L’industrie mondiale de la gestion alternative a de beaux jours devant elle. De fait, les actifs alternatifs devraient atteindre les 15.300 milliards de dollars d’ici à 2020 contre 7.900 milliards de dollars fin 2013, selon un rapport publié ce lundi 29 juin par le cabinet PwC («Alternative Asset Management in 2020: Fast Forward to Centre Stage»). Les encours pourraient atteindre seulement 13.600 milliards de dollars en 2020 «en cas de hausse des taux d’intérêts en Europe et aux Etats-Unis et de correction normale des marchés de capitaux», prévient toutefois le rapport. Au cours des cinq prochaines années, «on s’attend à ce que l’industrie de la gestion alternative connaisse une période de transformation alors que les acteurs vont réorganiser leurs activités et leurs opérations et placer la technologie en priorité dans leur liste d’investissement», avance le cabinet de conseil. Le secteur de la gestion devrait également pleinement bénéficier de l’amélioration de l’environnement économique mondial, plaçant les acteurs de la gestion en première ligne pour répondre aux changements sociaux et économiques. «Ainsi, la recherche de rendements durables à long terme va propulser les classes d’actifs alternatives sur le devant de la scène», anticipe le rapport. Pour atteindre de tels sommets, les acteurs vont toutefois devoir travailler d’arrache-pied sur leur mix-produit et s’ouvrir les portes de nouveaux canaux de distribution, estime PwC. «Pendant que certaines sociétés vont s’efforcer de devenir plus institutionnelles, les leaders du marché travailleront à la construction de plateformes opérationnelles plus industrielles. Ils relèveront ce défi en réorganisant leur activité et leur infrastructure pour être plus agiles, durables et avoir la taille critique, tout en ayant un degré élevé d’efficacité et de levier opérationnel», évoque le rapportDans le détail, les encours en Amérique du Sud, en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient vont progresser plus rapidement que dans les pays développés, prédit PwC. Selon le cabinet, cette croissance sera portée principalement par la hausse des actifs des fonds souverains et l’émergence de nouveaux investisseurs souverains dont la grande majorité sera justement issue d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient, précise le cabinet de conseil. La plus grande croissance dans les allocations sera portée par le capital-investissement, l’immobilier et l’infrastructure. Le rapport prévoit également que les gestionnaires alternatifs vont développer des stratégies de marché plus sophistiquées, des circuits de distribution plus concentrés et des marques mieux reconnues. En outre, PwC s’attend à ce que les gestionnaires d’actifs alternatifs continuent d’aller vers des secteurs traditionnellement dominés par les banques, comme les prêts, la titrisation et le financement «alors que le manque de financement continue d’offrir de nouvelles opportunités considérables». D’autres iront jusqu’à nouer des partenariats avec des banques ou de grands investisseurs institutionnels, fournissant une expertise intégrée dans la gestion de nouvelles classes d’actifs et la conception de produits sur-mesure. «En même temps, ils répondront à la demande des investisseurs à la recherche de produits standardisés sous la forme d’alternatifs liquides et d’autres véhicules d’investissement», souligne PwC.