Des sociétés de gestion ont la main lourde. Le constat qui porte sur les frais des fonds flexibles émane de la dernière étude réalisée par Philippe Maupas, CFA, consultant, associé co-fondateur de Quantalys. L’auteur admet par ailleurs que ces éléments ne constituant que très rarement un critère de sélection pour les investisseurs particuliers, qu’ils soient conseillés ou non, «il n’est pas étonnant que les gestionnaires ne soient pas tentés d’agir en nombre sur leur niveau»... Dans le détail, l’étude élaborée par Quantalys sur un univers de 70 fonds présents dans son Observatoire de la gestion flexible, met en évidence certains «excès» : «9 fonds ont prélevé des frais courants supérieurs à 3 % qui peuvent même dépasser 4 % lors du dernier exercice publié sur leur prospectus.», indique-t-elle. Véritable «spécificité française», les frais de gestion intègrent également les commissions de mouvement qui ont été bannies dans les autres pays européens. En outre, toujours sur l’univers des fonds flexibles étudiés, «13 fonds présentent des frais courants compris entre 2,5 et 3 %, 37 se situent dans une fourchette comprise entre 1,5 % et 2,5 % et seulement 11 d’entre eux ont des frais courants, que l’on peut qualifier de peu élevés, inférieurs à 1,5 %», détaille l'étude. Ce n’est pas tout. A ces frais courants, sont ensuite parfois ajoutées des commissions de surperformance, dont l’objectif, dans le monde de la gestion alternative où il est apparu, consiste à aligner les intérêts du gérant avec celui de son client. Reprenant la technique du « high water mark » (qui oblige le gérant à dépasser son plus haut niveau atteint avant de commencer à prélever des commissions de surperformance), très souvent exigé par les institutionnels, il ressort que 9 fonds seulement pratiquent de la sorte sur les 47 de l’Observatoire qui prélèvent ces commissions de surperformance, pointe Quantalys. Les frais de gestion viennent en déduction de la performance du fonds, conclut l'étude. Il est donc essentiel de les minimiser pour maximiser la performance nette de frais, ce que peu d’investisseurs non professionnels font. Et ce d’autant que les rendements attendus des classes d’actifs sont nettement orientés à la baisse... L’étude peut être consultée en cliquant sur : http://www.quantalys.com/ACTU/11/465/article_Observatoire_les_frais.aspx