La réglementation était au menu de la dernière après-midi des journées de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi). L’occasion de passer en revue avec les professionnels de la gestion les opportunités que la future réglementation présente, mais aussi les inquiétudes qu’elle peut susciter.Pour Marc Raynaud, président du conseil de BNP Paribas Asset Management Luxembourg, le principal apport de la directive, qui représente aussi un gros défi, est qu’elle permet de rationaliser les gammes. Il cite également le KID (key information document), qui sera un document simple et plus clair pour l’investisseur, et les modifications des procédures d’enregistrement qui devraient aider à enregistrer des fonds dans différentes juridictions. Paul Freeman, managing director, en charge du développement de produits et de la gestion de la gamme chez BlackRock à Londres, estime pour sa part que la plus grosse opportunité que présente Ucits IV est la structure « master-feeder », qui permettra d’entrer dans des pays où il est nécessaire d’avoir des fonds locaux. Il se félicite aussi de l’arrivée du KID, même s’il soulève néanmoins plusieurs réserves à ce sujet. En effet, il s’interroge sur la logistique qui va entourer ce nouveau document. Si tous les fonds doivent désormais avoir leur Kid, cela correspond, pour BlackRock, à 20.000 documents à produire d’ici à la fin décembre et à traduire dans différentes langues. Pour lui, il s’agit d’une «folie totale». Marc Raynaud abonde dans son sens, et s’interroge sur la capacité des régulateurs à passer en revue l’ensemble de ces documents dans un laps de temps aussi court. Enfin, Noel Fessey, managing director de Schroder Investment Management (Luxembourg), se demande aussi si le fait d’imposer le KID comme seul document de vente est une bonne idée. Pour lui, cela pourrait conduire à la vente de produits inappropriées («misselling»).