Les pays de la zone euro sont parvenus dans la douleur à boucler jeudi matin 27 octobre les grandes lignes d’un plan anti-crise, qui passe notamment par une forte réduction de la dette de la Grèce détenue par les banques. L’accord conclu avec les banques porte sur un renoncement de 50% de leurs créances, soit cent milliards d’euros sur un total d’endettement public du pays de 350 milliards d’euros.Athènes recevra en outre de nouveaux prêts de l’Europe et du FMI de 100 milliards d’euros également d’ici à fin 2014, dans le cadre d’un programme qui remplace celui de 109 milliards d’euros décidé en juillet. Le 21 juillet, un premier accord avait été trouvé avec les banques en vue de réduire de 21% la dette grecque qu’elles détiennent.En échange de l’effort demandé au secteur bancaire, un accord a été trouvé pour recapitaliser les établissements qui en auraient besoin. Concrètement, les besoins ont été chiffrés à 106 milliards d’euros par l’Autorité bancaire européenne (EBA). Toutefois, les marchés estiment qu’ils sont nettement supérieurs. Le FMI a lui-même évoqué un montant de 200 milliards d’euros.Au-delà, les pays de la zone euro ont décidé de démultiplier la puissance de feu de leur Fonds de secours financier pour les pays en difficulté en la portant à 1000 milliards d’euros dans un premier temps. Actuellement, le Fonds de secours (FESF, Fonds européen de stabilité financière) est doté d’une capacité de prêts théorique de 440 milliards d’euros, enveloppe jugée insuffisante face à l’ampleur des turbulences.Les pays de la zone euro ont opté pour un mécanisme permettant de mobiliser davantage de fonds, sans que les Etats ne dépensent plus. En l’occurrence, cela consistera à offrir un système d’assurance-crédit aux investisseurs pour les inciter à acheter de la dette publique d’Etats fragiles. Le FESF garantira une partie de la dette en cas de défaillance de l’Etat emprunteur.A ce dispositif serait ajouté un autre mécanisme: un fonds spécial adossé au FMI et accueillant les contributions de pays émergents comme la Chine et la Russie. Mais ce dernier volet est impossible en l'état à chiffrer. La Chine et la Russie ont fait état de leur intérêt et le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, a prévu de s’entretenir de ce sujet avec le président chinois Hu Jintao dans la journée de jeudi.Dernier volet du dispositif arrêté dans la nuit de mercredi à jeudi: la zone euro compte sur la poursuite du soutien de la BCE, qui actuellement maintient à flot l’Italie et l’Espagne en rachetant leur dette publique sur les marchés pour éviter que les taux d’emprunt obligataires ne s’envolent. L’Italien Mario Draghi, qui doit succéder début novembre à Jean-Claude Trichet, a signifié mercredi qu’il poursuivrait sur la même voie en maintenant les mesures «non conventionnelles» de l’institut monétaire face à la crise.