L’AMF (Autorité des marchés financiers) et le Cecei (Comité des établissements de crédit et des entreprises d’investissement) ont publié jeudi un communiqué commun pour attirer l’attention des épargnants sur les risques spécifiques attachés aux CFD (contrats for difference) et aux opérations de change au comptant à fort effet de levier compte tenu du développement sur internet, dans la presse et à la radio de campagnes publicitaires #agressives# portant sur ces produits. L’AMF et le Cecei soulignent quatre points. 1. En raison du fort effet de levier mis en oeuvre (jusqu’à 200 fois), ces produits sont destinés à une clientèle avisée, pouvant surveiller ses positions de façon quotidienne et ayant les moyens financiers de supporter un tel risque. 2. Avant de s’engager, l’épargnant doit s’assurer que l’intermédiaire qui propose ces produits ou services figure sur la liste des établissements financiers autorisés à exercer en France. 3. A la différence d’un OPCVM, d’un warrant ou d’un certificat, ni les CFD ni les opérations de change au comptant à fort effet de levier ne font l’objet d’un agrément ou d’un visa par l’AMF, le CECEI ou un homologue européen. En conséquence, avant de s’engager, l’investisseur doit obtenir de son intermédiaire toute l’information nécessaire pour lui permettre de comprendre la nature des produits, les risques qu’ils comportent et le montant des frais qui seront facturés. L’AMF rappelle à ce titre qu'#un établissement proposant à son client des CFD doit, au préalable, avoir accompli à son égard l’ensemble des diligences prévues par la réglementation visant à s’assurer que l’épargnant dispose bien des compétences pour maîtriser les risques inhérents à ces produits. Pour mémoire, les CFD - qui sont des instruments financiers complexes - ne peuvent en aucune façon relever du régime de « l’exécution simple » qui aurait pour effet d’exonérer le prestataire de ces obligations#. 4. Les CFD ainsi que les opérations de change au comptant à fort effet de levier exposent par ailleurs, l’investisseur au risque de défaillance de l’intermédiaire financier chargé de tenir le compte du client. A cet égard, avant de s’engager, l’investisseur doit demander tous les éléments d’information sur les mécanismes de garantie des sommes déposées en cas de défaillance de l’intermédiaire financier. Il est rappelé que le régime de garantie dépend de la nationalité de l’intermédiaire financier.
L’enquête portant sur la fraude de Bernard Madoff s’étend désormais à son entourage. Jeffry Picower and Stanley Chais, deux philanthropistes qui ont investis des sommes importantes dans les fonds Madoff et Carl Shapiro, un des plus vieux amis de l’homme d’affaires figurent parmi les derniers investisseurs et associés ayant été interrogés par le the U.S. attorney’s office à Manhattan. Les enquêteurs réunissent des éléments qui mettront en évidence que messieurs Picower and Chais avaient indiqué à Bernard Madoff combien ils voulaient percevoir à partir de leurs investissements. Leurs comptes avaient rapidement été crédités des sommes correspondantes.
Selon L"Agefi suisse, une étude publiée par Peter Thorne, analyste de Helvea, estime que l"industrie offshore suisse est sérieusement menacée par les pressions de l"Union européenne. A fin 2008, les banques suisses géraient 2.200 milliards de francs sur des comptes offshore, dont environ la moitié proviennent du Vieux continent. En clair, un quart des avoirs placés en Suisse vient de sources européennes non déclarées au fisc. Les actifs sont d"abord originaires d"Allemagne (193,4 milliards de francs), suivie par l"Italie (185,2), la France (91,7) et le Royaume-Uni (59,6). L"introduction d"un système d"échange automatique d"informations, réclamé par l"Union, pourrait donc coûter cher aux établissements suisses. Dans ce contexte, Peter Thorne reste confiant quant à l"avenir de la place financière mais souligne qu"une évolution des modèles d"affaires sera nécessaire, avec le développement des opérations onshore et la diversification des activités.
Selon Le Temps, les associés d"Aurelia Finance, inculpés le 24 avril pour gestion déloyale dans le cadre de l"affaire Madoff, n"ont pas pu renverser les décisions de saisie pénale prises à leur encontre en mars. La Chambre d"accusation a confirmé, mercredi, le séquestre de leurs avoirs, susceptibles, selon le magistrat, de constituer le produit d"une infraction de gestion déloyale. La Chambre d"accusation a motivé, le 13 mai, le rejet des recours notamment par les tentatives des inculpés d"organiser la fuite de leurs avoirs. Peu après l"arrestation de l"escroc new-yorkais, les associés d"Aurelia avaient, entre décembre 2008 et mars 2009, transféré à l"étranger ou prélevé en espèces plus de13 millions de francs.
Selon Les Echos, le chef de l’Etat, qui a reçu hier le rapport de Jean-Philippe Cotis sur le partage de la valeur, a fixé un délai assez court aux partenaires sociaux pour faire des propositions avant le 15 juillet. Le PS demande un geste sur le SMIC, une relance de la négociation salariale et une réforme de la fiscalité.
Selon L"Agefi suisse, l"Union Bancaire Privée (UBP) réfute la plainte en nom collectif déposée à New York qui la vise. Des clients accusent la banque genevoise d"avoir dilapidé des fonds en les investissant dans la firme de l"escroc Bernard Madoff.
Les régulateurs fédéraux ont élaboré des projets pour réguler le marché des dérivés, rapporte The Wall Street Journal. Ces régulateurs pourraient ainsi obtenir le pouvoir d’imposer que plusieurs dérivés OTC soient traités sur des marchés régulés ou sur des plates-formes électroniques. Les entreprises avec de fortes expositions aux dérivés ou quo opnégocie des dérivés les plus complexes seraient assujetties à de nouvelles obligations de reporting. Tous les dérivés standardisés devraient obligatoirement transiter par des chambres de compensation (clearinghouses) qui garantiraient les transactions et permettraient d’amortir l’impact de l’effondrement d’une grande institution financière. Pour éviter les manipulations de marché, les régulateurs obtiendraient aussi le pouvoir de plafonner les positions sur dérivés si elles risquent d’avoir un fort impact sur le marché. Timothy Geithner a aussi indiqué que le Département du Trésor va prochainement publier un autre projet pour clarifier les compétences entre les différentes agences concernant la surveillance des marchés financiers.
Selon Les Echos, l’Etat belge accorde sa garantie sur des actifs à risque « CDO » du bancassureur, qui a déjà bénéficié de deux plans de sauvetage au cours des sept derniers mois. Un plan de sauvetage de plus de 12 milliards d’euros. Le bancassureur belge a affiché une perte historique de 2,5 milliards d’euros en 2008 à cause de la crise financière.
La Financial Services Authority a infligé des amendes de 1,4 million de livres à Morgan Stanley et de 105.000 livres à un ancien trader de l'établissement pour des irrégularités délibérées et fréquentes concernant des transactions sur des CDS européens. The Wall Street Journal précise que ces transactions avaient été surévaluées de 120 millions de dollars.
La Banque des règlements internationaux (BRI), la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont publié conjointement la première partie du Handbook on Securities Statistics (Manuel des statistiques de titres) qui couvre les émissions de titres de créance. Il s"agit de la première publication de cette nature qui traite exclusivement du cadre conceptuel de l"élaboration et de la présentation des statistiques de titres. Ce manuel répond directement à une recommandation de l"un des groupes de travail du Groupe des Vingt (G 20) portant sur la nécessité de combler les lacunes des données et de renforcer leur collecte. L"objectif de cette première partie du manuel est d"aider les agences nationales et internationales à produire des statistiques de titres pertinentes, cohérentes et comparables à l"échelle internationale, utilisables aux fins de l"analyse de la stabilité financière et de la formulation de la politique monétaire. Cette publication devrait être progressivement étendue aux avoirs en titres de créance ainsi qu"aux émissions et à la détention d"autres catégories de titres.
En conseil des ministres, le gouvernement fédéral a adopté le projet de loi portant création de bad banks permettant aux banques de dépolluer leurs bilans des papiers toxiques, rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung. D’après le grand argentier Peer Steinbrück, cela concerne des actifs de 180-190 milliards d’euros, mais il n’y aura pas besoin pour cela de gonfler le Fonds de sauvetage des banques.
Tant Mathias Bauer, président de l’Efama (et de l’association autrichienne VÖIG des sociétés de gestion), que Wolfgang Mansfeld, président de l’association allemande BVI, sont insatisfaits du projet de directive de Bruxelles concernant les hedge funds, rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Ils déplorent tous deux que le texte de la Commission mette dans le même sac les hedge funds et les fonds immobiliers offerts au public. L’idée de réguler le gérant plutôt que le fonds peut être judicieuse pour les hedge funds mais, en ce qui concerne les fonds immobiliers, ils sont déjà soumis à de stricts contrôles de la part des sociétés de gestion, de sorte que la marge de man?uvre de chaque gérant est faible. En outre, c’est la société de gestion qui est responsable vis-à-vis de l’investisseur, non le gérant.
Dans une nouvelle étude intitulée « Impact of Regulations on the ALM of European Pension Funds », l"EDHEC analyse l’impact des contraintes prudentielles et comptables sur la gestion actif-passif - l"ALM - des fonds de pension aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse. Entre autres enseignements, il ressort que le système des retraites gagnerait en stabilité si les régulateurs étaient plus enclins à tolérer les risques de court terme. En outre, les fonds de pensions devraient construire des modèles internes afin de gérer les risques de manière optimale. Selon Noël Amenc, directeur de l’EDHEC Risk and Asset Management Research Centre, l"étude plaide « pour une amélioration des stratégies de gestion actif-passif et l’utilisation de l'état de l’art des techniques de gestion comme la gestion ALM dynamique ». Ce constat intervient tandis que les règles prudentielles se durcissent, avec une plus grande attention accordée à la volatilité du surplus et une tolérance moindre pour les déficits.
La Commission européenne a autorisé mardi les pouvoirs publics allemands à fournir une garantie générale de 5 milliards d’euros à la WestLB à la condition que l'établissement soit vendu sur adjudication publique d’ici à fin 2011 et qu’entre-temps il se sépare de la moitié de son activité pour se recentrer sur le traitement des paiements, la desserte des PME et la coopération avec les caisses d'épargne, ainsi que le crédit aux entreprises, des domaines moins risqués.
L’an dernier, les réclamations concernant la commercialisation d’OPCVM ont encore constitué la principale problématique des dossiers de médiation, indique l’AMF dans le rapport du médiateur 2008. Le service de la médiation, qui compte huit collaborateurs, a notamment traité un nombre important de demandes de médiation concernant un fonds à formule commercialisé en 2001 et 2002 par un établissement bancaire. Outre les réclamations individuelles reçues depuis avril 2006 sur ce dossier, le service a été destinataire en juillet 2008 de courriers ayant vocation à fédérer un grand nombre de dossiers particuliers et lui demandant d’aider les souscripteurs s’estimant lésés à obtenir une indemnisation, de préférence selon une procédure amiable. C’est ainsi qu’il a reçu plus de 300 demandes de médiation dont certaines sont encore en cours de traitement. Durant les premiers mois de 2009, les demandes de médiation sur les fonds à formule ont continué d’affluer, a relevé mardi lors d’un point de presse le médiateur de l’ AMF, Madeleine Guidoni. L’an dernier, plusieurs dossiers concernant des fonds dits «monétaires dynamiques» ont également abouti à une indemnisation des porteurs, principalement en raison d’une présentation inadéquate des risques associés à ces placements au moment de la souscription. Sur le chapitre de la gestion sous mandat, les commissions de surperformance ont été au centre des revendications, les dossiers mettant en avant un défaut d’information et de conseil de la part des prestataires de services d’investissement. Mais il y a peu de résolutions amiables, les gérants étant tenus à une obligation de moyens et non de résultat. En termes de statistiques, l’activité a été marquée par la crise financière comme en témoigne l’augmentation de 7% du nombre total de dossiers reçus. Sur les 2.307 dossiers reçus, 65% étaient des demandes de consultation et 35% des demandes de médiation. Le service a répondu à 1.473 consultations qui ont été traitées en moins d’un mois dans 78% des cas. Parmi les 739 dossiers de médiation clôturés l’an dernier, 556 dossiers on pu donner lieu à examen du bien-fondé de la demande dont 64% ont abouti à une médiation réussie. Selon Madeleine Guidoni, une bonne partie des litiges pourrait être évitée si les professionnels faisaient un effort de pédagogie et proposaient une information «claire, concrète et pertinente». Par ailleurs, souligne le médiateur, tout professionnel sérieux doit vérifier l’adéquation du produit proposé aux besoins du client. Cela dit, le rapport souligne qu’il est essentiel «d’accroître encore la visibilité de l’ensemble des modes de résolution amiable auprès des investisseurs». La promotion de la médiation sera probablement facilitée par la transposition de la directive sur la médiation civile et commerciale. Madeleine Guidoni relève aussi que le projet de loi sur l’action de groupe prévoit une phase obligatoire de médiation avant l’engagement d’une procédure judiciaire. Reste à savoir, pour l’AMF, quelles suites seront données au rapport Deletré qui souligne que «l’AMF est la seule des trois autorités de supervision à avoir mis en place un service de médiation». En cas de modification du champ d’intervention de l’AMF, le périmètre d’action de son service de médiation, qui exclut pour l’heure l’assurance vie ou la banque, pourrait également être revu.
Le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a reproché dans une interview télévisée à la Réserve fédérale d'être en partie responsable du fait d’une politique monétaire erronée de la constitution de la bulle de l’immobilier et de la crise économique, rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Tim Geithner, qui a été président de la Fed de New York de 2003 à 2008, prend ainsi le contre-pied des déclarations de Ben Bernanke et d’Alan Greenspan qui ont argué que la Fed n’avait d’influence que sur les taux courts et par sur le taux longs qui conditionnent les investissements.
Selon Les Echos, la Banque centrale des Pays-Bas, qui avait sommé les fonds de pension néerlandais éreintés par la chute des marchés actions, de lui soumettre des mesures de remise à flot, vient d’exiger que des dizaines d’entre eux revoient leur copie.
Selon Le Temps, la Suisse, confrontée aux attaques contre l"évasion fiscale, dispose néanmoins d"alliés de poids : les multinationales américaines, qui font pression sur le Congrès en vue de préserver leur manne étrangère, et les banques privées européennes qui ont leur siège mondial de private banking à Genève (BNP Paribas, HSBC, Deutsche Bank?), et dont les affaires helvétiques juteuses sont menacées par leurs propres Etats, alors même que leurs bénéfices suisses sont finalement consolidés? en France, au Royaume-Uni, ou en Allemagne.
Selon Le Temps, une étude de la société zougoise zCapital , qui gère un fonds spécialisé dans les petites et moyennes capitalisations, montre que de bonnes pratiques en matière de gouvernance d"entreprise profitent au cours de l"action sur le long terme. De 2006 à 2008, les actions des dix sociétés suisses (sur un échantillon de 130) les mieux classées en termes de gouvernance (structure de l"actionnariat et du capital d"une société, composition du conseil d"administration et de la direction, mode rémunération des dirigeants et droits accordés aux actionnaires) gagnent 13,1% alors que les dix entreprises les moins bien notées reculent de 31,1%.
Le milliardaire russe Andreï Melnitchenko, qui possède Eurochem et Suek, détient désormais 16 % de l’allemand K+S. En tant que plus gros actionnaire individuel, il exige dès lors que le groupe chimique allemand lui alloue un poste d’administrateur, ce que K+S a jusqu'à présent refusé, rapporte le Handelsblatt. S’il n’obtient pas satisfaction lors de l’AG de mercredi, AndreÏ Melnitchenko menace de revendre tout son paquet d’actions.