Les caisses de retraite complémentaires ont été très déçues par la nouvelle version, reçue le 2 mars, du projet de décret ciblant l’organisation de leur gestion financière et de leur gouvernance. Elles ont en effet constaté que très peu de propositions d’amélioration qu’elles avaient réclamées ont été apportées à la première version. Pour rappel, cette première version leur avait été envoyée en juillet 2016, sans qu’elles aient été consultées auparavant, ce qui avait à l’époque provoqué la colère de certaines, décalant sa mise en application initialement prévue au 1er janvier 2017. Toutes les caisses concernées (CNAVPL, CARDCSF, CARMF, CARPIMKO, CARPV, CAVAMAC, CAVEC, CAVP, CIPAV, CRN), IRCEC, RSI, CNBF, CRPN, CRPCEN, CCMSA) se sont réunies mardi 7 mars après-midi pour préparer une réponse commune qui sera envoyée dans les prochains jours par la caisse nationale. Plus précisément, c’est le conseil d’administration de la CNAVPL qui fera officiellement part de leur désapprobation. Cette réponse doit intervenir dans les 21 jours (soit d’ici le 23 mars), la véritable échéance qui ne fait mystère pour personne est que le projet soit adopté avant l’élection présidentielle qui pourrait le remettre en cause ou décaler sa mise en application aujourd’hui prévue dès le 1er juillet 2017. De plus, le message est clair : la nouvelle version doit être considérée comme la version définitive. Toute nouvelle modification porterait sur d’éventuelles coquilles… Que reprochent les caisses concernées au projet de décret ? Tout d’abord, le texte lui-même reste particulièrement complexe. On appréciera notamment l’alinéa 5 de l’ Art. R. 623-10-33, qui illustre à merveille cette remarque…. : « 5° 12,5 % pour l’ensemble des titres de capital et de créance mentionnés aux 1o à 6° de l’article R. 623-10-9, vérifiant les conditions mentionnées au 3° du I. de l’article R. 623-10-10 mais pas celles mentionnées aux 1° et 2° du I. du même article ». Comme on peut le voir souvent, quand un texte juridique est aussi complexe, cela laisse libre cours à l’interprétation et finalement à la liberté d’action. Mais ce constat est loin de réjouir les acteurs concernés. Car au-delà de la complexité du texte, les caisses devraient souligner dans leur réponse les nombreuses contraintes imposées en termes de gouvernance et de gestion financière qui ne vont pas, selon elles, dans le sens d’un fonctionnement optimal de leurs structures. « Nous avons l’impression d’être ainsi assimilées à des compagnies d’assurance. Or, nous devons tenir compte d’un passif qui est très différent… », nous confie le dirigeant d’une des caisses concernées. Le principe du « fonds mutualisé », un nouveau véhicule de placement qui pourra être commun à plusieurs institutions, est aussi maintenu, ce qui appelle à la fin de l’utilisation du fonds dédié par les directions financières des caisses. « L’idée repose sur le soupçon d’éventuelles dérives qui seraient soi-disant facilitées par la nature même du fonds dédié, impliquant une relation privilégiée et donc un peu « cachée » avec la société de gestion », devine le dirigeant d’une des caisses concernées. De même, les caisses devront présenter à leur comité des placements tous les mouvements effectués sur la partie du portefeuille qui fait l’objet d’une délégation de gestion, sur le trimestre écoulé. Par ailleurs, certaines dispositions apparaissent comme des aberrations. Ainsi, si toutes les caisses sont d’accord pour mettre en place des mesures pour limiter les conflits d’intérêt, ou en appliquent déjà, elles soulignent la difficulté à établir la déclaration d’intérêts demandée : « …. Cette déclaration est remise au conseil d’administration et est actualisée à l’initiative de l’intéressé dès que cela est nécessaire. Elle mentionne les liens d’intérêts de toute nature, directs ou par personne interposée, que le déclarant a, ou qu’il a eus pendant les cinq années précédant sa prise de fonctions, avec des entreprises, des établissements ou des organismes qui apportent leur concours au conseil d’administration ou à ses commissions, notamment les gestionnaires ou mandataires. » Ainsi, avant d’investir par exemple dans un fonds proposé par une société de gestion, l’institution devra vérifier que ses collaborateurs n’ont pas eu un lien personnel ou professionnel avec cette société de gestion ou la banque dont elle dépend… Autre mesure sujette à interrogation : la nécessité d’organiser les formations aux administrateurs dans ses propres locaux et non dans les locaux de l’organisme de formation. Qu’elles soient majeures ou plus marginales, l’ensemble des contraintes imposées par le projet de décret vise à accroître le contrôle et la prudence au sein des caisses de retraite complémentaires, dans la lignée des rapports de l’IGAS dont certaines ont fait l’objet en 2012. Reste à savoir si la mise en place d’un tel texte peut profiter aux ayants-droit et à la rentabilité à long terme de chaque institution concernée.
La gestion actuelle des organismes par les partenaires sociaux est confrontée à des dysfonctionnements aujourd’hui inacceptables. Parce que nous croyons que la gouvernance paritaire est une composante essentielle de notre démocratie sociale, nous voulons donner une dernière chance au paritarisme de gestion. Mais il y a urgence à définir des critères - certes d’une exigence inédite - mais sans lequel le paritarisme ne saurait se dessiner un avenir” François Béharel, président du groupe Randstad France, membre du conseil d’administration du groupe Randstad holding, et Gérard Adam, professeur émérite au CNAM, tous deux co-présidents du groupe de travail de l’Institut Montaigne qui a conduit cette réflexion. Après avoir proposé de placer la négociation d’entreprise au cœur du dialogue social et présenté une stratégie de refonte du système de formation, l’Institut Montaigne présente un plan d’action pour rendre son sens et son efficacité au paritarisme de gestion. L’Institut Montaigne a pris le parti du pragmatisme et de la responsabilité et pose les conditions indispensables à la survie du système en laissant de côté toutes les pistes d’actions qui semblent trop radicales pour être entreprises à court terme, de même que toutes celles trop timides pour avoir une efficacité réelle. Lire la suite
Selon une dernière étude (La vérité sur la retraite des sénateurs), loin d’avoir réformé leur régime de retraites, les sénateurs l’ont consolidé en créant un régime spécial au sein du régime spécial. Mis sous pression dans le contexte de la réforme des retraites de 2010, les sénateurs avaient prétendu « aligner » leur régime sur celui des fonctionnaires. La dernière étude de Sauvegarde Retraites, «La vérité sur la retraite des sénateurs», démontre qu’il n’en est rien. Les sénateurs continuent à bénéficier d’un régime bien plus avantageux que celui de la fonction publique : Un rendement exceptionnel, avec près de 6 € de pension pour 1 € cotisé. Un taux de remplacement, pour une carrière complète, supérieur à leur indemnité. Une durée de prestations d’environ 3 ans seulement pour couvrir leurs cotisations. Une réversion «super-prémium» de 60 %, sans plafond ni conditions de ressources. Mieux encore : en compensation de la fin de la double cotisation – qui leur permettait de valider une carrière complète après 23 ans seulement de cotisation – les sénateurs se sont octroyé un régime complémentaire par points en toute opacité, ce qui revient à créer un régime spécial au sein du régime spécial. Le règlement de ce régime complémentaire n’est pas public ; et les services du Sénat n’ont pas souhaité communiquer le coût d’acquisition du point, ni sa valeur de service. Cependant, si l’on se réfère au tas d’or sur lequel est assise la caisse de retraites des anciens sénateurs (631 M d'€, soit l’équivalent de 18 années de prestations), on peut supposer qu’il n’y a pas de raison particulière pour que le rendement du régime complémentaire soit inférieur au régime de base. Une belle affaire pour les sénateurs, qui valait probablement bien quelques «efforts» sur l’âge de départ, le montant et la durée de cotisation.
Le groupe de protection sociale Agrica est à l’orée de deux chantiers déterminants pour son avenir : la constitution d’un groupe prudentiel et l’avenir de sa caisse de retraite complémentaire. Deux sujets qui avancent sûrement, mais lentement.
30.000 logements du groupe Action Logement, financés par les contributions des entreprises et des salariés du secteur du privé, seront transférés aux régimes de retraite complémentaire Agirc-Arrco. La loi de 2001 prévoit en effet que «les actifs immobiliers de l’association foncière ont pour vocation exclusive d'être transférés aux régimes de retraite complémentaire». Une première réunion a eu lieu entre les partenaires sociaux pour mettre en oeuvre les accords conclus en 2007 et 2014 à ce sujet, indique un communiqué de presse du 28 février. Les instances paritaires de l’Agirc-Arrco statueront dans les prochaines semaines sur ce transfert. Il portera sur la nue-propriété des 30.000 logements, l’usufruit étant conservé, dans un premier temps, par Foncière Logement. La pleine propriété du patrimoine revenant à terme à la retraite complémentaire.
Le 1er janvier 2018, Audiens fusionnera ses caisses Arrco et Agirc avec ses homologues de Pro BTP, Lourmel et B2V, le groupe Agrica n'ayant toujours pas tranché sur l'avenir de son activité retraite complémentaire.
Interview de Jean-Philippe Naudon, médiateur du RSI qui réagit à un article paru sur Décider et Entreprendre : Le RSI est représenté au sein de la gouvernance d’un OPCVM d’Amundi. Cette représentation signifie-telle que le RSI investit dans cet OPCVM? Quelle est la pertinence, pour le RSI, d’être représenté dans cette structure financière ? Non, le RSI n’investit pas cet OPCVM d’Amundi dont il est, par ailleurs, administrateur. L’intérêt pour le RSI d’assister aux séances du CA de cette structure financière est uniquement de bénéficier d’informations de marché sur les actifs sous-jacents (obligations convertibles), dans le cadre de la gestion de nos réserves. Il s’agit d’un canal d’informations parmi d’autres. Enfin, les jetons de présence perçus par la participation à ce CA sont intégralement reversés au régime complémentaire retraite des artisans et des commerçants. Pouvez-vous nous indiquer quels sont les montants d’actifs placés par le RSI? Dans quels véhicules financiers investissez-vous? D’où viennent ces sommes? Qui en contrôle l’utilisation ? Le RSI est un investisseur institutionnel qui agit en conformité à une réglementation stricte en matière de placement d’actifs issus des cotisations sociales obligatoires. Les actifs placés par le régime complémentaire des artisans et des commerçants (RCI) et le régime d’invalidité-décès, fonctionnant, rappelons-le, tous deux en répartition provisionnée, s’élèvent, au 31/12/2016, à 17,8 Md€. Les investissements sont largement diversifiés, dans un souci de maîtrise des risques de marchés et se décomposent en 10% en immobilier, 33% en actions, 47% en obligations, 10% en monétaire. Ces réserves correspondent aux excédents techniques cumulés, c’est à dire la différence entre les cotisations encaissées et le paiement des pensions et des charges de gestion, et au rendement financier de ces excédents. La gestion des réserves et le pilotage financiers de ces régimes sont développés dans la publication l’Essentiel du RSI en chiffres (https://www.rsi.fr/chiffres.html, pages 196 à 204). Tous les placements réalisés par le RSI sont décidés par des administrateurs nationaux élus, représentants leurs pairs, artisans et commerçants. Ces administrateurs siègent au sein de la Commission des placements émanant du Conseil d’administration. Comme les autres administrateurs du RSI, ils sont élus au suffrage universel direct tous les six ans. Les dernières élections ont eu lieu en 2012 et les prochaines sont attendues pour 2018. Les décisions de cette commission sont strictement encadrées par la réglementation (Décret n° 2002-1314 du 25 octobre 2002, Arrêté du 9 février 2012 portant approbation du règlement du régime complémentaire obligatoire d’assurance vieillesse des professions artisanales, industrielles et commerciales), sont contrôlés, d’abord, en interne par un contrôleur financier indépendant puis par un contrôleur général économique et financier dépendant du Ministère de l’Economie et des Finances et par des représentants des Ministères des affaires sociales et du Budget qui siègent à cette commission. La gestion des placements est également contrôlée une fois par an par un audit externe (cette mesure va au-delà des prérequis réglementaires actuels) et peut faire l’objet de missions de contrôle par l’Inspection générale des finances, l’Inspection générale des affaires sociales ou la Cour des comptes. La Cour des Comptes a d’ailleurs souligné la rigueur de la gestion des réserves par le RSI dans son rapport sur la sécurité sociale de 2014 (chapitre XVI, page 482 du rapport) : « Le RSI s’est imposé des règles de gestion qui respectent, voire sont parfois plus rigoureuses que celles qu’impose la législation en la matière… La gestion elle-même tient compte des obligations de décaissement et des objectifs de durée de vie du régime, le rendement recherché découlant du choix d’une exposition limitée au risque. ». Enfin, il est précisé que la gestion des réserves par le RSI a été certifiée ISO 9001 dès 2008. Le RSI fait l’objet de beaucoup de passions. Le sujet des placements financiers du régime n’en est lui-même pas exempt. Comprenez-vous l’agacement de certains cotisants du régime? Que souhaitez-vous leur répondre ? Cette question revêt un caractère politique qui va bien au-delà de la question des placements financiers du régime de retraite complémentaire. L’agacement de certains cotisants du régime est à mettre en lien avec le poids des cotisations qu’ils jugent excessif. Pourtant ces cotisations sociales des indépendants sont moindres, d’au moins un tiers, à celles qui seraient acquittées si l’indépendant était affilié au régime général. Cette problématique des cotisations occulte très souvent les prestations sociales servies par le RSI, dont c’est la mission fondamentale. Ainsi, il faut donc rappeler que les placements financiers sont nécessaires au pilotage des régimes complémentaires qui fonctionnent, comme rappelé ci-dessus, en répartition provisionnée ce qui garantit aux artisans et commerçants, d’une part, le versement de leur pension de retraite complémentaire jusqu’à la fin de leur vie avec, d’autre part, un rendement du régime pour les actifs (estimé par le rapport entre la valeur de service et le revenu de référence) à 6,8 %, supérieur à celui offert par la plupart des autres régimes et notamment l’ARRCO. Depuis le rapport de la Cour des Comptes de 2012 qui portait sur la période compliquée des années 2008 -2011, le RSI est régulièrement vilipendé et sa gestion est mise en cause. Continuer à le faire aujourd’hui, c’est sans fondement sérieux. Le RSI a mis en œuvre de nombreuses réformes qui ont porté leurs fruits, notamment dans la normalisation des procédures de gestion du recouvrement impliquant également les Urssaf. Il est dommage qu’elles ne soient pas perçues comme des avancées positives par les assurés. Nous pourrions citer la mise en œuvre d’un bouquet de télé service accessible par « mon compte RSI », la modification du calcul et du paiement des cotisations (réforme du 3 en 1) qui est qualifiée comme étant une réussite par les cotisants et leurs experts comptables, la baisse des cotisations minimales pour la maladie et le régime complémentaire de retraite. Il faut également ajouter les améliorations apportées à la protection sociale avec la validation de 3 trimestres par an pour les chefs d’entreprise ayant opté pour le paiement d’une cotisation forfaitaire. L’objectif du RSI est d’obtenir le passage à 4 trimestres.
L’investissement responsable gagne du terrain en France poussé notamment par deux dispositifs clés : d’abord l’article 173-VI de la loi sur la transition énergétique, une législation qui favorise la transmission d’information ESG-Climat par les investisseurs ; ensuite le lancement de deux nouveaux labels pour les fonds : Label ISR soutenu par le ministère de l’Économie et des Finances et label Transition énergétique (TEEC) soutenu par celui de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer.
L’Ircantec (9,8 milliards d’euros d’actifs) a défini une nouvelle allocation d’actifs stratégique qui accorde moins de poids aux obligations gouvernementales, rapporte IPE. En conséquence, l’exposition aux obligations souveraines a été réduite de 30 % à 10 %. Pour le reste, les actions composent 40 % du portefeuille, la dette indexée à l’inflation, 20 %, le crédit, 20 % et les actifs réels, 10 %. Caroline Le Meaux, responsable de la gestion déléguée au sein de la Caisse des Dépôts et Consignations, le gérant fiduciaire de l’Ircantec, indique que le fonds de retraite travaille sur la nouvelle stratégie depuis au moins un an. CDC cherche d’ailleurs un gérant overlay pour l’Ircantec en lien avec cette nouvelle allocation et a lancé à ce titre un appel d’offres il y a une semaine. Le mandat concerne la gestion du risque de l’intégralité du portefeuille et sera logé dans un fonds dette souveraine de 1,2 milliard d’euros.
Pro BTP recherche un analyste Crédit High Yield « buy side » au sein son équipe gestion crédit composée actuellement de trois gérants, dont une Gérante High Yield et un Analyste crédit « Investment Grade » junior. Les missions du poste à pourvoir sont les suivantes : Produire des analyses de valeurs High Yield et Cross Over ainsi que des analyses sectorielles et être force de proposition et d’analyse conclusive ; Assurer une veille de marché permanente et vigilante sur le portefeuille et l’univers d’investissement High Yield, travailler au rythme du marché (émissions primaire, news flow, publications de résultats...) et participer au suivi de la classe d’actif High Yield ; Développer les relations avec les analystes de place et les agences de rating ; Travailler en interactivité avec la gérante High Yield et participer à la génération d’idée d’investissement ; S’assurer du partage et de la circulation de l’information au sein de l’équipe ; Exploiter et développer les outils internes d’analyse crédit ; Participer à l’accompagnement de notre analyste crédit Investment Grade junior. Expérience requise : De formation supérieure (idéalement la Société Française des Analystes Financiers), vous justifiez impérativement d’une expérience confirmée (5 ans souhaités) en analyse financière crédit. Une bonne connaissance du High Yield serait un plus. Vous avez un sens développé de la communication et du rédactionnel et vous avez une bonne capacité d’écoute. Vous avez d’excellentes capacités analytiques et un bon esprit de synthèse. Vous savez définir les priorités et êtes doté(e) d’une forte capacité de travail. Rigoureux(se), autonome et proactif(ve), vous faites preuve de curiosité intellectuelle et avez un esprit d’équipe. Vous êtes bilingue anglais. Une maîtrise d’Excel s’avère indispensable. Référence de l’offre : BE2628
Dans un référé, l'institution de la rue Cambon met en cause la politique d'indemnités de départ en retraite de la Caisse des Dépôts ces dernières années.
La situation financière des caisses de pension suisses n’a pas beaucoup évolué l’an dernier. Le taux de couverture estimé pondéré par les actifs des caisses de droit privé a reculé de 0,3 point de pourcentage sur l’année pour s'établir à 110,7%, selon le Moniteur des caisses de pension publié par Swisscanto. A fin décembre, 97% des caisses de pension de droit privé dépassaient la barre des 100% en matière de couverture tandis que 62% disposaient d’une couverture supérieure à 110%. Du côté des caisses de droit public (avec capitalisation totale), le taux de couverture ressort à 99,2%, en progression de 1,1 point sur un an. Elles sont un peu plus de 70% à disposer d’un taux de couverture supérieur à 100%.
Dans un environnement où les rendements des placements dans la prévoyance actuellement visés ne pourront plus être atteints à l’avenir, il est indispensable que les caisses de pension adaptent leurs stratégies de placement au nouveau contexte et intègrent des sources de rendement supplémentaires. Sinon, la prévoyance vieillesse risque dès lors de se voir confrontée à un déficit de financement entraînant des réductions de prestations. Une étude (1) présentée le 14 février par l’Association suisse des banquiers (ASB) met en lumière plusieurs possibilités d’optimisation du rendement, dont notamment le recours accru aux placements non traditionnels et la nécessaire réorganisation des prescriptions de placement de l’OPP 2 (Ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité). Ces dernières années, les taux négatifs et d’autres facteurs ont modifié en profondeur le contexte dans lequel s’exercent les activités professionnelles de placement. Pourtant, les stratégies de placement des caisses de pension suisses sont restées largement inchangées depuis les années 1980. Les obligations, les actions et l’immobilier suisse continuent de jouer un rôle prédominant, au détriment des placements non traditionnels. Les prescriptions de placement telles que les prévoit l’OPP 2 favorisent cette situation dans la mesure où, en s’en tenant à une répartition classique par catégories, elles n’envoient pas les bons signaux. Une réorganisation des catégories prévues par l’OPP 2 s’impose pour induire des changements de comportement en matière de placement. S’agissant de la performance de placement, la Suisse se positionne au bas du tableau en comparaison internationale. Les pays affichant les quotes-parts les plus importantes de placements non traditionnels ont tendance à dégager de meilleurs rendements. Des analyses comparatives laissent à penser qu'à risque égal, l'écart de rendement entre un portefeuille moyen actuel de caisse de pension et une variante plus diversifiée serait d’environ 1% par an, avant les frais. Au niveau des avoirs de vieillesse du deuxième pilier, cela représenterait une augmentation d’environ 8 milliards de francs. L'étude vise ainsi à désamorcer les réticences dont les placements non traditionnels font l’objet. Elle invite à exploiter davantage les marges de manoeuvre qu’offrent d’ores et déjà les prescriptions de placement de l’OPP 2, afin d’accroître les rendements attendus. Les prescriptions de l’OPP 2 nécessitent toutefois une adaptation. Il y a lieu de procéder à une nouvelle répartition en quatre catégories de placement: Capitaux étrangers, Capital propre, Placements en valeurs réelles et Négoce et ressources. Les catégories Private Equity, Private Debt et Infrastructure seraient conçues de manière à être équivalentes à leurs pendants cotés en Bourse. Cette modification vise à faciliter la rupture par rapport aux schémas de placement actuels. En outre, il est préconisé d'étendre les limites par catégorie définies en pourcentages. L'étude estime enfin que la «prudent investor rule» doit s’appliquer aux caisses de pension. En vertu de cette règle qui prévaut déjà dans de nombreux pays, chaque caisse de pension doit gérer les actifs en «investisseur prudent», c’est-à-dire comme s’il s’agissait des siens propres. Cela accroît nettement les responsabilités, mais aussi la marge de manoeuvre quant aux décisions de placement. (1)Le troisième cotisant en matière de prévoyance professionnelle Suggestions d’optimisation
L’existence du Régime social des indépendants, déjà remise en cause par l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle, est également contestée par un récent baromètre du Syndicat des Indépendants. Une étude qui a poussé la présidence du RSI à réagir.
Entré chez Uniprévoyance en juin 2016 comme directeur général délégué, Bruno Liger-Belair est promu en qualité de directeur général de l’institution paritaire. Il prend la suite de Renée Habozit qui occupait la fonction depuis 2010 et qui a fait valoir ses droits à la retraite. Il conserve par ailleurs ses fonctions de directeur général délégué du groupe Ugo. UNE CARRIÈRE DÉDIÉE À LA PROTECTION SOCIALE Ce diplômé de Sup de Co Tours et licencié en droit de l’université de Caen a effectué l’essentiel de son parcours professionnel dans les groupes de protection sociale. Il a ainsi exercé à partir de 2004 au sein de Malakoff Médéric, les fonctions de président du directoire de Fédéris épargne salariale, directeur du développement du groupe Malakoff mais également comme directeur commercial grands comptes et branches du groupe Malakoff-Médéric. En 2011, il rejoint Réunica comme directeur général adjoint où il est chargé un an plus tard de l’assurance de personnes puis il intègre le comité exécutif d’AG2R La Mondiale au terme du rapprochement avec Réunica.
Les fonds de pension belges ont généré un rendement nominal moyen de 5,7% en 2016, contre 4,4% en 2015 et 11,1% en 2014, d’après PensioPlus. Néanmoins, l’association a prévenu que les fonds allaient devoir augmenter la part des investissements dans l’économie réelle afin de maintenir des rendements suffisants.
Dans son rapport du 8 février, la Cour des comptes dénonce le service médiocre de la caisse de retraite des professions libérales. Elle met en garde le gouvernement sur ses réformes en cours concernant les micro-entrepreneurs et autres indépendants.
Dans un entretien à l’Argus de l’assurance, Christian Carrega, directeur général de la Caisse nationale de prévoyance de la fonction publique (Préfon) expose en partie la stratégie de la Caisse et de ses partenaires gestionnaires dans l’univers de taux bas actuels : « pour améliorer à long terme le rendement, le consortium des assureurs a diversifié ses placements en développant les investissements en matière d’immobilier et d’infrastructure ». Le directeur général de Préfon souligne également que le conseil d’administration s’est engagé dans une démarche d’investissements socialement responsable (ISR) « et nous poussons les assureurs dans ce sens ». Précisément, il rappelle : « nous publions, depuis 4 ans, des indicateurs ESG, nous avons adopté des principes d’engagement pour amorcer le dialogue avec les émetteurs présents dans le portefeuille du régime et identifiés comme étant à risques en termes de pratiques environnementales, sociales et de gouvernance. Cette démarche ISR est un bon moyen de sécuriser le régime sur le long terme». A propos du rapprochement un temps étudié avec l’Union Mutualiste Retraite (UMR), le directeur de Préfon a expliqué l’abandon de cette idée en raison de la différence trop importante de leurs modèles. « Malgré la réforme sur les branches 26, notre modèle assurantiel n’est pas compatible avec leur modèle mutualiste ». Une année 2017 difficile Enfin, Christian Carrega indique que la Caisse se prépare à « une année 2017 difficile » en raison en particulier de l’instauration du prélèvement à la source sur le revenu. Les épargnants, qui d’ordinaire bénéficient d’une baisse d’impôt liée à la baisse du revenu imposable en effectuant des versements sur les Perp, Préfon, Madelin et autre article 83, perdront cet avantage en 2017, année de transition de la réforme. « Il n’y a pas d’intérêt à réduire son revenu imposable pour payer moins d’impôt…si l’impôt n’est pas payé », explique Christian Carrega. « Le manque à gagner est pour notre structure, puisque nos recettes sont indexées sur la collecte », ajoute-t-il. La réforme risque de mettre « un sévère coup de frein » aux bons résultats précédents de Préfon. La Caisse a enregistré des affiliations en hausse de 98% depuis 2009. Le taux de couverture du régime Préfon était de 107% à fin 2016. La valeur des actifs dépassait les 16 milliards d’euros, en progression d’un milliard par rapport à l’exercice précédent.
Le service public de la Sécurité sociale est historiquement organisé autour d’un État qui conçoit les politiques et des organismes de sécurité sociale autonomes (CNAMTS- CNAF- CNAV – MSA- RSI – ACCOSS –régimes spéciaux…) qui les gèrent. Toutefois, l’État ne saurait se désintéresser de cette gestion. En effet, elle concerne la mise en œuvre réelle des politiques qu’il décide. Ces politiques touchent potentiellement tous nos concitoyens et notamment les plus modestes d’entre eux. Enfin, ces politiques représentent un tiers du produit intérieur brut (PIB). L’État doit alors s’assurer : du calcul à bon droit de sommes considérables, de la qualité de service de prestations souvent décisives dans la vie de chacun, de coûts de gestion optimisés dans une conjoncture de déficits financiers importants. Les COG fixent les objectifs et moyens budgétaires des caisses pour quatre ans Les relations entre État et organismes de sécurité sociale sont organisées en ce sens depuis presque 20 ans (pour le régime général) par des conventions d’objectifs et de gestion (COG) qui fixent, soit à un réseau, soit à une unique caisse nationale lorsque celle-ci ne dispose pas de réseau, des objectifs et des moyens budgétaires cohérents sur une durée, en règle générale, de quatre ans. Dans cette situation, l’État, malgré un dialogue de gestion annuel avec les caisses nationales autour de tableau de bord, reste en situation d’asymétrie d’information face à un réseau ou à une grande caisse nationale pour évaluer au bout de quatre ans les résultats réellement obtenus et préparer le cycle de gestion à venir, ses objectifs concrets, ses moyens budgétaires. C’est dans cette situation qu’interviennent les évaluations de l’IGAS. Comment l’IGAS évalue-t-elle les COG ? Les méthodes de l’IGAS en matière d’évaluation de COG consistent à : recueillir l’opinion de l’ensemble des parties prenantes internes et externes de la caisse nationale concernée, rencontrer sur le terrain les directions, les agents et les assurés (les entreprises pour la branche recouvrement), consulter des dossiers individuels, vérifier la pertinence et la fiabilité du recueil des indicateurs, consulter de façon critique les travaux internes des réseaux, mener des comparaisons entre caisses d’un même réseau mais aussi entre réseaux, mobiliser les conclusions de rapports thématiques de l’IGAS et la participation des inspecteurs à de nombreux travaux de modernisation de la gestion publique. Sur cette base, l’IGAS porte un jugement rétrospectif et prospectif sur le réseau ou la caisse concernée en termes de coûts de gestion et de leviers de productivité (ex : développement des systèmes d’information, alignement des performances sur les meilleures caisses, mutualisation, développement des compétences) et en termes de qualité de service et de ses leviers (ex : dématérialisation, accueil multicanal). L’IGAS évalue aussi les politiques d’action sociale dont les conseils des caisses nationales et locales ont la responsabilité, souvent vieillies et mal priorisées. Cinq COG évaluées en 2015-2016 En 2015-2016, outre un travail sur la CNAF portant sur l’équilibre missions-moyens de la gestion administrative, l’IGAS a évalué cinq COG : deux COG relatives aux régimes des non-salariés : agricoles (la Mutualité sociale agricole/MSA qui gère par ailleurs les salariés agricoles) et non agricoles (le Régime social des indépendants /RSI, avec l’exception des régimes de retraites des professions libérales gérés par des sections professionnelles spécifiques) ; trois COG concernant des régimes spéciaux : la Caisse nationale militaire de sécurité sociale /CNMSS (comprendre : d’assurance maladie), la Caisse de retraite et de prévoyance des clercs et employés de notaires/ CRPCEN, la Caisse d’assurance maladie des industries électriques et gazières/ CAMIEG. 7 COG en cours ou en voie d’évaluation (2016-2017) A la fin de l’année 2016, l’IGAS intervient sur les COG de l’IRCANTEC (caisses de retraite complémentaire des salariés du secteur public) et de l’ENIM (Etablissement national des Invalides de la marine). En 2017, le travail de l’Inspection portera sur les COG des principaux régimes de sécurité sociale : CNAM (maladie), CNAF (famille), CNAV (vieillesse), ACOSS (recouvrement) et AT-MP (accidents du travail et maladies professionnelles). Quel bilan ? Instrument fondamental par la programmation pluriannuelle objectifs-moyens qu’elles réalisent, les COG ont organisé une profonde modernisation du service public de la sécurité sociale et des gains de productivité importants. Les principales conclusions des évaluations récentes de l’IGAS sont les suivantes : la poursuite des gains de productivité est réelle, mais elle peut poser, à terme, un problème aux plus petits des régimes (les régimes spéciaux) n’ayant pas les systèmes d’information suffisants pour faire face à la sophistication permanente des politiques ; au régime en perte d’effectifs (la MSA) ; aux régimes en perte d’actes (liés par exemple à la liquidation retraite unique par le dernier régime d’affiliation ou à la protection universelle maladie (MSA, RSI) ; une qualité de service globalement satisfaisante (à l’exception du RSI malgré ses progrès récents), mais profondément impactée par : la complexité et la variation permanente des prestations, la crise économique, donc sociale, multipliant les demandes aux organismes sociaux, le niveau des prélèvements obligatoires qu’acquittent directement dans leur totalité les non-salariés dont les critiques englobent alors gestion et politiques ; la difficile menée à bien des grandes réformes de structure (création du RSI, fusion des caisses de MSA, création et rénovation des grands systèmes d’information, alignement des performances sur les meilleures du réseau, mutualisation, dématérialisation et accueil multicanaux). Ces réformes sont souvent menées sur deux COG successives, exigeant de donner de la visibilité budgétaire pluriannuelle aux gestionnaires (aujourd’hui encore plus qu’hier), de ne pas concevoir les projets à la seule aune de la stabilité géographique et fonctionnelle des agents, et d’investir fortement dans les systèmes d’information et les différents échanges de données entre administrations.
Dans le respect du nouveau contexte législatif et en cohérence avec sa nouvelle charte ISR, l’Établissement de Retraite additionnelle de la Fonction publique (ERAFP) a mis à jour ses lignes directrices en matière d’engagement actionnarial et sa politique de vote aux assemblées générales (AG) pour l’année 2017.