Lors de la soirée qui a marqué, mardi soir, le cinquantenaire de l’Association française de la gestion financière (AFG) et qui s’est conclue sur des propos doux-amers du président Paul-Henri de la Porte du Theil dont NewsManagers rendra compte en détail dans sa livraison de lundi, les intervenants de la table ronde ont presque tous insisté sur les points qui mériteraient à leur avis d'être améliorés. Finalement, la seule note véritablement rafraîchissante a été apportée par Marc Renaud, président de Mandarine Gestion, pour lequel les gestionnaires ont toujours dû faire face à des difficultés de tous ordres, notamment techniques et réglementaires, et ont toujours parfaitement réussi à s’adapter.Cela dit, le catalogue des problèmes restant à résoudre tel qu’il a été déroulé par les participants montre que les acteurs de la gestion ont identifié plusieurs points susceptibles d’améliorations, dont certains dépendent cependant des pouvoirs publics et des régulateurs.Pour Philippe Desfossés, directeur de l’Etablissement de retraite additionnelle de la Fonction publique (ERAFP), il serait temps de prendre conscience du caractère peu soutenable et peu réaliste des attentes en matière de rendement, alors qu’il faut pouvoir servir les engagements, tout en tenant compte par ailleurs du passif environnemental.Dominique Carrel-Billiard, directeur général d’Axa Investment Managers, a rebondi en insistant sur la nécessité pour les investisseurs institutionnels à être autorisés à investir dans des actifs longs. De plus, le patron d’Axa IM discerne le danger d’une fragmentation du secteur de la gestion d’actifs par zone géographique, un peu comme si chaque continent venait à créer ses propres «UCITS». De plus, Dominique Carrel Billiard insiste sur la nécessité de se focaliser sur la sécurité du produit. Il faut axer la recherche sur des produits qui protègent le capital et le portefeuille, sachant que les ménages dans leur majorité préfèrent en fin de compte la sécurité au rendement. Jean-Baptiste de Franssu, président sortant de l’Efama et d’Invesco Europe, a pour sa part analysé les points «qui vont bouger» dans les mois et les années qui viennent. Le client, d’abord, voudra davantage de protection et il aura plus de choix. Les intermédiaires, ensuite, auront un surcroît de responsabilité et devront être prudents face aux produits trop complexes. Les «industriels de la gestion», pour leur part, seront bien entendu exposés à une hausse du coût de la réglementation et à celui d’une course à la qualité, dans un environnement d’européanisation du métier de la gestion. Quant aux régulateurs, ils devront assumer à la fois davantage de régulation et surtout des tâches beaucoup plus lourdes de supervision, ce qui demandera un surcroît de ressources, entre autres humaines. Il risque donc d’y avoir des tensions sur le marché du travail, parce que tous les régulateurs auront besoin de recruter en même temps. Enfin pour ce qui est de l'économie, Jean-Baptiste de Franssu insiste sur le fait qu’il faut engager la réflexion sur un problème fondamental, celui de l'épargne longue «qui n’est pas seulement celui de la retraite». Il «faut savoir qui va acheter des actions européennes», s’interroge le président de l’Efama, rappelant à titre d’illustration que les sorties nettes des fonds d’actions européennes en Europe ont atteint 10 milliards d’euros sur les quatre premiers mois de l’année. Il faut donc une épargne longue, en dehors de Solvabilité II. Dominique Carrel-Billiard acquiesce en soulignant que les investisseurs «risquent de survivre à leur épargne».Pierre Bollon délégué général de l’AFG, a résumé le sentiment général en remarquant qu’on à l’impression qu’il n’y a pas eu de réflexion sur le bouclage du financement de l'économie.