Comment parvenir à un meilleur équilibre de la structure de financement de l’économie et améliorer l’accès au financement des entreprises, notamment en ce qui concerne les PME et les infrastructures, tout en garantissant la stabilité financière ? Tel était le thème central, autrement dit le projet d’Union des marchés de capitaux (UMC) et sa promesse d’une relance de la croissance, des discussions à l’occasion de la 22ème édition du Forum international Paris Europlace qui s’est ouvert le 7 juillet.Alors que la consultation sur ce projet s’est clôturée en mai dernier et que la synthèse des résultats et un plan d’action devraient être présentés en septembre, les participants aux débats ont généralement salué l’initiative européenne tout en relevant au passage les défis qu’elle représente. Yves Perrier, directeur général d’Amundi a bien posé le débat. «Nous devons définir l’objectif prioritaire de ce projet, sinon nous allons prendre différentes directions au détriment de l’efficacité», a lancé Yves Perrier, depuis peu président de l’AFG. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a ainsi estimé que trois conditions préalables majeures doivent être réunies pour assurer le succès du projet d’UMC : un cadre clairement défini axé sur un nombre limité de résultats opérationnels, un dosage approprié entre financement de marché et financement bancaire, et enfin, la nécessité d’assurer la stabilité financière à long terme. En matière de financement à long terme, a estimé Christian Noyer, «il faut, en toute priorité, chercher à promouvoir le financement par émission d’actions plutôt que le financement par endettement». Antoine Lissowski, directeur général adjoint chez CNP Assurances, s’est également exprimé en ce sens en prônant l’investissement «equity» sous toutes ses formes, private equity, actions cotées. Le gouverneur de la Banque de France a toutefois rappelé que les instruments de dette demeurent un outil de financement indispensable. «S’agissant des résultats opérationnels, nous partageons l’opinion de la Commission européenne selon laquelle le développement de placements privés et d’une titrisation simple, transparente et standardisée (STS) est possible à court ou moyen terme», a-t-il indiqué. Le secteur financier français a été particulièrement actif dans le domaine des placements privés, avec l’élaboration de la Charte Euro PP pour la France mais sur le front de la titrisation, le discours a été unanime pour une modification de Solvabilité II. «Il faut revisiter la calibration», a lancé Antoine Lissowski, évoquant non seulement la titrisation mais également les infrastructures, les actions et les participations. Les intervenants ont d’ailleurs souligné à maintes reprises tous les obstacles à l’avènement d’une véritable UMC, une taxation qui favorise le court terme au détriment du long terme, une gestion d’actifs européenne en fort développement mais encore trop tournée vers ses marchés d’origine, un registre de données encore bien incomplet notamment sur les PME, et une réglementation inadaptée non seulement du côté de l’assurance mais également sur le front comptable.Yves Perrier a brièvement mais très clairement manifesté son agacement à l'égard de la «fair value», incompatible avec une vision de long terme, et Christian Noyer a insisté sur la nécessité d’avoir accès à des informations comptables «claires, comparables et complètes, dont la plupart des PME en Europe sont actuellement dépourvues». Ce qui est d’autant plus important dans l’Union bancaire européenne, où les banques supervisées par l’Autorité bancaire européenne dans le cadre du Mécanisme de surveillance unique (MSU) demeurent soumises à des systèmes comptables différents. «Des progrès sont hautement souhaitables dans ce domaine et, à titre de première étape, je serais favorable à une initiative visant à évaluer la qualité et le degré de comparabilité des normes comptables nationales et à promouvoir la poursuite de la convergence», a-t-il suggéré. Steven Maijoor, président de l’Autorité européenne des marchés (AEMF/Esma) a de son côté souligné l’importance pour le régulateur de la collecte des données. «L’analyse et la compréhension des risques sera de plus en plus importante dans les années à venir. Nous avons besoin de ces données pour remplir notre mission», a insisté Steven Maijoor qui a également appelé de ses vœux une extension des pouvoirs du régulateur qui pourrait ainsi obtenir plus facilement des informations auprès des régulateurs nationaux avec l’objectif d’une plus grande convergence réglementaire.
Le taux de couverture des fonds de pension américains s’est amélioré au deuxième trimestre 2015, le déficit diminuant de 81 milliards de dollars durant les trois mois à fin juin, selon une analyse publiée par Aon Hewitt. La mesure de référence, le Aon Hewitt Pension Risk Tracker, indique ainsi que le taux de couverture a atteint 83,4% au deuxième trimestre, contre 80,7% au premier trimestre. Les actifs ont diminué de 57 milliards de dollars durant la période mais les engagements se sont contractés de 138 milliards de dollars.
L’agence d'évaluation financière Fitch Ratings a confirmé le 7 juillet la note de Rothschild & Cie Banque (RCB) à «A», assortie d’une perspective stable. L’agence souligne la position d’acteur de premier plan de RCB en France sur le marché des fusions-acquisitions et la diversification de ses sources de revenus avec le renforcement de ses activités de gestion d’actifs et de gestion de fortune.
L’Agefi rapporte que lors des rencontres financières internationales de Paris Europlace, plusieurs banquiers se sont dits favorables à ce que l’Europe s’inspire du modèle américain, en créant une agence européenne du type de Fannie Mae et Freddie Mac qui pourrait sortir tous les crédits immobiliers du bilan des banques de manière à ce que le capital soit davantage mis au service de l'économie réelle. Et de souligner que cela permettrait aux banques de se conformer plus facilement aux exigences réglementaires en termes de levier. La «déconsolidation est vraiment au cour du succès du marché de la titrisation en Europe», a affirmé Laurent Mignon, le directeur général de Natixis. Pour sa part, Frédéric Oudéa, directeur général de la Société Générale, a fait valoir qu’il n'était pas sûr que les titrisations de prêts de PME «soient la catégorie d’actifs à laquelle nous devons penser en premier».
La Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur britannique des marchés financiers, a nommé, ce 7 juillet, Jonathan Davidson en qualité de nouveau directeur de la supervision, en charge du segment «retail» et des autorisations. L’intéressé prendra officiellement ses fonctions à l’automne. A ce titre, il travaillera aux côtés de Tracey McDermott, directeur de la supervision en charge de l’investissement et du segment «wholesale».Actuellement, Jonathan Davidson officie en tant que «senior advisor» pour des sociétés de capital investissement et de services financiers. Il est également membre du «Strategic Advisory Group» de Jardine Lloyd Thomson. Auparavant, Jonathan Davidson a été directeur des opérations («chief operating officer») de Direct Line.
Le Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA) devient réalité en Italie. La loi de ratification de l’accord signé par l’Italie avec le gouvernement des Etats-Unis le 10 janvier 2014 devait être publiée mardi 7 juillet au journal officiel italien (Gazzetta Ufficiale), selon le site de l’association italienne des sociétés de gestion Assogestioni. Et la publication du décret du ministre de l’Economie et des Finances pour l’application de la loi et de la disposition de l’autorité fiscale est imminente.
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) vient d’adopter son deuxième rapport annuel sur les évolutions et perspectives des retraites en France, conformément à la procédure de suivi et de pilotage du système de retraite prévue par la loi retraite du 20 janvier 2014.Ce document, fondé sur des indicateurs, vise d’une part à mesurer l’adéquation du système de retraite à ses objectifs et d’autre part à aider le Comité de suivi des retraites, dont la création résulte également de la loi du 20 janvier 2014, à formuler le cas échéant, dans un avis qu’il doit rendre avant le 15 juillet, d’éventuelles recommandations relatives aux modifications des paramètres de retraite. Plus largement, ce rapport annuel est de nature à éclairer à court et à plus long terme les choix en matière de politique des retraites.
Les principales sociétés de Bourse chinoises et 25 des plus importantes sociétés de gestion de fonds communs de placement du pays ont annoncé le 4 juillet des mesures pour tenter d’endiguer la chute des marchés boursiers du pays, qui atteint près de 30% depuis la mi-juin, rapporte l’agence Reuters. Les 21 plus importantes sociétés de courtage du pays ont ainsi promis d’investir au moins 120 milliards de yuans (17,4 milliards d’euros) en actions tandis que les dirigeants de 25 des principaux fonds communs de placement (FCP) ont annoncé qu’ils allaient souscrire à des fonds de leur propre entreprise. Les gestionnaires de FCP vont aussi s’efforcer d’accélérer les procédures d’homologation et d'émission de fonds en actions, a précisé la fédération chinoise de gestion d’actifs dans un communiqué publié sur son site internet à l’issue d’une réunion à Pékin. Les sociétés de courtage réunies samedi à Pékin pour débattre de l'évolution du marché ont exprimé leur «pleine confiance» dans le développement des marchés de capitaux en Chine, précise dans un communiqué la Securities Association of China (SAC). «Vingt et une sociétés de courtage en actions vont investir ensemble 15% des actifs nets à fin juin, ou pas moins de 120 milliards de yuans, dans des fonds indiciels investis en grandes valeurs», explique-t-elle, ajoutant que ces titres ne seront pas revendus tant que l’indice SSEC restera sous le seuil de 4.500 points.
La banque privée bernoise Bank Von Graffenried a à son tour conclu un accord avec les autorités américaines pour régler le conflit fiscal, rapporte L’Agefi suisse. Selon un communiqué publié hier par le Département de justice (DoJ), la banque a accepté de payer une amende de 287.000 dollars et échappe en contrepartie à des poursuites. L’institut bernois détenait, en date du 1er août 2008, cinquante-huit comptes en relations avec les Etats-Unis, ce qui représentait une fortune estimée à 459 millions de dollars.
Le Groupe Mutuel a gravement violé le droit de la surveillance dans le domaine de l’assurance complémentaire. «Après avoir, en 2014, ordonné la correction de primes indûment acquises et obtenu des changements dans la composition des conseils d’administration, la Finma prononce aujourd’hui une interdiction de reprendre de nouveaux portefeuilles de clients via une fusion ou une acquisition de sociétés pendant 18 mois», écrit la Finma (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) dans un communiqué publié le 2 juillet. Durant des années, le Groupe Mutuel a pratiqué des tarifs propres qui n’avaient pas été approuvés, ce qui a entraîné la perception d’excédents de primes, ou au contraire l’octroi de rabais excessifs. Les faits reprochés couvrent la période de 2004 à 2014. Les sociétés du groupe actives dans le domaine de l’assurance-maladie complémentaire ne disposaient pas d’une gouvernance d’entreprise suffisante et ne respectaient pas leurs plans d’exploitation pourtant obligatoires en vertu du droit de la surveillance, résume la Finma.L’autorité de surveillance a identifié de grosses lacunes dans la séparation des fonctions et l’efficacité de la gestion du risque et des fonctions de contrôle. Elle a aussi relevé l’important cumul des mandats au niveau des organes ainsi que des sociétés du groupe. La procédure a par ailleurs permis de constater que le système de rémunération du groupe favorisait les intérêts de certaines personnes. La nouvelle direction avait procédé dès 2014 à une refonte complète du système de rémunération des organes dirigeants.L’enquête a en outre permis d’identifier de possibles infractions pénales. La Finma va donc procéder aux dénonciations requises auprès des autorités compétentes. Les organes actuellement responsables des sociétés surveillées ne sont toutefois pas concernés. Les sociétés incriminées devront soumettre d’ici à février 2016 l’ensemble de leurs tarifs pour approbation. L’autorité de surveillance invite aussi le groupe à ne pas verser des indemnités de départ «inappropriées aux personnes qui devaient jusqu’ici présenter la garantie d’une activité irréprochable».La Finma reconnaît toutefois que la direction du Groupe Mutuel a lancé diverses mesures pour corriger le tir et pleinement collaboré à l’enquête. Les sociétés d’assurance concernées ont rapidement remboursé les primes indûment perçues et corrigé les tarifs qui n’avaient pas été approuvés. Dans un communiqué, le Groupe Mutuel prend acte des conclusions de l’autorité de surveillance et évalue l’opportunité d’un éventuel recours. Au total, 24.000 assurés étaient concernés. Des primes trop hautes ont été payées par 9.000 d’entre eux alors que pour les 15.000 autres les tarifs étaient trop bas. Le montant total des remboursements s’est élevé à 8,6 millions de francs.
Les quelque 630 sociétés de gestion de portefeuille (SGP) agréées ayant le statut d’entreprise d’investissement doivent être soumises à la nouvelle directive MIF 2 (Marchés d’instruments financiers) qui doit entrer en vigueur le 3 janvier 2017 après avoir été transposée en droit national pour le 3 juillet 2016. Mais le régulateur veut éviter que la transposition de MIF2 conduise à un trop-plein réglementaire, rapporte L’Agefi. L’une des pistes sur laquelle travaille l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) avec le Trésor est de ne plus qualifier toutes les SGP «d’entreprise d’investissement». Celles qui font de la gestion collective au sens d’Ucits ou d’AIFM (fonds dédiés compris) ne relèveront plus du statut d’entreprise d’investissement. Les sociétés qui ont uniquement une activité de gestion individuelle/sous mandat seront des entreprises d’investissement, non SGP et donc pleinement soumises à MIF et les nouvelles contraintes porteront essentiellement sur les conditions d’agrément, les exigences organisationnelles. Enfin, les SGP qui exercent les deux activités de gestion (individuelle et collective) conserveront un statut soumis à Ucits ou AIFM permettant de cumuler les deux activités de gestion, sauf si elles décident de les séparer (par exemple en filialisant l’une des deux).
A six mois de son entrée en vigueur, la directive Solvabilité 2 continue de susciter de vives inquiétudes. Selon une enquête de State Street conduite auprès de 100 cadres dirigeants de compagnies d’assurance et de gestionnaires de fonds, 36% des professionnels du secteur de l’assurance et de la gestion de fonds estiment ainsi que les sociétés de gestion d’actifs ne sont pas préparées – voire «très mal préparées» pour 8% d’entre eux – pour fournir à leurs clients assureurs le niveau de données détaillées qui sera exigé dans le cadre de cette nouvelle réglementation européenne. Pire: même si les gestionnaires de fonds étaient en mesure de fournir le niveau de données exigé, 41% des personnes interrogées pensent rencontrer des difficultés pour le faire dans les délais requis. Autre enseignement majeur de cette étude: les gestionnaires de fonds se disent préoccupés par un potentiel de «fuite» sur des positions stratégiques qu’ils auraient prises. Ainsi, 31% des sondés pensent que les gestionnaires de fonds alternatifs seront, pour cette raison, «très réticents» à partager les informations importantes et les données commerciales avec les assureurs en vertu de Solvabilité 2, tandis que 56% pensent qu’ils seront «légèrement réticents». En outre, selon deux-tiers d’entre eux, les fonds de fonds pourraient être affectés par Solvabilité 2, beaucoup de leurs gérants sous-jacents pouvant hésiter à partager des données exclusives. L’enquête du groupe financier américain met également en exergue l’impact, bien connu, de Solvabilité 2 sur la politique d’allocation d’actifs des assureurs. Ainsi, s’agissant des classes d’actifs alternatifs, au regard des charges en capital plus élevées que devront assumer les assureurs, 10% des cadres de compagnies d’assurance et des gestionnaires de fonds interrogés pensent que les assureurs seront amenés à réduire considérablement leur exposition. Pour résoudre une partie des problèmes posés, 43% des personnes sondées prédisent une augmentation des joint-ventures chez les assureurs afin d’orienter leur exposition vers des stratégies alternatives et réduire leurs charges en capital, en remplaçant leur structure de fonds par des investissements directs dans le domaine de l’immobilier, par exemple. Dans l’ensemble, 68% des personnes interrogées estiment que la pression de Solvabilité 2 sur les assureurs les incitera à mettre davantage l’accent sur les stratégies d’investissement qui offrent des rendements plus prévisibles et non corrélés. 14% d’entre eux craignent même fortement que les assureurs aient moins d’appétit pour le risque, «ce qui dans un contexte de faible inflation, nuira à leur capacité de satisfaire à leurs obligations et à leurs engagements envers leurs clients», conclut State Street.
Un groupe comprenant des fonds alternatifs londoniens et américains a officiellement déposé une demande pour le remboursement d’une partie des 172 millions de dollars de créances qu’il détient auprès de la banque bulgare Corporate Commercial Bank AD, ou KTB, rapporte le Wall Street Journal, citant des proches du dossier. Cet établissement a été fermé l’an dernier après une ruée de la clientèle causée par des soupçons de détournement de fonds.
La Financial Conduct Authority (FCA) a annoncé le 1er juillet le lancement d’un vaste sondage auprès de tous les fournisseurs de produits de retraite pour déterminer notamment si les consommateurs souhaitant puiser dans leurs plans de retraite sont confrontés à des obstacles. Le régulateur, qui depuis le début de l’année, suit de près les développements dans le secteur des pensions liés à la réforme des retraites, continue de travailler en étroite collaboration avec le régulateur des retraites (Pensions Regulator) afin d’harmoniser les séries statistiques. La FCA indique également qu’elle est en train de revoir sa réglementation sur les retraites et qu’elle lancera dans les prochains mois une consultation sur les modifications qu’elle juge nécessaires. Parmi les modifications envisagées figurent notamment les alertes sur les «risques retraite» et l’intégration d'éléments du code de conduite sur les retraites élaboré par l’association des assureurs britanniques (ABI).
Thomas Bauer, 60 ans, sera le nouveau président du conseil d’administration de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) dès janvier 2016, rapporte L’Agefi suisse. Le Conseil fédéral a nommé mercredi cet ancien d’Ernst & Young pour succéder à Anne Héritier Lachat, qui était donnée sur le départ depuis quelques temps déjà. Docteur en droit, Thomas Bauer a travaillé pour le cabinet d’audit et de conseil Ernst & Young de 1994 à 2014. Jusqu’à son départ, il y était partenaire responsable du domaine concernant la législation sur l’insolvabilité et la restructuration. Il exerce actuellement une activité à temps partiel au Tribunal cantonal de Bâle-Campagne.
Tracfin est revenu sur son site, mardi 30 juin, sur les soupçons de blanchiment d’abus de biens sociaux et de fraude fiscale qui tirent leur origine de l’utilisation « de bons de capitalisation comme vecteur d’opacification de l’origine des fonds », rapporte sur son site L’Agefi Actifs. Dans le document (*), il est évoqué le cas d’un montage complet de blanchiment. La souscription de bons de capitalisation dans le cadre du régime fiscal de l’anonymat constitue l’étape de placement des fonds. Les bons sont ensuite transmis selon des modalités non connues à un tiers qui demande que leurs remboursements soient effectués sur différents comptes bancaires, note encore L’Agefi Actifs. (*) http://www.agefiactifs.com/sites/agefiactifs.com/files/fichiers/2015/07/tracfin_rapport_analyse2014.pdf
L’Assemblée Générale de Stallergènes s’est tenue le vendredi 26 juin dans un climat de défiance à l’égard du projet de fusion entre Stallergènes et Greer Laboratories. Le résultat des votes est sans ambiguïté: deux tiers des actionnaires minoritaires, dont Amiral Gestion, Moneta Asset Management et l’Adam se sont opposés à la fusion. En d’autres termes, si la société Ares Life Sciences (initiatrice du projet de rapprochement, actionnaire majoritaire de Stallergènes à plus de 77% et actionnaire à 100% de Greer Laboratories) n’avait pas voté, le projet de fusion aurait été massivement rejeté. «Nous déplorons que la réglementation française n’offre pas davantage de protection aux actionnaires minoritaires lorsque des conflits d’intérêts si flagrants existent», souligne un communiqué commun de l’Adam (Association de défense des actionnaires minoritaires), Amiral Gestion, Moneta Asset Management et Shareholder Value Management A.G.. «Si nous notons avec satisfaction que notre action a conduit à une révision sensible de la parité de fusion proposée (passée de 60%-40% initialement à 71%-29%, soit une augmentation de près de 20% de la part des actionnaires de Stallergènes dans l’ensemble fusionné), nous regrettons d’avoir été obligés de nous battre pour défendre nos intérêts et avons de sérieuses raisons de penser que la parité finale est toujours très défavorable aux actionnaires minoritaires de Stallergènes», poursuite le communiqué. Il est préjudiciable que les actionnaires ne disposent pas d’une information complète permettant de juger de la valeur de l’entité fusionnée qui projette pourtant d’être cotée. Ils n’ont en effet eu accès qu’à des données non auditées très parcellaires sur Greer Laboratories. Cette fusion forcée a entaché la confiance des actionnaires dans la future société et la valorisation de son titre en Bourse. «Nous resterons par conséquent vigilants quant au respect des engagements pris par la société fusionnée en matière de protection des intérêts des actionnaires minoritaires. Afin de regagner cette confiance perdue, nous attendons des actes forts notamment en matière de communication, de manière à attirer l’attention dela communauté financière sur la société et à maintenir voire améliorer la liquidité du titre, comme les dirigeants s’y sont engagés», conclut le communiqué.
La problématique du financement de l’investissement des entreprises est loin d'être insoluble mais elle doit répondre à un certain nombre de défis qui pourraient être au moins en partie résolus par le biais du projet d’Union des marchés de capitaux (CMU). C’est pour l’essentiel le point de vue défendu par François Villeroy de Galhau, à qui le Premier Ministre a confié la mission de faire un état des lieux et de définir les mesures à prendre pour assurer le financement de l’investissement.Sur l’invitation de Jacques de Larosière, président de l’Observatoire de l'épargne européenne (OEE), François Villeroy de Galhau a ainsi présenté le 1er juillet ses réflexions en cours sur le sujet lors d’une conférence où Fabrice Demarigny, directeur de l’activité Marchés de capitaux de Marcan/Mazars et auteur d’un rapport sur le projet de CMU remis en mai dernier à Michel Sapin, a également exprimé son point de vue. François Villeroy de Galhau a insisté en préambule sur le côté encore artisanal des quelques «notations» qu’il a bien voulu décliner mais qui constituent à n’en pas douter autant de jalons qui vont guider ou inspirer la conception du rapport en préparation. De son point de vue, le financement de l’investissement doit répondre à trois grands défis. Tout d’abord, les financements ne manquent pas pour l’investissement mais il existe un «désajustement» croissant entre investissements et financements. D’un côté, l’investissement est de plus en plus «schumpetérien» , consacré à la création de sociétés ou à de jeunes pousses en croissance. De l’immatériel très risqué alors que de l’autre côté, on reste sur des financements traditionnels et des épargnants très réticents à la prise de risque (s). Deuxième défi, la fragmentation toujours très forte de l’Europe et la nécessité, -la tragédie grecque est là pour le rappeler-, d’une intégration beaucoup plus avancée . Troisième défi, des réglementations très fortes dans le sillage de la crise financière, à dominantes prudentielles mais qui en laissent en plan la question de la croissance économique. Dans ce contexte, estime l’ancien directeur général délégué de BNP Paribas, le projet d’Union des marchés de capitaux pourrait fournir la matrice d’une réponse à condition d’en préciser les objectifs et d’en clarifier le contenu. A l’instar de Fabrice Demarigny, François Villeroy de Galhau estime d’ailleurs que cette dénomination de CMU n’est pas très pertinente, car il ne s’agit pas de remplacer le financement bancaire par le financement des marchés. «Il n’y a pas d’opposition entre marché des capitaux et union bancaire», a estimé pour sa part Fabrice Demarigny qui, comme son collègue, préconise une autre dénomination, Union pour le financement et l’investissement. Selon François Villeroy de Galhau, l’objectif de l’Union devrait ainsi être la diversification des moyens de financement, avec un élargissement de la gamme des possibles sans contrainte d’objectif, notamment parce que la fixation d’un objectif suscite des réactions anxiogènes dans certains pays comme l’Allemagne et l’Italie. Faut-il associer les 28 Etats membres à ce projet ? Les Etats dans leur grande majorité souhaitent un projet à 28 «mais il faut pouvoir avancer à 19 sur certains éléments», a estimé François Villeroy de Galhau. Sur le second point, François Villeroy de Galhau estime qu’il faut clarifier et plus précisément resserrer le contenu de l’Union autour de deux grands axes. Tout d’abord, la dette et le crédit avec probablement le financement des PME qui devrait rester entre les mains des banques à même de refaire une titrisation mieux encadrée, le financement des grands groupes qui devrait se maintenir sur des marchés taillés à leur mesure, et le financement des ETI qui devrait prendre un peu des deux et développer les placements privés. L’autre grand axe serait de canaliser l'épargne vers des instruments à risque. Dans cette perspective, il faudra mener à bien la révision de la directive Solvabilité II, aux calibrations trop sévères, et favoriser les financements «cross border» pour que les entreprises qui grandissent n’aillent pas, comme Criteo, se faire coter aux Etats-Unis. Et sur le chapitre du long terme et des infrastructures, il serait opportun de rapprocher les calendriers du plan Juncker, qui mobilise les capitaux publics, et le projet de CMU dédié aux capitaux privés, qui ne verrait le jour qu’en 2019. En attendant, François Villeroy de Galhau prévoit de présenter ses conclusions préliminaires fin juillet pour une version définitive dans le courant de l’automne...
Compte tenu du volume des états financiers des sociétés cotées en forte progression, les lecteurs (actionnaires, prêteurs, analystes, etc.) ont souvent du mal à exploiter ces informations et les préparateurs des comptes se heurtent à des difficultés dans leur élaboration. S’incrivant dans la volonté des autorités française et européenne - et aussi de l’Autorité des normes comptables (ANC) - d’encourager les sociétés cotées à faire évoluer les informations financières qu’elles publient, l’Autorité des marchés financiers (AMF) vient de réaliser un guide - téléchargeable sur son site - dont l’ objectif est de les accompagner dans cette démarche.L’AMF y propose des pistes d’amélioration de la pertinence, de la cohérence et de la lisibilité des états financiers. Ces pistes s’appuient sur des exemples concrets extraits de rapports annuels d’émetteurs ayant déjà effectué, avec succès, des ajustements sur leur information financière publiée.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié mardi soir une instruction qui définit les règles des prospectus de vente des certificats mutualistes, indique L’Agefi. Ces nouveaux titres, qui seront émis et vendus par des assureurs mutualistes et institutions paritaires, ne rentraient pas dans le champ de l’actuelle directive européenne sur les prospectus des instruments financiers. Ce type de placement doit permettre aux assureurs mutualistes de renforcer leurs fonds propres, sans pour autant ouvrir leur capital à des actionnaires extérieurs. Selon L’Agefi, le prospectus des certificats mutualistes devra présenter un résumé de l’opération, ses facteurs de risques, des informations sur l'émetteur et les caractéristiques de l'émission et du produit. Le document devra notamment «fournir un organigramme ou décrire sommairement ce groupe et la place qu’y occupe l'émetteur», précise l’instruction de l’AMF. Le prospectus devra aussi préciser le fonctionnement des certificats mutualistes qui n’offrent ni droit de vote ni de droit sur l’actif de la société émettrice.