François Marbeck, directeur du portefeuille de diversification à la Banque Postale à la rédaction de www.institinvest.com : Historiquement, quand nous sommes entrés dans la gestion alternative il y a six ans, nous avons tout d’abord découvert la matière. A l'époque, les fonds de fonds alternatifs ouverts disponible sur la place de Paris étaient le moyen le plus diversifié et le plus facile pour attaquer la matière dans la mesure où on investissait aux côtés d’autres investisseurs institutionnels dans des portefeuilles alternatifs diversifiés donc forcément reflétant la performance générique de la classe d’actifs. Cependant, ces fonds ouverts ont pas mal soufferts du désengagement de beaucoup d’investisseurs après la crise de 2008. Par conséquent, pour maitriser notre passif et éviter le problème des ratios d’emprise, nous nous sommes dirigés de plus en plus vers la création de fonds dédiés. Ces derniers nous permettent d'être maitre chez nous sans dépendre de la fidélité d’autres investisseurs institutionnels vis-à-vis des fonds ouverts. Ainsi, la création de ce troisième fonds dédié en 2012 confié à Amundi IS, reflète et confirme cette stratégie qui nous amène à remplacer petit à petit - et c’est quasiment terminé d’ailleurs - les fonds de fonds ouverts par des fonds dédiés. De plus, quand nous avions 6 ou 7 fonds ouverts, nous nous sommes rendus compte que nous étions exposés à 300 voire 350 positions sous-jacentes. Aujourd’hui, quand nous analysons nos fonds dédiés, nous sommes plutôt exposés à 100 ou 120 fonds sous-jacents. Donc, nos portefeuilles sont plus faciles à analyser que quand vous avez des myriades de petites positions. Enfin, Cela nous donne aussi la possibilité d'être mieux traité dans le cas de fonds semi fermés ou dans le cas de fonds qui décident de rembourser leurs investisseurs. Dans ce cas, nous ne sommes pas forcément les premiers remboursés. Nous avons la capacité de rester plus longtemps dans le fonds, même quand le gérant estime qu’il gère trop d’argent et qu’il doit en rendre. Finalement, pour résumer, y a une proximité avec le Hedge Fund qui est meilleure avec un fonds dédié plutôt qu’au travers d’un fonds de fonds ouvert, en étant au milieu d’autres investisseurs. Nous, la stratégie qu’on privilégie, c’est faire de la performance. Pour cela, nous croyons qu’il est intéressant d’accumuler les talents dans divers domaines et donc dans nos fonds dédiés, nous souhaitons avoir une faible redondance des choix de gérants dans nos différents fonds. Ainsi, nous faisons très attention à ne pas acheter le même fonds à plusieurs endroits et nous aimons bien aller sur plusieurs classes d’actifs différentes. Le fait d’avoir un observatoire, via les hedge funds, sur ces différents marchés nous intéresse. Et honnêtement, je crois beaucoup plus à la sélection de gérants et au côté bottom up plutôt qu’au fait de privilégier telle ou telle stratégie parce que l’environnement est porteur. Quand on fait de la gestion alternative, on reconnait le fait que, dans les marchés, il y a des gérants qui sont meilleurs que d’autres et qu’il faut les laisser s’exprimer sur leur domaine d’expertise. Et ensuite, vérifier que leur rémunération est en ligne avec ce qu’ils produisent.