Peu ou prou, les préoccupations des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) présents à Patrimonia la semaine dernière sont restées proches de celles exprimées un an plus tôt. Sur le plan de l’offre de fonds, il s’agit toujours, auprès de leurs clients, de trouver de quoi pallier les conséquences de la baisse des taux sur les contrats en euros, sans faire preuve d’un optimisme béat face aux marchés d’actions. Dans ce cadre, plusieurs assureurs présents à la manifestation ne cachaient plus l’intérêt des congressistes pour les unités de compte qui en taux de collecte frôlent désormais les 50 % voire les excèdent si on les compare aux fonds en euros. Mais la sélection reste de mise. «Il y a clairement un basculement de l’intérêt des CGPI pour des fonds multi-classes d’actifs et non européens», a indiqué à Newsmanagers Hervé Thiard, responsable France et Benelux de Pictet AM. Un point de vue partagé également chez Schroders, également présent à Lyon où, selon Richard Pandevant, marketing manager au sein de la société de gestion, «le fonds Global Multi-Asset Income a suscité incontestablement le plus d’intérêt de la part des CGPI». Autrement dit, les conseillers ont privilégié les produits investis à l’international et ayant à leur disposition le plus grand nombre de classes d’actifs possible, l’objectif étant d’aller capturer de la performance, là où elle se trouve. Dans un genre un peu différent dans la mesure ou la zone euro reste son univers d’investissement, le fonds Eurose qui se porte sur quatre classes d’actifs différentes, ou DNCA Evolutif à la gestion flexible, ont été les plus demandés chez DNCA Finance, l’une des sociétés de gestion préférées des conseillers. De là à dire que les fonds actions purs ne font pas recette, il y a un pas. Mais il est vrai que «les CGPI veulent désormais des fonds de convictions fortes, explique Romuald de Lencquesaing, head of sales chez Métropole Gestion, justifiant ainsi l’intérêt des congressistes pour l’OPCVM Métropole Sélection, un «best of» de la gestion du spécialiste value. Cette opinion est également partagée par Hervé Thiard qui a relevé l’intérêt des conseillers pour des des thèmes porteurs via le fonds Pictet Global Megatrend Sélection, ou par Jean-Eric Mercier, directeur général de CPR AM, dont le fonds CPR Silver Age a également été mis en avant (lire par ailleurs). Et les fonds obligataires ? A défaut de susciter l’engouement, ils ont suscité l’attention des visiteurs via des ateliers où de grandes sociétés de gestion ont pu s’exprimer sur la façon de générer de la performance sur les marchés obligataires en période de taux bas. Au cours de l’une d’entre elles, M&G, Schleicher Prince Gestion et Franklin Templeton ont indiqué que leur scénario central restait une hausse des taux dans les mois à venir, mais que la classe d’actifs devait conserver des atouts. «Nous ne sortons pas de l’Investment Grade», a indiqué Dominique de Préneuf, directeur général de Franklin Templeton qui a justifié cette stratégie par l’existence de poches encore intéressantes. De la même façon, chez Schleicher Prince, on considère également que le «high yield» garde de l’intérêt avec des rendements moyens de l’ordre de 250 points de base en Europe. La société de gestion dans le giron de Crédit Mutuel Arkéa a également réaffirmé le potentiel des obligations financières qui devraient bien se comporter - même en cas de remontée des taux - grâce à un «effet coussin» à même d’amoindrir les effets de cette remontée. Enfin, en termes de performances, M&G et Franklin Templeton ont tablé sur une performance des fonds obligataires dans les douze mois à venir de l’ordre de 4 % à 5 %. Ce qui a permis à Dominique de Préneuf de viser clairement les fonds en euros en précisant que «pour gagner de l’argent, il faudrait nécessairement prendre des risques supplémentaires…"Finalement, cet appel à prendre des risques aura été l’un des fils directeurs de cette convention. Le jeudi matin, au cours de la première conférence plénière portant sur l'économie numérique, Hugues Le Bret, président du comité de surveillance de Financière des Paiements Electroniques, et Denis Payre, président et cofondateur de Business Objets, Croissance Plus et fondateur du mouvement «Nous Citoyens», auront exhorté les conseillers en gestion de patrimoine à ne pas être conservateurs, à ne pas avoir une démarche de rentiers, mais à profiter de leur proximité avec leurs clients pour soutenir ensemble une multitude d’initiatives et d’entrepreneurs...