Jean-Claude Guimiot, Directeur général délégué d’Agrica Epargne lors d’une table ronde organisée par amLeague et Newsmanagers : Nous essayons d’avoir quelques visions sur le plan géographique en essayant d’avoir une part sur les pays émergents, ou d'être plus sur la zone euro quand on pense qu’il faut l'être, etc. Mais globalement, le coeur de notre investissement reste la zone euro, en lien avec un certain nombre de contraintes d’investissement qui sont soit réglementaires, soit internes. Nous avons essayé de pousser les pays émergents mais les conseils d’administration nous ont dit que 7% de la part actions sur les pays émergents constitue un maximum à ne pas dépasser. Actuellement, nous sommes convaincus que la zone euro est considérablement sous-évaluée et que c’est probablement là où il y a le plus beau potentiel de redressement. Au niveau de nos fonds dédiés, nous pouvons avoir 40% de valeurs internationales, et des gérants qui ont des compétences dans certains domaines et qui les utilisent pleinement. Nous avons par exemple un fonds très important de diversification aux Etats-Unis. Nous devons utiliser les compétences des uns et des autres en veillant à ce que globalement cela fasse quelque chose de cohérent et donne une performance conforme à nos attentes. Nous n’avons pas le problème de la valeur liquidative hebdomadaire et nous sommes prêts à accepter une sousperformance d’un produit pendant quelque temps si on nous l’explique et si on la comprend et si, les marchés tournant très vite, un redressement intervient le trimestre ou le semestre d’après...
Arnaud Elmaleh, directeur des investissements de Neuflize Vie dans un article publié par l’Agefi Hebdo : Nous avons commencé à investir dans les fonds de dette à la mi-2011 au sein de l’actif général de la compagnie. Et ce dans un souci de diversification; l’idée étant de trouver des relais de rendement aux obligations classiques, avec un faible niveau de risque en contrepartie d’une moindre liquidité. Nous avons d’ailleurs mis en place des processus de suivi spécifiques pour l’ensemble des actifs à moindre liquidité. Cette catégorie d’investissement est aujourd’hui largement diversifiée : nous sommes investis dans les leveraged loans, du financement d’infrastructures, de PME et de collectivités locales. Nous nous intéressons aussi à la dette immobilière, mais n’y avons pas investi pour l’instant. Pour chacun de ces investissements, qui nécessitent une expertise très précise, nous nous appuyons sur les compétences de sociétés de gestion spécialisées en la matière. Aujourd’hui, ce type d’investissement reste assez marginal et représente quelques pourcents de notre actif.
Anne Mazzanti, Directeur général délégué de La France Mutualiste à la rédaction de www.institinvest.com : La gestion des actifs actions est déléguée à des sociétés de gestion. Cela représente environ 520 millions d’euros qui sont gérés sous forme de fonds dédiés par six sociétés de gestion. Ce sont pour l’essentiel des sociétés de taille moyenne et la gestion se fait essentiellement en titre vifs La France Mutualiste confie des mandats minimum de 30 millions d’euros. L’appel d’offres est réalisé en interne. « Les fonds doivent être gérés avec l’appétence au risque de notre institution, insiste Anne Mazzanti. Il est fondamental de bien connaître les gérants avec lesquels on travaille. L’argent de La France Mutualiste est avant tout confié à un gérant, et non à une institution. Rien ne remplace l’expérience en matière de gestion. Nous choisissons des gestions de conviction et nous sommes très attentifs au comportement des gérants en situation de stress ». Quand un gérant quitte une société, Anne Mazzanti considère que cela est plus ennuyeux que de devoir changer de société de gestion. « Nous souhaitons avoir uniquement des titres vifs à l’intérieur des fonds, ajoute-t-elle. Il n’y a quasiment pas de futures, ni d’options ». La France Mutualiste demande aux sociétés de gestion externes à être totalement investi pour pouvoir gérer nous-mêmes les poches de risque. « Nous demandons un reporting spécifique adapté à nos besoins pour permettre une consolidation dans les meilleurs délais avec les actifs en gestion direct, explique Anne Mazzanti. Les fonds sont transparisés régulièrement pour une meilleure approche en termes de risque. La consolidation des actifs en transparence est réalisée par nos équipes en l’espace de 2 jours ». Enfin, l’institution est aussi très vigilante sur le choix du dépositaire.
Dans le cadre de sa politique d'élargissement de son univers d’investissement et en conformité avec les cinq valeurs de sa charte ISR, l’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (ERAFP) vient d’attribuer 1 mandat actif et 2 mandats stand-by de gestion de Fonds de Fonds multi-actifs. L’ERAFP a lancé en juillet 2012, un appel d’offres restreint dont l’objet est la gestion d’un fonds de fonds Multi-actifs ISR. A l’issue de la procédure de sélection, l’Etablissement a décidé d’attribuer le mandat actif à Amundi. BNP Paribas Asset Management et Neuflize OBC Investissements sont les gérants suppléants. Suivant une approche fondamentale, sans contrainte de benchmark, le gestionnaire construira son portefeuille en respectant un processus de gestion rigoureux d’allocation d’actifs et de sélection de fonds qui inclura le respect du dispositif ISR de l’ERAFP. Le Titulaire cherchera à maximiser la performance tout en limitant la perte du portefeuille sur une année grâce à une gestion en budget de risque. A titre indicatif, les montants investis à un horizon d’un an pourraient être de l’ordre de 150 millions d’euro, pour tendre vers 300 millions à horizon de trois ans. La durée initiale du marché est de quatre ans avec la possibilité pour l’ERAFP de reconduire le marché pour deux périodes successives de deux ans chacune.
Philippe Goubeault, directeur financier du GIE AGIRC-ARRCO à la rédaction de Next Finance : Les stratégies portant sur des indices « Smart Beta » s’intègrent dans l’engouement actuel pour la gestion quantitative. Ces indices dits « intelligents » font aujourd’hui partie de nos réflexions, dans la mesure où ils apportent de la valeur en tant qu'élément diversifiant dans la gestion de nos portefeuilles. Les stratégies « Smart Beta » peuvent d’ores et déjà s’intégrer dans les politiques d’allocation d’actifs des institutions Agirc et Arrco. Toutefois, leur poids au sein des portefeuilles existants est, pour l’heure, marginal. Nous sommes en effet qu’au début de notre réflexion en la matière. Nous pourrions remplacer un gérant benchmarké par un indice de type « Smart Beta ». Cependant, il ne faut pas perdre de vue que cela ne peut être envisagé qu'à la marge, à l’heure où je vous parle. De part nos contraintes réglementaires, les orientations et les organisations des gestions, les stratégies de type « Smart Beta » s’inscrivent dans notre allocation active. C’est par le biais de sociétés de gestion extérieures qu’elles peuvent être intégrées.
Julien Tizot, responsable de la multigestion alternative d’AG2R - La Mondiale, lors d’un atelier organisé par le Forum Gi : Nous gérons 4 fonds de fonds dont deux fonds internes UCITS et deux fonds externes offshore, dont un dédié. Nous recherchons essentiellement de la convexité dans nos portefeuilles. La rationalisation de notre gestion est passé par une réduction du nombre de gérants en portefeuilles, cela permettant une connaissance la plus fine possible des fonds. Afin de communiquer quelques chiffres à ce jour, les deux fonds UCITS compte 10 gérants et les deux externes 10-12 gérants. Nous avons analysé ce que les UCITS pouvaient délivrer en terme de performances. Il faut savoir que cette partie est délicate à gérer car beaucoup de clients retail y sont investis et cela crée de la volatilité. Nous pensons qu’il est nécessaire de détenir dans le portefeuille une partie arbitrage et long/short equity qui sont sont les deux stratégies les plus répliquables. Nous avons construit notre allocation en deux couches, la partie haute en terme de performance, mais peu liquide, dans laquelle nous recherchons des fonds offshore, et la partie basse, moins rémunératrice mais beaucoup plus liquide. Ainsi, en fonction de nos attentes, performance ou liquidité, nous arbitrerons entre les deux couches. Concernant les stratégies, nous sommes investis en equity market neutral et arbitrage, nous sommes sortis de l’event-driven, où 2012 a été une mauvaise année. Le CTA a été écarté des deux couches. En effet, la stratégie sur le format UCITS n’a pas de sens parce que nous apprécions détenir des commodités. De même sur la partie offshore, où nous souhaitions concentrer les portefeuilles et obtenir de la très bonne information. Enfin, notre management n’aime pas les stratégies black boxs, c’est pour toute ces raisons que nous resterons à l'écart du CTA. La performance était de 2,92% l’année passée. Néanmoins, nous n’avons pas de niveau d’attente de performance précis, nous recherchons surtout de la convexité, avec un couple rendement risque autour de 5 avec une volatilité de 10 sans se soucier de l'évolution du marché. Ayant été moi-même gérant, j’ai toujours besoin de comprendre le positionnement du fonds avant d’investir. Lors d’un entretien avec un nouveau prestataire, nous analysons le comportement passé, l’exposition maximal brute et nette depuis 10 ans. Par exemple, si le fonds a toujours été long, je serais très attentif au bêta. Nous recherchons les meilleurs gérants mais également ceux qui sont capables de donner de l’information, cela nous permet en interne de gérer l’allocation d’actifs sur les plus gros mandats. En terme de frais de gestion, nous évaluons toujours la performance nette de frais. La question du montant des frais de gestion ne se pose pas si le gérant continue d’investir dans le développement de la recherche, du recrutement de talent ou enfin du développement des infrastructures. Dans tous ces cas, nous n’aurons aucun problème à payer les frais de gestion, même chez des petites boutiques de gestion. Les plateformes de managed accounts sont un enjeu aujourd’hui et nous regardons l'évolution de la directive AIFM. A ce jour, AG2R - La Mondiale n’a réalisé qu’un seul investissement sur les plateformes. Cela peut répondre à certain besoin, notamment pour tout ce qui concerne la transparisation et les calculs des besoins en SCR. La coté négatif, c’est que cela nous oblige à faire deux due diligences. Notre position est la suivant : il y a peut être un intérêt mais attention aux coûts engendrés.
A l’occasion de la conférence de clôture du Forum Gi, Charles Vaquier, directeur général de l’UMR, a déclaré que cette dernière souhaitait constituer un patrimoine de terres agricoles dans différentes régions françaises. Déjà propriétaire de terres agricoles en Amérique du Sud, représentant un faible pourcentage de ses actifs, l’UMR a désormais pour projet d’acheter des centaines voire des milliers d’hectares de terres permettant d’installer des agriculteurs. Une initiative semblable à celles développés par les fonds de pensions américains, qui détiennent en moyenne entre 3 et 5 % d’actifs réels de type forêts, avec des rendements annuels de l’ordre de 6 à 7 %. L’Union Mutualiste Retraite est d’ores et déjà en discussion avec le FNSEA, le Crédit Agricole et des instituts de recherche agricoles, afin de concrétiser son projet. En tant qu’investisseur de long terme, déployant une stratégie de buy and hold, nous devons être accompagné par des spécialistes, notamment des climatologues, pour prendre en compte la problématique du changement climatique a conclu Charles Vaquier sur le sujet.
« Nous considérons que le private equity est un investissement attractif pour les fonds généraux des sociétés d’assurance du Groupe. Nous comptons continuer à investir dans les fonds proposés par AXA Private Equity, avec un engagement total attendu d’environ 4,8 milliards d’euros entre 2014 et 2018, afin d’accompagner AXA Private Equity dans son financement de la croissance des entreprises françaises et européennes et dans son investissement responsable pour le compte de ses clients dans le monde.», a déclaré Gérald Harlin, Directeur financier du Groupe AXA.
Lors de la conférence plénière du Forum Gi, Eric Dubos, directeur de gestion de la MACSF a précisé la stratégie obligataire du groupe : Nous n’investissons pas dans les infrastructures ou les loans qui ne rentrent pas, ou très mal, dans le Code des Assurances. D’autres investissements comme dans les marchés émergents ne sont pas non plus autorisés, car hors zone euro. La recherche de rendement est très pénalisée par la réglementation. En 2013, nous avons continué à privilégier les obligations d’entreprises, certains emprunts d’Etats et les euro placements (placements privés). Nous attendons malgré tout une évolution du code des assurances pour participer à la désintermédiation bancaire. Mais ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Fabrice Rossary, directeur général délégué de Scor Global Investments à la rédaction de www.institinvest.com : En tant qu’institutionnel, nous n’avons pas envie d'être entraîné dans une histoire à la Madoff. Nous avons donc recruté deux personnes, qui sont dans ce marché de la sélection depuis très longtemps. De plus, nous sommes en train de construire un portefeuille contenant des managed accounts pour avoir une ségrégation des actifs. Ensuite, en matière de sélection de fonds alternatifs, nous recherchons ce qu’il y a de plus dur à trouver : la persistance de la performance et la cohérence de cette performance par rapport à ce qui est finalement vendu comme stratégie par le Hedge Fund. C’est très important d’avoir des équipes en interne car cela nous permet d’avoir une plus grande maitrise du risque et du process de sélection. De plus, l’industrie des fonds de fonds, qui a été florissante à un moment, présente l’inconvénient d’ajouter des couches de frais supplémentaires qui ne sont pas négligeables. Enfin, au regard des performances passées, les frais de la gestion alternative ne se sont pas véritablement ajustées. Beaucoup de fonds ont des frais de gestion encore très importants. Plus exactement, la dispersion des frais n’est pas représentative de la dispersion des performances.
Bartrand Hau, directeur financier d’Ageas France dans Option Finance numéro 1211 : Aujourd’hui, nous conservons encore une logique de produit très sécuritaire pour nos assurés, ce qui nous oblige à investir dans des obligations très sûres comme les dettes souveraines des pays européens. Nous continuons à acheter des emprunts français et nous envisageons seulement de réinvestir sur les dettes italiennes, mais nous excluons encore celle de la Grèce, de l’Espagne ou du Portugal. Cependant, depuis quelques années nous avons tout de même réduit la part de nos emprunts souverains au profit des obligations corporates ou de poche de diversification. Nous avons décidé d’investir à travers nos fonds en euros dans les loans. Nous allons effectué des prêts directs à l'économie, comme le financement des infrastructures, en participant au programme annoncé par notre groupe. Cette stratégie de diversification nous permettra notamment d’augmenter nos rendements potentiels et d’allonger la maturité de notre portefeuille.
La mutuelle d’Ivry la Fraternelle (MIF) gère 95% de ses actifs en interne, et sélectionne des gérants externes sur des classes d’actifs de diversification. A ce titre, la MIF a initié une exposition sur la dette émergente en devises locales en partenariat avec OFI AM. Alexandre Piazza, responsable des investissements fait le point sur cette délégation de gestion : A la base, 100% de la gestion se faisait en euros. Cependant, les émissions de dette en GBP ou en USD de certaines entreprises nous intéressaient fortement, nous avons donc commencé à nous ouvrir vers ces devises. Depuis quelques mois, (article du 19 septembre 2012) nous réfléchissions à investir et à profiter du développement des pays émergents, néanmoins après une revue des risques que cela implique (pays, évolution de la fiscalité, stabilité de la politique macroéconomique), nous sommes arrivés à la conclusion qu’une délégation était nécessaire. C’est pourquoi, nous avons investi 15 millions d’euros au travers d’un FCP dédié chez OFI AM, conclut Alexandre Piazza.
Directeur financier du Groupe Humanis, Didier Bonneau a piloté la fusion des portefeuilles de Vauban et Humanis, sans faire appel à un gestionnaire de transition. Le rapprochement prochain avec les groupes Aprionis et Novalis-Taitbout prend le même chemin. Il explique ce choix pour le transfert des actifs gérés du groupe.
L’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (ERAFP) va lancer de nouveaux appels d’offres en 2013 : PME cotées françaises, actions et obligations américaines. Il doit aussi annoncer l’attribution du mandat de gestion multi-actifs lancé l’an dernier. Ultérieurement, un autre sera lancé sur les émergents. Pour rappel, L’ERAFP gère les retraites additionnelles des fonctionnaires (4,6 millions de personnes). Ses ressources proviennent des cotisations sur les rémunérations « accessoires » (primes, indemnités, heures supplémentaires, etc.). Il gère actuellement 14 milliards d’euros. Alors que la Cour des comptes a recommandé à l’Etat, le 14 mars, un suivi plus attentif des investissements, Philippe Desfossés demande à « faire évoluer les contraintes réglementaires des investissements de manière plus diversifiée et à trouver une respiration par rapport au Code des marchés publics. Cela nous aiderait à investir plus rapidement dans les marchés en fonction de nos convictions ».
Dans nos actifs de taux, nous détenons environ 10% de titrisations de crédits hypothécaires émis par les banques confie à l’Argus de l’Assurance, Jérôme Grivet, directeur général de Crédit Agricole Assurances. Les obligations sont passées de 80% à 85 % du total. Nous nous sommes désensibilisés de la dette souveraine ou de sociétés financières pour investir dans les obligations de très grandes entreprises. Mais aussi, et c’est nouveau, nous avons étendu le champ à des entreprises qui, ayant moins accès aux marchés, émettent des obligations sous forme de placement privé. Nous avons, avec les caisses régionales et CA CIB, ouvert ce marché inédit en France, avec Bonduelle comme première opération. Nous sommes actifs dans l’immobilier de bureaux qui offre de la sécurité et des rendements, reconnaît Jérôme Grivet, directeur général du Crédit Agricole Assurances. Et d’expliciter pourquoi le marché de l’immobilier résidentiel s’avère peu propice : Depuis plusieurs années, les investisseurs particuliers, incités par les dispositifs d’aide (Robien, Scellier...), ont pris une part importante dans les achats de logements locatifs neufs. Ceci a entretenu un mouvement de hausse des prix. Comme les loyers n’ont pas suivi, le rendement pour l’investisseur est tombé à des niveaux très bas, de l’ordre de 2%, incompatibles avec les contraintes des assureurs. Les assureurs restent intéressés à l’immobilier résidentiel, atteste Jérôme Grivet. Pour peu que l’offre tienne compte de nos contraintes, qui vont se renforcer avec le passage à Solvabilité 2. Nous étudions en ce moment quelques projets spécifiques.
Bertrand Jounin, directeur de la gestion d’actifs d’Apicil à la rédaction de www.institinvest.com : « La partie Retraite comprend une poche de 600 millions d’euros composée à 30% d’actions et à 70% de taux, et une poche de 400 millions d’euros investis dans des OPCVM monétaires. Concernant la gestion de la partie Retraite, APICIL reçoit un reporting hebdomadaire et mensuel des sociétés de gestion externes avec lesquelles elle travaille. De plus, la gestion est suivie par un gérant interne. Les sociétés de gestion sont très contrôlées. Elles ont moins de liberté que nos propres gérants. Nous travaillons avec différents profils de sociétés (petites, moyennes et grandes) car nous estimons qu’elles sont ainsi complémentaires et nous savons travailler avec ces différents profils. En général, les grandes proposent une gestion très benchmarkée relativement peu chère tandis que les petites proposent une gestion plus atypique et plus chère. Ainsi, nous avions par exemple choisi de faire appel à une petite société de gestion pour son savoir-faire particulier dans les obligations convertibles. Il s’agissait de la Banque Saint Olive, mais cette tentative a été un échec : les performances étaient très mauvaises. Nous avons donc coupé ce mandat ».
Arnaud Simon, gérant de portefeuille de La Banque Postale lors d’une table ronde organisée par amLeague et Newsmanagers : Nous, nous ne nous intéressons qu’aux actifs longs de diversification. Nous n’avons pas de variable obligataire opérant comme un coussin. Notre activité consiste à investir sur des actions, la gestion alternative, des matières premières et des sujets plus longs encore comme le private equity, l’immobilier et les infrastructures. Nous sommes investisseurs long terme sur des actifs risqués. Nous pilotons donc notre allocation et nous allons pouvoir le faire sur les actions, sur la gestion alternative qui est un sujet moyen et long terme ; le private equity et l’immobilier qui sont classés de très long terme. Sur 2012, nous sommes restés globalement assez investis toute l’année. On l’est encore maintenant. Nous avons piloté notre allocation en prenant nos profits quand le marché nous en donnait la possibilité. Cela a été le cas en début d’année 2012. Au 1er trimestre, nous avons écrêté et pris nos plus-values. Ensuite est venue la baisse, assez rapide et forte. Nous avons remis du risque avant l’intervention de Draghi dans les portefeuilles, avec des actions, des actions émergentes, américaines et européennes. Il se trouve que quelques mois après, ce mouvement a été profitable. De nouveau, nous nous retrouvons dans une position où nous avons des profits à dégager, ce qu’on a fait en début d’année. Notre position actuelle est de dire que du chemin a été fait en un an. Nous jouons globalement une normalisation sur le marché financier et avons pris nos profits par prudence. Maintenant, nous guettons le moment où nous allons remettre encore un peu de risque sur notre portefeuille actions. Nous sommes complètement diversifiés même si la Banque Postale est un acteur français. Il est vrai que nous avons un biais zone euro, autour de 50 à 60%. Nous avons aussi une diversification internationale avec des actions émergentes, japonaises, américaines, et de l’Asie développée également. Nous pilotons également l’allocation géographique.
Jean-Claude Guimiot, Directeur général délégué d’Agrica Epargne lors d’une table ronde organisée par amLeague et Newsmanagers : Nous sommes totalement opposés aux ETF. Ce n’est pas dans notre politique d’investisseur de long terme. Celui-ci doit investir sur des entreprises et pas sur des indices. En plus, à titre personnel, je pense que ce n’est pas de la finance responsable. Donc, à deux titres, j’y suis opposé. Nous, nous avons une approche entreprises, nous avons une conviction très forte qui va dans le sens de ce que vous avez expliqué. Si on me donnait 100 millions d’euros à investir actuellement avec un portefeuille qui démarre à zéro, je remplirais au maximum la poche actions qui très clairement est la classe d’actifs notoirement sous évaluée. Je suis frappé quand on m’explique que la prime de risque est très faible ou très forte aujourd’hui. Les multiples sont équivalents à ce qui existait quand j’ai commencé à travailler sur les marchés financiers alors que les taux étaient autour de 12%. Qu’on m’explique que les marchés actions sont chers, je veux bien, mais j’ai tendance à ne pas adhérer à cela. Nous sommes dans une situation économique qui fait qu’effectivement on a favorisé les obligations parce que cela rendait service à tout le monde, parce que c'était la volonté des banquiers, et parce que l’inflation équivaut au diable, etc. Je pense que nous sommes en train de prendre conscience des effets pervers de ces taux très bas qui orientent les investissements surtout là où ils ne devraient pas aller. Je pense à l’immobilier, à ces nombreux produits qu’on nous propose. Nous sommes dans une période où si nous voulons espérer nous en sortir, nous devons aller vers les entreprises qui créent de la valeur ; cela n’a jamais été le secteur financier et tous les rentiers et les gens qui font des rentes avec des effets de levier. L’endettement pour financer l’immobilier, on y trouve tout ce qu’on veut ! A côté de cela, on nous explique que les entreprises n’ont pas de financement. Je pense que nous sommes à une période charnière avec des taux à des niveaux très bas. Nous sommes à la fin d’un cycle, le cycle voulu par les autorités avec les succès qu’on connaît. Je ne vois pas très bien ce qu’un investisseur peut imaginer d’autre que de penser que ce sont les actions avec lesquelles il va gagner de l’argent. Nous ne sommes pas partisans des ETF. Nous restons fidèles à cette attitude ; le marché financier, ce sont des valeurs qui ont chacune leur caractéristique. Investir c’est choisir.
Groupe Smiso Mutuelle des Cadres (GSMC) a décidé à une large majorité de confier sa gestion au Groupe Henner, à compter du 1er janvier 2013. Une décision qui marque une rupture avec le Groupe Humanis, dont GSMC est membre, et qui assurait jusqu'à présent cette activité de gestion. Dans la foulée, il a été décidé de procéder à un appel d’offres restreint en vue de sélectionner une société de gestion en charge de la gestion de la totalité des actifs du groupe, à savoir 80 millions d’euros.
Malakoff Médéric se lance dans une nouvelle classe d’actifs, les infrastructures. Baptisé Malakoff Médéric Infrastructures A, le fonds dédié, d’un montant non révélé, a été confié à la société de gestion Amundi, au terme d’un appel d’offres. Alimenté par les souscripteurs du groupe et effectif dès le 13 mars, il a vocation à investir principalement en France (environ 50 % de l’allocation) et dans la zone euro. La proximité géographique des projets, a en effet été jugé déterminante, par la direction des investissements non cotés de Malakoff Médéric, piloté par Jean-Yves Mary, assisté d’Estelle Kerenflec’h. Plusieurs opportunités ont déjà été sélectionnées et un premier investissement est en préparation. Si cette classe d’actifs de long terme (fonds d’une durée de quinze à dix-huit ans) donne satisfaction, et délivre le rendement annuel qui est attendu, davantage que la performance in fine, le fonds augmentera progressivement de taille. Parallèlement, Malakoff Médéric achève le processus de sélection d’une société de gestion pour monter un fonds dédié spécialisé sur la dette non cotée.