En Asie, le gouvernement d’entreprise est aussi un thème qui fait florès. Mais la crise semble avoir ralenti les progrès enregistrés ces dernières années. A l’aune de la décennie écoulée, les améliorations sont indéniables mais les marchés asiatiques sont encore loin des meilleures pratiques observées au niveau international, selon la huitième édition de l’enquête réalisée par le groupe CLSA Asia-Pacific Markets en collaboration avec l’association asiatique du gouvernement d’entreprise (ACGA ou Asian Corporate Governance Association). Commentant les conclusions de l’enquête, qui a porté sur 580 entreprises dans onze pays Japon y compris, le patron de la recherche thématique de CLSA, Amar Gill, estime que la crise financière de 2008 a été une «occasion ratée». Plutôt que d’en profiter pour pousser les feux du gouvernement d’entreprise, la plupart des gouvernements de la région ont pris les choses de haut, considérant que pour cette fois au moins, l’Asie nétait pas à l’origine de la crise. Du coup, les meilleures pratiques n’ont pas été mises en avant et «les tendances négatives actuellement à l'œuvre pourraient entraîner une concentration de risque de gouvernance au cours des prochains années», souligne Amar Gill. Preuve que du chemin reste à faire, l’analyse du comportement des sociétés de la région montre que les grosses capitalisations enregistrent de meilleures notes de gouvernement d’entreprise que les autres. D’un autre côté, l’Asie représente désormais plus de 20% des rapports sur la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE ou CSR, Corporate social responsability) contre seulement 5% il y a cinq ans. Même les sociétés chinoises sont invitées à publier des rapports RSE avec l’objectif d’améliorer le classement et la compétitivité du pays. Selon le patron de la recherche sur le développement durable de CLSA, Simon Powell, les progrès sont bien là mais beaucoup de sociétés mélangent encore les dons à des œuvres caritatives avec la RSE. L’examen par pays montre que Singapour a ravi la première place à Hong Kong. Selon le président de l’ACGA, Jamie Allen, peut-être parce que le gouvernement de Hong Kong est davantage préoccupé par le développement à court terme de son marché boursier en concurrence frontale avec Shanghai. Souvent considérés comme les derniers de la classe, la Thaïlande, Taiwan et le Japon font cette fois bonne figure, l’Indonésie et les Philippines arrivant en queue de peloton. Il reste que même les meilleurs de la zone restent très en deçà des meilleures pratiques internationales, notamment parce que les régulateurs ont encore une approche trop laxiste…