Le bureau de gestion de la dette britannique (Debt Management Office, DMO) a annoncé vendredi que son premier gilt vert, destiné à financer des investissements environnementaux, aurait une échéance au 31 juillet 2033. Le bureau de gestion de la dette a déclaré que la syndication de cette première émission de green bond par le Royaume-Uni aurait lieu dans la semaine du 20 septembre.
Cette clarification, en pleine frénésie réglementaire, a soulagé le marché sur le risque d’une crise systémique. Mais cela ne résout pas tout et notamment le sort d’Evergrande.
Baidu a lancé mercredi une émission obligataire durable en dollar de 1 milliard en deux tranches à 5,5 ans et 10 ans. C’est la première opération de taille pour une société technologique chinoise sur le marché de la dette aux Etats-Unis depuis que Pékin s’est attaqué à divers secteurs, en intensifiant son contrôle réglementaire. Cette émission, dont le spread initial envisagé était 115 points de base (pb) et 150 pb au-dessus des rendements des Treasuries à 5,5 ans et 10 ans respectivement, devait être vendue à 83 pb et 115 pb. Ces prix offrent peu de prime par rapport à la cotation des titres en secondaire. Les fonds levés serviront notamment à financer des investissements durables mais aussi pour le remboursement de dette existante. Baidu a émis le milliard autorisé pour cette année par l’agence de planification. La précédente émission d’un grand acteur chinois de la technologie a été réalisée par Xiaomi (1,2 milliard) en juillet. Bank of America, Goldman Sachs et JP Morgan ont dirigé la transaction Baidu.
Les marchés s’inquiètent de la situation en Afghanistan après la prise du pouvoir par les talibans. Mais seules les dettes des pays limitrophes sont affectées.
La chute en août du moral des ménages américains, qui pourrait incité la Fed à ne pas se précipiter dans son resserrement monétaire, a provoqué vendredi un effondrement des taux longs aux Etats-Unis. Le rendement des emprunts à 10 ans a baissé de 6 points de base (pb) peu après l’annonce, à 1,30%, entraînant un aplatissement par le haut de la courbe des taux, le rendement à 2 ans des Treasuries ne baissant que de 1 pb, à 0,21%. En Europe, les rendements étaient stables. Le moral des ménages américains est tombé à son plus bas niveau depuis décembre 2011, selon les résultats préliminaires de l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan. Son indice de confiance a reculé à 70,2 après 81,2 en juillet. Les économistes l’attendaient inchangé. La composante du jugement des consommateurs sur leur situation actuelle a diminué à 77,9 après 84,5 et celle des perspectives est revenue à 65,2 contre 79,0 le mois dernier.
Amundi vient de nommer Jonathan Duensing au poste de directeur de l’obligataire aux Etats-Unis, a appris Pensions & Investments. Il remplace Christine Todd, qui a rejoint il y a quelques mois le Bermudien Arch Capital Group. Jonathan Duensing travaille chez Amundi depuis quinze ans. Il conserve un rôle de gérant de fonds dans ses nouvelles fonctions.
Les conséquences économiques du réchauffement climatiquerisquent de gonfler une dette mondiale déjà en forte expansion, en raison de la crise sanitaire, et de provoquer une vague de dégradations de notation crédit voire de défauts, selon une étude de FTSE Russell. Dans un scénario extrême, ses analystes préviennent que des pays tels la Malaisie, l’Afrique du Sud, le Mexique et même l’Italie pourraient faire défaut d’ici 2050. Une étude académique, réalisée notamment par l’université de Cambridge, anticipe 63 rétrogradations de notations souveraines d’ici la fin du siècle pouvant aller jusqu’à six crans pour les pays les plus vulnérables comme le Mexique ou la Chine, et jusqu’à quatre crans pour les Etats-Unis ou l’Allemagne. Avec des conséquences sur les coûts de financement qui pourraient augmenter de 137 à 205 milliards de dollars d’ici 2100. Pour les pays en développement, les Nations unies estiment à 300 milliards de dollars le coût d’adaptation d’ici 2030 et 500 milliards d’ici 2050. Si les pays tardent trop à agir au niveau mondial, le coût économique du dérèglement climatique pourrait atteindre 54.000-69.000 milliards de dollars d’ici 2100, selon Bank of America.
Les marchés de taux ont connu une nouvelle séance agitée mercredi. Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à 10 ans a chuté jusqu’à 1,127% après l’annonce de chiffres de l’emploi décevants dans le secteur privé américain (enquête ADP). Il a ensuite rebondi jusqu’à 1,21% en réaction aux déclarations du gouverneur adjoint de la Fed Richard Clarida (lire ci-après) pour qui l’économie américaine est proche du niveau fixé par la banque centrale pour réduire son soutien monétaire. Ces mouvements n’ont pas été sans conséquence en Europe où le rendement du Bund à 10 ans est passé, pour la première fois depuis janvier, sous le taux de dépôt de la Banque centrale européenne (-0,5%), à -0,517%. Il est ensuite revenu à -0,48%.
En prévision d’un boom attendu du marché des obligations vertes en dollars, Robeco et Quintet Private Bank ont annoncé jeudi s’être associés pour lancer l’une des premières stratégies d’obligations vertes en dollars en Europe. La stratégie ‘RobecoSAM US Green Bonds’ est une stratégie gérée de manière active qui investit dans des obligations vertes libellées en dollars et émises par des entreprises, des agences publiques et des États. En tant que partenaire exclusif pour les six mois suivant son lancement, la banque luxembourgeoise a ciblé un engagement initial de 125 millions d’euros pour cette stratégie, qui sera déployée dans les portefeuilles discrétionnaires de Quintet dans le cadre de la stratégie «durable par défaut» du gestionnaire de patrimoine néerlandais.
Robeco et Quintet Private Bank misent sur le plan ambitieux de transition énergétique de l’administration Biden aux Etats-Unis avec la sortie de RobecoSAM US Green Bonds, un fonds d’obligations vertes libellées en dollars destiné au marché européen. Ce fonds est un carve-out de RobecoSAM Global Green Bonds, lancé l’année dernière pour investir sur le marché américain des obligations vertes. Le fonds est géré par Michiel de Bruin, le directeur mondial de l’équipe obligataire de Robeco, et Peter Kwaak. Ce fonds investira dans des obligations vertes libellées en dollars émises par entreprises, des agences publiques et des Etats, et utilisera l’indice Bloomberg Barclays MSCI USD Green Bond comme benchmark. La banque privée luxembourgeoise Quintet a négocié un partenariat exclusif de distribution pour les six premiers mois, avec un engagement cible de 125 millions de euros via ses portefeuilles discrétionnaires. Au 31 décembre 2020, Robeco comptait 176 milliards d’euros d’encours sous gestion, dont 160 milliards d’euros intégrant les critères ESG.
L’Union européenne (UE) a largement réussi mardi une émission obligataire syndiquée à deux tranches, qui comprenait une troisième émission dans le cadre de son programme de relance NextGeneration EU (NGEU), dont les Etats membres continuent de valider les plans nationaux (France, Italie et Espagne mardi) ouvrant aux premiers versements de subventions et de prêts. L’obligation à 10 ans (coupon 0%), qui doit servir à refinancer d’autres mécanismes européens, a attiré un carnet d’ordres couvrant près de 10 fois l’offre de 5,25 milliards d’euros (51 milliards), et donc permis de réduire le rendement à -0,043% (MS-6 pb). L’obligation à 20 ans (coupon 0,45%), qui participe intégralement au programme NGEU, a reçu plus de 96 milliards de demandes pour 10 milliards offerts et profité de la forte demande sur le marché secondaire pour réduire le rendement à 0,471% (MS+7 pb).
Payant. Les entreprises ont bien traversé la crise, remarque Janus Henderson dans son deuxième rapport « Corporate Debt Index » : la dette mondiale des groupes cotés n’a progressé que de 2 % entre 2019 et 2020, à 8.301 milliards de de dollars. Une bonne tenue qui s’explique par les efforts entrepris pour préserver les flux de trésorerie, à travers des ventes d’actifs et la réduction de dépenses en capital. La trésorerie totale atteint ainsi 5.182 milliards de dollars en 2020, un chiffre en hausse de 27 % par rapport à 2019. Qu’adviendra-t-il de cette manne ? Une partie devrait être réallouée aux investissements, tandis qu’une autre devrait financer des rachats d’actions et une augmentation des dividendes, coupés l’an dernier. De quoi éponger une bonne partie de la trésorerie excédentaire : l’endettement des entreprises devrait, en réponse, augmenter de 500 à 600 milliards de dollars en 2021, estime le rapport. Cela sera-t-il soutenable ? La charge d’intérêt a absorbé 17 % des bénéfices d’exploitation mondiaux en 2020, le niveau le plus élevé depuis 2015. Mais le rebond attendu des bénéfices cette année devrait améliorer la mesure.