En parallèle à la révision de l’ordonnance sur les liquidités, (liquidity coverage ratio, LCR) par le Département fédéral des finances (DFF), l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) a adapté la circulaire 2013/6 «Liquidité – banques», qu’elle a publiée sur son site le 7 juillet. Après la mise en œuvre des prescriptions en matière de fonds propres, le ratio de liquidité à court terme (liquidity coverage ratio, LCR) sera introduit en Suisse en 2015 dans le cadre des normes bancaires de Bâle III, indique le régulateur. La nouvelle ordonnance sur les liquidités a été adoptée par le Conseil fédéral le 25 juin 2014 et entrera en vigueur le 1er janvier 2015. Le conseil d’administration de la FINMA a quant à lui adopté la version totalement révisée de la circulaire le 3 juillet 2014. Celle-ci entrera également en vigueur le 1er janvier 2015.Dans le détail, l’objectif du ratio de liquidité à court terme est de renforcer la capacité des banques à résister aux crises face aux chocs de liquidités. Les banques devraient disposer, au titre de réserve de liquidités, d’un encours minimum d’actifs liquides de haute qualité. Les banques doivent également pouvoir, en période de crise, maintenir une sortie importante de trésorerie durant un mois. La direction et les autorités de surveillance auront à l’avenir la possibilité de prendre les mesures nécessaires d’adaptation et de correction à court terme en cas de problème de liquidités. Concrètement, la Suisse mettra en œuvre le ratio de liquidité à court terme avec peu de différences par rapport au dispositif de Bâle III, indique la Finma. Celui-ci sera progressivement introduit en Suisse pour toutes les banques – à l’exception des banques d’importance systémique – à partir de 2015, date à laquelle il sera également publié, note le régulateur. De par cette introduction progressive, les banques devraient avoir suffisamment de temps pour adapter leur modèle commercial ou se constituer l’encours exigé d’actifs liquides de haute qualité. Les banques d’importance systémique devront quant à elles remplir les prescriptions relatives au ratio de liquidité à court terme à partir du 1er janvier 2015, et ce, sans délai transitoire. La prise en compte des actifs très liquides comme partie du volant de liquidités a été élargie. Différents participants à l’audition ont demandé à ce propos des simplifications pour les petites et moyennes banques. La FINMA a répondu à ce besoin dans sa circulaire, par exemple dans le cadre des exigences posées au calcul des dépôts opérationnels, du calcul des sorties de liquidités associées aux dérivés, de la distinction entre facilité de crédit et facilité de liquidité ainsi que dans celui des exigences posées à la diversification des actifs de haute qualité dans le volant de liquidités. Dans le domaine des liquidités, le dispositif de Bâle III ne prévoit pas uniquement des dispositions concernant le ratio de liquidité à court terme. Pour mesurer d’autres dimensions du profil de risque de liquidités d’une banque et accroître encore la cohérence de la surveillance du risque de liquidité à l'échelle mondiale, un ratio structurel de liquidité à long terme (net stable funding ratio, NSFR) sera introduit d’ici 2018 comme norme quantitative de liquidité supplémentaire. Cette étape de la mise en œuvre dans le dispositif suisse fera l’objet d’une audition séparée prévue pour 2016.