds catégorisés article 6 au sens du règlement européen Sustainable Finance Disclosure Regulation (SFDR). La réponse est oui bien sûr car cela ne fait aucun sens de n’avoir que des fonds article 8 (qui promeuvent des caractéristiques environnementales et/ou sociales, ndlr) et article 9 (qui promeuvent un objectif clair d’investissement durable, ndlr) sur une large plateforme comme la nôtre. Les fonds article 6 (qui ne promeuvent aucune caractéristique durable, ndlr) offrent de bons rendements avec ce qu’il se passe actuellement sur les marchés», constate le directeur général de Mediolanum AM. D’après lui, les gestionnaires devraient d’abord avoir en tête une vision claire des besoins de leurs clients. Des clients qui demandent avant toute chose aux gestionnaires de les aider à financer leur future retraite ou les études de leurs enfants à l’université, conclut-il.
Société Générale Private Banking a annoncé ce 11 mai l’arrivée d’un nouveau fonds au sein de la gamme Moorea. Il s’agit d’une stratégie à impact climatique, dénommée «Moorea Fund- Sustainable Climate Action». Le fonds sera cogéré par Société Générale Private Wealth Management et SG 29 Haussmann. La stratégie va investir dans des sociétés internationales à fort impact environnemental, avec pour objectif de délivrer une intensité carbone significativement inférieure à 20% par rapport à l’indice MSCI World All Country (MSCI ACWI Index), le tout avec un portefeuille aligné sur le scénario de Paris. Ce véhicule UCITS est par ailleurs classé 9 selon la réglementation européenne SFDR.
La société de conseil Hexagone vient de recruter David Kochanek comme responsable de relations avec les investisseurs institutionnels. Trois autres collaborateurs ont également été recruté dernièrement : Vincent Jolly comme responsable middle office et reporting, Vincent Miano en tant que développeur senior Filemaker, et Stéphen Biabiany comme chargé de reporting et middle office. David Kochanek arrive d’Amundi, où il était responsable d’un portefeuille de clients institutionnels français du LCL et des Caisses Régionales du Crédit Agricole depuis 2016. Auparavant, il y a été responsable commercial d’Amundi AM pour les clients entreprises (2015-2016), responsable commercial régional pour Société Générale Gestion (2011-2015), et contrôleur de gestion (2007-2011).
Une nouvelle étude à charge contre le Label ISR vient de sortir. Cette fois il s’agit du cabinet de conseil Axylia, fondé par Vincent Auriac, pour qui le marché des fonds labellisés ISR pèserait moins de 10% du marché de la gestion collective française au lieu des 31% calculables sur la base des chiffres officiels. Pour arriver à ce décompte, Axylia se base sur deux grands postulats qui se veulent un meilleur reflet de la réalité du marché. Le premier est que les fonds labellisés ISR comprennent à la fois des fonds de droit français et étrangers qui sont comptabilisés pour la totalité de leurs encours. Or si cela parait normal pour les fonds de droit français, cela l’est moins pour ceux de droit étranger dans la mesure où ces fonds sont créés pour une clientèle internationale. Le cabinet de conseil estime donc qu’il faut retirer la clientèle étrangère des encours de ces fonds car ils n’achètent pas le véhicule pour son label français (presque chaque grand pays de gestion ayant son propre label). Le calcul exact étant impossible à faire en raison du manque de données, il se base sur les chiffres de l’Efama qui évaluent à 25% la part des clients français dans les fonds européens. «Le marché français du label ISR serait donc artificiellement gonflé de 190 milliards d’euros», note Vincent Auriac. Deuxième postulat : les fonds monétaires ne peuvent pas être considérés comme de vrais fonds ISR puisqu’il n’y a pas d’engagement possible de la part du gestionnaire par le vote aux assemblées générales (il détient de la dette et non pas du capital). En outre, les fonds monétaires contiennent largement des titres de court terme et qui sont émis pas des banques et plus rarement par des entreprises non financières. Or, les fonds monétaires représentent 60% des encours des fonds labellisés ISR de droit français. Un an auparavant, c'était seulement 30% et un an encore avant zéro. A noter également, qu’aucune société de gestion étrangère n’a cherché à faire labelliser de fonds monétaires, l’exercice étant donc typiquement français et à mettre à l’actif essentiellement d’Amundi. Un élément qui avait soulevé aussi en 2020 la colère du FIR dans un raport d'étude. Or selon Axylia, les fonds monétaires labellisés représenteraient un total de 263 milliards d’euros des fonds labellisés. Conclusion: le marché des fonds labellisés ISR en France n’est pas de 700 milliards comme affiché fin 2021, mais de seulement 216 milliards, soit moins du tiers des chiffres publiés par le Label.
L’industrie mondiale des ETF (fonds indiciels cotés) a recueilli 31,42 milliards de dollars de souscriptions nettes en avril 2022, portant la collecte nette depuis le début de l’année à 337,11 milliards de dollars. Au cours du mois d’avril 2022, les actifs investis dans l’industrie mondiale des ETF ont diminué de 7,4 %, revenant de 10.090 milliards de dollars à la fin du mois de mars à 9.340 milliards de dollars, selon les chiffres compilés par ETFGI, une société de recherche et de conseil sur ETF et ETP. Il s’agit du 35e mois consécutif de collecte positive au niveau mondial. Les ETF et ETP sur les actions ont par contre subi des rachats nets de 1,75 milliard de dollars en avril.
Certains professionnels estiment que des dispositions envisagées par le Parlement européen dans le cadre de la réglementation CSRD complexifient à l’excès le reporting non financier.
La présidente de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a dit envisager mercredi le déclenchement d’une procédure de sanction pécuniaire contre la start-up américaine Clearview AI, spécialisée dans la reconnaissance faciale, qu’elle avait mise en demeure l’année dernière de cesser de collecter et d’utiliser des photographies et vidéos publiquement accessibles sur internet. En décembre 2021, la Cnil avait enjoint à la société américaine de «cesser la collecte et l’usage des données de personnes se trouvant sur le territoire français en l’absence de base légale» et de «faciliter l’exercice des droits des personnes concernées et de faire droit aux demandes d’effacement formulées». La Commission avait alors donné deux mois à la start-up pour se conformer à ces injonctions. Selon la Cnil, les pratiques de la société américaine contreviennent au RGPD, le règlement général sur la protection des données adopté en 2016 qui encadre le traitement des données personnelles sur le territoire de l’Union européenne.
Le sujet du pouvoir d’achat, qui a dominé la campagne présidentielle et s’annonce majeur pour celle des législatives de juin, était mercredi au menu de ce qui devait être le dernier conseil des ministres du gouvernement de Jean Castex. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a confirmé que les mesures de pouvoir d’achat promises par Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle seraient rassemblées dans un projet de loi de finances rectificative (PLFR) présenté dès après les élections législatives des 12 et 19 juin. Le texte intègrera notamment la création d’un chèque alimentaire - de l’ordre de 60 euros par mois selon le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie -, le triplement de la «prime Macron» actuellement plafonnée à 2.000 euros, la prolongation jusqu'à la fin 2022 du «bouclier tarifaire» sur les prix de l'énergie ou encore la mise en place d’un dispositif ciblé pour faire face à la hausse des prix des carburants. La remise de 18 centimes par litre sera prolongée et a vocation à être remplacée par un dispositif pérenne. Est également prévue une revalorisation avec l’inflation des pensions de retraite et des minima sociaux et ce, au 1er juillet.
Neuberger Berman vient de lancer au format Ucits sa stratégie Next Generation Space Economy pour l’Europe, rapporte Bluerating. Le fonds est géré par Michael Barr et Hari Ramanan, deux gérants basés à New York disposant d’un historique de trois ans dans l’économie de l’espace.
L’investisseur activiste Bluebell Capital Partners demande au producteur de matériaux de construction Saint-Gobain de remanier ses activités et de remplacer le président de son conseil d’administration, Pierre-André de Chalendar, a confirmé mercredi une source proche du dossier à l’agence Agefi-Dow Jones. Ces informations avaient été précédemment rapportées par le Financial Times. Le fonds britannique Bluebell, qui possède moins de 0,5% du capital de Saint-Gobain, juge les performances du groupe français «décevantes». Rendu célèbre en France l’an passé pour sa campagne d’activisme visant Danone, Bluebell appelle ainsi Saint-Gobain à céder ou à introduire en Bourses ses activités de distribution, afin d’accroître sa valorisation boursière. L’investisseur fait également pression pour que le conseil d’administration remplace Pierre-André Chalendar, qui a cumulé les fonctions de président et directeur général pendant plus de dix ans, par un président indépendant. «Nous apprécions les contributions et les points de vue que nous recevons des investisseurs et le dialogue constructif que nous entretenons avec eux», a réagi Saint-Gobain, dans une déclaration transmise à l’agence Agefi-Dow Jones.
Le gérant finlandais Evli vient de lever 94 millions d’euros pour un fonds de fonds forestier. Dénommé Impact Forest Fund I, cette stratégie est distribuée auprès d’investisseurs institutionnels et de particuliers fortunés. Elle a déjà investi dans trois fonds situés dans les Amériques, et compte en avoir au total six ou sept dans son portefeuille.
Pictet Asset Management lance le fonds Pictet-Global Climate Government Bond. Conforme à la directive Ucits et domicilié au Luxembourg, il investit dans les obligations d’Etat des marchés développés et émergents en fonction des mesures mises en place par les différents pays pour gérer leurs émissions de carbone. Il suit les dispositions de l’article 9 du règlement européen SFDR et s’appuie sur un conseil consultatif composé d’experts des questions climatiques. Le fonds Pictet-Global Climate Government Bond s’adresse à des investisseurs institutionnels et professionnels recherchant le profil risque/rendement des obligations souveraines mondiales, mais avec une empreinte carbone limitée. Le capital est affecté aux pays dont les émissions de carbone affichent la baisse la plus marquée à la fois en chiffres absolus et proportionnellement à la taille de leur économie. Cette approche peut ne pas prendre en compte des pays qui sont des piliers des indices obligataires traditionnels, offrant ainsi une diversification supplémentaire aux investisseurs, affirme Pictet. La société de gestion explique qu’afin d’obtenir des résultats optimaux, le processus analyse les émissions de CO2 des pays signataires de l’Accord de Paris pour former l’univers d’investissement, le carbone étant considéré comme le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique. De plus, le conseil consultatif sur lequel s’appuie l’équipe de gestion du fonds fournit un éclairage sur les politiques et les tendances en matière de lutte contre le changement climatique des pays retenus. La stratégie d’investissement récompense les pays – aussi bien émergents que développés – jugés comme étant engagés dans la bonne voie pour réduire leurs émissions de carbone. Le conseil consultatif du fonds se compose d’universitaires spécialisés sur le changement climatique: Michaël Köhl, professeur responsable du département d’économie forestière internationale à l’Institut des sciences du bois de l’Université de Hambourg; Joeri Rogelj, directeur de recherche au Grantham Institute et chargé de cours en sciences et politiques climatiques au Centre de politique environnementale de l’Imperial College de Londres; et Vaclav Smil, professeur émérite au sein du département des sciences de l’environnement et de géographie de l’Université de Manitoba (Winnipeg), membre de la Société royale du Canada (Académie des sciences) et membre de l’Ordre du Canada. Compartiment de la Sicav de droit luxembourgeois Pictet, le fonds est enregistré dans les pays suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Italie, Liechtenstein, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Singapour et Suède.
La présidente de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a dit envisager mercredi le déclenchement d’une procédure de sanction pécuniaire contre la start-up américaine Clearview AI, spécialisée dans la reconnaissance faciale, qu’elle avait mise en demeure l’année dernière de cesser de collecter et d’utiliser des photographies et vidéos publiquement accessibles sur internet.
Le sujet du pouvoir d’achat, qui a dominé la campagne présidentielle et s’annonce majeur pour celle des législatives de juin, était mercredi au menu de ce qui devait être le dernier conseil des ministres du gouvernement de Jean Castex.
KKR et BlackRock ont obtenu de la part de la Chine les autorisations nécessaires permettant à leurs entités locales nouvellement créées de lever des fonds pour investir à l'étranger, selon des documents officiels vus par Reuters. Ces approbations sont les plus importantes du genre depuis le début de l’année et indiquent que Pékin va de l’avant dans l’ouverture de ses marchés financiers aux étrangers, malgré les inquiétudes liées à la dépréciation de la monnaie et les blocages prolongés liés au COVID dans son centre financier, Shanghai, écrit l’agence de presse. Les sociétés de gestion de fonds des deux sociétés ont franchi les derniers obstacles pour obtenir des quotas dans le cadre du programme chinois de partenariat limité domestique qualifié (QDLP), vieux de neuf ans, selon les documents déposés, ce qui leur permet d’investir des fonds collectés sur le territoire chinois, auprès d’investisseurs fortunés et institutionnels, dans des fonds offshore.