Supercycle. La hausse des matières premières ne semble pas devoir s’arrêter : l’indice S&P All Metals affiche ainsi une performance de 40 % sur un an, tandis que les prix de l’énergie s’envolent. La demande, principalement chinoise, est forte et les stocks sont à peine suffisants. La reprise des industries lourdes, sur fond d’approvisionnement perturbé, contribuera aussi à l’envolée des prix. La question est désormais celle de la poursuite de cette hausse : se dirige-t-on vers un nouveau supercycle, une longue période de forte demande de matières premières ? Force est de constater que la dynamique semble porteuse. La reprise économique devrait soutenir la demande, et la reflation qui accompagne les périodes de croissance va contribuer à faire monter les prix. Enfin, les différents plans de relance devraient profiter aux matières premières : à travers les programmes de construction d’infrastructures et de transition verte, mais aussi en soutenant les salaires et la consommation. Le tableau est pourtant à nuancer. La croissance chinoise, moteur du supercycle précédent, est aujourd’hui plus faible et montre des signes d’essoufflement. Le volontarisme budgétaire des Etats peut aussi rester lettre morte : le plan européen sera long à mettre en place, et celui de Joe Biden pourrait se heurter à une chambre moins favorable aux démocrates, après les élections de mi-mandat. Quant à la transition verte, si elle est gourmande en ressources, elle pourrait aussi conduire à une baisse structurelle de la demande.
Le cours de l’argent s’est envolé lundi, gagnant +11,9% et +11,2% pour les contrats de février et de mars cotés sur le New York Mercantile Exchange (CME Group), à respectivement 30,10 et 29,93 dollars l’once, porté depuis plusieurs séances par l’intérêt d’investisseurs particuliers sur le forum WallStreetBets, dans le sillage des paris sur GameStop. Les valeurs liées au métal précieux grimpaient également à Londres, avec le producteur russe d’argent Polymetal (+7%) et la compagnie minière mexicaine Fresnillo (+19,7%).
Le groupe minier français Eramet a annoncé ce lundi l’arrêt du processus de cession de son usine norvégienne de TiZir à l’américain Tronox suite aux objections formulées début janvier par l’Autorité britannique de la concurrence (CMA), qui avait décidé de soumettre le projet d’acquisition à une enquête de Phase 2. «Cette résiliation déclenchera le paiement par Tronox d’une indemnité de rupture de 18 millions de dollars», soit 15 millions d’euros, a précisé Eramet.
Malgré les polémiques autour des « arbres morts », difficile d’imaginer un Noël sans sapin. Encore faut-il pouvoir se l’offrir car depuis quelques années, le prix des conifères explose : autour de 60 euros l’arbre, plus du double d’il y a dix ans. La faute à la crise financière, pendant laquelle nombre de sylviculteurs ont fait faillite. Mais, comme il faut une dizaine d’années à un arbuste pour atteindre sa maturité, la baisse de l’offre sapinière ne se concrétise qu’aujourd’hui. Faut-il pour autant se tourner vers les arbres en plastique ? A l’heure de l’ESG à tout crin, espérons que leur effroyable bilan carbone dissuadera les acheteurs.
Selon Bloomberg qui citait hier des sources proches du dossier, les sidérurgistes russes ont rencontré des responsables du ministère de l’Industrie et du Commerce et ont convenu de mettre en place un groupe de travail afin de trouver la meilleure manière de stabiliser les prix de l’acier sur le marché intérieur, ces derniers ayant augmenté d’environ 40% le mois dernier. Des entreprises de construction et d’ingénierie ont demandé au gouvernement russe d’instaurer des droits à l’exportation sur les billettes d’acier, les barres d’armature et certains types d’acier laminé.
Les contrats à terme sur le soja à Chicago ont encore bondi d’environ 1% lundi, atteignant leur plus haut niveau depuis mi-2014 à la fois grâce à une forte demande chinoise et à cause d’une grève des salariés dans le secteur des oléagineux en Argentine. Les importations chinoises de soja américain ont plus que doublé en novembre par rapport à l’année précédente (6,04 millions de tonnes au lieu de 2,56), notamment dans le cadre de l’accord commercial de phase 1 signé en janvier entre les Etats-Unis et la Chine. Outre la grève qui a freiné les exportations, la superficie de plantation de soja 2020-2021 de l’Argentine pourrait s’avérer inférieure aux 17,2 millions d’hectares prévus en raison d’un temps anormalement sec. Le contrat sur le soja le plus actif sur le Chicago Board of Trade (CBOT) a ainsi atteint les 12,80 dollars/boisseau.
La forte hausse des prix, dans le sillage de la nette reprise de la demande chinoise, risque de marquer le pas en 2021 mais les cours devraient rester élevés.