Au 30 juin 2012, ING Investment Management avait retrouvé ses encours d’un an auparavant sur les portefeuilles de dette émergente, soit 12 milliards d’euros. Cela masque toutefois le fait qu’après la correction intercurrente sur les marchés la collecte nette depuis le début de cette année, à fin octobre, se situe aux alentours de 2 milliards d’euros. Pour la dette émergente en monnaie locale, qui représente environ 5,5 milliards de dollars sur les 15 milliards de dollars d’encours, la collecte nette a été d’environ 500 millions d’euros, a expliqué à Newsmanagers Raoul Luttik, gérant de portefeuille en chef pour la dette émergente en monnaie locale. A cela on peut ajouter aussi quelque 6-6,5 milliards de dollars de poches émergentes dans les divers produits d’allocation.Pour ce spécialiste, les obligations souveraines conservent malgré tout un bon potentiel avec certes une marge de baisse des taux mais des rendements «décents», toujours supérieurs à celui des «govies» des pays industrialisés. Raoul Luttik est également «modérément positif», sur le moyen terme, pour l’aspect revalorisation des monnaies locales contre les devises «dures». Depuis le début de l’année, les portefeuilles ont surperformé l’indice GBI-EM de 95-100 points de base et l’indice ELMI+ d’environ 170 points de base.ING IM aligne actuellement 33 personnes dans les stratégies de dette émergente, un effectif réparti sur les trois zones horaires (Singapour, La Haye et Atlanta). Le gestionnaire n’a pas encore dans sa gamme de fonds dédié spécifiquement à la dette émergente corporate en monnaie locale, mais le dossier est à l'étude. Actuellement, l’offre couvre la govies et les corporates en devises dures ainsi que les obligations souveraines et la duration courte en monnaies locales. Le fonds patrimonial (allocation d’actifs) coiffe ces quatre pôles.Actuellement, Raoul Luttik, dont l'équipe suit une quinzaine de pays au-delà des 23 figurant dans l’indice ELMI+, privilégie le real et les taux brésiliens, le peso chilien, le peso colombien et le nouveau sol péruvien. Il surpondère la Russie, le won sud-coréen, le ringgit malais, les taux philippins et indonésiens, ainsi que les taux nigérians, mais aussi les titres israéliens. En revanche, l'équipe sous-pondère la République tchèque et sa couronne, de même que la Hongrie.