D’un sondage avec entretiens anonymisés de 90 minutes et 12 questions réalisés auprès de 35 investisseurs professionnels de plusieurs pays représentant un total de plus de 2.400 milliards d’euros d’encours, iShares a tiré une cartographie assez précise des pratiques en matière de panachage de l’utilisation des gestions active et indicielle en Europe.De cette étude (où la seule allusion à iShares se cantonne au logo sur la couverture de la broche), il ressort d’une part qu’il n’existe pas de solution universelle mais que l’on peut regrouper les investisseurs en trois typologies. D’une part, les 30 % «d’activement actifs», qui donnent la priorité à la génération de surperformance avec une forte conviction en faveur de la gestion active. Ensuite, les 25 % de tenants progressifs du panachage (embracing blending), qui utilisent les produits indiciels pour leur exposition tactique et s’orientent vers une approche de plus en plus combinée des outils. Enfin, les 45 % «d’agnostiques de l’allocation», qui donnent la priorité absolue à l’allocation d’actifs sans se préoccuper outre mesure du type de véhicule.Ce sondage, qui fera l’objet d’une édition biennale, sera la base d’une série d'événements nationaux en Europe début 2013, où «les clients rencontreront les clients» et échangeront sur leurs approches respectives du panachage ainsi que sur les avantages et les inconvénients de cette méthode, a indiqué à Paris David Gardner, head of sales d’iShares pour la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMOA ou EMEA en anglais). Pour ce dernier, une analyse didactique de ce type incombe au leader sur le marché et s’inscrit d’ailleurs dans l’offensive d'éducation des investisseurs lancée par BlackRock.D’une manière plus générale, David Gardner souligne que les gestionnaires d’actifs, en Europe comme ailleurs, vont être confrontés à la fois à une hausse de leurs coûts de fabrication (études, réglementation, technologies, rémunérations) et à une compression des commissions, ce qui va réduire les marges. Il faut donc s’attendre à un fort processus de concentration en Europe, une tendance qui profitera aux «first movers» sur les différents produits et aux plus grosses maisons.Le manager s’attend à un doublement du marché européen des ETP (qui représentait 348,3 milliards de dollars fin octobre) sous cinq ans. En revanche, il ne voit pas le «retail» atteindre à cette échéance les 50 % des encours (comme actuellement aux Etats-Unis), contre 30 % environ aujourd’hui. Il est probable en effet que les investisseurs institutionnels européens accapareront une bonne partie des flux, notamment avec une montée en puissance des produits indiciels obligataires.