La Banque centrale européenne doit avoir en juin une discussion sur sa stratégie en 2018 et sur l’abandon de sa politique monétaire ultra-accommodante, a déclaré Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE. «A la réunion du mois de juin, il nous faudra discuter de la stratégie future, de la stratégie pour le début d’année 2018», a-t-il indiqué dans le journal Die Presse. Et d’ajouter qu'«il est évident que le programme (de rachats d’actifs) a été et est une réussite. Mais d’un autre côté, il est évident que cela ne doit pas devenir un dispositif permanent (...) C’est le défi auquel nous sommes confrontés (...). Plus un programme tel que celui-là dure longtemps, plus il faut réfléchir aux conséquences». La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE a lieu le 8 juin. La plupart des économistes s’attendent à une évolution de son discours à cette occasion, avec peut-être la suppression de la référence à son biais en faveur d’un assouplissement de sa politique. Aucune modification de la politique en tant que telle n’est en revanche attendue avant septembre au plus tôt.
«Il n’y a clairement pas eu de rupture entre les exigences prudentielles qui prévalaient avant la crise et celles qui ont été décidées depuis. Au mieux peut-on parler d’un renforcement, particulièrement en ce qui concerne les exigences de fonds propres», estime Jezabel Couppey-Soubeyran, maître de conférence à l’Université Panthéon Sorbonne Paris I et conseillère éditoriale au CEPII, dans son analyse intitulée «Les réformes bancaires ont-elles été poussées trop loin? ". Dans ce document, publié fin 2016 avec la mise à jour 2017 de l’ouvrage «L'économie mondiale», cette économiste admet que, depuis la crise, «des réformes ont eu lieu, impulsées par les travaux du G20, les accords du comité de Bâle, les standards du Conseil de stabilité financière et divers rapports, comme le rapport Vickers au Royaume-Uni». Des lois ont en effet résulté de la mobilisation des responsables politiques soit d’envergure nationale (Dodd-Franck aux États-Unis, loi de réforme bancaire au Royaume-Uni, loi de séparation et de régulation des activités bancaires en France, etc.) soit d’envergure européenne (directives CRD IV, révision de la directive sur les systèmes de garantie des dépôts, directive sur le redressement et la résolution des crises bancaires, etc.). Mais «aucune n’a profondément transformé le secteur bancaire et financier», écrit Jézabel Couppey-Soubeyran.
La BCE a annoncé, jeudi, avoir maintenu inchangée sa politique monétaire malgré une croissance de plus en plus solide et des risques en baisse en zone euro.
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé ce jeudi maintenir sa politique monétaire accommodante, laissant ses taux et ses rachats d’actifs inchangés. Cette décision, attendue par les marchés, maintient ainsi le taux de dépôt en territoire négatif depuis 2014. Une majorité d’économiste s’attend à ce que la Banque centrale maintienne son biais accommodant au moins jusqu’en juin, voire jusqu’à l’automne et aux élections législatives allemandes.
La longueur et la profondeur de la crise financière de 2007 ont fait bouger les lignes entre les gouvernements et les banques centrales dans certaines pays. Les programmes inédits engagés par les banquiers centraux (rachats d’actifs, lignes de financement aux banques…) se sont apparentés pour bon nombre d’entre eux à des mesures quasi-budgétaires, provoquant souvent la surprise et parfois la critique des responsables politiques.
Les marchés se sont ajustés au ralentissement de l’inflation et aux signes de fléchissement de la BCE, mais tablent toujours sur une hausse du taux de dépôt en 2017.
Un montant de 233,5 milliards d’euros a été alloué hier lors de la TLTRO de la BCE, dernière occasion de profiter de conditions de financement très avantageuses.
Le stock de créances douteuses des principales banques européennes atteignait 921 milliards d’euros au troisième trimestre 2016, freinant la reprise du crédit, selon la BCE
Les traders du marché monétaire de la zone euro évaluent à 80% environ la probabilité d’un relèvement du taux de dépôt de la Banque centrale européenne (BCE) en décembre, au lieu de 60% une semaine auparavant. Ils réagissent ainsi à des déclarations d’Ewald Nowotny faites au quotidien financier allemand Handelsblatt. Le gouverneur de la banque centrale d’Autriche y indique que la BCE pourrait relever le taux de dépôt avant le taux de refinancement et ce sans attendre la fin du programme d’assouplissement quantitatif.
Après sa réunion de jeudi dernier, le spread entre les taux allemands à 2 et 10 ans a dépassé le seuil des 130 pb pour la première fois depuis mi-2014.
Le discours plus optimiste du président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi à l’issue de la réunion du Conseil des gouverneurs s’est traduite par une légère hausse de l’euro de 0,5% face au dollar à une parité qui est néanmoins repassée sous le seuil de 1,06. Dans le même temps, les rendements se sont tendus, mais avec une légère détente des spreads face au Bund allemand à 10 ans. La BCE a certes maintenu son arsenal monétaire faute d’effets de second tour visibles sur le niveau d’inflation, mais s’est montrée plus optimiste sur les perspectives d’inflation et de croissance au sein de la zone euro tant dans ses prévisions ajustées à la hausse, de 1,3% à 1,7% pour l’année 2017, que dans son communiqué et dans le discours de Mario Draghi. La possibilité de recourir à de nouvelles mesures exceptionnelles a même été effacée du communiqué, les risques de déflation ayant même «largement disparus», selon Mario Draghi. La prolongation des opérations TLTRO de prêts aux banques pour financer l’économie réelle qui prennent fin en mars n’a en outre même pas été évoquée par le Conseil des gouverneurs.
Le président de la BCE, qui a maintenu ses taux d'intérêt inchangés ce jeudi, estime que les hausses de prix en zone euro reflètent toujours la hausse des cours de l'énergie, mais il s'est toutefois voulu rassurant sur les perspectives économiques.
La Banque centrale européenne (BCE) est prête à apporter de nouvelles modifications à son dispositif de prêts de titres obligataires, montrent les minutes du Conseil des gouverneurs du 19 janvier publiées hier. La pire pénurie d’obligations d’Etat allemandes et françaises constatée jusqu'à présent et intervenue juste avant le Nouvel An a obligé des intervenants à payer des taux records pour emprunter ce type de papiers et les utiliser comme collatéral en garantie de positions de trading. «Dans ce contexte, le Conseil des gouverneurs devrait surveiller étroitement les développements de marché et l’utilisation des facilités d’emprunt (de titres), et se montrer prêt à faire de nouvelles adaptations si nécessaire», est-il écrit dans le document.
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé hier avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 10% sur l’année 2016, à un niveau de 1,19 milliard d’euros, soutenu par un bond des produits nets d’intérêts liés à ses portefeuilles d’obligations et ses réserves de devises. Le produit net d’intérêts du programme d’achats d’actifs de la BCE a ainsi flambé de 65% environ à 435 millions d’euros. Le Programme pour les marchés de titres (SMP), lancé en pleine crise de la dette et abandonné en 2012, a néanmoins constitué la principale source de bénéfices de la banque centrale avec 520 millions d’euros d’intérêts l’an dernier. Les responsables de la BCE ont décidé lors d’une réunion mercredi, de verser d’ici à demain l’ensemble des bénéfices de la BCE aux 19 banques centrales nationales de la zone euro.
Des déviations par rapport à la clé de répartition par pays sont «inévitables». La Bundesbank, elle, achète des lignes au rendement inférieur au taux de dépôt de -0,4%.