Désamour. L’appauvrissement de la cote, hors effet positif des marchés actions, est une réalité aux Etats-Unis depuis de nombreuses années, qui s’installe désormais en Europe. Les émissions nettes d’actions sur 12 mois glissants sont tombées dans le rouge début 2018 de ce côté-ci de l’Atlantique et se maintiennent depuis sous la ligne de flottaison, selon le pointage réalisé par JPMorgan AM. Deux phénomènes se conjuguent. D’une part, les sorties de cote et les rachats d’actions menés par les entreprises, un moyen commode de gonfler les bénéfices par action et devenu particulièrement avantageux grâce à la politique de taux bas menée par la Banque centrale européenne. De l’autre, des émissions d’actions sur la pente descendante depuis 2014, à l’exception d’un bref sursaut il y a trois ans. Les contraintes liées à la cotation, les succès très aléatoires des introductions en Bourse, la décollecte des fonds actions et la montée en puissance parallèle du private equity encouragent le maintien dans la sphère du non-coté. Les valorisations y sont plus attrayantes, parfois trop, comme l’a montré la déconfiture de WeWork. Les émissions nettes d’actions en Europe étaient devenues brièvement négatives en 2008, à la faveur de rachats d’actions massifs, mais la Bourse gardait alors tout son attrait auprès des entreprises, puisque le niveau d’émissions brutes était trois fois supérieur à son niveau aujourd’hui.