Est-ce sous l’inspiration du doux bruit des vagues en cette période estivale, avec son éternel mouvement de flux et reflux ? Toujours est-il que le monde de la gestion d’actifs a été bercé, la semaine dernière, par les résultats trimestriels des établissements financiers, dont certains ont fait état de bonnes progressions tandis que d’autres ont marqué de nets reculs… En attendant les Français, ce sont les Britanniques, les Suisses et Américains qui ont mis carte sur table. Credit Suisse, par exemple, a annoncé une belle collecte au deuxième trimestre tandis qu’Aberdeen a perdu près de 10 milliards de livres. BNY Mellon a subi d’importants rachats tandis que le bénéfice net de Janus Capital a bondi, et que celui de Julius Baer s’est effondré… A chaque fois, des raisons spécifiques pour justifier les chiffres annoncés ont été avancés. Hausse du dollar, marchés émergents en berne, etc. Les marchés émergents justement. Ces derniers ne sont pas condamnés ad vitam aeternam à pâtir des politiques monétaires de grande puissances économiques. On peut y faire aussi de belles affaires. Banco Bradesco par exemple, le numéro deux de la banque privée au Brésil, serait ainsi en négociations exclusives pour reprendre HSBC Brésil, et prendre du poids sur l’échiquier de la gestion privée.Dans un genre différent, l’Asie a été mis en vedette cette semaine. On n’épiloguera pas sur le vrai paradoxe du marché actions chinois qui a quelque peu « rassuré » en... perdant plus de cinq milliards de dollars, justifiant enfin le recul en trois mois de plus de 30 % de la place de Shanghai. En revanche, on remarquera l’annonce de BlackRock qui obtient une licence QDLP pour lever des fonds en direct en Chine auprès d’investisseurs très fortunés. A cela s’ajoute l’étude de BNY Mellon également parue cette semaine, qui apporte de précieux conseils aux gestionnaires d’actifs en Asie, en pointant la nécessité pour ces derniers de s’adapter aux spécificités locales des marchés asiatiques. Le succès commercial à Singapour, Hong-Kong, Taïwan et la Corée du Sud exige de bien connaître la demande des clients particuliers et institutionnels. Les uns apprécient les fonds low cost, les autres accordent aux performances un rôle essentiel tandis que d’autres encore sont plus enclins à privilégier la sécurité…Outre-Atlantique, une étude s’est également intéressée au marché des solutions sur-mesure dédiées aux institutionnels. Avec des chiffres estimés qui laissent rêveurs. En 2020, ce marché devrait atteindre 3.000 milliards de dollars. De quoi expliquer facilement les moyens mis en œuvre par les gestionnaires d’actifs pour répondre aux attentes de ces investisseurs. Et l’avenir radieux prédit à ces établissements. Les institutionnels peuvent naturellement séduire. Mais surprendre aussi, si l’on n’y prend garde. Aviva Investors a annoncé qu’elle allait devoir vendre des actifs immobiliers commerciaux à Sydney et à Tokyo après d’importants retraits de la part de ses investisseurs qui ont contraint la société de gestion à fermer son fonds Asia Pacific Property Fund. La raison ? Deux de ses plus grands investisseurs, représentant 75% des encours du fonds, ont annoncé leur intention de retirer leur argent, réduisant le fonds à une taille «non viable» selon la société de gestion. Londres n’est pas aux mains des Français mais il y en a beaucoup. Notamment dans des sociétés de gestion de qualité. Bruno Crastes et Vincent Chailley, après avoir travaillé chez Amundi dans la capitale anglaise, y ont fondé H2O AM, dans le monde des affiliés de Natixis GAM. Cette semaine, une indiscrétion a annoncé l’arrivée chez H2O AM du gérant obligataire Pascal Dubreuil, en tant que Senior Portfolio Manager en charge des stratégies Global Crédit et Global Aggregate. Ce dernier travaillait avec eux lorsqu’ils exerçaient chez Amundi. Qu’on retrouve ce gérant chez H2O AM coulait quasiment de source… Enfin, après avoir tenu le haut du pavé pendant de longues semaines, la crise hellène s’est estompée. Dans l’immédiat. Pour preuve, l’hémorragie sur les fonds obligataires a été stoppée, quand bien même une rotation des actifs s’opère depuis près de deux mois, au détriment des produits de taux, et au profit des actions. Pour le reste, il n’est pas sûr que les investisseurs soient tous convaincus que pareil dramaturgie ne comportent pas d’autres actes dans le futur… Mais après de nombreuses semaines de crise, la volonté de se satisfaire d’un accord dont on renvoie à plus tard la question de savoir si il est tenable, a été la plus forte. La volonté de passer à autre chose ? Sans doute. Les vacances par exemple. Et pourquoi pas… en Grèce ?