On a eu chaud cette semaine en Europe. Au sens propre comme au figuré. A ce titre, si il avait fallu trouver un endroit préservé de la canicule, la capitale belge aurait incontestablement été la meilleure solution. Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a su y mettre une ambiance fraîche, pour ne pas dire glaciale. Et les marchés financiers ayant fidèlement reproduit la fébrilité régnante, les fonds obligataires ont à nouveau perdu près de 3,8 milliards de dollars, dont 3 milliards pour les seuls titres européens. En chimie, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, dit-on. La gestion collective pour une fois s’est quasiment mise au diapason. Les fonds d’actions européens ont enregistré une collecte de 3,4 milliards. Bref, la rotation de l’obligataire vers les actions se poursuit. Quoi qu’il en soit, les agences de notation n’aiment visiblement pas la pièce de théâtre que donnent Bruxelles et Athènes. Il faut dire que l’une joue une partition très classique basée sur une unité de temps, de lieu et d’action, tandis que la seconde a opté pour une tragédie frôlant parfois la tragi-comédie. Moyennant quoi, avant que le rideau ne s’abaisse, S&P et Fitch ont sanctionné la Grèce, désormais affublée de la note CCC-. Pour rester dans les références grecques, il semble que dans le monde de l’asset management, la boîte de Pandore se soit ouverte il y a peu, laissant s’échapper d’inquiétants rappors et dossiers. Cette semaine, c’est une étude de la Banque des Règlements Internationaux qui fait sensation. Les gestionnaires d’actifs préoccupent l’institution. Alors qu’ils gagnent sans cesse du terrain dans l’intermédiation financière, la BRI considère qu’ils ont face à eux deux inconnues de taille : leur exposition aux risques de liquidité et de marché, et la persistance de faibles taux d’intérêt aux conséquences multiples pour la stabilité financière. Le rapport indique qu’un bon moyen de répondre à ces inquiétudes serait de «restaurer le dynamisme d’institutions qui ont été des intermédiaires performants dans le passé». Serait-ce les banques, dont il est question ?! Cela dit, cette semaine étant celle des oppositions fortes, d’autres études sont venues mettre du baume au cœur des gestionnaires. Chiffres à l’appui, un grand cabinet d’audit a démontré que la gestion d’actifs européenne a renoué avec ses profits d’avant-crise. Et un autre salue une industrie mondiale de la gestion alternative en pleine forme, avec un encours estimé à 15 300 milliards de dollars d’ici à 2020. Tout cela reste néanmoins fragile pour les asset managers, dans la mesure où, pour réussir, une condition sine qua non doit être respectée : bien comprendre et s’adapter à l'évolution des attentes des clients. En clair, une nouvelle génération est née - les « millenials » - qui a grandi avec l’internet haut débit, les smartphones, les tablettes, les ordinateurs portables et les réseaux sociaux. Ces investisseurs là veulent un accès instantané à l’information... et imposent aux gestionnaires d’investir en conséquence. Dans un genre un peu différent, pour marquer encore les esprits, une autre étude a prévenu : certaines sociétés de gestion vont pouvoir cibler plus directement les clients et répondre à la croissance des plates-formes ciblant les consommateurs via internet. A deux conditions toutefois : avoir une taille et une marque adaptées pour éliminer totalement les intermédiaires. Certaines sociétés ont visiblement opté pour une stratégie, basée sur… l’omniprésence. Société Générale Securities Services, le dépositaire-administrateur de fonds, a lancé coup sur coup un « hub » au Luxembourg pour accompagner les sociétés de gestion dans la commercialisation de leurs fonds UCITS et fonds alternatifs à l’international. Puis, une plate-forme irlandaise destinée aux sociétés de gestion qui souhaitent créer et commercialiser leurs fonds Ucits en Europe.Enfin, en France, chargé par le Premier Ministre de faire un état des lieux et de définir les mesures à prendre pour assurer le financement de l’investissement, François Villeroy de Galhau a rappelé tout le bien qu’il pensait de l’Union des marchés de capitaux pour résoudre la problématique du financement de l’investissement des entreprises. Parler des bienfaits d’une union dans une semaine où il a surtout été question de désunion ne pouvait avoir que des effets bénéfiques. En donnant une impression rafraîchissante à défaut de baisser le mercure… Retrouvez ces articles ci-dessous. Bonne lecture !