La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé ce matin avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 10% sur l’année 2016, à un niveau de 1,19 milliard d’euros, soutenu par un bond des produits nets d’intérêts liés à ses portefeuilles d’obligations et ses réserves de devises. Le produit net d’intérêts du programme d’achats d’actifs de la BCE a ainsi flambé de 65% environ à 435 millions d’euros. Le Programme pour les marchés de titres (SMP), lancé en pleine crise de la dette et abandonné en 2012, a néanmoins constitué la principale source de bénéfices de la banque centrale. La BCE continue de détenir des obligations acquises pendant ce programme, qui ont rapporté 520 millions d’euros d’intérêts l’an dernier.
La Banque centrale européenne a confirmé jeudi, dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion, que le montant mensuel de son programme d’achat d’actifs tomberait à 60 milliards d’euros à partir d’avril, contre 80 milliards jusqu’en mars. La BCE a par ailleurs laissé ses différents taux directeurs inchangés, dont son taux de dépôt à -0,40%. La conférence de Mario Draghi, son président, débutera à 14h30.
L’inflation en Europe devrait rester inférieure à l’objectif de la Banque centrale européenne en 2017, bien qu’une stabilisation ou une hausse du coût de l'énergie soit susceptible d’entraîner une hausse notable du taux d’inflation, a déclaré vendredi Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE. Il a ajouté que les gouvernements devraient profiter de la faiblesse des taux d’intérêt pour réduire leur déficit budgétaire et accélérer la réduction de la dette publique.
Les émissions nettes des quatre grands pays de la zone euro pourraient atteindre 21 milliards d’euros en 2017, loin des 37 milliards que pourrait racheter la BCE.
Après avoir décidé au début du mois de prolonger ses rachats d’actifs, la Banque centrale européenne (BCE) ne fera plus rien jusqu’en septembre, mois où se dérouleront les élections législatives en Allemagne, le pays le plus critique vis-à-vis de sa politique monétaire ultra-accommodante, rapportait hier Reuters de sources officielles. La BCE avait surpris les marchés financiers le 8 décembre en annonçant qu’elle réduirait ses achats d’obligations sur les marchés à partir d’avril, tout en se réservant le droit de les augmenter de nouveau en cas de besoin. Mais aucune possibilité n’est écartée a priori; ainsi, la BCE interviendrait si la croissance ralentissait nettement ou si le risque politique, lié aux diverses élections de 2017 en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et peut-être en Italie ou à un changement de cap économique aux Etats-Unis, déstabilisait les marchés, ont dit les sources. «Mais si tout va bien, nous ne discuterons pas sérieusement de la prochaine décision de politique monétaire avant septembre», a observé l’une d’elles. La BCE s’est abstenue de tout commentaire.
Après un bref rebond lié à l'autorisation du cash comme collatéral aux opérations de prêts de la BCE, le rendement du Schatz allemand est retombé à ses plus bas.
La Banque centrale européenne veut désormais pouvoir étendre son programme d'achats d'actifs aux obligations d'une maturité d'un an et à ceux dont le rendement est inférieur au taux de dépôt, a indiqué, jeudi, le président de l'institut d'émission, Mario Draghi.
A quel niveau la dette d’un pays devient-elle dangereuse? Cette question, d’actualité alors que la dette de la France avoisine 100% du Pib, sous-tend toute une note du Conseil d’analyse économique (CAE) intitulée «Taux d’intérêt très bas: symptôme et opportunité», parue début décembre 2016. Pour déjouer les dangers et saisir les opportunités attachés aux taux faibles, le CAE avance plusieurs recommandations.
«Il est essentiel que les ressources affectées à l’ACPR [Autorité de contrôle prudentiel et de résolution] ne soient pas plafonnées à des niveaux incompatibles avec la poursuite de ses actions. La proposition dans le projet de loi de finances pour 2017 d’un abaissement de 3 millions d’euros de ces ressources est inopportune», a regretté vendredi François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et président de l’ACPR, en introduction d’une conférence du régulateur français. «Prélever, pour la première fois, sur les cotisations de supervision des banques et assurances pour abonder le budget général serait d’autant moins justifié que les moyens de l’ACPR sont d’ores et déjà plus limités que ceux des superviseurs des autres grands pays européens comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni», a-t-il ajouté. Si une partie des missions de l’ACPR et de ses homologues de la zone euro a été transférée à la BCE en novembre 2014 dans le cadre du Mécanisme de surveillance unique (MSU), «il est plus que jamais indispensable que l’ACPR reste forte et efficace. [Les] missions que nous demandent légitimement le Parlement et nos concitoyens en dépendent», estime-t-il.
«Il est essentiel que les ressources affectées à l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) ne soient pas plafonnées à des niveaux incompatibles avec la poursuite de ses actions. La proposition dans le PLF (projet de loi de finances) pour 2017 d’un abaissement de 3 millions d’euros de ces ressources est inopportune», a regretté ce matin François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et président de l’ACPR, en introduction d’une conférence du régulateur français sur les banques et les assurances face à la révolution digitale. «Prélever, pour la première fois, sur les cotisations de supervision des banques et assurances pour abonder le budget général serait d’autant moins justifié que les moyens de l’ACPR sont d’ores et déjà plus limités que ceux des superviseurs des autres grands pays européens comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni», a-t-il ajouté.
Les systèmes bancaires nationaux de la zone euro sont en train de s'éloigner les uns des autres au lieu de se rapprocher, au risque d’accroître leur exposition en cas de chocs, a déclaré hier le chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE), Peter Praet. «J’ai le sentiment d’une certaine lassitude en matière d’intégration, avec pour résultat un manque de clarté sur ce que sera, au final, le régime de l’union bancaire», a-t-il déclaré. «Nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’il y ait un secteur bancaire intégré capable de partager les risques sans institutions communes capables elles aussi de partager les risques, notamment pour la garantie des dépôts et la résolution bancaire.»