A compter du 1er juillet 2010, l’agence de notation Vigeo inclura «la transparence & l’intégrité des stratégies et des pratiques d’influence» dans son référentiel de notation de la responsabilité sociale des entreprises. Avec ce nouveau critère, Vigeo mesurera comment les entreprises rendent publiquement compte des engagements pris, des dispositifs et des ressources qu’elles mobilisent, soit en interne, soit en faisant appel à des organismes spécialisés (think tanks, cabinets de lobbying, associations professionnelles…), pour prendre part aux expertises et aux processus législatifs et réglementaires susceptibles d’affecter leurs intérêts.Dans un contexte de montée en puissance du lobbying professionnel, mais aussi de dérives constatées, et en l’absence d’un cadre international homogène de régulation, les risques d’allégations ne sont pas négligeables pour les entreprises qui manquent de transparence en la matière. A l’inverse, celles qui prennent le parti d’informer sur les positions qu’elles soutiennent, sur l’organisation et les budgets consacrés à leurs relations avec les décideurs publics peuvent mieux veiller à leur réputation, améliorer leur sécurité juridique, accroître la confiance et donc leur attractivité pour les investisseurs comme leur licence à opérer et, de façon plus générale, l’acceptabilité sociale de leur marque.L’élaboration de ce critère a été réalisée par Vigeo avec l’appui de la section française de Transparency International dans le cadre d’un accord de partenariat conclu entre les deux organisations en juillet 2009. Toutes deux considèrent que la rencontre de représentants d’intérêts fait partie des processus de consultation et de préparation de la délibération démocratique au cours desquels les décideurs publics doivent réunir des points de vue pluriels. A ce titre, et parce qu’elles disposent d’une expertise et d’informations qui peuvent contribuer à éclairer des enjeux complexes, il est à la fois d’intérêt général et de leur responsabilité sociale que les entreprises rendent compte du degré auquel elles intègrent les facteurs sociaux, environnementaux, de droits de l’homme et de gouvernance à leur légitime dialogue avec leurs parties prenantes politiques et institutionnelles.