Les dividendes à l’échelle internationale ont chuté de 6,7% au deuxième trimestre 2015 par rapport au deuxième trimestre 2014 pour atteindre 404,9 milliards de dollars américains, soit une baisse de 29,1 milliards de dollars, selon la dernière édition du rapport de l’Indice Henderson des dividendes mondiaux (HGDI). Il s’agit de la troisième baisse trimestrielle consécutive, cette dernière étant due principalement à la solidité du dollar face aux principales devises mondiales. L’euro, le yen et le dollar australien ont perdu un cinquième de leur valeur par rapport au deuxième trimestre 2014 et la livre sterling un dixième de sa valeur. La hausse du dollar a entraîné une baisse de 52,2 milliards de dollars des dividendes payés au cours du trimestre. L’Indice Henderson des dividendes mondiaux (HGDI) a atteint 155,1 à la fin de deuxième trimestre, en baisse de 4% par rapport à son plus haut niveau atteint en septembre 2014 (161,5). La croissance des dividendes ordinaires, après ajustement des effets de change, des dates de paiement et des changements effectués au sein de l’indice et après déduction des variations de dividendes extraordinaires, est toutefois qualifiée d’"encourageante» (8,9%). Compte tenu de cette progression des dividendes ordinaires, Henderson a revu ses prévisions à la hausse pour 2015 de 29 milliards de dollars US. Les dividendes à l’échelle internationale devraient désormais atteindre 1.160 milliards de dollars US cette année, en baisse de 1,2% pour les dividendes totaux et en hausse de 7,8% pour les dividendes ordinaires. La solidité du dollar US face à l’ensemble des autres principales devises explique cette baisse négligeable des dividendes totaux. Le deuxième trimestre a été dominé par l’Europe hors Royaume-Uni. Les tendances de la région influencent donc fortement les résultats du trimestre et expliquent largement la faiblesse des dividendes totaux. Les deux tiers des dividendes annuels de l’Europe sont payés au cours de cette période et les dividendes totaux de la région ont chuté de 14,3% (pour atteindre 133,7 milliards de dollars), soit une baisse de 22,3 milliards de dollars, la plupart des pays enregistrant des baisses à deux chiffres en raison de la forte dépréciation de l’euro face au dollar.L’effet de change négatif a atteint le montant historique de 29,5 milliards de dollars au cours du trimestre. La croissance des dividendes ordinaires a été importante pour la région (8,6%), l’Italie, les Pays-Bas et la Belgique étant les pays dont les dividendes ordinaires ont le plus progressé suite à la solide performance du secteur financier. Les sociétés du secteur financier sur la région ont fortement augmenté leurs distributions, notamment Allianz en Allemagne. La France, le plus gros payeur de la région Europe hors Royaume-Uni, a vu ses dividendes totaux baisser de 20,2% pour atteindre 33 milliards de dollars. La chute de l’euro est l'élément qui a le plus contribué à ces résultats. A l’inverse, de la dépréciation de l’euro, le report au troisième trimestre du paiement de 1,6 milliard de dollars de Total, ainsi que d’autres ajustements en termes de dates de paiement, n’ont qu’une incidence technique à court terme et n’affecteront pas le résultat total annuel de la France en dollars. La croissance des dividendes ordinaires (2,3%) a été cependant inférieure au récent résultat historique enregistré par la France, et les fortes réduction effectuées par Orange et GDF Suez ont également contribué à cette baisse. Les dividendes en Allemagne ont chuté de 16% pour atteindre 29,9 milliards de dollars, mais les dividendes ordinaires ont pour leur part progressé de 6,6%, avec des résultats similaires de la part de l‘Espagne (-24,4% pour les dividendes totaux, +6% pour les dividendes ordinaires). En Suisse, les dividendes totaux ont chuté de 2,4% pour atteindre 17 milliards de dollars, en raison de la faiblesse du franc suisse. Les dividendes ordinaires ont progressé de 5,9%, la forte augmentation des dividendes d’UBS ayant contribué à la hausse des dividendes du secteur financier européen. Une fois de plus, les sociétés américaines ont augmenté leurs dividendes rapidement, ces derniers progressant sur tous les secteurs. Les sociétés financières ont également enregistré une progression rapide, la Bank of America et Citigroup quintuplant leurs dividendes. Les dividendes totaux ont dans l’ensemble progressé de 10%, pour atteindre 98,6 milliards de dollars US et l’Indice Henderson des dividendes mondiaux des Etats-Unis a atteint un niveau historique de 186. Cette solide performance marque le sixième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres. La croissance des dividendes ordinaires fut également solide (9,3%). Le deuxième trimestre est également une période importante pour le Japon, celle-ci représentant quasiment la moitié des dividendes annuels. Les dividendes totaux ont chuté de 7,1% mais les dividendes ordinaires ont fortement progressé (+16,8%) pour atteindre 23,4 milliards de dollars US, la hausse des profits associée à une augmentation des taux de distribution poussant les dividendes à la hausse. Les sociétés japonaises répondent aux demandes d’augmentation des dividendes de la part des investisseurs et du gouvernement (ceux-ci étant relativement faibles comparés aux standards des pays développés). La Corée du sud fait partie des autres pays subissant le même genre de pressions, ce qui a poussé les dividendes ordinaires sud-coréens à la hausse (+37,4% par rapport au deuxième trimestre 2014), avec des augmentations impressionnantes de la part notamment de Samsung Electronics. Selon Alex Crooke, directeur, actions internationales à fort rendement chez Henderson Global Investors, «les Etats-Unis restent le moteur incontesté des dividendes à l’échelle internationale mais de nombreuses autres régions ont également progressé de façon positive, notamment l’Europe et le Japon. La situation économique en Europe s’améliore alors que la progression des taux de distribution, qui étaient historiquement relativement bas, est l’un des principaux moteurs pour le Japon et le reste du monde. Ceci signifie que la culture de dividendes se propage aux nouveaux marchés, au-delà des pays où le paiement d’un dividende aux investisseurs est déjà profondément ancré dans les moeurs, mettant en évidence les opportunités de revenus à la disposition des investisseurs adoptant une approche internationale. » A noter enfin que les dividendes du secteur technologique sont ceux qui ont progressé le plus rapidement, conformément à la tendance à long terme. Les dividendes totaux payés par les sociétés financières ont progressé de 0,3% par rapport au deuxième trimestre 2014, ce qui est de loin supérieur à la baisse de 6,7% enregistrée par les dividendes totaux à l’échelle internationale et qui témoigne de la progression rapide des dividendes ordinaires. Les dividendes payés par le secteur financier représentent un quart des dividendes annuels à l’échelle internationale et toute progression sur ce secteur est donc un élément important pour les investisseurs à la recherche de rendement.