L’agence d'évaluation financière Moody’s Investors Service a indiqué le 17 octobre qu’elle allait surveiller et évaluer au cours des trois prochains mois la perspective stable attribuée à la note de la France au regard des progrès effectués par le gouvernement pour mettre en œuvre les mesures annoncées de réduction du déficit budgétaire. Autrement dit, un réexamen qui pourrait déboucher sur la remise en cause de la note «Aaa» de la France.Si la perspective de cette note devait être revue à «négative», cela impliquerait que Moody’s serait susceptible de l’abaisser à moyen terme dans un délai de trois à douze mois. Et la France deviendrait ainsi le nouveau grand pays, après les Etats-Unis, à perdre son triple A.L’agence précise toutefois que cet examen entre dans le cadre de son étude annuelle sur les comptes de la France et qu’il ne s’agit pas encore à ce stade d’une décision sur la note du pays. Mais elle est la première des trois grandes agences de notation à faire ainsi planer une menace de dégradation sur le «Aaa» français.Dans son communiqué, Moody’s relève que la solidité financière du gouvernement français, certes encore très élevée, «s’est affaiblie, comme c’est aussi le cas pour d’autres pays de la zone euro, car la crise économique et financière dans le monde a conduit à une détérioration de ses ratios d’endettement, qui sont désormais parmi les plus faibles des pays notés «Aaa+".Or «la France pourrait faire face à un certain nombre de défis dans les mois à venir, comme par exemple la nécessité d’apporter un soutien additionnel à d’autres pays européens ou à son propre système bancaire, ce qui pourrait accroître de manière significative les engagements que doit supporter le budget du pays», relève l’agence."La détérioration des ratios d’endettement et la possibilité de voir apparaître de nouvelles dettes potentielles exercent une pression sur la perspective stable de la note «Aaa» du pays», souligne l’agence. Le gouvernement français a désormais moins de marge de manoeuvre (...) qu’en 2008 lors de la crise des «subprimes», estime Moody’s.