À l’occasion de la présentation à la presse du rapport annuel de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Robert Ophèle, son président, a souligné la nécessité d’avancer rapidement vers une Europe à 27 plus intégrée dans le contexte du Brexit. Il est également revenu sur les principaux enjeux en matière de régulation et sur la mobilisation de l’institution. « L’émergence d’une véritable supervision européenne des marchés de capitaux constitue l’un de nos axes stratégiques. Elle est nécessaire à l’institution d’une Union des marchés de capitaux et pour que l’Union à 27 soit un ensemble cohérent face aux pays tiers, au premier rang desquels figurera prochainement le Royaume-Uni », a notamment déclaré Robert Ophèle, le président de l’AMF.L’AMF inscrit aujourd’hui son action dans un contexte tout particulier, celui d’une Union européenne qui vit, pour la première fois de son histoire, la décision de sortie de l’un de ses membres, le Royaume-Uni. Au cours de l’année 2017, les activités de l’AMF en France et à l’international ont été nourries par quatre convictions majeures. Tour d’abord, encourager une supervision européenne davantage intégrée «Cette vision a largement inspiré les positions défendues ces derniers mois par le régulateur dans le cadre de la réforme des autorités européennes de supervision et la révision du règlement européen sur les dérivés de gré à gré», souligne un communiqué. Pour l’AMF, l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF ou ESMA) doit voir ses pouvoirs étendus pour que la convergence dans la supervision soit une réalité. Cela passe par une gouvernance réformée de l’autorité européenne. Ses pouvoirs directs pourraient être également renforcés dans certains domaines spécifiques à dimension paneuropéenne, à l’image de la supervision des chambres de compensation. Pour l’AMF, l’ESMA doit aussi se voir confier un rôle accru vis-à-vis des pays tiers. La perspective du Brexit a d’ores et déjà permis de mettre en œuvre quelques éléments d’une supervision plus intégrée. L’AMF a ainsi soutenu l’initiative de l’ESMA qui, en avril 2017, a publié une opinion avec des principes généraux destinés à assurer une cohérence dans les agréments, la supervision et les contrôles des entités souhaitant relocaliser tout ou partie de leurs activités en Europe continentale. Ces principes ont fait l’objet ensuite d’une déclinaison via des opinions sectorielles pour les infrastructures de marché, les prestataires de services d’investissement et la gestion d’actifs. Deuxième conviction, faciliter la mise en œuvre d’un cadre sécurisé pour les marchés et la gestion d’actifs. La mise en œuvre du nouveau cadre des marchés d’instruments financiers (MIF2) a mobilisé les équipes de l’AMF en 2017, pour permettre sa transposition dans le calendrier fixé par les législateurs européens et pour accompagner les professionnels. À cette occasion, le règlement général de l’AMF a été restructuré pour intégrer la séparation du statut d’entreprise d’investissement de celui de société de gestion, la gestion collective n’étant pas soumise à certaines des obligations découlant de MIF2, rappelle l’AMF. L’an passé, comme en 2016, le régulateur a poursuivi ses efforts de pédagogie pour aider les acteurs dans la mise en place des obligations nouvelles d’information et de reporting, comme des règles en matière de gouvernance des produits financiers créés ou distribués. Troisième conviction, accompagner l’innovation. La division Fintech, innovation et compétitivité a tenu, tout au long de l’année un peu plus de 150 rendez-vous sur des sujets d’innovation, dont 80 % avec des porteurs de projets. Ayant identifié rapidement le développement des Initial Coin Offerings (ICO) -ces opérations de levées de fonds en contrepartie de l’émission de jetons (ou tokens)-, le régulateur a initié, dès le mois d’octobre 2017, une consultation sur l’encadrement possible de ces opérations. Les conclusions de cette consultation ont été publiées en février 2018. Parallèlement, l’AMF a poussé au niveau européen l’idée d’un statut « chapeau » dans le domaine du conseil automatisé et l’introduction d’un passeport européen pour les acteurs du financement participatif. Enfin, l’AMF s’efforce de préserver le grand public des offres de produits financiers hautement risqués. Mobilisée sur ce sujet depuis plusieurs années, l’AMF a pu constater avec satisfaction un recul de 70 % des publicités sur les offres très risquées (en comparaison avec les trois années précédentes). Inscrite fin 2016 dans la loi Sapin 2, l’interdiction de la publicité par voie électronique de certains contrats et produits financiers hautement risqués a porté ses fruits, avec la vigilance active du régulateur auprès des éventuels contrevenants. Parallèlement, l’AMF a intensifié ses procédures devant le tribunal de grande instance de Paris afin d’obtenir le blocage de l’accès à des sites illicites de prestataires non agréés, proposant des transactions sur le Forex et les options binaires. Au total, depuis 2014 -première année de mise en œuvre de cette procédure- l’AMF a obtenu la fermeture de 138 adresses. Tenant compte des offres nouvelles qui ont pu émerger au cours des derniers mois, l’AMF a très rapidement entrepris des actions de pédagogie pour alerter les particuliers sur les dangers de certaines propositions, à l’image du diamant d’investissement. Les placements dits atypiques, qui relèvent de l’intermédiation en biens divers, doivent faire l’objet d’un enregistrement auprès de l’AMF avant toute commercialisation. En 2017, l’AMF a donc complété ses listes noires en intégrant ce segment. Le pôle EIS (Epargne Info Service, centre de relation avec le public de l’AMF) a ainsi enregistré une baisse de 80 % du nombre de sollicitations au sujet du diamant d’investissement par rapport au point le plus haut de 2017, tendance qui se confirme sur le premier trimestre 2018.
Nous avons lancé, le 21 mars 2018, une mission d’information sur les cryptomonnaies, à l’Assemblée nationale. Son but principal sera, dans un premier temps, de définir ce que sont les cryptomonnaies. Sont-elles des monnaies ? Sont-elles des actifs ? Sont-elles des instruments financiers ? L’idée est en effet de populariser un certain nombre de dossiers assez incompréhensibles pour le grand public, comme par exemple ce qu’est une blockchain, qui est une technologie sous-jacente à ces actifs. Après avoir répondu à ces questions, nous pourrons nous demander quelle serait la législation à mettre en place et quelle réglementation serait la mieux adaptée, à savoir si elle devrait être française ou européenne. De manière générale, lorsque des nouveautés technologiques émergent, il y a toujours deux camps qui s’opposent : ceux qui pensent qu’il ne faut rien faire et ceux qui veulent mettre des règles. En France, on met toujours trop de règles, alors que dans d’autres pays l’on n’en met pas assez. Il y a un équilibre à trouver, par exemple en ce qui concerne la protection. En parallèle, il faut aussi que l’on puisse laisser se développer des technologies de progrès car il n’y a pas de raison de les freiner. De fait, il n’y a pas de raison que la France ne soit pas aux avant-postes dans le domaine des fintech. Enfin, il existe une rupture technologique derrière la blockchain : il faut savoir comment c’est fait, qui est derrière cette technologie, savoir que des personnes peuvent prendre le contrôle d’un réseau décentralisé. Derrière tout cela, des gens vont investir de l’argent, des entreprises vont essayer de se financer, des transactions se feront : tout cela doit être sécurisé dans le cadre d’un développement plus général. Nous rendrons un rapport d’information en juillet 2018. Nous n’aurons pas rédigé des règles européennes ou françaises : nous avons un travail de vulgarisation, il faut en faire un sujet qui est maîtrisé par la commission des Finances et par l’Assemblée nationale. C’est une mission ambitieuse et passionnante, qui fait rentrer le sujet des cryptomonnaies de façon très officielle à la commission des Finances de l’Assemblée nationale.
La Securities and Exchange Commission (SEC) a lancé sa propre Initial Coin Offering (ICO) pour mettre en garde les investisseurs face aux risques de fraude. La SEC a inauguré un site internet pour promouvoir des HoweyCoins, qui sont censée combiner «la magie des profits et de l’excitation tirés de l’échange de tokens et la rentabilité garantie de l’industrie touristique». Une fois qu’un investisseur clique sur le lien devant permettre d’acheter les dits tokens, il est renvoyé vers une page du site de la SEC mettant en garde face aux risques de fraude. Hier, un cadre de la SEC a estimé devant le Congrès américain que les ICO représentaient «l’une des plus graves menaces» actuelles pour les investisseurs particuliers.
MB Conseils et Patrimoines a commercialisé les actions du compartiment « Nobles Crus » d’une SICAV luxembourgeoise, spécialisé dans les investissements en actifs viticoles, et les actions de la société Gospel sur la Colline, qui recherchait des fonds en vue de financer la mise en scène et la production d’une comédie musicale.
C’est une histoire qui dure depuis de longs mois. La fondation du milliardaire américano-hongrois George Soros, qui finance de nombreuses ONG, quitte la Hongrie, écrit ce matin L’Echo. Présente dans le pays depuis plusieurs décennies, elle déménage ses activités à Berlin. En cause: les politiques «répressives» du gouvernement de Viktor Orban. Pour le Premier ministre hongrois, qui vient d'être largement réélu pour un troisième mandat consécutif, George Soros veut inonder la Hongrie et l’Europe d’immigrants et les organisations qu’il finance dans le monde entier, notamment en Europe de l’Est, seraient son bras armé pour atteindre cet objectif. Plusieurs lois avaient été adoptées par Budapest en 2017 renforçant le cadre de contrôle des ONG travaillant en Hongrie et menaçant notamment la présence dans le pays de la prestigieuse Université d’Europe Centrale (CEU) également créée par George Soros. «Il est devenu impossible de protéger la sécurité de nos opérations et de notre personnel en Hongrie contre l’ingérence arbitraire du gouvernement», écrit le président de la fondation OSF, Patrick Gaspard. La fondation créée par George Soros dans les années 1980 et présente dans une centaine de pays indique dépenser environ un million de dollars (environ 840.000 euros) chaque année en Hongrie pour soutenir une trentaine d’ONG.
La dérégulation financière devrait prochainement accélérer outre-Atlantique. Dès mardi, le Congrès devrait finalement adopter la refonte de la loi Dodd-Frank votée à la suite de la crise financière. En parallèle, les principales agences fédérales de régulation financière s’apprêtent à dévoiler d’ici la fin du mois leur projet de réforme de la règle Volcker, qui limite fortement le trading pour compte propre des banques, révélait hier l’agence Bloomberg. Alors qu’aujourd’hui, toutes les positions détenues pour moins de 60 jours sont considérées comme spéculatives et interdites, la nouvelle version à l’étude abandonnerait ce principe.
La croissance continue du secteur des ETF reste un sujet de préoccupation pour les régulateurs qui doivent notamment observer le fonctionnement des ETF dans les phases de stress de marchés, a souligné Martin Moloney, conseiller spécial de la banque centrale irlandaise, le 14 mai à Budapest, à l’occasion de la conférence annuelle de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV, ou Iosco en anglais). «En tant que régulateurs, nous avons en permanence à l’esprit la question de savoir si les ETF posent problème dans les phases de marchés difficiles», a déclaré le responsable. Deux points de préoccupation de son point de vue : d’une part, une complexification des structures des ETF; d’autre part, une «dépendance significative» du secteur des ETF vis-à-vis des fournisseurs d’indices.
Quelque deux millions d’automobilistes allemands pourraient participer à une action de groupe contre Volkswagen pour obtenir des indemnités en lien avec le scandale du «dieselgate», a déclaré aujourd’hui la ministre allemande de la Justice, Katarina Barley. Le gouvernement fédéral a approuvé un projet de loi ouvrant la voie à une plainte en nom collectif contre le constructeur automobile, qui a reconnu en 2015 avoir utilisé un logiciel destiné à manipuler les tests des émissions polluantes de ses voitures diesel.
La Consob a infligé une sanction pécuniaire de 65.000 euros à l’encontre d’Artemis IM en raison de plusieurs manquements, rapporte Bluerating. La société de gestion britannique a notamment omis de communiquer à temps l’acquisition d’une participation importante dans la société Rai Way, intervenue le 15 juillet 2015 et dont l’annonce n’a été faite que le 12 janvier 2017. La société a aussi manqué à ses obligations de communication concernant l’acquisition d’une participation importante dans Ei Towers, qui a eu lieu le 3 octobre 2016 et a été communiquée le 12 janvier 2017.
L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, la Finma, veut répondre aux critiques réitérées sur l’excès de réglementation et de compliance. «Nous sommes (...) bien conscients de la charge générée sur les banques par la régulation. Pour mitiger ces difficultés, nous pensons que la régulation ne doit pas s’appliquer d’une manière uniforme sur toutes les banques et nous appliquons strictement le principe de proportionnalité. Nous avons en outre l’intention ferme de simplifier davantage les règles pour les petites banques mais sans augmenter les risques pour le système financier et ses clients», déclare Mark Branson, directeur de la Finma depuis 2014. Interrogé sur le développement du «shadow banking», le responsable relève qu’"en Suisse, les activités de «shadow banking» sont relativement réduites. Je pense principalement aux fonds communs de placement à revenu fixe: bien qu’il ne s’agisse pas d’activités bancaires en soi, ces dernières sont quand même opérées par des gestionnaires de fortune et ainsi régulées par notre organisation. Par contre, une activité peu régulée est le crowdfunding mais cette activité est pour l’instant infime en Suisse». Alors que de nombreuses banques étrangères ont l’impression qu’il est très difficile d’obtenir une licence bancaire en Suisse, Mark Branson reconnaît qu’"obtenir une licence bancaire en Suisse, c’est un peu comme faire son entrée dans un club élitaire. Nos critères d’admissions sont en effet élevés mais les rendre plus souples ne servirait pas les intérêts de notre place financière. Nous voulons attirer des institutions fortes et crédibles. Et cela fonctionne. Durant ces six dernières années, douze banques étrangères ont obtenu une licence bancaire pour leurs filiales ou succursales en Suisse».
Depuis 2014, l'Autorité des marchés financiers a multiplié les actions en justice pour obtenir le blocage de sites internet illégaux, Les fermetures concernent principalement des plateformes proposant des opérations sur le Forex et les options binaires
La publication d’un arrêté le 23 février a été suivie d’une position recommandation sur le haut de bilan, La formalisation de l’activité du CIF est inscrite dans la loi et son périmètre d’activité est précisé
Un avocat revient sur la récente condamnation d’un cabinet à hauteur de 300.000 euros par la Commission des sanctions, Dont il ressort que le distributeur est autant responsable que le producteur de la documentation précontractuelle
Les responsables des sociétés de gestion d’actifs devraient accroître leur collaboration dans tout le secteur et développer un dispositif qui permettrait aux sociétés d’identifier d'éventuelles attaques et d’y répondre de façon appropriée dans les plus brefs délais, selon une étude réalisée par l’association britannique des gestionnaires (Investment Association, IA) et le cabinet de conseil KPMG. L’association professionnelle vient de créer un comité dédié à la cybersécurité afin d’accompagner les sociétés de gestion sur toutes ces problématiques et développer en partenariat avec les régulateurs et les pouvoirs publics un guide sur la cybersécurité. Ce comité s’est réuni pour la première fois le mois dernier.Selon le rapport, les sociétés de gestion devraient partager les informations sur les menaces de cyberattaques. Elles devraient également partager les meilleures pratiques en la matière et collaborer collectivement pour former les personnels sur la cybersécurité, investir dans les nouvelles technologies au sein d’un consortium et partager leurs expertises.Une plateforme collaborative commune permettrait aussi d’accroître le pouvoir de lobbying du secteur auprès d’intervenants tiers, comme les fournisseurs de données, les opérateurs boursiers ou encore les banques spécialisées dans la conservation et l’administration de fonds.Selon l'étude, les sociétés de gestion d’actifs vont probablement constituer une cible privilégiée de cyberattaques compte tenu des montants significatifs d’actifs sous gestion, mais les acteurs du secteur sont moins bien préparés que dans l’assurance ou la banque.