Grâce à la reprise de l’économie et du marché boursier, le nombre de fortunés (1) dans le monde a augmenté de 1,76 million en 2013, tandis que leur capacité d’investissement a connu une hausse de près de 14%, atteignant un niveau record de 52.620 milliards de dollars, selon le rapport 2014 sur la richesse dans le monde publié le 18 juin par Capgemini et RBC Wealth Management. La hausse de 15% du nombre d’individus fortunés en 2013 est la plus forte depuis 2000, si l’on exclut la reprise de l’après-crise en 2009 (+17%). D’ici à 2016, la richesse des individus fortunés devrait atteindre le niveau record de 64.300 milliards de dollars, soit une croissance de 22% par rapport au niveau de 2013 et environ 12.000 milliards de dollars de création de nouvelle richesse. Une forte croissance est prévue dans la plupart des régions, l’Asie-Pacifique en tête, avec un taux de croissance annuel attendu de 9,8%, ce qui devrait faire de cette région le plus grand marché des fortunés au monde, en nombre d’individus en 2014 et en volume de richesse en 2015. En 2013, l’Amérique du Nord et l’Asie-Pacifique restent en tête des géographies comprenant le plus grand nombre de fortunés, mais la progression de la seconde lui a permis de réduire son écart avec la première à moins de 10.000 personnes. Le nombre de fortunés en Amérique du Nord a atteint 4,33 millions, une hausse de 16%, tandis que l’Asie-Pacifique, avec une augmentation de 17%, atteint 4,32 millions d’individus fortunés. L’Amérique du Nord reste la région la plus riche du monde avec 14.880 milliards de dollars et une croissance de 17% de la richesse des individus fortunés. Mais la croissance a été à nouveau plus rapide en Asie-Pacifique où la richesse des fortunés a augmenté de 18%, s’élevant à 14.200 milliards de dollars. En Europe, le nombre d’individus fortunés a connu une hausse de 12% pour atteindre 3,83 millions, et leur richesse a augmenté de 14%, soit 12.390 milliards de dollars - deux augmentations significatives par rapport aux deux années précédentes. Dans ce contexte mondial de forte croissance de la richesse, l’Amérique latine fait de nouveau figure d’exception du fait de la faible croissance du PIB et des difficultés du marché boursier. Le nombre de fortunés a seulement augmenté de 4% et la richesse de 2%. Selon George Lewis, responsable du département Gestion de patrimoine et Assurance chez RBC, « la forte hausse des marchés boursiers et la reprise de l’économie ont contribué à une croissance à deux chiffres à la fois du nombre de fortunés et de la richesse. Près de 40% de la richesse actuelle des fortunés a été créée durant les cinq dernières années seulement ». Selon l’enquête Capgemini, RBC Wealth Management et Scorpio Partnership sur les perspectives des fortunés dans le monde pour laquelle plus de 4.500 individus fortunés ont été interrogés, ces derniers ont davantage investi à l’étranger en début d’année 2014 par rapport à l’an dernier. Ils ont placé plus d’un tiers de leurs actifs (37%) en dehors de leur zone géographique, une hausse comparée aux 25% de l’an dernier. Bien que la part des actifs liquides reste forte (27%), celle des investissements alternatifs a augmenté de trois points par rapport à l’an dernier, représentant 13% des portefeuilles. Désormais, les individus les plus fortunés ont pour objectif de faire croitre leur richesse (31% contre 18% l’an dernier), plutôt que de la préserver (28% contre 45% l’an dernier). Le secteur de la gestion de patrimoine inspire davantage confiance aux fortunés. Les trois quarts d’entre eux ont déclaré début 2014 avoir « très confiance » en leurs gestionnaires de patrimoine, soit une hausse de 61% par rapport à l’année précédente. La confiance portée aux marchés boursiers et aux organismes de réglementation a, par ailleurs, augmenté, passant de 45 à 58% et de 40 à 56% respectivement. Les fortunés restent optimistes quant à leurs perspectives d’avenir : 77% d’entre eux pensent générer de la richesse à l’avenir. Malgré une forte croissance de la richesse et des niveaux de confiance en hausse, les fortunés sont moins satisfaits de la performance de leurs gestionnaires de patrimoine que l’an dernier (63%, -3 points). La perte de confiance la plus conséquente s’est produite en Amérique du Nord (-7%), mais cette géographie conserve néanmoins le degré de confiance le plus élevé (77%), devant le Moyen-Orient/Afrique (69%), l’Asie-Pacifique (Japon exclu) (68%), l’Amérique latine (67%), l’Europe (59%), et le Japon (46%). Concernant les besoins en matière de gestion de patrimoine, les individus fortunés privilégient les conseils de professionnels (34% contre 21% qui ne souhaitent pas de conseils), préfèrent travailler avec une seule société (41% contre 12% qui préfèrent plusieurs sociétés) et veulent des services personnalisés (29% contre 24% qui souhaitent des services standards). Si les individus fortunés continuent de donner la priorité au contact direct avec leur gestionnaire de patrimoine (30%) par rapport au numérique (26%), cette dernière prend de l’importance : deux tiers des individus fortunés s’attendent à ce que leur communication avec leur gestionnaire de patrimoine soit possible sous forme numérique d’ici cinq ans. (1) Les individus fortunés (HNWI, high net worth individuals) désignent des individus qui possèdent au moins 1 million de dollars US d’actifs investissables, hors résidence principale, objets de collection, consommables et biens de consommation durables.