Selon Les Echos, la Securities and Exchange Commission (SEC) doit faire face depuis plusieurs mois à de nombreuses critiques, qui se sont multipliées depuis la fraude de Bernard Madoff. Malgré cela, l’ancien patron de la SEC David Ruder ne s’attend pas à des changements immédiats. «Mes sources m’indiquent que les grosses réformes n’interviendront pas avant la fin 2009", indique-t-il dans un entretien au quotidien.
L"AFTE persiste et signe. Dans sa dernière livraison de La lettre du trésorier (n° 254, janvier 2009), l"association rappelle qu"elle attend toujours la nouvelle classification des Sicav et FCP, pourtant en gestation depuis l"automne 2007. «Nous souhaitons voir l"émergence de fonds clairement identifiés au sein des gammes de sociétés de gestion : des fonds monétaires purs, très courts (avec valorisation linéaire pour les papiers inférieurs à trois mois) aux fonds monétaires à horizon plus long, de trois à plus de douze mois», indique l"AFTE. Les trésoriers appellent également de leurs v?ux «une meilleure vision des portefeuilles et des risques pris par les gérants, le bannissement des noms d"OPCVM qui peuvent induire en erreur» ou encore des prospectus plus concis et plus précis qui doivent «correspondre mieux à la réalité de l"objectif de gestion et à la nature des investissements potentiels des OPCVM». Et l"AFTE enfonce le clou en remarquant au passage que «les événements récents nous renforcent encore dans cette conviction».Le nouveau président de l"Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, a au moins en partie répondu à cette interrogation tout récemment. Dans un entretien au quotidien La Tribune datée du 12 janvier, Jean-Pierre Jouyet indique que «la publication des nouvelles règles issues des réflexions du groupe de travail interviendra prochainement». Nouyelles règles qui de toute façon devraient faire l"objet d"une consultation de quelques semaines avant intégration définitive dans les textes.
Le ministre de l"économie, Christine Lagarde, a reçu hier le rapport commandé en juillet dernier à Bruno Deletré sur l"organisation et le fonctionnement de la supervision des activités financières en France, «avec comme objectifs l"efficacité et la compétitivité de notre système de supervision et de contrôle, son insertion dans l"organisation européenne et son adéquation aux impératifs de stabilité financière ainsi qu"aux évolutions réglementaires et de marché». Au total 37 propositions, dont 29 propositions d"amélioration «qui pourraient être mises en ?uvre sans apporter de bouleversement à l"architecture de notre système de supervision». Mais c"est à partir de la proposition 30 que le rapport, malgré les précautions d"usage, ouvre véritablement le débat. Tout en reconnaissant que les métiers de la banque et de l"assurance sont «largement distincts et le demeureront», que les risques qu"ils sont le plus souvent «de nature différente» et que par conséquent les méthodes de supervision employées «doivent et devront continuer de tenir de cette réalité», le rapport estime qu""il existe toutefois aux yeux de la mission un faisceau convaincant d"arguments qui plaident en faveur d"un rapprochement entre contrôle bancaire et contrôle d"assurance».La mission recommande donc «le rapprochement du contrôle des banques et des assurances au sein d"une même autorité, adossée à la Banque de France, disposant d"un secrétariat général regroupé». Cette nouvelle Autorité de Contrôle Prudentiel des banques, des assurances et des mutuelles (ACP) aurait pour mission de «veiller à la solidité et à la solvabilité des institutions financières dans tous les secteurs». L"Autorité des Marchés Financiers exercerait, au-delà de ses compétences actuelles en matière de surveillance des marchés financiers et de protection de l"épargne, «le contrôle des obligations professionnelles à l"égard de la clientèle des services financiers et, ceci, pour l"ensemble du secteur financier».Si les propositions relatives au rapprochement des contrôles bancaires et d"assurance sont retenues, «il apparaît à cet égard crucial d"opérer très rapidement les choix de personnes et le regroupement des équipes sur un seul site géographique». Si par ailleurs, l"architecture de supervision par objectifs, qui pourrait s"inspirer des réformes menées à l"étranger, notamment aux Pays-Bas, était suivie, le rapport estime très souhaitable «une approche coordonnée avec plusieurs Etats membres de l"Union européenne susceptibles de modifier leur propre organisation dans une direction similaire. En l"occurrence, l"Espagne et ensuite l"Italie, «mais il serait souhaitable de faire un tour d"horizon large».Le coût d"une telle réforme ? A l"évidence, le rapprochement entre le contrôle prudentiel de la banque et de l"assurance devrait permettre de générer des synergies de coûts. En revanche, l"extension des compétences de l"AMF au contrôle du respect des obligations professionnelles à l"égard de la clientèle pour l"ensemble des services financiers devrait se traduire par «un augmentation des coûts de supervision» puisqu"il s"agit d"une mission aujourd"hui «très imparfaitement remplie». On pourrait donc imaginer un objectif de stabilité du coût global du dispositif, à régulation et ambition en matière de supervision inchangées, les synergies du côté prudentiel étant réinvesties dans la supervision des obligations professionnelles à l"égard de la clientèle. Compte tenu cependant du niveau assez faible des coûts de supervision en France par rapport à ceux de nos principaux partenaires européens, une «augmentation mesurée» des coûts pourrait être envisagée afin d"améliorer le dispositif de supervision.
Ann Steele, who was previously head of European equity at Pictet, has joined Threadneedle to develop the range of European equities products aimed at institutional investors.
The Wall Street Journal reports that a recent survey has found that 50% of college and university presidents in the United States are freezing or planning to freeze all new hiring at their institutions. Nearly 7% of managers of university endowments admit that they have been obliged to sell assets in a depressed market, and a further 9% admit that they have had to borrow money at ?punitive? interest rates. This is due to the fact that frequently, these managers, widely perceived to be highly intelligent, have sought to make added returns by abandoning the golden rule of 60%/40% asset allocation between equities and bonds, to invest in hedge funds that have limited liquidity and long lock-up periods. As an example, the newspaper cites the USD7bn Columbia University endowment, which at the end of June, was invested 41% in hedge funds, 40% in private equity, 4% in US equities, 4% in cash, and only 1% in bonds.
According to the Inverco association of management firms, individual retirement savings plans lost an average of 6.44% in 2008, and 0.82% over three years. Only plans specialised in bonds generated positive returns on one year, of 2.12% for short-term and 2.03% for long-term, respectively. However, funds specialised in equities lost 38.50% on one year and 8.37% on three years.On ten years, the average performance of these plans is only 0.63%, though plans specialised in equities have lost 2.49%. Inverco estimates that at the end of 2008, individual retirement savings plans had assets of EUR47.06bn, in 8.35 million accounts.
Nordinvest, a hedge fund managed by NordKapp Inversiones, will this Tuesday become the first hedge fund to be listed on the Mercado Alternativo Bursátil (MAB), Cinco Días reports. Its initial capital is EUR3m, and the maximum size of the fund is set at EUR30m. Minimal subscription is set at EUR50,000, and the fund is restricted to qualified investors.
According to a survey undertaken by NFO Infratest on behalf of Deutsches Aktieninstitut (DAI) of 30,000 Germans aged over 14, the number of Germans who own shares in mutual funds fell in the second half of 2008 to 6.6 million, from 7.66 million in the first half of the year, and about 7.95 million in 2007, as in 2006. Among those who have investments in mutual funds, the number who are invested only in equities funds was 3.2 million in July-December, compared with 3.68 million in the first half of the year, and an average of 4.51 million in 2007.
ETF Securities (ETFS) announced on Monday that its two exchange-traded commodities (ETC) based on physical gold, ETFS Physical Gold (PHAU) and Gold Bullion Securities (GBS), had total assets at the end of last year of USD4.8bn, 55% or USD1.75bn more than one year previously, while ETFs as a whole showed a decline in assets of 5%. Assets under management in the PHAU fund increased by USD1.2bn, while the GBS gained USD550m. The two physical gold ETCs are also among the top three products traded on the London Stock Exchange, with a volume of USD14.5bn last year on five European markets, in three currencies, and average daily trading volume of USD58m. In 2007, trading volume weighed in at USD4.3bn.
The Financial Times reports that Bank of America is planning to lay off several thousand employees in its capital markets activities. The reports come three weeks after the acquisition of Merrill Lynch by BofA. The measures will affect 4,000 staff, largely in New York. In light of Merrill’s historically strong presence in capital markets, many BofA employees had been sceptical that their jobs would be at risk. But Merrill’s announcement of USD21.5bn in operating losses last week has raised questions about the competence of its teams.
Robeco Deutschland has announced the appointment to its board of directors of Götz Feldmann as director of institutional sales (insurance, pension funds and corporate clients). He will report to Ingo Ahrens, CEO of Robeco Deutschland, who joined the firm in early 2008 from Goldman Sachs. Feldmann had been at Merrill Lynch since 2000, most recently as co-head of institutional bond activities in Germany.
The leveraged and inverse ETF range from Direxion Funds is proving highly successful, the Wall Street Journal notes. The Large Cap Bull 3X Shares fund, which aims to generate three times the daily performance of the Russell 1000 index, has USD237m in assets, and an average daily trading volume of 8.2 million shares. Direxion funds compete with ProShares products from ProFunds Group, which aim for double the performance of their indexes, and which have attracted more than USD20bn since their launch in 2006. Their total expense ratio (TER) is high for ETF funds, however, at 0.95%. Direxion charges roughly the same level of fees.
The Wall Street Journal reports that Arthur G. Nadel, former head of the alternative management firm Scoop Management Inc, based in Sarasota, Florida, has still not been found. He was reported missing by his family on Wednesday. His fund had assets of USD350m.
Kim Hee-seok, chief of global investments for the South Korean pension fund National Pension Service (USD166bn in assets under management) shares many other investors’ negative opinion of US Treasury bonds, the Wall Street Journal reports. He estimates that it is time to sell Treasuries, due to the size of fiscal stimulus packages in the United States, which will lead to an increase in inflation.
Kepler-Fonds KAG has announced that it finished the year 2008 with assets of EUR7.4bn, in 140 funds. Its assets under management thus declined by 5.74% in 2008, while the sector lost 23% or EUR38bn for a total of about EUR126bn. Kepler claims fifth place by size among the 24 Austrian management firms.
Kaveh Sheibani and Julian Harvey Wood, the founders of Pendragon, will join GLG Partners in the next few months, after their event-driven fund lost 40% in 2008, compared with an average of 21% in its category, the Wall Street Journal reports. The two managers will arrive at GLG with several hundred million dollars in assets. GLG also suffered last year, with losses of 40% for its Market Neutral fund (USD1.2bn) and of 36% for the Emerging Markets fund (USD1bn), but its Alpha Select Fund (USD2bn) gained 15%.
Investors in funds from Bernard Madoff will have to work together if they want to get their money back, say lawyers in Luxembourg intereviewed by Ignites Europe. The numerous separate lawsuits against UBS, especially in France, are considered a nuisance by some lawyers, who think that the situation could in fact help the bank to delay proceedings in Luxembourg.
Although State Street will this Tuesday announce profits of about USD1 per share for fourth quarter 2008, compared with 57 cents at the beginning of last year, bad news will follow soon on its heels, the Wall Street Journal warns. Although the management firm has held out relatively well so far through the financial crisis, State Street is now beginning to suffer in some of its key activities. For example, in its SEC filing on Friday, State Street cited losses in the value of its conservative investments in areas such as money markets, the newspaper reports. The asset management firm is also warning that there are USD5.5bn in unrealized after-tax losses present in its investment portfolio, and latent capital losses of USD3.6bn for other vehicles which issue Asset-Backed Commercial Paper.
Interviewé par Il Sole ? 24 Ore, Frédéric Oudéa, directeur général de Société Générale, affirme que «ce que nous ne verrons pas en 2009, ce sont des fusions transfrontières. Après ce qui s"est passé l"année dernière, les banques, à commencer par SocGen, recommenceront à se concentrer sur la croissance organique et sur la récupération d"efficience». La priorité va donc à la croissance organique, même s"il ne faut pas exclure des acquisitions ciblées d"actifs «dans la banque de détail et les services financiers, si des occasions se présentaient». Le dirigeant indique par ailleurs que SG réduit le levier et renforce la banque de détail.
Citigroup, qui a fait état vendredi d’une perte trimestrielle de 8,3 milliards de dollars, a indiqué que sa filiale de courtage japonaise Nikko Cordial Securities (acquise pour 1,6 billion de yen il y a juste un an) a été placée sur la liste des actifs non stratégiques destinés à la vente, rapporte The Wall Street Journal. L’américain a récemment dû reporter l’introduction en Bourse de sa filiale Nikko Asset Management, en raison de la détérioration du marché. D’autre part, Citigroup cherche à vendre la société de centres d’appels tokyoïte BellSystem24. Cela posé, le CEO Vikram Pandit a précisé que Citigroup n’est pas pressé de revendre Nikko Cordial, parce qu’actuellement cela ne serait concevable qu’avec une forte moins-value.
Selon l"Agefi, en novembre, les investisseurs étrangers ont vendu pour plus de 56 milliards de dollars d’actifs américains, du jamais vu. «Traditionnellement capteurs de fonds étrangers, les Treasuries ont notamment subi de lourds dégagements, avec des ventes de 22,9 milliards de dollars», précise notamment le quotidien numérique.
Selon La Tribune, citant les chiffres du cabinet Private Equity Intelligence (Preqin), le volume mondial des levées de fonds consacré au LBO est revenu de 554 milliards de dollars (418 milliards d’euros), contre 625 milliards un an plus tôt. «Si les investissements dans le LBO chutent à ce point, c’est parce que (?) les montages de LBO nécessitent en effet un recours à la dette important, condition sine qua non à la création d’un effet de levier. Si les banques ne prêtent plus cette dette, il n’y a plus d’opérations», explique notamment le quotidien. Les rendements des fonds de LBO sont en moyenne de 15,2%, complète La Tribune.
Moyennant 15 millions de dollars à verser lors de la clôture de la transaction, laquelle devrait intervenir d’ici au mois de mai de cette année, plus un montant pouvant atteindre 135 millions de dollars sur les dix-huit prochains mois #en fonction des bénéfices futurs des activités acquises#, la branche #actions# d’UBS Investment Bank a annoncé lundi matin #un accord contraignant en vue d’acquérir les activités basées sur les indices des matières premières de AIG Financial Products Corp, y compris les droits de AIG dans le DJ-AIG Commodity Index.# Le communiqué du groupe helvétique précise que #cet indice de matières premières se compose d’une plate-forme de produits de swaps sur indice de matières premières et de #funded notes# dont le sous-jacent est l’indice Dow Jones-AIG Commodity Index (DJ-AIGCI)#.
Pour un montant non divulgué, UBS cède à Barclays Capital ses activités de négoce sur les métaux de base, le pétrole ainsi que l'énergie et le gaz aux Etats-Unis. La transaction sera bouclée au deuxième trimestre. Elle fait suite à la décision annoncée en octobre 2008 de céder les activités non stratégiques dans le domaine des matières premières. Le 22 décembre, la banque helvétique avait ainsi cédé à JP Morgan son négoce de matières premières au Canada et son activité mondiale de trading concernant les produits agricoles.
Selon Le Figaro, «Londres devrait annoncer aujourd"hui ou demain un plan de garantie des produits «toxiques» allant jusqu"à 200 milliards de livres». Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a indiqué qu’il s’agit de faire redémarrer le crédit.Cette fois, il s"agira de garantir des milliards de livres d"actifs bancaires à risque, les banques devant «identifier leurs actifs les plus risqués et payer des honoraires à un assureur soutenu par l"État pour les protéger contre les pertes dépassant un certain montant», précise le quotidien.
Selon le Financial Times, Royal Bank of Scotland doit annoncer lundi qu"il a subi une perte de 20 milliards de livres l"année dernière. Il s"agira de la plus grosse perte de l"histoire des entreprises au Royaume-Uni.
Selon Le Temps, la place bancaire genevoise, dont les effectifs totaux étaient passés de 16.000 à 20.000 entre 2004 et 2008, est en train de donner un coup de frein violent à ses programmes d"embauches. UBS et Credit Suisse, qui suppriment respectivement 1.500 et 600 postes en Suisse, ont gelé les embauches à Genève, même si, comme toutes les banques, elles assurent poursuivre le recrutement sélectif d’"apporteurs d’affaires». Contrecoup de l"affaire Madoff, l"UBP devrait supprimer 10 % à 13 % de ses effectifs, notamment dans ses activités de gestion alternative. Toutefois, du côté des petits banquiers privés genevois, tant Mirabaud que Bordier soulignent n’avoir aucun plan de suppression de postes, ni même de gel des embauches. Ces deux établissements estiment avoir bien contrôlé leurs coûts ces dernières années. Mirabaud prévoit d’augmenter ses effectifs de 9% en 2009, soit autant qu’en 2008, tandis que Bordier parle d’"expansion plutôt que de réduction».
Après les fonds propres bancaires, c’est la solvabilisation des Etats qui constituera le principal problème en 2009, estime notamment Jacques Attali qui vient de publier «La crise, et après ?» chez Fayard.Newsmanagers : Les États doivent-ils nationaliser les banques qui se trouvent en difficulté ? Jacques Attali : L"idée que les États nationalisent partiellement ou totalement des banques ne me choque pas. Toutefois, le risque est que ces «nationalisations nationales» débouchent sur le protectionnisme. Le mieux serait que l"on bâtisse une structure européenne pour effectuer ces opérations donnant une garantie aux banques. Son statut communautaire nous mettrait à l"abri de ces éventuelles velléités protectionnistes. - Faut-il, selon vous, comme le préconise la présidence de la Commission économique et financière du Parlement européen, des agences de rating étatiques ? JA : Je ne crois pas à des agences étatiques, nationales, car elles doivent rester mondiales. elles pourraient devenir des sortes de services publics, des entreprises privées à but non-lucratif, comme c"est, par exemple, le cas pour certains hôpitaux aux États-Unis. - Quel est votre pronostic économique pour les mois à venir ? JA : Les marchés vont être à l"image de la perception que l"on aura de la crise. Le problème est que l"on tente de relancer l"économie en creusant les dettes de façon vertigineuse. L"augmentation des déficits américains risque de poser problème. Mais, je le disais plus haut, je pense que ce sont les fonds propres des banques qui seront le premier sujet de préoccupation. Après, viendra la solvabilisation des États. - Pensez-vous qu"il puisse y avoir une baisse du rating des grands États ? JA : On a des mises sous surveillance négative de pays comme l’Islande, l"Irlande, la Hongrie, la Grèce, l"Espagne ou le Portugal mais je ne pense pas que le rating des États-Unis soit pour l’instant en danger. La meilleure chose à faire pour le vérifier est de jeter un coup d»?il sur la valeur des CDS sur les USA, et celle du put sur le bon du trésor. Pour les USA, elle tient le coup. Je pense que cela continuera comme cela car, de surcroît, les investisseurs mondiaux ont peu de raisons de placer leur argent ailleurs qu’en bons du trésor américains. - Dans ce contexte, quelles sont les bonnes stratégies d"investissement ? JA : Comme Nouriel Roubini le déclarait récemment, une baisse du PIB américain de 5 à 6 % n"est pas impossible en 2009. En moyenne mondiale, cette baisse du PIB pourrait être de 3 %. Le risque est que l"on s"installe dans une économie de solde où tous les prix baissent. À mon avis, les bonnes affaires sont notamment à chercher dans les sociétés de technologie, dans tout ce qui a une valeur ajoutée. À long terme, je pense aussi que l"inflation va remonter et que la bonne attitude sera donc de s"endetter à taux fixe sur le très long terme. - Comment améliorer la donne économique ? JA : Jusqu"à présent, on évoque, soit un plan par la relance de la consommation, soit un plan basé sur la relance par l"investissement. Je propose de prendre une voie tierce, celle de la relance par l"investissement humain. La crise va malheureusement enclencher une hausse du chômage. C"est le moment d"engager un grand effort de formation professionnelle, permanente, de préparer l"avenir.
Pour Jacques Attali, PDG de la banque d"affaires A&A, il faut créer une sorte de super AMF européenne, réguler les hedge funds et les agences de notation pour éviter que n"éclate une nouvelle affaire Madoff. Mais, en 2009, le principal péril financier tiendra à la recapitalisation des banques, prévient-il.Newsmanagers.com : Quel est votre commentaire sur l"affaire Bernard Madoff ? Jacques Attali : cette stupéfiante affaire est révélatrice d"une absence de contrôle aux États-Unis et atteste, à tout le moins, que le rôle de la Securities and Exchange Commission (SEC, le régulateur boursier américain) est perfectible. - Cette affaire touche beaucoup de personnalités de haut rang? JA : Les gens qui mettent de l"argent sur un fonds vendu comme très rentable ne sont pas des criminels, tout au plus des gens crédule. Ces gens, comme Elie Wiesel, ont fait confiance à quelqu"un qui les a trahi. - Faut-il mettre Madoff en prison ? JA : La démocratie a ses lois : il ne faut mettre personne derrière les barreaux tant qu"il n"a pas été jugé. - Comment éviter que ce type d"affaire ne se reproduise ? JA : Le monde, et au moins l"Europe, doit mettre en place un système qui regroupe l"équivalent de toutes les autorités de marchés financiers nationales afin de créer quelque chose de plus efficace que la SEC. Il faut aussi réguler les hedge funds , les agences de notations et les fonds off shore. La marche à suivre pour les politiques pourrait être la suivante : ne plus permettre aux banques de l’OCDE de traiter avec les sociétés dont le siège social est off shore, situé dans un paradis fiscal. - Et pourtant, le président de la République française est aussi co-prince d"Andorre? JA : Ce n"est pas là qu"il faut chercher mais du côté du Royaume-Uni qui est la plus grande place off shore européenne. - Quelle est, selon vous, la principale menace financière pour 2009 ? JA : Aujourd"hui et demain, la menace principale résulte du besoin de financement des banques et des Etats. Une fois la baisse des actifs définitivement chiffrée, il va y avoir une prise de conscience quant à la nécessité absolue d"augmenter les fonds propres. Et là, des problèmes vont se poser, c"est inéluctable. Il faudra peut-être recapitaliser des banques, malgré elles, par les Etats.