Grande roue. Les cycles économiques ne meurent jamais de vieillesse mais le marché ne cesse de s’interroger sur la longueur exceptionnelle du cycle américain. « La question de la récession revient à nouveau car la phase d’expansion actuelle est la deuxième plus longue depuis l’après-guerre, constate Christophe Donay, directeur de l’allocation d’actifs et de la recherche macroéconomique chez Pictet WM. Nous n’y croyons pas à court terme. » La probabilité est faible, selon cet économiste qui rappelle que la plupart des théories économiques sur les retournements conjoncturels reposent sur les phénomènes d’accumulation. Pour que le cycle économique se retourne, il faut une surchauffe. Il faut que l’accumulation de facteurs (crédit et investissement) atteigne un pic. Ce que Christophe Donay appelle la densité des cycles économiques. Et nous en sommes loin. Le cycle d’expansion actuel, qui dure depuis le troisième trimestre 2009, affiche une densité près de deux fois moindre que le cycle le plus long dans les années 1990. Si la phase actuelle avait eu une densité aussi élevée, le PIB américain serait supérieur de 3.000 milliards de dollars. Au rythme actuel, il faudrait sept ans pour que le phénomène d’accumulation provoque un retournement du cycle. « Il y a moins d’investissement et moins de crédit que dans les phases précédentes », explique l’économiste. Il y a toutefois une limite. L’indicateur de densité n’intègre que l’investissement des entreprises. Il ne tient pas compte de celui des ménages, notamment dans l’immobilier. Ce qui explique que malgré une densité relativement faible entre 2002 et 2007, le cycle s’est terminé par une crise financière. De plus, il ne tient pas compte de l’investissement financier. Or c’est là que se trouvent aujourd’hui les excès.