Chypre, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont trouvé le 25 mars au matin un accord de dernière minute qui impose la fermeture de la deuxième banque du pays contre un plan d’aide de 10 milliards d’euros. Un accord salué en Asie par la Bourse de Tokyo qui a rebondi de 1,69%. Le texte, approuvé par les ministres des Finances de la zone euro réunis à Bruxelles, prévoit de liquider Popular Bank of Cyprus, dite Laïki, et de la séparer en une banque assainie («good bank») et une structure de défaisance («bad bank»). Les dépôts assurés, c’est-à -dire de moins de 100.000 euros, de Laïki seront transférés à Bank of Cyprus , première banque du pays. Dans les deux établissements, les dépôts de plus de 100.000 euros seront gelés et serviront à régler les dettes de Laïki, et à recapitaliser Bank of Cyprus, à travers une conversion des dépôts en participations. Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro, a précisé que les seuls dépôts supérieurs à 100.000 euros de Laïki devraient permettre à Chypre de lever 4,2 milliards d’euros, afin de compléter le plan de sauvetage international. Le président de l’Eurogroupe a en outre reconnu que les porteurs d’obligations de Laïki verraient leurs titres anéantis et que ceux de BoC seraient mis à contribution. Un responsable européen a précisé qu’il n’y aurait pas de «taxe», à proprement parler, imposée à l’ensemble des déposants chypriotes, même si la mise à contribution imposée aux comptes supérieurs à 100.000 euros est bien supérieure à ce qui était initialement prévu. Chypre va devenir le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d’un plan d’aide international, après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, et l’Espagne qui a reçu une aide ciblée de la zone euro pour son secteur bancaire.