Lors des assemblées tenues en 2015, les sociétés de gestion ont encore renforcé leur implication dans l’exercice des votes alors que la qualité du dialogue avec les émetteurs s’est améliorée, selon l'édition 2016 de l’enquête annuelle du service Economie-Recherche de l’Association française de la gestion financière (AFG). La hausse du nombre de participations aux assemblées s’est poursuivie l’an dernier, avec une progression de 13% au global, dont une augmentation de 18% de la participation aux AG hors de l’Union européenne. Quant à la France, après une certaine stabilité du nombre de participations depuis plusieurs années, on observe une augmentation de 9% sur un an. «Cette évolution est expliquée pour certaines sociétés de gestion de portefeuilles (SGP) par la volonté d’amélioration du suivi des participations aux AG, avec la mise en place et le développement interne et externe de moyens supplémentaires, qu’ils soient humains ou techniques», commente l’AFG.Signe de la diversification des portefeuilles, les émetteurs étrangers représentent les deux tiers des actions gérées par les sociétés de gestion et les quatre cinquièmes des AG auxquelles elles participent. En termes d’engagement, les sociétés de gestion ont renforcé leur niveau d’engagement et n’ont pas approuvé environ un cinquième de l’ensemble des résolutions proposées. Ils ont exprimé au moins un vote d’opposition à 80% des AG françaises, et à plus de 60% des AG étrangères où le champ des résolutions est plus restreint.L’enquête souligne la persistance de certains écarts entre résolutions soumises aux assemblées générales et politiques de vote des sociétés de gestion. Le sujet des rémunérations (actions gratuites, options, say on pay…) a ainsi catalysé les votes d’opposition des gérants : au global, 45% des résolutions ont été contestées, dont près de 60% pour les AG d’émetteurs français. Les opérations financières et les dispositifs anti-OPA ont également été au centre des votes d’opposition des gérants, avec respectivement 29% et 20% des résolutions. Les gérants déplorent le manque fréquent de précisions quant aux critères d’attribution de stock-options et d’actions gratuites, ainsi que, parfois, l’absence d’administrateur référent en cas de non-dissociation des fonctions de président et directeur général.Avec l’intensification du dialogue, les sociétés de gestion portent un jugement plutôt positif de la gouvernance des émetteurs. Les sociétés de gestion sont une majorité à estimer que la qualité de la gouvernance des émetteurs et des dialogues avec eux a tendance à s’améliorer. Le dialogue se développe également avec les émetteurs étrangers, conséquence du poids croissant de ces derniers dans le périmètre de vote des sociétés de gestion.(1) Les résultats de l’enquête reflètent les réponses de 49 SGP via les 42 questionnaires reçus. En considérant la taille et la diversité des acteurs, l'échantillon des SGP ayant participé à l’enquête est très représentatif : il inclut neuf des dix premières SGP, quatorze parmi les vingt premières, et la moitié des cinquante premières. Ces SGP gèrent, ensemble, un total de 315 milliards d’euros en actions cotées (françaises ou étrangères, via des fonds d’investissement ou des mandats discrétionnaires).