DIVERSIFICATION Avec des perspectives de croissance revues à la baisse par le FMI (Fonds monétaire international, voir graphique) et la Banque mondiale, les pays du Golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, Oman, Qatar, Émirats arabes unis, Koweït) subissent de plein fouet les conséquences de la réduction de la production de pétrole et la chute du baril depuis avril 2019, qui sont venues réduire les recettes pétrolières. Principale économie de la zone, l’Arabie saoudite est la plus touchée, avec une croissance de 0,2 % en 2019 (contre 1,8 % lors des précédentes projections du FMI). Il s’agit pour le royaume de la pire performance depuis 2017, lorsque l’économie s’était contractée de 0,7 %. Le Bahreïn échappe à ce mouvement baissier, avec une croissance de 2 % (contre 1,8 % en 2018). L’économie de la zone devrait rebondir en 2020, grâce aux programmes de diversification engagés par les royaumes. « En Arabie saoudite, l’indice PMI manufacturier a fortement augmenté au deuxième trimestre, suggérant une amélioration de l’activité hors hydrocarbures », relève la Banque mondiale. Dans le cadre de son plan Vision 2030, l’Arabie saoudite a pour objectif d’attirer 100 millions de touristes d’ici 2030. Dans le cadre de ces efforts, un nouveau système de visas touristiques a été lancé. Son impact a été immédiat : 24.000 visiteurs se sont rendus en Arabie saoudite dans les 10 jours suivant son lancement, selon Oxford Economics. Le secteur de la construction reste au cœur de cette stratégie. « Les économies des Émirats arabes unis et du Qatar ont bénéficié de projets d’infrastructures liés à Expo 2020 aux Émirats arabes unis et à la Coupe du monde 2022 au Qatar. Cependant, la construction s’achève et les préparatifs des événements sont presque terminés », note la Banque mondiale. Dans un contexte de prix du baril durablement bas (57 dollars à fin 2021), le défi, pour les pays du Golfe, va consister à transformer l’essai en matière de diversification.