Les institutionnels français sont une minorité à s’être mis en conformité avec l’article 173 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte (« LTE »), entré dans sa première année d’application. Les investisseurs français ont eu jusqu’au 30 juin 2017 pour publier les informations sur leur politique ESG (Environnement, Social et Gouvernance) et, pour ceux gérant plus de 500 millions d’euros d’actifs, sur les enjeux climats. Après analyse par Indefi des publications de 136 institutionnels (2.361 milliards d’euros d’encours) concernés par la loi (ou s’y soumettant volontairement), seule une minorité s’est mise en conformité avec le texte. 51 institutions (38%) ont en effet publié les informations requises, représentant 88% des actifs. Le « niveau de conformité » est relativement bon chez les assureurs (62%) et les SAM (52%) mais faible chez les mutuelles (25%) et chez les institutions de retraite (23%). Indefi rappelle que la loi était volontairement peu directive, laissant aux investisseurs deux exercices pour faire émerger les bonnes pratiques : « cette liberté a été pleinement exploitée par les investisseurs s’étant mis en conformité, comme en témoigne la très grande hétérogénéité des réponses et des méthodologies employées, tant sur les critères ESG que sur l’analyse climat », commente le cabinet.Il cite comme exemple 47% des investisseurs qui n’ont pas vraiment joué le jeu et se sont contentés de rédiger des commentaires généraux sans analyse chiffrée, dans leur rapport. Dans les cas extrêmes, ce « rapport » consiste en une seule page de texte. 35% des investisseurs ont publié des rapports avec quelques indicateurs sur les sujets ESG ou sur le climat, par exemple une empreinte carbone. L’enjeu sera désormais d’augmenter le taux de réponse et la couverture de classes d’actifs, d’améliorer la lisibilité des rapports et harmoniser les méthodologies et enfin, de travailler sur des trajectoires cohérentes et chiffrées.