Pesant. Jusqu’ici, la vague de plans sociaux annoncée pour le quatrième trimestre 2020 n’a pas eu lieu. En octobre, le nombre de défaillances d’entreprises (tous secteurs confondus) reste inférieur aux données recueillies en 2019 et 2018. Les entreprises industrielles ont maintenu un taux d’activité quasiment normal, à 73 %, contre 79 % avant la crise, tandis que les entreprises du secteur des services ont connu des destins contraires. « La restauration et l’hébergement affichent un repli, en lien avec les mesures de couvre‑feu mises en œuvre dès le 17 octobre. Les niveaux d’activité demeurent très hétérogènes selon les secteurs : ils se situent très en deçà du niveau d’avant‑crise dans l’hébergement et la restauration, mais proches de ce niveau dans des secteurs tels que l’édition, les services d’information ou les activités juridiques et comptables », estime la Banque de France.
La France multiplie les initiatives pour inciter les groupes étrangers à investir en France. Après la 3e édition du Sommet « Choose France ! » organisé en janvier 2020 à Versailles, Emmanuel Macro présidait vendredi après-midi, en visio-conférence, un «mini Choose France». « Cette réunion a pour vocation de promouvoir auprès d’investisseurs étrangers la réponse économique de la France face à la crise, et plus particulièrement le plan France Relance, à l’heure où ces investisseurs sont particulièrement attentifs aux choix économiques des pays pour leur décision d’implantation », expliquait l’Elysée.
La France multiplie les initiatives pour inciter les groupes étrangers à investir en France. Après la 3e édition du Sommet « Choose France ! » organisé en janvier 2020 à Versailles, Emmanuel Macro présidera vendredi après-midi, en visio-conférence, un « mini Choose France ».
...au quatrième trimestre 2020 pour l’économie française, au lieu de +1 % prévu : la résurgence de la pandémie et les annonces gouvernementales ont amené Euler Hermes à réévaluer à la baisse les perspectives de croissance tricolores.
Massif. Doté de 100 milliards d’euros, financé à 40 % par le programme européen, le plan de relance tricolore a été officiellement présenté le 3 septembre. Dénommé « France Relance », le dispositif prévoit de consacrer 35 milliards d’euros à l’amélioration de la compétitivité économique du pays, 30 milliards d’euros au verdissement de l’économie et 35 milliards d’euros au soutien à l’emploi et à la cohésion sociale (voir le tableau). « C’est près de quatre fois plus que le plan de relance qui avait été mis en œuvre pour faire face à la crise de 2008. C’est, en proportion de la richesse nationale, le plan de relance le plus massif annoncé à ce jour parmi les grands pays européens », a déclaré à cette occasion le Premier ministre Jean Castex. L’objectif affiché par le gouvernement est de compenser d’ici à 2022 la perte de richesse liée à la crise sanitaire, qui pourrait occasionner la destruction de 900.000 emplois, selon l’Unedic.
Fragile. Les chiffres de l’économie et de l’emploi en France publiés pendant l’été n’ont rien de définitif mais témoignent du caractère encore théorique de la reprise espérée.
Opération séduction face aux patrons. Le Premier ministre Jean Castex a confirmé mercredi devant l’université d’été du Medef – rebaptisée la Renaissance des entreprises de France – la baisse de 10 milliards d’euros par an des impôts de production au 1er janvier 2021. Plus largement, le locataire de Matignon a affirmé l’orientation pro-business du plan de relance de 100 milliards d’euros qui sera finalement présenté le 3 septembre, mais dont il a déjà donné des détails. Un quart de cette relance ira aux TPE/PME, a-t-il assuré.
Au second semestre, le PIB français a plongé de 13,8%, signale la Banque de France dans son dernier point de conjoncture. La reprise se poursuit inégalement : l’activité de l’industrie, des services, et du bâtiment, continue de se redresser et atteint presque son niveau d’avant crise. Mais, au sein de ces secteurs, les disparités sont fortes : l’activité de la métallurgie, de l’automobile, de l’hébergement-restauration ou de la location, par exemple, reste toujours très dégradée. L’opinion sur la trésorerie évolue donc peu dans l’industrie, tandis que, si la situation de trésorerie s’améliore dans les services, elle reste en deçà de son niveau d’avant crise. Interrogés par la Banque de France, les chefs d’entreprise estiment que l’activité restera stable au mois d’août dans les services et l’industrie, dont les carnets de commandes restent faibles. Selon la banque, ces informations confirment une perte d’activité de 7% pour une semaine type en juillet.
Fourmis. Malgré le déconfinement et la reprise progressive de l’activité économique, les Français sont restés prudents au mois de mai, selon les derniers chiffres de la Banque de France. « On constate un léger ralentissement dans l’accumulation des dépôts, note François Mouriaux, directeur des statistiques monétaires et financières de la Banque de France. Cependant, on est très éloignés d’un retour à la normale. » Au 31 mai, les nouveaux dépôts bancaires totalisaient 19,6 milliards d’euros, contre 25,1 milliards en avril, en baisse certes, contre une moyenne sur trois ans de 5,9 milliards d’euros.
Continuité. Depuis le début de la crise pandémique, les Français n’ont cessé d’accumuler des réserves. Selon les données publiées par la Banque de France le 28 mai, la croissance des dépôts à vue des ménages s’est poursuivie en avril, avec 25 milliards d’euros supplémentaires (dépôts à vue et dépôts rémunérés), pour un surplus d’épargne total de 55 milliards d’euros à fin avril 2020. Selon les prévisions, l’épargne disponible accumulée pourrait atteindre 270 milliards en décembre. Les Français continuent de bouder l’assurance-vie. Le mouvement de décollecte observé en mars se poursuit en avril. Selon les chiffres publiés par la Fédération française de l’assurance le 26 mai, la collecte nette s’établit à -1,9 milliard d’euros sur les quatre premiers mois de l’année, contre 10,9 milliards sur la même période en 2019. « Le surplus d’épargne reste à portée de main, il est très liquide et facilement mobilisable, analyse François Mouriaux, directeur des statistiques monétaires et financières de la Banque de France. Les ménages l’affecteront-ils à de l’épargne longue, comme un achat immobilier ? Assistera-t-on à un rattrapage de la consommation ? Les intentions des Français concernant l’utilisation de cette épargne de précaution restent pour le moment indéchiffrables ». Dans une dynamique baissière, avec des remboursements supérieurs à la production nouvelle, les crédits témoignent de la baisse de la consommation et de la pause dans les transactions immobilières pendant le confinement. Les données pour la première moitié de mai n’indiquant pas de changement de tendance, et les chiffres de la consommation publiés par l’Insee pour avril affichant une baisse supérieure à 20 % par rapport à mars (contre un consensus à -15 %), le mystère restera entier pour quelques semaines encore.
Le produit intérieur brut (PIB) de la France subira une contraction de 11% cette année, a déclaré hier le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire. ajoutant que ce chiffre serait transmis ce mercredi au Haut conseil des finances publiques par le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, et par lui-même. Il a ajouté avoir «la conviction absolue que nous allons rebondir en 2021». Jusqu'à présent, le gouvernement tablait sur une contraction de 8% du produit intérieur brut (PIB) en 2020.
Le produit intérieur brut (PIB) de la France subira une récession de 11% cette année, a déclaré mardi le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.
Le Premier ministre Edouard Philippe a confirmé jeudi que la date du 11 mai marquera le début de la levée du confinement en vigueur en France depuis sept semaines pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. «Nous allons débuter lundi prochain un processus très progressif au minimum sur plusieurs semaines qui va permettre au pays de sortir doucement mais sûrement du confinement que nous connaissons en France depuis le 17 mars», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Matignon
Si les épargnants français devaient se comporter en investisseurs, les conditions de la relance de l’économie s’en trouveraient changées. Mais rien n’est moins certain.