Devenu au fil des années un outil presque indispensable pour toute société de gestion désireuse de s’imposer auprès des investisseurs institutionnels ou de s’attaquer au marché international, les normes GIPS s’affirment lentement mais sûrement. Introduites dans les années 90 par le CFA Institute, alors connu sous le signe AIMR (Association for Investment Management and Research), les GIPS (Global Investment Performance Standards) ont notamment pour objectif de parvenir à un consensus international sur les normes de calcul et de présentation des performances en garantissant l’exactitude, la cohérence et la permanence dans le temps des données utilisées. Le Comité exécutif GIPS, qui s’est engagé à réviser les normes GIPS tous les cinq ans, vient de publier l'édition 2010 des normes qui entreront en vigueur à compter du 1er janvier 2011. Parmi les changements introduits dans cette nouvelle mouture, figurent notamment une déclaration de conformité aux normes GIPS par laquelle une société d’investissement indique si, oui ou non, elle a fait l’objet d’une vérification, un processus qui fait lui-même l’objet de précisions et de clarifications. Illustration des préoccupations d’après-crise, les nouvelles dispositions exigent que les sociétés rendent compte de la performance d’un portefeuille en s’appuyant sur une méthode de valorisation recourant à la juste valeur et non plus à la valeur de marché. En outre, les sociétés seront tenues, dans le cadre de la description d’un composite, de divulguer suffisamment d’informations pour permettre à un prospect de comprendre les risques relatifs à la stratégie. Le fondateur du CFA Institute en France, Mark Sinsheimer, a rappelé en fin de semaine à l’occasion d’une présentation, que ces normes sont «volontaires» mais très largement reconnues et utilisées au niveau international. En France, l’AMF, tout comme la SEC aux Etats-Unis, semble avoir pris acte de la légitimité de ces normes comme référence de la profession en matière de performance. Elle n’intervient pas toutefois dans l’application des GIPS, essentiellement utilisés par et pour les professionnels. «Ces normes sont un un exemple, peut-être le seul, d’une tentative d’auto-régulation réussie», a-t-il lancé.