L’ Organisme de Financement des Pensions (OFP) Fonds de Pension du secteur Fédéral Non-Marchand vient de lancer un appel d’offres dans le but de sélectionner plusieurs prestataires pour la gestion de patrimoine de ses deux fonds. Chaque gestionnaire de patrimoine gérera la moitié du patrimoine total des deux fonds de pension. Il s’agit de deux mandats de gestion de 75 à 100 millions d’euros chacun. Ils devront suivre les principes de la politique de placements. Le gestionnaire de patrimoine, en collaboration avec le dépositaire, rédigera de manière régulière une analyse des rendements des placements: sur base mensuelle, par mandat, un relevé des performances est établi, dans lequel figure le rendement relatif par rapport au benchmark. sur base trimestrielle, une analyse approfondie est effectuée. Cette analyse comporte, par mandat et pour le fonds de pension le rendement nominal, le rendement relatif par rapport au benchmark et la divergence par rapport au benchmark depuis le début de l’année, sur l’année écoulée et sur les trois années écoulées. Le gestionnaire de patrimoine fait rapport sur la composition du portefeuille et sa conformité aux principes relatifs au caractère éthiquement, socialement et écologiquement responsable des investissements. Rôle du gestionnaire de patrimoine Le gestionnaire de patrimoine a en principe un mandat passif. Le premier objectif de prestation pour un gestionnaire de patrimoine ayant un mandat passif consiste à suivre l’indice de benchmark choisi et à minimaliser la divergence. En outre, on attend de lui que les frais de transaction demeurent limités. Les objectifs de la politique de placements 1. Veiller à un rendement optimal à long terme Le fonds doit constituer la source du financement des pensions complémentaires des affiliés. Pour ce faire, une politique de placements à long terme est nécessaire. La politique de placements doit donc viser à réaliser un rendement optimal à long terme qui permette de garantir les obligations que les fondateurs ont contractées quant à une pension complémentaire, dans la ligne des possibilités offertes par le marché, en faisant usage de placements qualitatifs avec un faible niveau de risque. Le return annuel visé est égal au rendement «LPC» (le rendement imposé au fondateur par l’art. 24 de la loi relative aux pensions complémentaires). On visera à long terme un rendement supérieur à ce qui est prévu par la loi, à savoir un rendement de 3,25 %. Pour appuyer les décisions relatives à la politique de placement, une étude a été effectuée durant l'été 2015 à propos de l’ajustement des placements par rapport aux obligations (asset-liability modelling, dénommée étude ALM). Il en est ressorti, si un rendement de 3,25 % est envisagé: Qu’une composition du portefeuille composée de 35 % d’obligations d'état, 5 % d’obligations indexées, 20 % d’obligations d’entreprise, 5 % de biens immobiliers, 30 % d’actions et 5 % de cash aboutit à un rendement à long terme attendu de 3,45 % avec une divergence standard de 9,92 %. Il est conseillé de maintenir une réserve de 25 % des cotisations afin d’adoucir les conséquences de mauvaises années boursières éventuelles. Le risque s’en trouve fortement réduit. La probabilité que dans 15 ans, on atteigne un niveau de financement suffisant pour honorer la garantie de rendement LPC est de 98,2 %. La probabilité d’atteindre 95 % du niveau de financement est de 98,8 % et la probabilité d’atteindre 90 % du niveau de financement est de 99,2 %. Il y a 5 % de chance pour qu’après 15 ans, un niveau de financement soit atteint qui soit inférieur à 112 %, et 1 % de chance pour qu’après 15 ans, un niveau de financement de 93 % soit atteint. 2. Principes de placement Le Conseil d’Administration a basé cette politique de placements sur les principes de placement suivants, en supposant que: Le fonds doit placer le plus possible, parce qu'à long terme, le fait de garder beaucoup de cash réduit le rendement attendu. La limite de cash autorisée élevée ne sert qu'à permettre de grandes dotations uniques provenant d’un fondateur; A long terme, les investissements en actions généreront un revenu supérieur aux placements à taux fixe, bien qu’ils soient plus volatils à court terme; Il est prudent de diversifier les placements sur diverses classes d’actifs; Vu l’importance du fonds de pension, il est indiqué d’octroyer un mandat mixte à un ou deux gestionnaires de patrimoine. 3. Limiter les risques Un certain nombre de risques doivent être limités: L’adéquation des actifs par rapport aux obligations a été vérifiée à l’aide de l'étude ALM. On a choisi des benchmarks qui reflètent le rendement attendu des classes d’actifs. Le risque de non-respect du profil de risque par le(s) gestionnaire(s) de patrimoine(s) est réduit par le rapportage périodique écrit qui est demandé. Ce rapportage comporte entre autres les divers éléments de divergence par rapport à l’allocation stratégique, et leur cause. Lorsqu’une divergence est constatée, le gestionnaire de patrimoine sera immédiatement mis en demeure, et procédera à un rééquilibrage du portefeuille. La valeur de marché de certaines classes d’actifs peut reculer. Pour limiter ce risque, on n’effectuera de placements que sur les marchés réglementés. On n’effectuera pas de placements dans les classes d’actifs plus risqués comme les hedge funds et les placements en actions non cotées. Le plan de financement prévoit également une réserve pour pouvoir absorber les chocs soudains. Les obligations du fonds de pension sont exprimées en Euro. Si les actifs sont exprimés dans une autre devise, un risque de change apparaît, qui pourrait être couvert au moyen de techniques financières qui ont également leur coût. Le fonds de pension ne souhaite pas supporter ce risque. Pour cette raison, on investira uniquement dans des actifs qui sont exprimés en Euro. Le risque qu’une contrepartie financière ne puisse pas respecter ses obligations ne peut jamais être totalement exclu. Pour maintenir ce risque à un niveau peu élevé, on veillera à ce qu’en ce qui concerne le portefeuille obligataire, la contrepartie possède, sur base de l’avis d’agences de rating réputées, au moins un rating BBB. On n’effectuera pas de placements en covered bonds. Chaque trimestre, la conformité du portefeuille de placements avec les limites de concentration décrites ci-avant sera contrôlée et ceci sur base de la composition du portefeuille à la fin du trimestre précédent. Si suite à ce contrôle, un dépassement est constaté, on ne pourra alors plus prendre de nouvelles positions dans les valeurs en question. En outre, on fera le nécessaire pour réaligner les positions par rapport aux limites de concentration, et ceci au plus tard 6 mois à partir de la date du début du trimestre au cours duquel le contrôle a été effectué. Aussi longtemps que le dépassement existe, chaque contrôle trimestriel y portera une attention particulière, et à chaque trimestre, la décision de ne pas réaliser les positions excédentaires devra être renouvelée et documentée. A la première réunion du comité d’avis financier suivant la constatation d’un dépassement, on communiquera clairement à propos du dépassement, des actions entreprises pour réaligner les positions par rapport aux limites de concentration, de la décision de réaliser ou non la position excédentaire et des documents relatifs à cela. La référence aux ratings vaut à titre indicatif pour le risque de contrepartie. Si sur base des données découlant de l’intern research du gestionnaire de patrimoine, d’informations venant de la Banque nationale dont le gestionnaire de patrimoine a eu connaissance, ou d’un changement significatif soudain des «bond spreads» observé par le gestionnaire de patrimoine, il est question d’un risque de contrepartie significativement plus élevé, le gestionnaire de patrimoine en informera le comité d’avis financier sans délai et les limites de concentration pourront être franchies afin de garantir les intérêts du fonds de pension. On ne fera pas de placements en produits dérivés. Les valeurs du portefeuille ne peuvent pas être prêtées (pas d'«asset lending») 4. Caractère éthiquement, socialement et écologiquement responsable Les placements doivent satisfaire à de hauts standards de durabilité et de respect des principes éthiques, sociaux et écologiques. Ceci se concrétise par: N’accepter que des placements en actions et obligations qui ont fait l’objet d’un screening et ont été sélectionnées d’après des critères normatifs positifs et négatifs, à l’aide des principes best-in-class et de screenings contradictoires; Le choix de meilleures pratiques d'étude, effectuées par des instituts d'étude spécialisés, qui satisfont eux-mêmes aux hauts standards de qualités et aux principes d’indépendance, d’intégrité, de transparence et de reddition de comptes, tels que décrits dans le standard ARISTA (www.aristastandard.org) ou un standard équivalent. Une préférence pour les méthodologies qui présentent un trackrecord favorable en matière de risk/return; Une préférence pour un contrôle indépendant du portefeuille sur le plan des principes de placement éthiques et durables; En ce qui concerne les produits d’assurance et les fonds de placement: seulement les produits dont les placements satisfont aux critères mentionnés ci-avant en ce qui concerne le portefeuille d’actions et d’obligations. La répartition stratégique des actifs Le portefeuille peut comporter: Pourcentage du portefeuille Minimum Maximum Obligations 60 % 55 % 65 %, dont obligations indexées 5 % 0 % 10 %, dont obligations qui sont émises ou garanties (de manière explicite ou implicite) par un Etat-membre de l’Union européenne 35 % 25 % 55 %, dont obligations d’entreprise 20 % 0 30 % Actions d’entreprises 30 % 25 % 35 % Immobilier (fonds ou actions d’entreprises immobilières) 5 % 0 % 10 % Liquidités et placements à terme à moins de 6 mois (5 % 0 20 %) Lire l’avis complet ici