Le Général de corps aérien Pierre Bourlot, 55 ans, est nommé en qualité de président du Groupement Militaire de Prévoyance des Armées (GMPA). Il succède au Général Bruno Gougeon, qui exerçait la fonction depuis 4 ans. Diplômé de l’Ecole de l’Air et breveté commandant de bord, Pierre Bourlot a débuté sa carrière en occupant différents postes de commandement. En 1996, il devient chargé de mission puis chef de la section « Alliance atlantique » à la Délégation aux Affaires stratégiques avant d’occuper, en 1999, la fonction d’attaché de l’Air auprès de l’ambassade de France en Italie. En 2002, il devient adjoint « Air » au chef de l'état-major particulier du Président de la République avant de prendre la tête, en 2006, de la division Euratlantique de l'état-major des armées. En 2007, il est nommé sous-chef état-major « relations internationales » de l'état-major des armées. En 2009, il exerce en tant que secrétaire général adjoint de la Défense et de la sécurité nationale, puis devient, en 2012, délégué général du Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS). Il est, par ailleurs, commandeur de la Légion d’honneur et titulaire de la médaille de l’Aéronautique.
Le c??ur de l’activité d’Agrica, la prévoyance a connu une forte croissance, de 10,7 %, avec un chiffre d’affaires de 219,6 millions d’euros, qui tient compte du financement de la réforme des retraites. L’activité santé, définie comme l’axe prioritaire de développement du groupe, a également progressé de 7,5 %, à 141,9 millions d’euros, avec le déploiement de 16 nouveaux accords. Le groupe de protection sociale compte désormais 1,5 million de cotisants. « Les accords collectifs représentent 90 % du chiffre d’affaires santé » a souligné François Gin, directeur général d’Agrica. Enfin, le chiffre d’affaires en épargne a légèrement diminué, à 143,3 millions d’euros contre 146,2 millions en 2011, soit près d’un tiers de l’activité du groupe. Les trois institutions de prévoyance du Groupe enregistrent en 2012 les résultats suivants : 19,5 millions d’euros pour CCPMA PREVOYANCE, dédiée à tous les salariés des Organismes Professionnels Agricole, -17,4 millions d’euros pour AGRI PREVOYANCE, dédiée aux salariés non cadres de la production et 18,6 millions d’euros pour CPCEA, dédiée aux salariés cadres de la production. Leur résultat cumulé permet à Agrica de dégager un excédent de 22,9 millions d’euros. Le résultat financier s'établit lui à 156,1 millions d’euros contre 94 en 2011, « grâce à des marchés financiers bien meilleurs », d’après Hervé Bachellerie. Evoquant le bon début d’année 2013 réalisé par le groupe sur les marchés actions en raison de la « forte progression des indices » et la « stratégie d’investissement prudente et sélective sur les obligations », le directeur général adjoint d’Agrica a indiqué que le groupe « évitait l’Espagne et le Portugal et restait mesuré sur l’Italie ». Au final, à l’issue de l’exercice 2012, les capitaux propres d’Agrica sont en hausse de 3,6 %, à 653 millions d’euros, ce qui lui permet d’afficher un ratio de solvabilité, hors plus-values latentes, de 3,3 fois l’exigence de marge réglementaire. François Gin a profité de la présentation des résultats 2012 d’Agrica pour détailler les perspectives pour l’exercice 2013. Soulignant que si « un certain nombre d'évènements sont déjà intégrés dans la réflexion stratégique du groupe sur la taille critique et le chiffre d’affaires », comme l’accord sur les retraites complémentaires et le projet de loi relatif à la sécurisation de l’emploi, adopté par le Sénat le 14 mai dernier, les incertitudes sur la question de la réforme du système des retraites rendent difficile toute projection à long terme. « On devrait connaître l’impact réel pour l’ensemble des groupes de protection sociale, et pas uniquement sur le volet retraites, dès que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2014 sera votée » a-t-il expliqué. Malgré cette inconnue de taille, le directeur général d’Agrica s’est montré optimiste pour l’année en cours, évoquant la signature de nouveaux contrats en 2012 dans l’activité santé pour déploiement en 2013. Invivo, premier groupe coopératif agricole français (5 600 bénéficiaires), Vivescia, première coopérative céréalière de France (3 200 bénéficiaires) ou encore les Salariés cadre et Employés Techniciens et Agents de Maîtrise du Paysage (7 300 bénéficiaires) ont ainsi désigné CCPMA Prévoyance et CPCEA pour assurer le régime frais de santé de leurs salariés. François Gin a aussi confirmé la volonté de son groupe de saisir les opportunités offertes par le projet de loi relatif à la sécurisation de l’emploi. L’Accord National Interprofessionnel (ANI) signé le 11 janvier 2013, à l’origine de cette loi, prévoit en effet l’obligation d’une garantie santé complémentaire pour tous les salariés via un accord collectif. Cette disposition pourrait permettre au spécialiste de la protection sociale complémentaire du monde agricole de capter une partie des 140 000 salariés de coopératives en France, souvent déjà couverts par Agrica sur le volet prévoyance. « C’est un véritable enjeu pour l’ensemble du monde agricole français d’avoir une cohésion et de se retrouver au sein d’une même maison, Agrica, avec un guichet unique, ce qui permettrait une meilleure maîtrise des coûts de gestion et une simplification de la relation client » a conclu le directeur général d’Agrica.
OPTIMIND WINTER et l’Institut SilverLife collaborent depuis fin 2011 à la rédaction d’un livre blanc sur la Longévité et les nouvelles solutions d'Épargne Retraite. Au-delà de nombreuses auditions, réflexions et groupes de travail, les rédacteurs de ce document, experts du sujet, ont produit un état des lieux assorti de plusieurs visions des évolutions envisageables en la matière. Ce sujet d’actualité, notamment au regard des préconisations du rapport Berger/Lefebvre et des réflexions ouvertes sur notre système de retraite, est de nature à éclairer le débat et à proposer des solutions. Marc Dupuis, directeur associé chez OPTIMIND WINTER : « La commission ??? longévité et nouvelles solutions d'épargne retraite ??? a basé ses premières réflexions sur l’allongement de la durée de vie de la population et son impact sur les équilibres financiers afférents. Grands équilibres si nous nous référons aux différents systèmes de protection sociale et en particulier la retraite et les systèmes de santé. Petits équilibres en considérant les situations de chaque individu dans leurs diversités et leurs complexités, que ce soit personnels, financiers ou plus largement patrimoniaux. ». « Le niveau de la retraite des régimes obligatoires s’avère souvent insuffisant pour subvenir aux différents besoins qui émergent en phase de retraite. C’est pourquoi les Français doivent également se tourner vers des solutions complémentaires. De nombreux dispositifs existent, cependant, des produits innovants tentent de mieux répondre à l'évolution des besoins » Corinne Jehl, actuaire consultante - practice leader Épargne chez OPTIMIND WINTER. Les réflexions menées ont permis de mettre en avant trois axes important de développement, présentés dans ce livre blanc : Améliorer l’information des particuliers sur les différents dispositifs et organismes pouvant les accompagner dans leurs démarches d'épargne et de retraite. Optimiser l’efficacité des produits et services existants, ou à venir, par le biais d'évolutions réglementaires et fiscales. Proposer des produits innovants adaptés au contexte présent et aux enjeux de demain. Le livre blanc « Longévité et nouvelles solutions d'épargne retraite » est disponible sur le site www.optimindwinter.com, rubrique Ressources/Livre blanc.
La Lettre de l’Assurance fait part de nombreux mouvements au sein de Humanis. Le départ de Jean Mombazet, directeur général en charge des activités Prévoyance entré au sein du groupe Apri en 1991, est programmé pour la fin du mois de mai. Bruno Gabillieri n’a, de son côté, plus la charge du juridique mais conserve le secrétariat général. Le groupe a en outre annoncé la nomination de Karim Natouri, ancien directeur de la communication d’Aviva France, en tant que nouveau directeur de la communication. Il remplace Joel Delgove, à qui le groupe Humanis a proposé une mission à caractère stratégique importante, en tant que conseiller du Directeur Général. Jean-Pierre Menanteau, nommé officiellement Directeur général le jeudi 14 mars, collabore à ce jour avec Jean-Paul Lacam, nommé Directeur général par intérim à la suite de la décision prise début janvier par les partenaires sociaux de mettre fin aux fonctions de Damien Vandorpe. Selon toute vraisemblance, Jean-Paul Lacam devrait quitter le groupe Humanis très bientôt. Il rejoindrait le Ctip ou l’Ocirp.
La bonne performance des placements en 2012 rehausse le taux de couverture Grâce à un rendement moyen de 7,2 %, les taux de couverture (degré de financement des engagements de prévoyance d’une caisse de pension) ont, d’une manière générale, nettement progressé. Fin 2012, les caisses de pension de droit privé ont vu leur taux de couverture pondéré en fonction de la fortune passer de 103 à 109 %, celui des caisses de droit public à capitalisation totale passant de 95 à 100 %. Les caisses de pension de droit public à capitalisation partielle restent nettement à la traîne avec à peine 74 %, et cette amélioration de 2 points de pourcentage se situe bien en-deçà des deux autres catégories de caisses. Fait particulièrement réjouissant, seulement 8 % des caisses de droit privé se situent en sous-couverture fin 2012, contre 26 % fin 2011. Cette situation concerne encore 52 % des caisses de droit public à capitalisation totale, mais pour la plupart avec un taux de couverture de plus de 90 %, ce qui, en termes prudentiels, correspond à une sous-couverture négligeable. Des objectifs de taux de couverture pas encore atteints Malgré les bonnes performances de 2012 qui se prolongent jusqu'à présent sur la nouvelle année, les institutions de prévoyance se trouvent confrontées à des défis de taille. Les taux de couverture atteints divergent encore nettement des objectifs visés (100 % de taux de couverture, plus 16 % de réserve pour fluctuation de valeur). Du côté des caisses de droit privé, l'écart représente 7 points de pourcentage, et pour les caisses de droit public à capitalisation totale, l'écart moyen est encore plus grand, avec 16 points de pourcentage. Par conséquent, de nombreuses caisses de pension n’ont pas atteint leur pleine capacité à assumer les risques, ce qui limite leur marge de manoeuvre pour le placement des fonds de prévoyance. Agir et réagir dans un environnement de taux bas persistant La deuxième problématique se situe au niveau des taux d’intérêt qui restent faibles, ne permettent d’obtenir que de minces rendements obligataires et pourraient entraîner d’importantes pertes sur cours en cas de future hausse des taux. Alors que le redressement des taux se fait attendre, les caisses de pension s’efforcent en permanence d’adapter leurs stratégies au marché des capitaux, surtout dans le domaine des placements à taux fixe. L’année dernière, environ 30 % des institutions de prévoyance interrogées ont modifié leur stratégie, dont une bonne moitié en réduisant leur part d’obligations. Environ 50 % des institutions de prévoyance ont quant à elles augmenté leur quote-part immobilière, et l’on sait que ce type d’augmentation est plus bien difficile à réaliser que dans le cas des titres. Plus grande sensibilisation aux coûts L’enquête a montré que les caisses de pension agissent dans un souci de réduction des coûts. Qu’il s’agisse des frais généraux ou des placements de capitaux en particulier, elles veillent à garder le contrôle de leurs dépenses et à saisir les opportunités d'économiser. En effet, les coûts et leur évolution ont été raisonnables ces dernières années. Depuis 2007, les plus petites caisses de moins de 250 bénéficiaires ont ainsi réduit l’ensemble de leurs dépenses liées à la gestion des assurés et au placement de capitaux de presque 40 %, passant de 1170 à 720 CHF en moyenne par bénéficiaire. Pour les caisses les plus importantes de plus de 10 000 bénéficiaires, les dépenses ont baissé d’environ 20 % pour passer de 430 à 345 CHF, ce qui représente aussi un score remarquable étant donné le niveau de coût nettement inférieur. Ces efforts méritent d'être reconnus et soulignés dans la discussion sur les coûts du 2e pilier. Des corrections massives du taux d’intérêt technique Les faibles taux d’intérêt sur les marchés des capitaux et l’accroissement de l’espérance de vie obligent les caisses de pension à revoir leur taux de conversion et leur taux d’intérêt technique et à les adapter si nécessaire. De nombreuses institutions de prévoyance se sont appuyées sur les bons résultats de leurs placements en 2012 pour améliorer leurs données techniques. Sur les deux dernières années, le taux d’intérêt technique dans le régime de la primauté des cotisations a été réduit en moyenne de 3,49 à 3,08 % par les caisses privées, et de 3,63 à 3,32 % par les caisses publiques. Il s’agit de corrections qui pèsent nettement plus lourd pour les employeurs et les assurés actifs, pour un niveau de prestations équivalent. On peut s’attendre à ce que cette tendance se poursuive malgré la bonne performance actuelle. D’ici 2015, pas moins de 51 % des caisses de droit public prévoient un abaissement de leur taux d’intérêt technique ; les caisses privées, qui ont déjà, pour la plupart, modifié leur stratégie au cours des années passées, ne sont que 25 % à l’envisager. On peut également observer en parallèle une baisse continue des taux de conversion. L’année prochaine, le taux moyen pourrait tomber sous la barre des 6,4 % pour les caisses privées et donc au-dessous de la valeur plancher visée lors du vote de 2010. Les institutions de prévoyance enveloppantes peuvent en effet abaisser leur taux bien en-deçà du minimum légal tant qu’elles peuvent prouver qu’elles servent les prestations LPP minimales. Renonciation de plus en plus fréquente au prêt de titres Les dramatiques événements survenus en 2008 sur les marchés des capitaux ont amené les institutions de prévoyance à repenser leur stratégie en matière de prêt de titres (Securities Lending). Beaucoup d’entre elles savaient que les prêts de titres à durée limitée, soi-disant sans risque, entraînaient jusqu'à présent peu de risque calculé, comme les risques de contrepartie qui peuvent ne pas être compensés par les gains relativement faibles. Les enquêtes menées sur ce sujet montrent que les petites institutions de prévoyance se sont largement désengagées des prêts de titres et qu’une part considérable de cette activité a été abandonnée par les grandes institutions dont le patrimoine dépassait un milliard de CHF. Augmentation du taux de participation à la 13e enquête Swisscanto L’enquête actuelle portant sur 343 caisses (contre 340 l’année passée) qui représentent un total de 2,8 millions d’assurés (contre 2,5 millions l’an passé) et gèrent 481 milliards de CHF d’avoirs de prévoyance (contre 437 l’an passé), fournit un panorama approfondi et nuancé de la situation actuelle de la prévoyance professionnelle en Suisse. Elle donne un aperçu de la structure, de l’organisation, des investissements et des performances des institutions de prévoyance. Dans sa 13e édition, l’enquête de Swisscanto présente l’intéressante évolution d’indicateurs clés pour de nombreux secteurs du 2e pilier. Grâce à sa pertinence et à sa transparence, ses résultats fournissent aux responsables des institutions de prévoyance mais aussi aux personnes intéressées des sphères politique, scientifique et médiatique un outil précieux et largement exploité.
Afin de se fonder sur des données actuelles et parlantes concernant la situation financière des institutions de prévoyance, la CHS PP a uniformisé les chiffres clés collectés et a, surtout, fortement accéléré le relevé. Désormais, les chiffres au 31 décembre d’un exercice sont recensés dès le premier trimestre de l’exercice suivant. Le relevé des taux d’intérêt techniques et d’autres indicateurs axés sur les risques permet par ailleurs d'établir une véritable comparaison des taux de couverture des différentes institutions de prévoyance. La CHS PP a ainsi effectué pour la première fois, en collaboration avec les autorités de surveillance cantonales et régionales, un recensement précoce des chiffres clés de toutes les institutions de prévoyance au 31 décembre 2012. Sur la base des données collectées, elle a ensuite défini et évalué les risques auxquels la prévoyance professionnelle est exposée. Evaluation de la situation 2012 a été une bonne année pour les institutions de prévoyance : le rendement net moyen de la fortune, pondéré en fonction du capital, a été de 7,4 %. Les taux de couverture se sont ainsi améliorés : 90 % des institutions de prévoyance sans garantie étatique présentaient, fin 2012, un taux de couverture d’au moins 100 %. En outre, les institutions de prévoyance sans garantie étatique évaluent désormais leurs engagements avec davantage de prudence. Elles ont nettement diminué leur taux d’intérêt technique et ne sont plus que 7 % à appliquer encore un taux de 4 % ou plus. Globalement, 4 % seulement des institutions de prévoyance sans garantie étatique sont rangées encore dans le segment de risque le plus élevé. Toutefois, 37 % de ces institutions sans garantie étatique présentent un risque plutôt élevé, en raison de promesses de prestations de haut niveau et de la baisse de la capacité d’assainissement due à l’augmentation de la proportion de rentiers dans ces institutions. Des différences marquées entre les institutions de prévoyance avec et sans garantie étatique L’analyse montre en outre qu’il existe de fortes différences entre les institutions de prévoyance sans garantie étatique et celles bénéficiant d’une garantie de l’Etat. Rien d'étonnant à cela, puisque ces deux types d’institution étaient jusqu’ici régis différemment, notamment en ce qui concerne l’obligation de prendre des mesures d’assainissement. En outre, les adaptations aux nouvelles dispositions légales sont encore en cours. A fin 2012, 27 % seulement des institutions de prévoyance avec garantie étatique présentaient un taux de couverture d’au moins 100 %. Déséquilibre croissant des promesses d’intérêts Alors que les taux techniques ont fortement baissé ces dernières années, les rentes de vieillesse continuent d'être fondées sur des garanties d’intérêts relativement élevées. Ces promesses d’intérêts sont en partie plus élevées que les autres taux appliqués par les institutions de prévoyance. Les rendements à atteindre soumettent toujours les institutions de prévoyance à une forte pression en raison des engagements existants et de l’extrême faiblesse des taux d’intérêt, de sorte qu’il n’est guère probable qu’elles réduisent la part de leurs placements à risque. Des adaptations de la loi sont donc indispensables pour éviter que les institutions de prévoyance ne soient contraintes d’inclure d’autres risques encore dans le domaine des promesses de prestations. Perspectives de la CHS PP Chargée de la surveillance du système, la CHS PP entend approfondir l’identification des risques majeurs qui le menacent et définir les mesures à prendre dans son domaine de compétence. Elle s’intéressera aussi aux risques et aux lacunes du dispositif de surveillance. Elle traitera également, sous une forme appropriée, la question des risques qui sont inhérents aux bases légales et sur lesquels elle ne peut donc pas agir directement. Gouvernance et transparence La CHS PP a édicté des directives relatives à l’indication des frais de gestion de la fortune afin d’améliorer sensiblement la transparence dans ce domaine. Toujours dans un souci de transparence, elle va définir les indicateurs que les fondations de placement seront tenues de publier, au sujet des rendements, des risques et des coûts. La réforme structurelle de la prévoyance professionnelle a posé de nouvelles exigences concrètes en ce qui concerne l’intégrité et la loyauté des personnes chargées de la gestion d’une institution de prévoyance ou sa fortune (bonne réputation, garantie d’une activité irréprochable et prévention des conflits d’intérêts). Malgré le contenu détaillé des dispositions d’ordonnance, des questions d’interprétation surgissent régulièrement dans la pratique. Afin de garantir la mise en oeuvre uniforme des dispositions relatives à la gouvernance, la CHS PP va prendre les mesures qui s’imposent et ren-dre des décisions de principe au fur et à mesure. La prochaine mesure prévue est l’adoption de directives relatives à l’indépendance des experts en prévoyance professionnelle.
AG2R - La Mondiale avait déjà dévoilé en interne à l’automne 2012 ce projet de rapprochement de ses différentes structures dans le domaine de la gestion d’actifs. Les modalités, qui ont été validées par l’ACP et l’AMF, en sont désormais connues. Au niveau de la gouvernance, Jean-Louis Charles prend le poste de président du directoire de l’AGICAM, tout en conservant celui de directeur des investissements au sein du Groupe AG2R La Mondiale. Celui qui avait été recruté en octobre 2011 pour prendre en charge le rapprochement des deux entités, veillera notamment à la bonne application des impératifs de conformité aux nouvelles réglementations et au suivi du contrôle interne. Cela s’effectuera sans implication réelle dans les décisions de gestion, pour limiter les conflits d’intérêt, précise-t-il. Seront également membres du directoire : Sylviane Masson, aujourd’hui directeur général de La Mondiale Gestion d’actifs. Elle devient directeur général de l’AGICAM, en charge de la multi-gestion, de la gestion diversifiée et du suivi de la conformité. Régis Longlade, actuellement membre du directoire d’AGICAM, conserve la charge de la gestion actions et de l’allocation d’actifs de la retraite complémentaire Agirc Arrco. Philippe Dutertre, actuellement président du directoire d’AGICAM, s’occupe du développement de l’ISR et de la déclinaison des bonnes pratiques y compris dans la gestion assurantielle. Hors société de gestion d’actifs, Roger Bonne est à la tête de la gestion assurantielle, Muriel Aubry reste directeur de l’immobilier de placement, et Philippe Brossard, recruté fin 2011, chef économiste. Premier enjeu visé par cette fusion : l’amélioration du reporting et notamment dans le cadre de la Directive Solvabilité II, avec un pilier III qui va entrer en vigueur rapidement, explique Jean-Louis Charles. Deuxième enjeu, l’anticipation du renforcement des opérations de contrôle et de gestion des risques, sur tout le périmètre de la gestion d’actif. « Les procédures de contrôle des risques et les pistes d’audit seront prêtes pour la gestion d’actifs le jour où le pilier II de Solvabilité II entrera en vigueur » se félicite Jean-Louis Charles. La fusion s’inscrit dans le cadre d’un ajustement de la gouvernance de la gestion d’actifs : « nous avons mis en place des comités des investissements qui valident les grandes orientations de gestion d’actifs et qui se réunissent trois fois par an », révèle-t-il. L’objectif est aussi de mutualiser toute la partie fonction support, éclaire Jean-Louis Charles, avant d’ajouter, « qu’il s’agit d’une redistribution des moyens et des ressources, aucun départ n'étant prévu». L’avantage du rapprochement des deux structures est que n’ayant pas de doublon, leurs activités sont complémentaires. L’AGICAM est plus orienté gestion de retraite complémentaire, gestion pour compte de tiers et gestion de FCPE, tandis que La Mondiale Gestion d’Actif est plus spécialisée dans gestion d’actifs généraux d’assurances et la gestion d’unité de compte, conclut Jean-Louis Charles.
Europe : regarder le meilleur, se garder du pire L’année 2013 est placée sous le signe de la régulation au quotidien : EMIR, AIFM, etc. Rien de nouveau, me direz-vous ? Oui et non. Non, car depuis maintenant 10 ans, la réglementation financière est en refonte continue. Oui, car de nouveaux acteurs se sont immiscés, progressivement mais sûrement, dans le paysage : l’ESMA dont nous avons accueilli le Président, M. Steven Maijoor le 7 février dernier lors de la Rentrée de l’Af2i (voir pages 6 à 10) est un de ces nouveaux acteurs avec l’EBA et l’EIOPA avec lesquels nous devrons désormais dialoguer et travailler. Chacun des sujets de régulation est autant de questionnements que de nouveaux défis, de soucis mais aussi d’opportunités pour les acteurs financiers. Lire la suite en pièce jointe
Pour des raisons personnelles, Claude-Alain Trehan a souhaité renoncer à la Présidence tout en restant membre du Conseil d’administration de la Caisse de pensions de l’Etat de Vaud (CPEV), où il représente les assurés. Dans sa séance du 30 avril 2013, le Conseil d’administration - qui a pris acte avec regret de cette décision qu’il comprend - a appelé à la Présidence, dans le respect du principe de l’alternance, le vice-président Wolfgang Martz, représentant de l’employeur. Né en 1954, Wolfgang Martz est administrateur de sociétés et consultant indépendant. Il est administrateur de la CPEV depuis 2005. Pour lui succéder à la Vice-présidence, le Conseil d’administration a désigné Henry W. Isler, représentant des assurés.
Cristel Haution Sarac, anciennement Cristel Kuczko, occupe depuis ce lundi le poste de Responsable du département gestion déléguée au sein du Fonds de Réserve pour les Retraites, en lieu et place de Jean-Philippe Olivier, qui a quitté ses fonctions vendredi pour rejoindre le 2 mai la Coface, comme nous vous l’annoncions le 24 avril. Arrivée en octobre 2008 au FRR en tant que Directeur d’Investissement Taux au sein de département, Cristel Haution Sarac, a supervisé des mandats obligataires euro (Etats et crédit, nominal et ILB), la dette émergente, le high yield et jusqu’au début 2012 un mandat matières premières. Elle a, dans ce contexte, participé aux appels d’offres sur le Crédit Euro et les Global Govies, ainsi qu’aux sélections des fonds monétaires, High Yield et dette émergente, et a également assuré le suivi et le placement de la trésorerie du FRR. La nouvelle Responsable de la gestion déléguée du FRR a travaillé en tant que gérante de portefeuilles en Taux et Assurance entre 2006 et 2008 chez Natixis AM, et sur la gestion diversifiée les six années précédentes au sein de Ixis AM. Cristel Haution Sarac retrouvera sous sa responsabilité Hervé Seignol, chargé de l’ensemble du processus de sélection des gérants, des nouveaux appels d’offres et de la sélection des OPCVM ouverts. Le Département Gestion Déléguée est également composé de Mickaël Hellier, Responsable Recherche sur l’Investissement responsable et la suivi des mandats, de Caroline Lambert Le Meaux, Directeur d’investissement (DI) actions, plus particulièrement les petites et moyennes capitalisations européennes ainsi que les actions japonaises, et de Jérémy Willems, DI sur les actions US et l’ISR. François Tirmarche est Directeur d’investissement taux, chargé d’analyses de mandats high yield euros et US, des matières premières et Vincent Cordier a la charge de la gestion indicielle et de tous les actifs qui concernent les marchés émergents. Enfin, David de Sousa est analyste de portefeuille.
L’EIOPA a mis au point une base de données qui met à disposition des ressources uniques offrant une image globale de la situation des systèmes européens de retraite. La base de données recense un large panel d’accords confidentiels et d’instruments d’investissement qui sont explicites en matière de retraite professionnelle (en vertu des lois en matière de droit social et fiscal), indépendamment de leurs origines professionnelles ou personnelles. Par conséquent, les pensions « 1er pilier bis » et les plans/produits disponibles en Europe centrale et Europe de l’Est (CEE), définis par les lois en vigueur, mais qui ne sont pas encore proposés au public (ou qui n’ont pas encore de souscripteurs), sont également inclus. Les régimes de retraite proposés par l’Etat (1er pilier de retraite) et les retraites « pures » en rentes viagères sont exclus du recensement. La base de données a été instaurée et préparée par l’EIOPA, avec l’aide des autorités nationales compétentes. Les ajustements et la simplification ont été la ligne conductrice dans le processus de définitions des caractéristiques des régimes de retraite, comme dans le processus de communication des informations par les autorités. En ce sens, cette base de données ne doit pas être présentée comme une liste « officielle » entièrement complète, listant l’ensemble des régimes et des instruments de retraite proposés par la European Economic Area (EEA). La définition et la classification utilisées ont été mises en place pour les besoins de la base de données et ne sont en aucun cas obligatoires. Pour certains pays, les informations contenues dans la base peuvent ne pas être entièrement adaptées au contexte national.
Les directives concernant l’indication des frais de gestion de la fortune adoptées par la CHS PP s’inscrivent dans le prolongement de la réforme structurelle de la prévoyance professionnelle décidée par le Parlement le 19 mars 2010. Elles serviront, d’une part, à accroître la transparence des frais effectifs de gestion de la fortune et, d’autre part, à standardiser les indications que les fournisseurs de placements collectifs devront publier sur ces frais. Les institutions de prévoyance pourront ainsi décider de leurs placements sur la base d’une information plus limpide. Ces directives s’appliqueront pour la première fois aux comptes de l’exercice en cours, bouclés le 31 décembre 2013. Inclusion des frais des placements collectifs dans le compte d’exploitation Les caisses de pension et les institutions de prévoyance font figurer les frais d’administration, de marketing, de publicité et de gestion de la fortune dans leurs comptes d’exploitation. Jusqu'à présent, en dépit de leur importance parfois considérable, les frais concernant notamment les véhicules de placements collectifs n’y apparaissaient pas. En effet, ils ne sont pas directement facturés aux caisses de pension par les fournisseurs mais déduits du rendement de la fortune placée dans ces véhicules de placement. Désormais, l’indication des frais de la gestion de la fortune dans le compte d’exploitation des caisses de pension ne dépendra plus de la forme de placement choisie. Les frais de gestion de la fortune pour les placements collectifs seront calculés selon les formules publiées par les fournisseurs et reconnues par la CHS PP. Ces formules sont connues à l'échelle internationale sous l’appellation de total expense ratio (TER). Les frais TER comprennent notamment les commissions de gestion, les frais liés à la performance, les commissions de dépôt et les frais d’administration, de benchmarking, d’analyse et de service. Définition plus large que dans la loi sur les placements collectifs Pour la CHS PP, il faut considérer comme placements collectifs les apports constitués par les investisseurs afin d'être administrés en commun pour le compte de ces derniers. La Commission donne à cette notion un sens plus large que celui défini dans la loi sur les placements collectifs (LPCC) afin d’y intégrer aussi les frais des produits étrangers. Selon la définition de la CHS PP, une des caractéristiques des placements collectifs est qu’ils intègrent des frais à l’intérieur du placement qui sont déduits du rendement de la fortune sans apparaître nulle part de manière distincte. Taux de transparence en matière de frais Autre nouveauté, la notion de « transparence en matière de frais » implique que les frais TER et une partie des frais de transaction et des impôts seront indiqués dans le compte d’exploitation. Tout placement considéré comme non transparent devra figurer dans l’annexe aux comptes annuels de l’institution de prévoyance. Quant au « taux de transparence en matière de frais », il renseignera sur le pourcentage des placements investis par l’institution de prévoyance dans des placements de fortune transparents en matière de frais au sens des directives de la CHS PP. Il donnera donc une information exploitable sur les frais de gestion de la fortune figurant dans le compte d’exploitation. Champ d’application Les directives adoptées par la CHS PP s’appliquent aux institutions de prévoyance et aux autres institutions actives dans le domaine de la prévoyance professionnelle, telles que les institutions de libre passage, les institutions pour des formes reconnues de prévoyance au sens de l’art. 82 LPP, l’Institution supplétive et le Fonds de garantie. Par contre, elles ne concernent pas les fondations de placement, pour lesquelles la CHS PP édictera prochainement des directives spécifiques. Ces fondations sont néanmoins concernées indirectement par les nouvelles directives car, en tant que fournisseurs de placements collectifs, elles devront calculer le ratio des frais des différents compartiments de placement.
Il n’y a pas que les réformes structurelles. En raison de la crise de ces dernières années et des «anomalies financières» qu’elle a provoquées, les caisses de pension font aussi face à de grandes remises en question stratégiques. Au c??ur desquelles se trouve celle liée à leurs choix d’allocations d’actifs et au suivi des performances. Sur quels indices s’appuyer pour répliquer sa stratégie d’investissement? Qu’est-ce qui fait qu’un indice est pertinent? A quelles décisions de placement doit-il conduire? Pour trouver des réponses, les professionnels suisses de la prévoyance se sont retrouvés jeudi à Lausanne, où se tenait le deuxième jour d’un salon spécialisé. «Tout le monde voudrait trouver son indice optimal. Chacun cherche son Graal», a ainsi exposé Antoine Lesné, spécialiste obligataire chez State Street. Dans le marché de la dette, une petite dizaine d’indices sont inévitables. Il y a ceux de Barclays (anciennement ceux de Lehman), de Citigroup ou encore de Footsie. Problème, tous sont construits, et pondérés, en fonction de la taille des émetteurs. Dans les souverains, par exemple, les Etats-Unis et le Japon représentent à eux seuls 50 à 60% du marché. «Veut-on d’un benchmark qui ne tient compte que du montant de la dette de chacun?» interroge celui qui a mis au point un indice dont la pondération dépend aussi des PIB respectifs. Du coup, le Japon perd de son poids, les Etats-Unis en gagnent. «Nous avons repondéré les indices en fonction d’indicateurs économiques et financiers», justifie-t-il. Pour le marché actions, les critiques sont similaires. La pondération en fonction des capitalisations boursière a ses limites, convient Frédéric Dodard, de State Street. «Il faudrait davantage tenir compte de considérations économiques, comme les bénéfices des entreprises, par exemple.» Et les caisses de pension, qu’en pensent-elles? «Un indice est avant tout un moyen de contrôler l’efficacité de nos gestionnaires», avance d’abord Claude Schafer, directeur de la caisse de prévoyance du personnel de l’Etat de Fribourg. «Plus on opte pour un indice nouveau, ou peu utilisé, plus notre responsabilité augmente en cas de problème», s’inquiète de son côté Françoise Bruderer, directrice de la caisse de pension de La Poste. Tout cela est «très technique, ajoute Claude Schafer. C’est le métier des professionnels, donc la responsabilité du choix du bon indice va plutôt vers les conseillers.» En coulisses, certains s’interrogent. A qui profite cette grande remise en question? Sous cape, on soupçonne volontiers les conseillers et les fournisseurs d’indices de stimuler le débat à des fins marketing. Car se démarquer des grandes références indicielles, c’est aussi proposer de nouveaux produits à la clientèle. A l’inverse, lorsque l’on demande à Antoine Lesné si, au final, il n’y a pas trop d’indices à disposition, il estime qu’ils répondent à un besoin des investisseurs. L’??uf? Ou la poule?
Jean-Claude Fluhr et Brigitte Millart ont été élus à la présidence d’AG2R la Mondiale le 18 avril. Le Conseil d’administration d’AG2R Prévoyance a élu Jean-Claude Fluhr, président et Brigitte Millart, vice-présidente d’AG2R Prévoyance. Jean-Claude Fluhr est secrétaire fédéral à la fédération CFDT Protection sociale travail emploi. Il est administrateur de l’Association sommitale AG2R La Mondiale, d’AG2R Retraite Arrco, de Sgam AG2R La Mondiale, de Primamut et d’AG.Mut. Monsieur Fluhr est administrateur à la Caisse de prévoyance des agents de la Sécurité sociale et assimilés (CAPSSA). Brigitte Millart, est présidente de Sgam AG2R La Mondiale et d’Agire (association regroupant les administrateurs employeurs d’AG2R) et administratrice d’AG2R Macif Prévoyance.
Le gouvernement du Quebec qui avait confié à un comité d’experts une mission sur l’avenir du système de s retraites au Québec, vient de présenter les travaux réalisés par ce dernier. Les 7 membres chargés d'étudier les régimes complémentaires de retraites vont à contre courant ds tendances, particulièrement en France, et formulent une série de recommandations visant notamment à renforcer les régimes de retraites à prestations définies et a améliorer et valoriser l'épargne retraite personnelle. Leur mandat limitant leur intervention aux régimes entrant dans le champs de compétence de la Régie des rentes du Québec visent principalement les régimes de retraites des municipalités et des universités et s’intéressent au troisième étage du système de retraites de la Province francophone reposant sur l’initiative individuelle. A l’instar des observations faites sur le système Français, le comité relève que le taux de remplacement des salariés Québécois diminue rapidement avec la croissance des revenus. De plus le rapport insiste sur le fait que 47 % des travailleurs québécois (1,9 million) ne participeraient à aucun régime collectif tous dispositifs confondus (prestations déterminées, cotisations déterminées, régime d'épargne-retraite collectif...). Le comité désigné par le gouvernement québécois considérant que les régimes à prestations définies (déterminées) offrent la meilleure sécurité financière, recommande à ce titre leur renforcement car ces dispositifs ne concernent actuellement que 35% des travailleurs dont près des 2/3 sont employés dans le secteur public. Il préconise par ailleurs l’instauration d’une rente longévité ouverte à l’ensemble des travailleurs québécois qui permettrait ainsi à l’ensemble des cotisants de percevoir une rente administrée par la Régie des rentes du Québec à partir de leur 75 ans. Cette rente, calculée sur la base des salaires perçus serait financée à part égale entre salariés et employeurs permettrait de couvrir collectivement le «risque longévité» et assurerait ainsi un revenu au delà de la période couverte par l'épargne retraite. Ce dispositif à prestation déterminée profiterait à 4 millions de travailleurs pour un coût limité d’après le rapport. Enfin le rapport formule une série de recommandation pour encourager et valoriser l'épargne retraite. IL préconise notamment la mise en place de régimes volontaire, et l’assouplissement des conditions de décaissement des sommes immobilisées par les actifs afin que ces derniers puissent utiliser plus facilement leur épargne personnelle au moment de leur retraite.
Suite à un premier contrôle, la juridiction financière chargée de contrôler la régularité des comptes publics émettait en effet via ce référé un certain nombre de critiques. Les questions concernant la stratégie d’investissement dans les pays périphériques La première d’entre elles portait sur la stratégie d’investissement dans les pays périphériques de l’ERAFP, qui a accru en 2009 son encours d’obligations émises par des États de la zone euro dont la situation financière est jugée fragile. Une exposition, qui aurait, « contraint l’ERAFP à constater une moins-value de plus de 650 millions d’euros au 31 décembre 2011, partiellement compensée par des plus-values latentes enregistrées sur d’autres titres. » A titre de réponse, l’ERAFP fait valoir son statut d’ « investisseur à très long terme, en phase de montée en charge, qui n’a pas à provisionner les moins-values latentes sur les obligations ». « Aucune écriture comptable n’a ainsi fait apparaître dans les bilans du Régime une moins-value de 650 millions d’euros au titre de son portefeuille obligataire » insiste l'établissement chargé de la gestion du régime additionnel de la fonction publique. Qui pour sa défense invoque également « le cadre réglementaire très strict » auquel il est soumis, qui lui impose d'être investi au minimum à 65 % en obligations et au maximum à 25 % en actifs à revenu variable (pour l’instant des actions) et à 10 % en immobilier. Au passage, l’ERAFP appelle à une révision de ce cadre, qui lui permettrait d’augmenter sa part d’immobilier, en finançant en particulier le logement des fonctionnaires, et d’investir dans d’autres classes d’actifs, comme les infrastructures ou le capital-investissement. Avec la volonté affichée de soutenir l'économie réelle, en finançant ainsi les PME innovantes, la transition écologique, par la création de « green bonds » à l’anglo-saxonne notamment, ou les grands projets d'équipements des collectivités territoriales. Les questions concernant l’attention de l'État sur la stratégie d’investissement de l’ERAFP Dans son référé, la Cour des comptes invitait aussi l'État à « être particulièrement attentif à la stratégie d’investissement de l’ERAFP ». Une recommandation qui peut sembler quelque peu superflue au regard du statut déjà très contrôlé de cet « établissement public administratif placé sous la tutelle de trois ministères (Économie et Finances, Affaires sociales et Santé, Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Fonction publique) et sous contrôle de l'État via le CGEFI ». Les questions concernant le suivi du pilotage actif-passif et le taux de rendement Autres critiques venant de la Cour des Comptes, « les risques induits par le choix et la détention des actifs, qui nécessitent de renforcer le suivi de pilotage actif-passif ». Ainsi que « le taux de rendement technique », jugé trop élevé pour permettre « l'équilibre du régime dans la durée ». A ces observations, l’ERAFP répond que « le régime est géré de manière très prudente » et que « le taux de couverture des engagements est très largement supérieur à 100% et le rendement technique, à 4%, est un rendement soutenable ». Les questions concernant la montée en charge du Régime De la même façon, l'établissement dirigé par Philippe Desfossés balaie d’un revers de main la question de « la lenteur de la montée en charge du dispositif par capitalisation » décrite dans le référé. « La montée en charge du Régime est inhérente au fonctionnement même du Régime » et « par définition, le Régime n’arrivera à maturité que dans une quarantaine d’années ». Les questions concernant le contrôle interne du Régime Enfin, aux reproches qui lui sont faits sur le contrôle interne, la Cour des comptes ayant estimé qu’un « plan complet de contrôle interne reste à mettre en place », l’ERAFP répond que « dès la mise en place opérationnelle du régime, il a décidé de respecter les grands principes de contrôle interne, dont le déploiement se poursuit ». Le rôle de la CDC Retraites et Solidarité, chargée de la gestion administrative de l’ERAFP L’autre volet du référé de la Cour des comptes concerne le rôle de la CDC Retraites et Solidarité, chargée de la gestion administrative de l’ERAFP, et en particulier du recouvrement des cotisations. D’une part, la Cour des Comptes note que cette charge contreviendrait au principe des finances publiques, selon lequel le recouvrement de créances est une compétence exclusive du comptable public. A cette remarque, la Caisse des Dépôts apporte la réponse suivante : « les opérations de recouvrement des cotisations et de paiement des prestations qu’elle assure sont supervisées et contrôlées par l’agent comptable de l’ERAFP ». Et note que « la Direction Générale des Finances Publiques, saisie par la Cour sur ce thème, a précisé que cette irrégularité concerne l’ERAFP mais aussi d’autres établissements publics » et a proposé de mettre en place une « solution législative qui permettrait une mise en conformité juridique ». D???autre part, la Cour des comptes interpelle l’Etat sur la transparence des coûts de gestion facturés par la CDC à l’ERAFP. Dans sa réponse, la CDC précise que ces coûts sont fixés dans le respect de la convention d’objectifs et de gestion pluriannuelle, 2011-2015, signée entre l’ERAFP et la Caisse des Dépôts, après validation du Conseil d’administration de l’ERAFP. Et qu’ils s'élèvent à 14 millions d’euros soit « moins de 1% des cotisations versées au régime, taux parmi les plus faibles de l’ensemble des opérateurs retraite ». Alors que le thème de la transparence financière est plus que jamais au c??ur de l’actualité, souhaitons que ce premier contrôle de la Cour des comptes et la passe d’armes qui s’en est suivie avec l’ERAFP débouchent sur une meilleure compréhension des mécanismes de fonctionnement de cette institution par les sages de la rue Cambon. Et que le dialogue qui s’en suivra favorisera une réflexion de fonds sur les modalités d'élargissement du cadre réglementaire auquel sont soumis des investisseurs institutionnels de long terme comme l’ERAFP, tout en conduisant ces derniers à renforcer encore leur gouvernance et leurs mécanismes de contrôle interne, par nature toujours perfectibles.
Dans ce café du quinzième arrondissement de Paris, à proximité de la gare Montparnasse, où il donne rendez-vous, il est difficile de distinguer Christian Oyarbide des voyageurs en partance. Sans cravate, sacoche à l'épaule, ce Dordognais d’origine ne porte pas le costume traditionnel du cadre dirigeant de l’assurance. Sans perdre de temps et sur plusieurs fronts Depuis février, il est pourtant à la tête de l’Union mutualiste retraite (UMR), le gestionnaire du régime de retraite complémentaire Corem. En toute simplicité. « Les signes extérieurs de pouvoir ne m’intéressent pas », explique-t-il d’emblée. Avant de poursuivre : « Ce qui me passionne dans le poste de directeur général, dans des structures à taille humaine, c’est l’opportunité de changer les choses rapidement. » Après le départ de Charles Vaquier, l’UMR l’a recruté pour renforcer le modèle économique des différents régimes gérés par la mutuelle. « Mais l’une des échéances de ma mission est assez rapprochée, puisqu’elle se situe à la fin de l'été », précise-t-il. Ce challenge ne risque pas de faire peur à Christian Oyarbide, car depuis quelques années, il s’est fait le spécialiste des missions commando dans l’assurance. Un exemple parmi d’autres : en 2007, il est recruté comme directeur général de La France mutualiste pour remettre cette mutuelle d’aplomb. « Elle était sous surveillance spéciale de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP), avec menace d’administration provisoire », se souvient-il. Reconnaissant les efforts entrepris sous sa direction - notamment la mise aux normes des process ou la structuration d’une équipe de management technique - l’ACP lève la surveillance spéciale au mois de mai 2009. Quelle est la potion magique de ce diplômé de HEC pour redresser une entreprise ? « Il faut être curieux, ouvert, un brin directif, voir quelles sont les forces et les faiblesses de la société et, surtout, ne pas hésiter à tester ses idées sur le marché, quitte à ce qu’elles ne marchent pas. » Sans oublier une bonne dose de travail. Christian Oyarbide est justement réputé être un gros bosseur, capable de mener en parallèle plusieurs projets. En plus de ses activités à l’UMR, il intervient ainsi trois jours par mois en tant que consultant auprès d’une mutuelle santé lyonnaise « qui est à un carrefour de son existence et qui n’a pas la surface pour justifier un directeur général à plein-temps ». Et ce n’est pas tout. Quotidiennement, il décrypte l’actualité du management sur son blog, intitulé « Mortel Management » (2 600 visites par mois). Passionné d'écriture, il est également président d’une maison d'édition spécialisée dans le pilotage des organisations. Explorer le terrain de la responsabilité sociétale Lui-même écrit des livres, précisément des nouvelles et des romans policiers. « J’ai déjà rédigé huit ouvrages, en m’inspirant souvent du monde de l’entreprise. J’ai entamé un nouveau polar il y a plus d’un an, mais pour le terminer et passer un cap en qualité, il faudrait que je ne fasse qu'écrire pendant six mois. » Or, son emploi du temps ne lui permet pas de se consacrer pleinement à la littérature. Et ce n’est pas prêt de changer, car sa mission à l’UMR terminée, il reprendra, en fin d’année, ses activités de consultant chez Cogidées. « Dans les prochaines années, j’ai bien l’intention de poursuivre dans le management de transition. Je compte également proposer des offres d’accompagnement sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), un terrain que la plupart des mutuelles n’ont pas encore investi en faisant valoir leurs atouts naturels. » Autant dire qu'à l’approche de ses 60 ans, Christian Oyarbide n’est pas prêt de prendre sa retraite.