L’atelier du Forum GI consacré aux produits de taux et à la gestion long terme? après la crise a mis en évidence que, le marché ayant horreur du vide, la faiblesse des taux à court terme a stimulé la recherche de rendements ailleurs que dans le monétaire. Et, comme le soulignait Ibrahima Kobar, directeur de la gestion obligataire et CDO chez Natixis Asset Management, on constate en effet que le marché primaire se révèle extrêmement actif avec quelque 103 milliards d’euros d'émissions nouvelles depuis le début de cette année. Alors que le marché secondaire reste atone, avec des fourchettes très larges. Pour Scott Thiel, responsable des obligations européennes et co-responsable des obligations hors Etats-Unis chez BlackRock Investment Management, cette accumulation de nouvelles émissions est effectivement la réponse adéquate à la quête de rendements, même si l’on constate par ailleurs quelques aberrations, comme par exemple le fait que le CDS sur un émetteur souverain comme le Royaume-Uni a pu être plus cher récemment que celui sur Pepsico.Mickael Benhaim, head of global & regional bonds chez Pictet Asset Management, n’a pas celé pour sa part que la purge est loin d'être achevée et que l’on va assister à une vague de défauts sur les #corporates#, à des #debt to equity swaps# pour la dette subordonnée des banques et à une sortie inflationniste pour résoudre les autres problèmes.Plan Geithner : un maxi-CDO ?Concernant le plan Geithner aux Etats-Unis, le responsable de Pictet AM considère qu’avec la structure envisagée, #cela ressemble à un CDO, dans lequel on leverage les montants insuffisants mis à disposition par le Sénat#. A ce sujet, Scott Thiel insiste sue le fait que dans un tel contexte il faut non seulement analyser l'émetteur mais savoir où, exactement, on investit dans la structure de capital. Il s’agit d’une décision de gestion active, en déterminant la quantité de risque et de rendement que l’on souhaite. Une analyse que partage pleinement Mark Lieb, gérant et fondateur de Spectrum chez Principal Global Investors, qui milite pour une approche sélective, mais résolue, des nouveaux titres préférentiels émis aux Etats-Unis, notamment dans le secteur bancaire.Interrogé sur les obligations d’entreprises, Scott Thiel souligne que les émetteurs de titres à haut rendement sont souvent industriels, donc exposés à l'économie réelle, laquelle va connaître encore un an à un an et demi difficile. C’est pourquoi BlackRock ne privilégie pas le high yield et préfère se tourner vers l’investment grade, qui, de plus est moins cher que le marché au sens large. L’investment grade rétribue mieux l’investisseur qui sait choisir les émetteurs, parce qu’il faut s’attendre que beaucoup de signatures investment grade deviennent les high yield de demain.