Avec 23 milliards d’euros d’actifs bruts sous gestion en 2011, les encours des OPCI ont doublé par rapport à l’année précédente, a calculé l’Institut de l’Epargne Immobilière et Foncière (IEIF) dans sa dernière étude. Ces 12 milliards d’euros supplémentaires environ sont dus aux OPCI RFA qui représentent la quasi-intégralité des encours sous gestion, dont près de 95 % d’entre eux sont de type EL (avec recours au levier financier). En revanche, les actifs sous gestion des OPCI grand public restent très faibles, même si en représentant 0,2 milliard d’euros, leur encours a doublé l’année dernière.Plusieurs facteurs conjoncturels mais aussi structurels expliquent le succès de l’OPCI RFA auprès des investisseurs institutionnels, explique l’IEIF. «Tout d’abord la disparition fin 2011 de l’avantage fiscal articulé dans l’article 210E du CGI qui a catalysé l’externalisation de patrimoines en provenance de propriétaires utilisateurs, sous forme d’OPCI en « club deal » rassemblant des investisseurs institutionnels ; Ensuite le fait que les OPCI RFA conçus comme de véritables foncières dédiées ont été constitués pour restructurer et élargir certains portefeuilles institutionnels ; Enfin, l’apparition d’OPCI de conviction sur des actifs spécialisés (hôtellerie, commerces, santé…) qui a permis aux investisseurs institutionnels de diversifier leur exposition en immobilier."Au total, le nombre d’OPCI est passé l’année dernière de 96 à 161 marquant une progression d’environ 70 %, ce qui porte, toujours selon l’IEIF, la moyenne des encours d’actifs sous gestion par fonds à 140 millions d’euros. Attention cependant au trompe l'œil car, selon l'étude, la majorité des OPCI créés en 2011 sont toujours en phase de levée de fonds en 2012 tandis que plus d’une dizaine de fonds se situent au dessus de 500 millions d’euros. En matière de produits, l’AMF a agréé et délivré en 2011 63 agréments d’OPCI RFA (61 SPPICAV RFA EL et 2 SPPICAV RFA Sans Effet de Levier (SEL)). Le nombre de sociétés de gestion agréées a légèrement progressé passant de 43 à 49, soit une hausse de 14 %. Par ailleurs, le paysage des sociétés de gestion commence à se structurer autour de quelques acteurs majeurs. Fin 2011, 13 sociétés de gestion géraient des actifs pour compte de tiers supérieurs à 500 millions d’euros (contre seulement 8 à fin 2010). Elles représentent 87 % du total de l’actif brut des OPCI tandis que quatre sociétés de gestion ont dépassé, fin 2011, les 2 milliards d’euros d’actifs sous gestion (contre une seule fin 2010). Ces gestionnaires représentent 46 % du total de l’actif brut des OPCI. Dans le détail , AEW Europe (3,741 milliards d’euros), Viveris Reim (2,727 milliards), Axa REIM (2,158 milliards), Ciloger (2,054 milliards) et Amundi Immobilier (1,994 milliards) sont les cinq plus importants acteurs de la place en actifs brut sous gestion fin 2011. «En l’espace de quatre ans», conclut l’enquête, «l’OPCI est devenu un acteur aussi important que les SCPI sur le marché immobilier. Il représente près de 10 % de l’univers de l’investissement institutionnel en immobilier.» Ce résultat est surtout le fruit de deux facteurs prépondérants : d’une part de la synergie de la forte demande institutionnelle de diversification de l’investissement immobilier dans un véhicule normalisé de financiarisation ; d’autre part du dynamisme commercial des sociétés de gestion venant aussi bien du monde traditionnel des SCPI que d’horizons extérieurs. Dans ce cadre, prédit l’IEIF, l’année 2012 devrait voir ces tendances s’amplifier et s’enraciner davantage encore dans l’univers d’investissement institutionnel français.