L’organisation non gouvernementale (ONG) Earthrights vient de publier un rapport qui épingle le fonds de pension du gouvernement norvégien (392 milliards d’euros d’actifs sous gestion) pour ses investissements dans des compagnies pétrolières et gazières opérant en Birmanie.Selon le rapport d’une quarantaine de pages réalisé par l’ONG, le fonds souverain norvégien a investi au total quelque 4,7 milliards de dollars dans une quinzaine de compagnies pétrolières et gazières actives sur le sol birman. Parmi les sociétés montrées du doigt figurent notamment le français Total pour un montant de 2,6 milliards de dollars, et l’américain Chevron pour un peu plus de 900 millions de dollars. Le sud-coréen Posco et le chinois CNOOC sont également sur la sellette pour des montants de respectivement 244,5 millions de dollars et 169 millions de dollars. Parmi les violations évoquées par l’ONG figurent notamment le travail forcé, les meurtres ou encore les expropriations foncières. L’ONG recommande en conséquence au conseil éthique de mettre sous surveillance ou d’exclure ces sociétés qui violent les principes éthiques fixés par le fonds souverain lui-même.
Selon Le Temps, à l’issu de l’ultime sommet européen de l’année, les chefs d’Etat ou de gouvernement de l’UE ont accepté les exigences de l’Allemagne et se sont mis d’accord sur la création d’un futur Fonds de secours permanent de la zone euro. «Les Etats membres de la zone euro sont autorisés à créer un mécanisme de stabilité qui sera activé si cela s’avère indispensable pour garantir la stabilité de l’euro dans son ensemble», prévoit le texte. L’objectif affiché est de voir ce Fonds sur pied en 2013.
L’Agefi suisse rapporte que le Conseil des Etats a décidé le 16 décembre par 25 voix contre 17 d’imposer les bonus de plus de 3 millions de francs. Ces indemnités très élevées seront carrément interdites lorsque le capital-actions et les réserves légales de la société anonyme ne sont plus couverts et lorsqu’aucun dividende n’est proposé à l’assemblée générale des actionnaires. Celle-ci aura le dernier mot en matière de rémunérations.
Les modifications de la convention de double imposition (CDI) entre la Suisse et la Grande-Bretagne sont entrées en vigueur. Outre une disposition sur l'échange de renseignements conforme à la norme de l’OCDE, les deux Etats ont convenu de la reprise d’une clause d’arbitrage.Berne et Londres se sont notifiées par la voie diplomatique que toutes les conditions et les procédures légales en vue de l’entrée en vigueur du protocole de révision sont remplies. Après réception de la seconde note, la convention est entrée en vigueur le 15 décembre 2010, a indiqué le 16 décembre dans un communiqué le Département fédéral des finances. Les dispositions du protocole de révision avec la Grande-Bretagne sur l'échange de renseignements s’appliquent aux années fiscales qui débutent le 1er janvier 2011 ou après cette date. Les dispositions qui concernent la procédure arbitrale s’appliquent à partir du 15 décembre 2013.
L’agence de notation Fitch Ratings a annoncé le 16 décembre le relèvement de la note Asset Manager de Schroder Investment Management de «M2+" à «M1». Cette notation couvre l’ensemble des activités d’investissement de la société à l’exception des activités de gestion alternative. La notation de Fitch reflète la longue histoire de la société, son indépendance et sa solidité dans des conditions de marché difficiles. La rentabilité et la liquidité de la société lui assure une assise financière forte, comme l’ont illustré les recrutements réalisés en 2010, notamment celui d’un chief investment officer pour le fixed income. Fitch relève au passage la reconstruction de l’activité institutionnelle au cours des deux dernières années, les actifs sous gestion ayant progressé de 64% depuis la fin 2008. A fin septembre 2010, les actifs sous gestion s'élevaient à 181,5 milliards de livres (59% d’origine institutionnelle, 41% retail, hors private banking), dont une part de 45% investie en actions.
La société de services financiers Stone & Youngberg LLC de San Francisco a été condamnée par une commission d’arbitrage de la Financial Industry Regulatory Authority (Finra) à rembourser 750.000 dollars au family trust Kay Family Revocable Trust de Lenore et Charles Bleadon, rapporte The Wall Street Journal. Le régulateur reproche à Stone & d’avoir conseillé au family trust d’investir dans un fonds nourricier des fonds Madoff Securities sans avoir effectué de due diligence sérieuse au préalable, négligeant ainsi totalement son devoir fiduciaire envers le client.
Le ministère des Finances norvégien indique le 16 décembre avoir fixé les grandes lignes du mandat confié au Government Pension Fund Global (GPFG), l’ancien Fonds pétrolier. Selon le ministre Sigbjørn Johnsen, ce nouveau mandat ne modifie en aucune manière la stratégie d’investissement du GPFG mais assure une meilleur encadrement de la gestion du risque.Le ministre a aussi indiqué que les nouvelles normes applicables à compter du 1er janvier 2011 alignent désormais le GPFG sur les règles imposées au restant du secteur financier norvégien en matière de salaires, de primes et d’autres formes de rémunération.
Dans une interview aux «Echos», Daniel Vaulot, secrétaire (CFDT) du comité européen du groupe AXA (CEG), exprime ses craintes sur le risque social inhérent aux nouvelles règles prudentielles de Solvabilité II et appelle les responsables politiques européens à avoir la main légère lors du vote des mesures d’application de la directive, censée entrer en vigueur au 1er janvier 2013.«La variable d’ajustement de Solvabilité II va être l’emploi : nous ne pouvons l’accepter. Notre devoir est d’en mesurer l’ensemble des conséquences sociales. La question de l’emploi est au coeur des interventions des délégués de tous les pays représentés dans notre instance», souligne Daniel Vaulot.
Dans une décision publiée le 16 décembre sur le site de l’Autorité des marchés financiers, la commission des sanctions a mis hors de cause la société Bac Majestic et son président directeur général Roch Lener pour soupçon de manquement d’initié. Dans les faits, le service de la surveillance des marchés de l’AMF avait constaté que la société Bac Majestic avait procédé à la cession de 2 276 206 actions d’autocontrôle pour son propre compte entre le 31 octobre et le 10 novembre 2008, avant d’annoncer la baisse de 11 % de son chiffre d’affaires pour les neuf premiers mois de l’année, cette vente lui ayant permis de réaliser une économie estimée à 46 794 euros. L’AMF a estimé que l’hypothèse selon laquelle «l’information en cause aurait été susceptible, si elle avait été connue du public, d’avoir une influence sensible sur le cours du titre Bac Majestic ne paraît aucunement démontrée». De fait, «le manquement d’initié n’est pas caractérisé à l’égard de la société».
L’Association française de la gestion financière (AFG) a annoncé le 16 décembre la nomination de Bernard Descreux (La Banque Postale Asset Management) à la présidence de la Commission Techniques de gestion de l’AFG. Il succède à Jean-François Boulier (directeur général, Aviva Investors Europe).Bernard Descreux est membre du directoire de La Banque Postale AM (LBPAM) depuis 1999. Depuis 2001, il est en charge des gestions obligataires, actions et diversifiées, ainsi que des services d’ingénierie et d’intermédiation. Il est également président de La Banque Postale Structured Asset Management et d’AMlab, société d’incubation de sociétés de gestion innovantes, toutes deux filiales de LBPAM.
Le groupe Ingenico a annoncé le 16 décembre l’obtention de la certification ISO 14001 pour l’ensemble de ses activités corporate. Cette certification internationale «illustre la volonté d’Ingenico de maîtriser l’impact de ses activités et produits sur l’environnement et de poursuivre le déploiement de son Système de Management», souligne le groupe dans un communiqué.Les principaux engagements d’Ingenico portent sur l’exemplarité dans le respect des prescriptions environnementales applicables, la prise en compte de la dimension environnementale dès la conception des produits, la mise en œuvre d’une politique d’achat responsable intégrant des critères environnementaux et l’amélioration de la prise de conscience des collaborateurs.
La justice allemande a ouvert une enquête sur quatre collaborateurs de Crédit Suisse et un ancien employé de l'établissement, soupçonnés de complicité de fraude fiscale. Des perquisitions ont eu lieu au domicile de ces employés.Le procureur de Düsseldorf, qui coordonne l’enquête, a indiqué que les domiciles de deux des personnes concernées avaient été perquisitionnés «cette semaine», et que les cinq salariés et ex-salarié étaient des «conseillers de clientèle». Un porte-parole de Crédit Suisse a indiqué que la banque était au courant de l’enquête. L’Etat régional allemand de Rhénanie du Nord-Westphalie avait acheté en février un CD-ROM comportant une liste de clients de Crédit Suisse soupçonnés d’avoir fraudé le fisc allemand.
Selon Fonds professionell, un porte-parole du Parquet de Bochum a confirmé le 16 décembre une information de la Süddeutsche Zeitung selon laquelle LGT et LGT Treuhand vont verser 46,35 millions d’euros pour obtenir l’arrêt de la procédure engagée à leur encontre par le fisc allemand dans l’affaire du DVD volé à la LGT Treuhand en 2002 et revendu en 2009 pour 4,5 millions d’euros au service d’espionnage allemand BND. Les salariés de LGT mis en cause paieront pour leur part 3,65 millions d’euros. Ni LGT ni ses salariés n’ont reconnu ce faisant une quelconque culpabilité dans l’affaire.
Le Comité de Bâle a publié le 16 décembre le texte définitif de Bâle III, c’est-à-dire l’ensemble des nouvelles dispositions gouvernant les fonds propres des banques, lesquels devront être multipliés par trois pour permettre de résister à d'éventuels nouveaux chocs financiers.Le texte définitif confirme les ratios et le calendrier prévus. Bâle III exige des banques de constituer un ratio des fonds propres minimal Tier 1 de qualité supérieure de 7%, ratio qui incorpore également un «matelas de précaution» de 2,5%. Quelques aménagements ont été apportés dans d’autres domaines comme le tout nouvel ensemble de normes de liquidité internationales qui doit donner à des pays tels que le Danemark et l’Australie plus de flexibilité. Ces pays et quelques autres ont un marché de la dette publique ou d’entreprise de petite taille, ce qui leur causerait des difficultés pour respecter un critère de Bâle III qui veut que l’essentiel du nouveau matelas de précaution soit constitué de dette souveraine à rating élevé. En vertu des dernières dispositions, le Danemark et l’Australie pourront incorporer de la dette souveraine d’autres pays et augmenter la proportion d’obligations sécurisées, sujette à des décotes plus fortes. Le Comité de Bâle a également publié les résultats d’une étude d’impact de Bâle III réalisée auprès de 263 établissements dans le monde. L’une des mesures phares de Bâle III prévoit que, d’ici au 1er janvier 2019, les établissements doivent atteindre un ratio de fonds propres «durs» (capital social et bénéfices non distribués) de 7% par rapport à leurs engagements. Jusqu'à présent, le taux était de 2%. Si cette mesure était appliquée à fin 2009, les 94 premières banques de la planète (avec des fonds propres supérieurs à 3 milliards d’euros) auraient affiché un déficit de fonds propres de 577 milliards d’euros. Un second groupe de 169 banques aurait eu besoin de 25 milliards d’euros. «La période de transition (jusqu’en 2019) donne aux banques tout le temps qu’il faut pour mettre en place les nouvelles normes d’une manière qui soit conforme à une reprise économique saine, tout en consolidant les protections du système contre les chocs économiques et financiers», souligne le président du Comité de Bâle Nout Wellink dans un communiqué.
Les sociétés présentant une probabilité de défaut élevée suivies par Moody’s («B3 Negative and Lower Corporate Ratings») ont des dettes cumulées de plus de 100 milliards de dollars arrivant à maturité entre 2011 et 2015, selon une étude que vient de publier l’agence de notation.Le nombre de sociétés exposées à un défaut s’est contracté à 182 après avoir culminé à près de 300 au premier semestre 2009. Cette évolution reflète une amélioration de la qualité de crédit des sociétés notées en catégorie spéculative mais nombre de celles qui restent vont être confrontées à des besoins de refinancement significatifs. Environ 42% des dettes concernées ont une perspective négative, seulement 15% du total présentant une perspective positive.
Une enquête de Preqin réalisée auprès de plus d’une centaine de sociétés de gestion alternative et d’investisseurs indique qu’un peu moins d’un tiers de l'échantillon soutient la version définitive de la directive AIFM.Une «minorité significative», selon Preqin qui relève aussi que 89% des participants estiment que la directive devrait être amendée pour prendre en compte les différences entre classes d’actifs.Près d’un participant sur deux (45%) pensent qu’il est probable ou très probable que des sociétés de gestion quittent l’Europe en raison de la directive, 26% indiquant que leur société était susceptible de franchir le pas. Pour 28% de l'échantillon, c’est l’introduction du passeport européen qui aura l’impact le plus important sur le secteur.
Les derniers amendements sur le règlement relatif aux agences de notations de crédit ont été approuvés le 15 décembre par le Parlement. Ces modifications permettront à l’Autorité européenne de supervision des marchés financiers (AEMF plus connue sous le sigle anglais ESMA) de superviser directement les agences. Les députés, avec le soutien des Etats membres, ont renforcé les pouvoirs de l’AEMF plutôt que ceux de la Commission en matière de sanctions. Selon la proposition initiale de la Commission, cette dernière était la mieux placée pour imposer des amendes, sur recommandation de l’AEMF. Cependant, le texte qui a fait l’objet d’un accord entre le Parlement et le Conseil confère ce pouvoir à l’AEMF. Une série d’amendes en fonction du type d’infraction, de la taille des agences de notation de crédit et des circonstances aggravantes ou atténuantes sont prévues dans le règlement. L’AEMF pourra ainsi imposer des amendes aux agences de notation allant jusqu'à 20% du chiffre d’affaires de l’année précédente. Le compromis, dont l’auteur pour le Parlement est Jean-Paul Gauzès (PPE, FR), a été adopté par 611 voix pour, 15 contre et 26 abstentions. Le nouveau règlement permettra à l’AEMF de mener des enquêtes (non annoncées) dans les locaux d’une agence de notation de crédit. Sur demande du Parlement, l’AEMF doit également veiller à ce que les agences de notations se conforment à leur obligation de contrôle a posteriori, c’est-à-dire la comparaison des prévisions de performances d’un produit financier noté avec la performance actuelle. Enfin, un mandat à été attribué à l’AEMF pour mener au moins une enquête sur toutes les agences de notation d’ici 2014. Le Parlement avait initialement demandé de faciliter l’accès aux informations par les agences souhaitant émettre des notations non sollicitées, afin de renforcer la concurrence, permettre davantage de transparence et donner aux investisseurs plus d’information pour prendre leurs décisions. Cette idée n’a pas été retenue à la demande des Etats membres mais le texte adopté invite la Commission à présenter une proposition législative en ce sens. Cet aspect deviendra une question clé dans le cadre de la future modification de la législation fin 2011. Le Conseil doit maintenant approuver officiellement le texte adopté par le Parlement. La commission des affaires économiques du Parlement a, entre-temps, commencé à examiner la prochaine réforme de la supervision financière dans un projet de rapport qui devrait être approuvé en février.
L’Agefi rapporte que le Parlement a adopté définitivement, mercredi 15 décembre, le projet de loi de finances pour 2011 qui prévoit de ramener le déficit public de 7,7% du produit intérieur brut fin 2010 à 6% fin 2011 et 3% fin 2013.
Selon L’Agefi suisse, une institution de régulation de la finance islamique, l’Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institutions (AAOIFI), a approuvé le modèle proposé par la France pour une émission de sukuk (obligations islamiques), ce qui facilitera leur introduction sur le marché financier parisien, a indiqué le 15 décembre Thierry Dissaux, PDG du Fonds de garantie des dépôts. «La nouvelle est que les oulémas de l’AAOIFI ont approuvé le modèle d'émission qui leur a été présenté fin novembre avec quelques ajustements techniques», a déclaré Thierry Dissaux. Par ailleurs, ce dernier a estimé qu’il n’y pas d’obstacle au développement de la finance islamique en France mais admis que des questions d’adaptation à la législation financière laïque de la France peuvent se poser.
BNP Paribas Securities Services a annoncé le 15 décembre le lancement d’un outil d’accompagnement à l’introduction du nouveau document d’informations clés pour l’investisseur (DICI ou KIID –Key Investor Information Document) afin de permettre à la clientèle d’anticiper l’impact de la directive Ucits IV sur la classification de risque de leurs portefeuilles.Grâce à l’outil de simulation du SRRI (Indicateur synthétique de risque et de performance) pré-KIID développé par la banque, les sociétés de gestion pourront évaluer le SRRI de toute leur gamme de fonds et s’assurer que cette simulation est conforme aux exigences de la directive Ucits IV, qui entrera en vigueur en juillet 2011.Avec la législation Ucits IV, les gestionnaires d’actifs sont tenus de présenter leur niveau de risque et de retour sur investissement via un indicateur synthétique de risque et de performance (SRRI), rappelle BNP Paribas SS. Un SRRI est un indicateur compris entre 1 et 7, 1 correspondant à un niveau très faible de risque et de retour sur investissement et 7 correspondant à un niveau de risque élevé et à un rendement potentiel élevé. Le calcul du chiffre risque SRRI dépend du type de fonds et de l’historique des performances disponibles, mais est principalement basé sur la volatilité historique (normalement 5 ans, si les données sont disponibles).