La transaction entre Natixis et le fonds Arch Capital, qui portait sur la cession d’une partie du capital de Coface et avait été annoncée le 25 février 2020, a reçu toutes les autorisations nécessaires à son exécution. «Par conséquent, Arch détient aujourd’hui 44,8 millions d’actions Coface, représentant 29,5% du capital» de l’assureur crédit, a annoncé ce dernier dans un communiqué. Pour l’occasion, les administrateurs représentant Natixis au conseil ont démissionné. Le conseil a coopté quatre administrateurs nommés par Arch ainsi que Bernardo Sanchez Incera, qui devient président de Coface à la place de Nicolas Namias, directeur général de Natixis. Agé de 60 ans, Bernardo Sanchez Incera a notamment été directeur général délégué de la Société Générale entre 2010 et 2018. Xavier Durand reste directeur général de l’assureur crédit.
A quelques encablures du siège de Fidelity, une équipe de quants travaille dur dans un anonymat relatif, relate le Wall Street Journal. Cette équipe constitue pourtant une arme clé dans la bataille de la société de gestion pour rattraper tous ses concurrents, de Vanguard à Robinhood. Créée en 2001, cette société s’appelle Geode Capital Management. Elle faisait partie de Fidelity avant d’en être détachée en 2003. Elle compte 140 employés – principalement des ingénieurs - et n’a pratiquement pas de budget marketing. Surtout, elle gère aujourd’hui quelque 720 milliards de dollars, contre moins de 100 milliards il y a dix ans. Geode est l'élément clé des efforts déployés par Fidelity pour réduire les coûts d’investissement dans toutes ses activités, écrit le WSJ. Elle a aidé Fidelity à regagner le terrain perdu face aux géants de la gestion passive que sont Vanguard et BlackRock. Elle a également attiré de nouveaux clients vers la société à l'époque des transactions sans commission. Les investissements gérés par Geode ont aidé Fidelity à faire passer ses actifs sous administration de 8.320 milliards de dollars fin 2019 à 8.800 milliards de dollars en septembre... Geode est une société distincte, poursuivant une stratégie d’investissement différente de celle de Fidelity. Mais la société reste sous le contrôle de la famille Johnson, note le WSJ.
BNY Mellon Investment Management a découpé sa filiale Mellon en quatre morceaux, dont trois seront transférés à ses autres sociétés. La gestion obligataire de Mellon, représentant 105,2 milliards de dollars d’actifs, sera transférée à Insight Investment. Cela permettra à ce dernier d’atteindre 1.100 milliards de dollars en gestion obligataire et sous contrainte de passif. La gestion actions de Mellon sera confiée à Newton, qui récupérera aussi par ailleurs l’expertise actions japonaises de BNY Mellon IM. Cela lui permettra de grossir à 140 milliards de dollars d’encours. Enfin, le pôle liquidité de Mellon sera apporté à Dreyfus CIS, ce qui lui permettra de dépasser les 300 milliards de dollars d’encours. Bien qu’amputé d’une bonne partie de ses actifs, Mellon ne disparaîtra pas pour autant et continuera à fournir de la gestion indicielle actions et obligataire aux investisseurs institutionnels, avec 390 milliards de dollars. Stephanie Pierce restera CEO de l’activité indicielle de Mellon. En revanche, suite à cette réorganisation, Des Mac Intyre, l’actuel CEO de Mellon, a décidé de quitter la société fin février. Michael Germano, le directeur des opérations de Mellon, reprendra les responsabilités de Des Mac Intyre comme CEO de la gestion active pendant la période de transition. «La décision permettra de renforcer les spécialités de chaque société de gestion», indique un communiqué. Le transfert devrait être bouclé d’ici au troisième trimestre 2021. Les processus d’investissement resteront inchangés.
Vanguard a annoncé ce 10 février la nomination de Fong Yee Chan à la direction de la stratégie ESG pour l’Europe, un poste nouvellement créé. Elle sera chargée de concevoir l’approche du géant de l’indiciel en matière d’ESG sur le continent. Basée à Londres, elle est rattachée à Matthew Piro, directeur du département produit pour l’Europe. Fong Yee Chan dirigeait jusqu’ici l’équipe produits d’investissement durables de FTSE Russell, où elle était plus particulièrement responsable de la stratégie d’investissement durable pour les ETF dans la région EMEA. Auparavant, elle fut notamment directrice ESG d’eFront. Elle siège par ailleurs au conseil d’administration de l’Association britannique pour l’investissement et la finance durables (UKSIF).
Amundi SGR a nommé Stefano Pregnolato responsable multi asset fund solutions à Milan. Avant cela, l’intéressé était directeur des investissements d’Amundi en République tchèque, et e depuis septembre 2019. Avant, il était responsable governance and international oversight pour la ligne métier dédiée aux marchés émergents à Londres. Stefano Pregnolato a débuté sa carrière comme gérant de portefeuilles à San Paolo Hambros à Turin. Ensuite, il a été gérant actions américaines de Gesticredit. A partir de 1999, il est devenu responsable des actions monde de Pioneer Investments à Dublin, puis directeur des actions internationales à Boston. Entre 2004 et 2018, Stefano Pregnolato était directeur des investissements pour l’Autriche et la division CEE à Prague et Vienne.
2021 sera l’année de la gestion active. Comme 2020. Et 2019. Ou peut-être même 2018… Combien de fois a-t-on entendu cette antienne, répétée par ceux-là même que le paquebot des fonds indiciels cotés (ETF) menaçait d’engloutir dans son sillage ? Et combien de fois cette prévision a été démentie par les faits, y compris lorsque les turbulences des marchés auraient dû profiter aux barreurs qui savent tenir leur cap dans la tempête ? Et pourtant, cette fois, c’est différent.
Clair obscur. Les modifications apportées au règlement européen Priips devaient rendre plus transparent le document d’information des produits d’investissement dédiés aux investisseurs particuliers. Mais les différentes parties prenantes pointent les problématiques liées aux informations complexes qui doivent y figurer. L’association européenne de la gestion d’actifs, l’Efama, fait ainsi campagne pour une révision des mesures techniques et se demande « comment créer un document d’investisseur clé homogénéisé pour des produits extrêmement différents (produits assurantiels et fonds d’investissement) à partir d’informations qui soient à la fois significatives et non trompeuses ». L’Efama a aussi demandé un report de 12 mois de la date limite de mise en œuvre du document d’investissement clé Priips pour les fonds d’investissement dédiés aux particuliers qui sont pour l’instant exemptés jusqu’au 31 décembre 2021. Selon l’association, les 11 mois restants ne laissent pas suffisamment de temps aux gestionnaires d’actifs pour modifier des dizaines de milliers de documents. L’Efama souhaite donc que les fonds concernés continuent d’utiliser le document d’investissement clé Ucits.
La filiale d’assurance-vie de Groupama a sélectionné le distributeur de fonds MFEX comme plateforme de placements d’unités de compte. Le groupe suédois, qui sert d’intermédiaire entre sociétés de gestion et distributeurs de fonds, devient donc l’unique point d’entrée pour le placement en OPC de Groupama Gan Vie. La plateforme référence plus de 950 sociétés de gestion, soit 80,000 fonds.
Le projet de cession des activités américaines de TikTok à un groupe comprenant Oracle et Walmart a été suspendu sine die, selon le Wall Street Journal, qui cite des personnes proches du dossier, le président Joe Biden ayant décidé de passer en revue les initiatives de son prédécesseur afin de répondre aux menaces potentielles que représentent les entreprises technologiques chinoises pour la sécurité des Etats-Unis. Donald Trump avait décidé l’année dernière d’interdire TikTok aux Etats-Unis afin de forcer une cession de l’application de partage de vidéos à des entreprises américaines. La transaction concernant TikTok, souhaitée par Donald Trump à l'époque, traîne depuis l’automne en raison de divers succès judiciaires remportés par le propriétaire chinois de TikTok, ByteDance.
La Réserve fédérale (Fed) poursuivra ses efforts pour soutenir l'économie américaine à travers des taux historiquement bas et d’importants rachats d’actifs, a déclaré mercredi Jerome Powell, le patron de l’institution, lors d’un discours prononcé devant l’Economic Club de New York. Il a souligné que le marché du travail restait très fragilisé par les conséquences de la crise sanitaire. Il a indiqué qu’une «politique monétaire durablement accommodante» serait un facteur important de la reprise, et que la Fed restait déterminée à maintenir ses mesures de soutien tant qu’elle n’aurait pas atteint ses objectifs de plein emploi et de hausse des prix. Le banquier central a également réitéré son appel en faveur de mesures de relance budgétaire supplémentaires.
Euronext a fait état mercredi d’un chiffre d’affaires annuel soutenu par les revenus issus des cotations, du trading et des opérations de compensation après la consolidation de certaines acquisitions. Son chiffre d’affaires a augmenté de 30,2% à 884,3 millions d’euros alors que les analystes interrogés par Refinitiv prévoyaient en moyenne 869 millions d’euros. Le résultat net, en hausse de 42% à 315,5 millions d’euros, est en revanche ressorti en dessous des attentes. Le groupe dit avoir a été pénalisé par des coûts exceptionnels liés à la restructuration et à l’acquisition de Borsa Italiana. L’opérateur des Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles, Dublin, Lisbonne et Oslo prévoit de boucler l’acquisition du groupe Borsa Italiana au premier semestre 2021.
Le volet universel du fonds de solidarité, qui permettait à toutes les petites entreprises en difficulté d’obtenir une aide mensuelle jusqu'à 1.500 euros, sera finalement prolongé pour les mois de janvier et février, a annoncé mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Il «devait être suspendu à partir du 31 décembre 2020 [mais] sera maintenu pour le mois de janvier et le mois de février 2021», a déclaré le ministre devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.
Legal & General Investment Management a lancé mercredi 10 février un ETF sur l’hydrogène, le premier du genre en Europe, selon la société. Le L&G Hydrogen Economy Ucits ETF est exposé à l’ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène, en se basant sur l’indice Solactive Hydrogen Economy. Cela couvre les technologies et les sociétés qui contribuent à la production de formes plus propres et meilleur marché d’hydrogène, et celles qui devraient jouer un rôle clé dans l’économie de l’hydrogène. Plus précisément, l’ETF sera investi dans des fabricants d'électrolyseurs, les producteurs d’hydrogène, les fabricants de piles à combustible, les fournisseurs de mobilité spécialisés, les fournisseurs de composants de piles à combustible, les principales entreprises industrielles et de services publics... Ces entreprises devront disposer d’une capitalisation boursière minimum de 200 millions de dollars. L’ETF est coté sur le London Stock Exchange, Deutsche Boerse, Borsa Italiana, Six Swiss Exchange et NYSE Euronext. «L’accès à l’hydrogène propre sera essentiel pour réduire les émissions dans les industries où l'électrification seule ne suffit pas», commente Howie Li, responsable des ETF chez LGIM. «Les engagements pris par les gouvernements et les entreprises du monde entier en faveur de l'économie de l’hydrogène créent des opportunités d’investissement à long terme avec des catalyseurs à court terme. Nous pensons que ce fonds offre aux investisseurs un accès rapide à cette industrie en évolution rapide et leur permet de contrôler le montant de l’exposition à l’hydrogène dans leur portefeuille, parallèlement à nos ETF sur les énergies propres et les batteries», poursuit-elle.
Groupama Asset Management a annoncé ce 10 février la labellisation ISR de ses fonds Groupama Convertibles et Groupama Etat Euro ISR. Cela porte le nombre de fonds labellisés par la société à cinq, avec G Fund Equity Convictions ISR, G Fund Credit ISR et G Fund Future for Generations.
Le groupe Pictet a enregistré des souscriptions nettes de 24 milliards de francs suisses en 2020, selon ses résultats annuels non audités. Cela lui a permis de porter ses encours sous gestion à un niveau record de 609 milliards de francs suisses au 31 décembre, en hausse de 6 %. Au cours de l’exercice 2020, le groupe suisse a dégagé des produits d’exploitation à hauteur de 2,885 milliards de francs suisses, en hausse de 10%, et réalisé un bénéfice consolidé de 577 millions de francs suisses, en progression de 7%. Au 31 décembre 2020, le ratio de fonds propres de première catégorie,se situait à 20,2%. Ce niveau est nettement supérieur au seuil de 7,8% défini par la FINMA, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers. Le ratio de liquidité à court terme s’établissait quant à lui à 182%, dépassant largement le minimum de 100% prévu par les normes Bâle III de la Banque des Règlements Internationaux. « En 2020, au cours d’une année marquée par la pandémie de Covid 19, Pictet a une fois encore démontré sa solidité », a commenté Renaud de Planta, associé senior. « Nous avons ouvert des bureaux à Monaco, New York et Shanghai, et continué d’investir dans le développement des talents et de la technologie. Nous avons en outre augmenté de manière significative le nombre de nos collaborateurs. La forte progression des nouveaux apports de la clientèle résulte en grande partie des excellentes performances de gestion générées par l’ensemble de nos lignes de métier », a-t-il poursuivi.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a décidé de se lancer dans la bataille des certifications en finance verte et responsable. Elle vient ainsi d’annoncer ce 10 février la création d’une extension optionnelle de sa «Certification AMF», dédiée à la finance durable, qui sera validée par un examen et une attestation spécifiques. Ce module sera composé de 60 questions, couvrant la terminologie et l’écosystème de la finance durable, le cadre réglementaire français et européen, les enjeux ESG, les approches extra-financières en gestion d’actifs et la commercialisation des produits d’investissement durables. Les premiers examens auront lieu d’ici à la fin de l’année, après la certification par l’AMF des organismes de formation souhaitant proposer cet examen. Le régulateur a également décidé de renforcer le nombre de questions portant sur la finance durable dans l’examen général de la Certification AMF. Il passera de 4 à 15 questions, sur un total de 120 questions (contre 115 actuellement). Ces questions aborderont les notions essentielles telles que la finance verte et la prise en compte des risques climatiques, l’investissement socialement responsable et les labels, les critères ESG et les approches de gestion en la matière. Le nouveau programme, qui sera publié dans les prochains jours, entrera en application à la mi-mars 2021.
Une décennie après la création d’Amundi, Yves Perrier va céder la direction générale du gérant d’actifs à Valérie Baudson. Yves Perrier prendra la présidence du groupe, à la place de Xavier Musca. Cette évolution de la gouvernance, à laquelle la filiale du Crédit Agricole travaillait depuis plusieurs mois, sera effective à l’issue de l’assemblée générale du 10 mai 2021.
La Société Générale a présenté ce 10 février ses résultats annuels pour 2020. Sa filiale de gestion d’actifs Lyxor a limité la casse, avec un recul de 6% de ses encours, qui s'élèvent désormais à 140 milliards d’euros. L’entité, dont le projet de vente s’est récemment ébruité, a rattrapé environ 60% des 23 milliards d’euros d’encours évaporés au premier trimestre, suite à la crise du Covid-19. Le dernier trimestre a vu une hausse sensible des encours (+7 milliards d’euros), tout comme le second (+6 milliards). Lyxor affiche au final un produit net bancaire de 207 millions d’euros pour 2020, dont 64 millions réalisés sur le dernier trimestre. Les encours de la banque privée ont eu baissé sur l’année de 2,5%, à 116 milliards d’euros. Les variations ont été au final plutôt stables sur l’année, grâce notamment à une collecte nette de 2,5 milliards d’euros en France, son principal marché. Le produit net bancaire annuel est de 676 millions d’euros. Au total, le pôle gestion d’actifs et banque privée, qui compte également quelques autres entités comme SG Haussmann 29, affiche un produit net bancaire annuel en recul de 4,3% à 903 millions d’euros, et un résultat net part du groupe en baisse de 30,5% à 34 millions.
Le régulateur des marchés financiers espagnol CNMV et la Banque d’Espagne ont réitéré leur mise en garde publique vis-à-vis des risques encourus par les investisseurs quand ils investissent dans les crypto-monnaies, y compris le bitcoin. Les deux autorités les avaient déjà averti à ce sujet en 2018. Elles soulignent aux investisseurs l’extrême volatilité, la complexité et le manque de transparence des crypto-monnaies, ce qui en fait un «pari à haut risque». Elle rappellent qu’il n’existe toujours pas de réglementation européenne sur les crypto-monnaies à ce jour bien que la réglementation MICA soit actuellement en cours d'élaboration mais aussi que les cryptomonnaies n’ont pas le statut de moyen de paiement et ne sont soutenues par aucune banque centrale ou autorité publique. La CNMV et la Banque d’Espagne indiquent que les instruments complexes que sont les crypto-monnaies"peuvent ne pas convenir aux petits épargnants.»
C’est la fin d’une époque. Le groupe BPCE a annoncé son intention de racheter les parts minoritaires (29,3%) de sa filiale cotée Natixis. Cette opération sera suivie d’un retrait obligatoire, si les actionnaires minoritaires ne détiennent pas plus de 10% du capital et des droits de vote de la société à l’issue de l’offre. Le montant total de l’opération s'élève à environ 3,7 milliards d’euros et ferait de BPCE le premier groupe bancaire non coté en Europe. Avec cette opération, BPCE veut regrouper les activités d’assurance et de paiements avec les métiers de la banque de détail du groupe. Une fois le retrait de cote effectué, il rachètera donc ces activités à Natixis. La banque veut aussi constituer un nouvel ensemble appelé «Global Financial Services», piloté par Nicolas Namias, l’actuel directeur général de Natixis. Ce pôle réunirait les métiers au service des grandes clientèles, soit la gestion d’actifs et de fortune (Natixis Investment Managers et Natixis Wealth Management) et la banque de grande clientèle (Natixis CIB). Laurent Mignon, président du directoire du groupe BPCE, a insisté sur le fait que cette réintégration de Natixis ne constitue pas «une opération de synergies», mais a une vocation «de simplification et de développement». A titre d’exemple, il explique qu’avec une seule structure, «les relations avec le régulateur sont plus rapides et plus efficaces». Le dirigeant a d’ailleurs précisé, alors que Natixis est déjà engagé dans une cure d’économies, que ce regroupement n’aurait, en soi, pas de répercussions sociales. Désaffection de la Bourse Si cette opération a lieu maintenant, c’est notamment parce que «le groupe a toute la capacité financière pour faire cette opération, on pense que c’est le bon moment», a indiqué le dirigeant. C’est aussi parce qu’il estime qu’une cotation ne lui apporte plus rien aujourd’hui. «La Bourse ne permet plus aux banques de financer leur croissance dans de bonnes conditions», a expliqué Laurent Mignon, regrettant les décotes sur actif net auxquelles est confronté le secteur en Europe. Il constate ainsi que «par rapport à 2006, le monde bancaire n’est plus le même. La demande de fonds propre a profondément changé». Le dirigeant se défend par ailleurs d’avoir voulu faire une bonne affaire, en proposant 4 euros alors que l’action Natixis avait été introduite à 19,55 euros en 2006 (lire ci-dessous). «Le prix que l’on propose n’est pas un prix de crise, a-t-il répété à plusieurs reprises. Le prix proposé correspond à l’actif net tangible. » Il a par ailleurs rappelé que cette offre valorise la banque 12,7 milliards d’euros et «est 36% supérieur à l’objectif de cours moyen des analystes qui suivent la valeur». La cotation de la gestion d’actifs reste possible Interrogé sur une éventuelle mise en Bourse ultérieure de sa gestion d’actifs, Laurent Mignon a répondu «pourquoi pas ?», par exemple si le besoin s’en faisait ressentir pour une opération de croissance. «Ce n’est pas du tout à l’ordre du jour, mais ce n’est pas quelque chose que j’exclus», a-t-il ajouté en soulignant que le sujet des décotes ne se posait qu’aux banques et pas aux gestionnaires d’actifs cotés en Bourse. Le groupe devra toutefois rester attentif, lors de ses potentielles opérations de croissance externe. Certaines aventures peuvent mal se terminer, comme ce fut le cas pour H2O. Après les déboires qu’a connus sa boutique l’an dernier, Natixis a dû provisionner un total de 51 millions d’euros pour se séparer de sa participation (22 millions d’euros au troisième trimestre 2020 et 29 millions au quatrième), même si Nicolas Namias précise que cette séparation améliorera ses ratios de capitaux propres de 10 points de base. H2O a terminé l’année avec des encours de 18 milliards d’euros contre un peu plus de 30 milliards début 2020. Un redressement au dernier trimestre Pour l’occasion, Natixis a également avancé de deux jours la publication de ses résultats. Au quatrième trimestre, la banque a enregistré un résultat net publié de 323 millions d’euros, en recul de 13% sur un an. Après un premier semestre qui l’avait vu finir en perte, ce rétablissement lui permet d’afficher un bénéfice annuel de 101 millions d’euros. Bien en deçà des presque 1,9 milliard d’euros engrangés en 2019. Le dernier trimestre a été marqué par les bonnes performances de la banque de financement et d’investissement, dont les revenus sont quasi stables sur un an à 894 millions d’euros. En gestion d’actifs, les encours atteignaient 1.117 milliards d’euros fin décembre (+6% sur le trimestre), hors H2O, la boutique avec laquelle Natixis a décidé de couper ses liens. Le résultat avant impôt du pôle gestion d’actifs et de fortune a bondi de 48% en un an à 341 millions au quatrième trimestre, toujours hors H2O. Le groupe a notamment encaissé sur la période 210 millions d’euros de commissions de surperformance, pour l’essentiel grâce à ses boutiques DNCA et Mirova. «Le coût du risque pourrait s’établir à 70-90 [points de base, pb] en 2021, potentiellement en amélioration progressive par rapport à son niveau de 2020», précise Natixis dans un communiqué. Le coût du risque a atteint 128 points de base des encours l’an dernier, et 98 pb au quatrième trimestre.