Plutôt satisfaite des évolutions réglementaires auxquelles elle a souvent contribué (classification des fonds monétaires, transparence du marché obligataire), l’Association française des investisseurs institutionnels (Af2i) se dit aussi très préoccupée par plusieurs dossiers en cours, notamment la fonction dépositaire ou encore la réforme de la directive MIF.Et il est une question qui n’est plus assez au centre des discussions, de l’avis de l’association, à savoir la place et le rôle des agences de notation. L’utilisation par le régulateur de la notation dans son système de régulation n’est pas du goût de l’association. «Mettre la notation au cœur de la réglementation nous pose un vrai problème», a ainsi estimé le président de l’Af2i, Jean-Pierre Grimaud, à l’occasion du dernier Club de Prospective de l’association.Et dans sa dernière lettre d’information trimestrielle (septembre 2010), l’Af2i revient à la charge par la voix de son président. «L’Af2i souhaite que la notation dans sa forme actuelle redevienne ce qu’elle aurait toujours dû être, à savoir un élément d’information dans l’appréciation d’un risque de crédit et que s’ouvre une véritable réflexion sur le calcul réglementaire du risque de crédit, étude fondée sur d’autres critères», écrit jean-Pierre Grimaud.L’Af2i s’intéresse par ailleurs au projet de Bercy d’un nouveau véhicule financier destiné à faciliter le financement des PPP (partenariats publics-privés) rendus plus difficiles par la crise financière. «Nous ne sommes pas des banquiers», a souligné Jean-Pierre Grimaud, évoquant l’hétérogénéité des véhicules au sein de la classe d’actifs, à l’occasion d’une table ronde sur le thème du financement des infrastructures. Il estime qu’en l'état le projet présente des «voies d’amélioration très nettes», par exemple sur la question de la prise en compte du risque futur.