«Notre équipe de 17 personnes, dont 7 analystes et 7 gérants de fonds, auxquels il convient d’ajouter les 6 spécialistes du gouvernement d’entreprise, gère des fonds et mandats pour environ 4 milliards de livres. Cela peut toutefois vous donner une idée erronée du poids que nous pouvons avoir au sein d’Aviva Investors, qui affiche 250 milliards de livres d’encours au total». En effet, indique à Newsmanagers Steve Waygood, directeur du développement durable et de l’engagement, l’influence de l'équipe ISR est de loin plus importante que ses actifs sous gestion : «par exemple, lorsque nous avons décidé de voter contre une résolution en assemblée générale, je vote pour l’ensemble d’Aviva Investors. Mais, bien sûr, ce n’est jamais dans des sociétés où nos fonds ISR sont investis, puisqu’a priori ces entreprises ont été exclues de nos portefeuilles».Steve Waygood, qui est aussi professeur en mastère de finance durable à l’Université de Cambridge après avoir été l’un des initiateurs des Principes de l’investissement responsable des Nations-Unies (UN-PRI), prècise que son équipe fonctionne sur un horizon d’investissement de 18 mois à 3 ans, et sur un horizon de soutenabilité de 5 à 10 ans.Aviva Investors, qui publie ses votes en assemblée générale, mais pas les motivations de ces votes, a adopté eu 30 septembre, le Stewardship Code, qui est l'équivalent pour les investisseurs institutionnels britanniques du code de gouvernance pour les sociétés cotées. C’est un texte qui entre en vigueur en 2011, un document du type «comply or explain» émanant de l’instance d’autorégulation Financial Reporting Council (FRC) qui est donc d’observance sur la base stricte du volontariat, sans aucune obligation légale. «C’est une très bonne initiative, qui vaudra si l’on atteint la masse critique nécessaire parmi les investisseurs institutionnels et leurs gestionnaires. Mais il présente deux défauts majeurs, qui sont liés. D’une part, il ne prévoit pas un document unique permettant les comparaisons, de l’autre, il ne permet pas un feedback formel de la part des clients, qui sont confrontés à une multitude de documents disparates selon les opérateurs».Concernant par ailleurs l’initiative lancée en septembre (lire notre article du 14 septembre) pour demander aux Bourses l’intégration du rapport de développement durable dans les conditions d’admission à la cotation, Steve Waygood précise que les sociétés signataires représentent désormais pratiquement 1.000 milliards d’euros. «Le problème est que les rapports de développement durable exigés par les lois espagnole ou française, entre autres, ne s’appliquent qu’au passé, alors que ce qui intéresse les investisseurs, ce sont l’avenir et les risques qu’il peut receler. En outre, si l’on fait les comptes, on s’aperçoit que seules 18,6 % des quelque 20.000 sociétés de notre univers publient de tels rapports. Comment voulez-vous adopter une politique d’investissement de long terme alors que moins d’une entreprise sur cinq publie des renseignements adéquats ?», s’enquiert Steve Waygood.