Piketty-mania mise à part, il faut reconnaître que le formidable bouquin de Thomas Piketty (« Le capitalisme au 21ème siècle », Seuil, 2013) fourmille de petits faits sacrément stimulants pour la réflexion. Par exemple, savions-nous qu’un fonds d’investissement important est plus performant qu’un fonds de petite taille. Dit de façon plus polémique, est-ce qu’un petit investisseur peut espérer obtenir des rendements analogues à ceux d’un investisseur maniant des centaines ou des milliards d’euros ? La réponse est non, mais il n’est pas si simple de le montrer, en raison de l’opacité en matière de gestion, tant sur la structure du portefeuille que sur les coûts de gestion. Une façon de contourner la difficulté consiste à mobiliser des données du côté des dotations des universités américaines, sur lesquelles existent des chiffres très précis, qu’on peut faire remonter à 1980. Elles sont très détaillées. C’est ce que fait Piketty dans son livre à la page 714. Ceux de nos lecteurs qui, avec quelques excuses, ont lâché le livre avant cette page 714 trouveront ces chiffres intéressants. Ces dotations sont souvent très importantes. L’université Harvard pour citer la première d’entre elles dispose d’un fonds de 30 Md$, suivie de Yale, 20 Md$, Princeton et Stanford, 15 Md$. Les chiffres diminuent rapidement, puisque la dotation médiane est de 100 M$ pour les 850 universités des États-Unis. Ce qui est frappant, c’est le rendement moyen sur les 30 années entre 1980 et 2010 : 8,2% par an. Il s’agit d’un rendement net, c’est-à-dire dont on a ôté les frais de gestion (qui représentent un service dépensé à identifier l’investissement optimum) et net de l’inflation (2,4% sur la période). C’est tout simplement spectaculaire, même si ces dotations bénéficient d’un régime fiscal de faveur qui les exonère en pratique de tout impôt. Le second enseignement est que le rendement croît avec la taille : plus de 10% net pour les trois grosses ; un peu plus de 6% pour les plus petites, ce qui est déjà assez copieux. Deux explications derrière ces faits : Plus on est gros, plus on peut choisir des stratégies d’investissement sophistiquées, et retenir des actifs supposés plus risqués. Le fonds de Harvard est capable de ne pas investir ou très peu dans les emprunts de l'État américain et retient davantage de hedge funds et autres placements alternatifs. C’est de moins en moins vrai si on réduit la taille du fonds. À noter toutefois que la volatilité des rendements est à peu près la même selon la taille, ce qui tend à montrer que bien que plus risqué, le placement reste très maîtrisé. Plus on est gros, plus on amortit les coûts de recherche et de gestion. Le fonds Harvard dépense 100 M$ par an pour sa gestion, ce qui hors de portée de la plupart des autres fonds. Mais ceci ne représente que 0,3% des actifs sous gestion. Il est évident qu’une telle dépense lui permet d’avoir les meilleurs spécialistes en matière de choix d’investissement, notamment sur le non-coté étranger, et en matière fiscale. Généralisons, un peu à la suite de Piketty : l’investisseur particulier n’a aucune chance de pouvoir atteindre de tels rendements. Il n’a pas la surface financière suffisante pour prendre les risques qui conviennent, pour porter longtemps la position, pour s’ouvrir à des investissements alternatifs ou peu connus, etc. Il est condamné à des rendements beaucoup plus faibles. S’il utilise la gestion collective, il est également condamné à des coûts de gestion autrement plus élevés. Il y a principalement un effet taille : le coût de gestion de Harvard de 0,3% n’est pas grand-chose. Plus la taille du fonds baisse, plus le coût de gestion s’accroît en pourcentage de l’encours sous gestion. Il est compris entre 0,5% et 1% pour les petites universités. De tels coûts feraient rêver la veuve de Carpentras. Les coûts d’entrée dans une SICAV sont couramment de 2% (amortis sur la durée du placement) avec des commissions comprises entre 0,5% et 1% retenues par la banque gestionnaire. Ceci sans compter les commissions « invisibles », c’est-à-dire les coûts enregistrés sur les ventes et achats des actifs au sein de la SICAV, qui pénalisent le rendement, et dont ne se privent pas les gestionnaires, qui aiment faire tourner les portefeuilles, dans une sorte de bruit largement inefficace. De plus, la gestion collective pour le commun des particuliers, comme celle qu’offrent les grandes banques ou les assureurs au travers de l’assurance-vie, privilégie, sans doute à raison, les placements les plus sûrs et cherche avant tout à répliquer les indices boursiers. Le service d’analyse crédit et d’analyse stratégique est médiocre. On est donc davantage sur de l’emprunt d'État, de l’indice boursier du pays en question, quelques grands emprunts corporate, etc. De plus, si elles bénéficient également d'économies d'échelle, elles en gardent le gain pour elles. Ce « petit fait » a évidemment des conséquences lourdes sur le rythme auquel progressent les patrimoines financiers des particuliers selon leur niveau de richesse. Plus sur ce sujet dans un autre billet sur l’ouvrage de Piketty.
Dans le cadre de l'examen de la projet de loi validant les emprunts toxiques des collectivités locales, les sénateurs remettent en cause l'intérêt du TEG pour les crédits à taux variable ainsi que ceux souscrits par les professionnels.
La Cour de cassation retient la responsabilité de la banque et du cabinet de défiscalisation pour défaut respectivement de mise en garde dans l’octroi du prêt et d’information sur les risques de l’opération.
Gérard Mestrallet, Président de Paris EUROPLACE, rappelle que la compétitivité de l’industrie financière est une composante stratégique de la compétitivité économique de la France. Paris EUROPLACE confirme son engagement pour la mise en ??uvre rapide de ce Comité, avec les services du ministère des finances, en particulier la Direction Générale du Trésor, et confirme la nécessité de travailler notamment sur la déclinaison des orientations proposées pour le financement de la croissance et de l’emploi : Orientation de l'épargne vers le financement des entreprises, notamment PME et ETI. Rappelons que les besoins de financement des entreprises françaises sont estimés par le rapport FINECO de Paris EUROPLACE remis courant 2013 à 80Md€ par an pour les 5 prochaines années ; Développement de l'épargne longue, notamment l'épargne investie en actions (épargne-retraite, épargne-salariale) ; Attractivité de la France, notamment pour les sièges sociaux des groupes industriels et de services. Une réflexion approfondie est également nécessaire sur le rôle et le positionnement de la Place de Paris, à horizon 2020, dans la compétition européenne et internationale.
Selon nos informations, Nuno Teixeira quitte Schroders où il occupait le poste de country head pour la France. Après des études à Sciences Po (Paris) - complétées par un MBA à l’INSEAD - il a développé son expérience professionnelle dans le secteur financier, en s’orientant progressivement vers le secteur de la gestion d’actifs pour compte de tiers. ???Après un passage de 2 ans à Londres, il met ses compétences au service d’acteurs internationaux de la gestion d’actifs - Invesco puis Schroders - d’abord comme responsable d’un pôle de gestion, puis comme directeur du développement.?????? Il avait rejoint le bureau parisien de Schroders en 2003 pour accompagner le développement de ses actifs sous gestion et de son portefeuille de clients, d’abord comme directeur du pôle institutionnel, puis comme directeur du développement et enfin comme country head. Contacté à ce sujet, Schroders France n’a pas souhaité commenté cette information.
Paris EUROPLACE, organisation qui fédère l’ensemble des acteurs de la place financière de Paris -entreprises émettrices, investisseurs, banques et sociétés financières, professions juridiques et comptables - exprime sa vive préoccupation concernant l’annonce de ce jour par les Ministres des Finances des pays de la coopération renforcée de la mise en place d’une taxe sur les transactions financières, mauvaise nouvelle pour la zone euro dans cette période de reprise économique encore fragile et plus encore pour la compétitivité des entreprises des 11 pays qui subiront cette nouvelle taxe. Les nombreuses zones d’incertitude sur les modalités de mise en ??uvre, qui reflètent la difficulté à réunir un consensus des pays concernés, risquent d’entrainer un renforcement des incertitudes et de l’instabilité pour l’exercice des activités des entreprises industrielles et financières. Et tout projet qui élargirait le champ de la taxe aux dérivés, en particulier aux dérivés actions, serait en soi une menace grave pour les entreprises françaises et européennes concernées, dont le coût de financement serait renchéri et la couverture des risques fragilisée. L’enjeu que représente la reprise de la croissance en Europe, qui plus est dans un contexte de moindre financement par le crédit, nécessite que soit plus profondément mesuré l’impact d’une telle mesure, en dehors de toute précipitation. Et ce d’autant que cette taxe provoquera une distorsion de concurrence au sein même de l’Europe qui a pourtant vocation à créer les conditions d’un marché intégré, harmonisé, sûr et accessible - sans même parler des autres pays du G20 qui sont totalement hors champ -. Taxer ces contrats dérivés produira une relocalisation massive de ces instruments et des activités concernées dans les centres financiers en dehors de la zone des pays de coopération renforcée. Pour information : En France et en Italie qui ont déjà adopté la TTF sur les actions, les volumes échangés sur les marchés boursiers ont fortement chuté depuis la mise en place de cette taxe. Sur les actions françaises l’activité a chuté de 9,2% en brut, par rapport à la baisse globale des transactions, depuis la mise en place de la TTF début 2012. La baisse a été plus importante sur les petites et moyennes valeurs que sur les grandes. L’impact de la taxe italienne a été encore plus lourd : -34,2% sur les volumes traités en valeur relative ; La TTF a également été mise en application en Italie sur les dérivés. Même avec des seuils bas, la taxe italienne mise en ??uvre au 1er septembre dernier a entrainé une chute brutale des transactions de plus de 28 mds euros sur les dérivés OTC (ramenées de 35 à 7 mds), sans que l’augmentation sur les marchés organisés ne soit véritablement significative (+2mds), ce qui veut dire une délocalisation quasi-totale des transactions et un renchérissement du coût pour les entreprises.
Dans le monde des sociétés de gestion, la clientèle des institutionnels est prestigieuse. Elle apporte des encours importants et est, généralement, exigeante sur ses placements. Sans réelle surprise, Amundi, Natixis AM et BNP Paribas Investment Partners en sont les principaux acteurs en France. Même si les encours sur le monétaire ont reculé en un an chez BNP Paribas et Natixis, ils trustent le podium depuis plusieurs années, selon la neuvième édition du classement annuel, établi par bfinance, de la gestion institutionnelle déléguée en France. Cette dernière a progressé de 4 % l’an dernier à 656 milliards d’euros. La surprise vient plutôt du fait que, hors monétaire, les plus fortes diminutions d’encours institutionnels de long terme viennent de La Française AM (filiale du Crédit Mutuel Nord Europe), d’Aviva Investors et de Schroders. Sur les investissements en actions, BlackRock a vu ses encours institutionnels diminuer de 600 millions d’euros (mais il a collecté sur d’autres actifs) et La Française d’environ 200 millions. Plusieurs sociétés mettent en cause l’arrêt brutal des flux sur les actions émergentes suite au ralentissement de la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale américaine à partir de l'été dernier. Sur les encours obligataires, Rothschild & Cie Gestion est le principal perdant avec 1,6 milliard d’euros d’encours institutionnels français en moins, devant Oddo avec une baisse de 770 millions. Elément important, bfinance assure que ce classement exclut les encours captifs d’un groupe. Par exemple, Amundi, filiale du Crédit Agricole et de la Société Générale, est censée avoir enlevé de la communication de ses chiffres les autres filiales du groupe comme Predica (par définition grand investisseur institutionnel via les placements dans les contrats d’assurance-vie qu’il vend). Les encours de fonds de fonds, qui pourraient provoquer des comptes doubles sont également enlevés. Placements réorientés Quarante-huit sociétés de gestion ont participé à l’enquête pour 2013, un peu moins que l’an dernier (53), mais bfinance a pu tirer d’autres enseignements. Ainsi, les encours investis sur le monétaire, qui représentent 182 milliards d’euros, ont chuté de 12 % (à périmètre constant) en 2013. Un recul dû à la faiblesse des taux ainsi qu'à une « réorientation des placements court terme en direction des supports bancaires tels que les comptes à terme et les dépôts à terme ». Emmanuel Léchère, chez bfinance, note cependant que « quelques répondants signalent une reprise de la collecte sur le début de l’année 2014 ».
Laurent Denis, Juriste bancaire, Droit et Conformité des Intermédiaires – « Bancologue », souligne l'importance du mandat de recherche de capitaux, un document encore sous-estimé par les professionnels, compte tenu des nouvelles obligations du Code monétaire et financier.
Les informations à retenir : Au 31 décembre 2013, les encours d'épargne salariale se sont établis à 104,4 milliards d’euros. Les actifs sont en hausse de 10 % par rapport au 31 décembre 2012 en raison d’un effet de marché très favorable, compte tenu de la bonne tenue des marchés actions en 2013 (+18% pour le CAC 40). Pour lire la suite, consultez les pièces jointes
Dans cette nouvelle organisation, Crédit Agricole Immobilier dispose des compétences et expériences de ses métiers historiques : la promotion tertiaire et résidentiel, l’administration de biens, l’immobilier d’exploitation, le conseil et la valorisation. Crédit Agricole Immobilier intègre la tête des réseaux Square Habitat, les caisses régionales conservant la propriété pleine et entière des agences. Le renforcement de la filière immobilière du Crédit Agricole est la suite du projet de groupe 2010, qui avait identifié le logement comme l’un des domaines d’excellence du groupe. Il s’inscrit également dans le cadre du plan à moyen terme Crédit Agricole 2016, qui affirme la volonté de structurer l’immobilier pour contribuer au développement de demain ; d'être un acteur complet des métiers de l’immobilier (reconnu au niveau national, afin de répondre aux besoins du Groupe, de ses clients et de ses territoires) ; de proposer une offre qui accompagne les clients dans la constitution, la gestion, la valorisation et la monétisation de leur patrimoine immobilier ; d’amplifier et maximiser les synergies entre les métiers de l’immobilier, les réseaux bancaires et les autres entités du groupe. La filière immobilière viendra enrichir la palette d’offres de la banque universelle de proximité au service de ses clients. Elle accompagnera les banques de proximité du groupe, caisses régionales et LCL, sur toute la chaîne de valeur immobilière et notamment dans les grands projets de transformation des territoires aux côtés des collectivités locales.
Lancée début janvier, l'étude de faisabilité de la fusion entre la Banque Populaire de Lorraine Champagne et celle d’Alsace s’achèvera le mois prochain. « Nous n’avons détecté, à ce jour, aucune embûche », se réjouit Me Thierry Cahn, le président de la banque alsacienne. Pressenti pour prendre la tête du nouvel ensemble, avec pour directeur général Dominique Wein, actuellement dans les mêmes fonctions à Metz, Thierry Cahn a déjà dévoilé le calendrier de l’opération. Après consultation des partenaires sociaux, les deux conseils d’administration des établissements bancaires se réuniront séparément le 29 juillet pour examiner et valider le traité de fusion, après quoi les assemblées générales des deux banques seront convoquées pour entériner définitivement le mariage : en Alsace le 18 novembre prochain et en Lorraine le 27 novembre. Si l’intégration des systèmes informatiques et la réorganisation opérationnelle attendra la fin du printemps 2015, la fusion sera juridiquement rétroactive au 1er janvier 2014. Avec 860.000 clients, 270 agences réparties sur neuf départements, 2.900 salariés et un total de bilan de 21 milliards d’euros, le nouvel ensemble constituera la deuxième Banque Populaire de métropole, après la BRED. Pas de réduction d’effectifs « Ce regroupement n’entraînera aucune mesure de réduction d’effectifs et les quatre pôles que sont Metz, Troyes, Strasbourg et Sausheim seront maintenus », assure Thierry Cahn. D’ailleurs, le siège de la banque unifiée, à Metz, fait actuellement l’objet d’importants travaux qui s’achèveront d’ici à deux ans. Ancré en face de la gare, au coeur du quartier Impérial, candidat à l’Unesco, le nouveau siège pourra accueillir sur 20.000 m², aux normes haute qualité environnementale, quelque 600 collaborateurs. Il abritera également un amphithéâtre de 200 places, qui sera ouvert à des manifestations extérieures. A Strasbourg, les 10.000 m² de l’actuel siège situé en centre-ville, à la Place des Halles, seront vendus et les équipes des services centraux jusqu'à présent éclatées sur trois sites rejoindront à l'été 2015 un nouveau complexe de huit étages, actuellement en construction à l’entrée de Strasbourg, près de la gare TGV. Cet investissement de 19,5 millions d’euros était en projet depuis plusieurs mois et n’a donc pas été remis en cause par le projet de fusion.
L’Association Française de la Gestion financière (AFG), en collaboration avec le cabinet de conseil en management Kurt Salmon, et l’ASPIM, Association Française des sociétés de placement immobilier, a lancé, début janvier 2014, un baromètre pour évaluer et suivre l'état de préparation des sociétés de gestion françaises face à la mise en ??uvre de la directive AIFM. Sa première édition, rendue publique le 8 avril, montre que les sociétés de gestion françaises sont bien avancées et entendent bénéficier des possibilités de développement et de commercialisation ouvertes par ce texte. La directive AIFM, qui est entrée en vigueur le 22 juillet 2013, vise à encadrer les gestionnaires de Fonds d’Investissement Alternatifs (FIA), surveiller et limiter les risques systémiques, et accroître la protection des investisseurs. Elle soumet notamment les gestionnaires à une obligation d’agrément (les sociétés de gestion disposent d’un délai d’un an jusqu’au 22 juillet 2014 pour demander un agrément au titre de la directive), à des contraintes régulant leurs modèles organisationnels et opérationnels, à des règles harmonisées de gestion des FIA, à des obligations de reporting aux investisseurs et régulateurs, impliquant des adaptations significatives de leur organisation. La directive offre le bénéfice de « passeports » aux sociétés de gestion agréées pour offrir leurs services dans l’intégralité de l’Espace Economique Européen. Pour refléter la réalité du marché, cette 1ère édition du baromètre AIFMD a été proposée à un panel très large de gestionnaires de FIA, adhérents de l’AFG et de l’ASPIM : gestionnaires de private equity, d’OPC non coordonnés, de hedge funds, de fonds immobiliers..., concernés par cette problématique et a fait l’objet d’une présentation le 8 avril 2014. Les principaux enseignements du baromètre sont les suivants : Attractivité du label « AIFM » : 62% des acteurs interrogés qui sont en dessous des seuils d’obligation d’enregistrement imposés par la directive et qui donc ne sont pas assujettis de fait, ont décidé volontairement d’opter pour l’agrément AIFM et 43% d’entre eux ont déjà déposé leur dossier. En effet, l’obtention du passeport européen permet aujourd’hui à un gestionnaire de gérer ses FIA au sein de l’UE, et de pouvoir les commercialiser dans tous les Etats membres. De plus, la règlementation AIFMD assure un cadre européen réglementé pour les fonds alternatifs, argument fort vis-à-vis des investisseurs souhaitant être rassurés sur leurs choix dans le monde alternatif : AIFMD apparaît alors comme une réelle opportunité pour les gestionnaires français de FIA, dans un environnement international très concurrentiel. Grâce au cadre réglementaire mis en place avant AIFMD en France, les sociétés de gestion françaises sont en avance par rapport aux sociétés de gestion des autres pays d’Europe concernant la mise en ??uvre pratique des dispositions de la directive. 70% des sociétés de gestion françaises qualifient d’importants les impacts d’AIFMD sur leur organisation. Les politiques de rémunération ont été adaptées ou sont en cours de modification pour intégrer les obligations issues de la directive, en mettant en ??uvre, le cas échéant, le principe de proportionnalité. La délégation de certaines fonctions peut être une solution pour répondre à la directive : en effet, les gestionnaires doivent s’assurer que leur organisation garantisse l’indépendance des fonctions de gestion des risques et d'évaluation des actifs afin de limiter les risques de conflits d’intérêts. Il est à souligner que l’industrie française de la gestion, reconnue en Europe pour son expertise forte en termes de gestion des risques, souhaite naturellement très majoritairement conserver cette fonction en interne. En effet, 76% des sociétés de gestion ont choisi de maintenir la gestion des risques en interne (et seulement 6% déclarent vouloir externaliser la gestion de la liquidité), soulignant ainsi la forte expertise existant en France dans le domaine. 56% des répondants confirment avoir fait des adaptations marginales du reporting aux investisseurs : ceci démontre le haut niveau de transparence d’ores et déjà garanti et communiqué aux investisseurs. Le principal impact opérationnel d’AIFMD semble être la production des états à destination des autorités de tutelle. Ces reportings nécessitent une adaptation des systèmes d’informations pour être en mesure de retranscrire certaines données spécifiques. La principale difficulté remontée (pour 63% des sondés) est l’utilisation de données non standardisées, et provenant de multiples sources. Face aux difficultés liées à la production des reportings, les acteurs sont assez partagés concernant la solution à adopter. Moins de 20% ont déjà tranché pour une externalisation à un asset servicer et 34% sont encore en cours de réflexion. Compte tenu des délais assez courts imposés (la production du premier reporting est prévue pour octobre 2014), on peut penser que certains pourront faire un choix transitoire (externalisation pour limiter les risques « projet ») ou se tourner vers une externalisation totale chez un prestataire spécialisé. Concernant le projet en lui-même, 72% des sociétés de gestion estiment avoir réalisé la plus grosse partie des travaux, et être ainsi en ligne (pour 69% d’entre elles), ou bien en avance par rapport au planning initial.
Dans le cadre de son plan de développement stratégique à moyen terme, le Groupe Soufflet poursuit sa stratégie de diversification de ses sources de financement, en émettant un Euro PP sous un format de prêt. Le Groupe Soufflet a confié cette opération de placement privé à Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels et son partenaire Kepler Capital Markets qui ont agi en tant qu’arrangeurs afin de lever soixante millions d’euros sur des durées s'échelonnant de 4 à 7 ans. Plusieurs établissements financiers français et étrangers ont souscrit à cette opération dont la documentation juridique a été réalisée par le cabinet Nabarro & Hinge en tant que conseil des prêteurs. Le Groupe Soufflet a, quant à lui, été conseillé par le Cabinet Orrick. Laurent Bernasse, Directeur Financier du Groupe Soufflet, explique : « Ce nouveau type de financement s’inscrit dans le cadre de la stratégie de diversification mise en place par notre direction générale en 2011. Il permet au Groupe de mieux se faire connaître auprès de banquiers et d’investisseurs, avec lesquels il souhaite tisser des relations de confiance durables. » Hugues Bernard, Directeur Grands Comptes et Solutions Financières d’Arkéa Banque E&I, confirme : « Au-delà du renforcement des liens avec notre client, Soufflet, et de notre accompagnement dans sa croissance, cette opération s’inscrit dans le développement du marché des financements désintermédiés qui soutiennent l'économie réelle. Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels, en proposant ces financements innovants, affiche clairement sa volonté de jouer un rôle actif auprès de ses clients ETI et « entrepreneuriaux. » La banque compte s’appuyer sur cet exemple pour accélérer le mouvement. «Nous avons plusieurs dossiers très avancés, à la fois sur les placements privés EuroPP et sur les fonds Novo», indique Hugues Bernard. Le Groupe Soufflet est l’un des meilleurs étendards du marché français de la dette par placement privé. Avant les 60 millions d’euros levés mi-mars, le groupe familial agro-industriel, connu pour ses activités de meunerie avec la marque Baguépi, avait déjà levé 100 millions d’euros fin 2012 via un EuroPP à 6 ans, avec un coupon de 4,25%, puis ajouté 20 millions d’euros quelques mois plus tard, au même taux mais avec une maturité légèrement supérieure. Ces deux opérations avaient été réalisées par la Société Générale. Au total, le Groupe Soufflet a ainsi «désintermédié» 180 millions d’euros de dette, à la fois pour financer ses projets de développement et refinancer une partie de sa dette bancaire classique. Le programme pourrait encore être étendu.
Jean-Pierre Gulessian est nommé directeur des marchés financiers du Crédit Mutuel Arkéa. Fort d’une longue expérience des marchés financiers, notamment des produits de la dette et de taux, il était, depuis 2012, Responsable de la Trésorerie et du Refinancement du groupe. Jean-Pierre Gulessian a débuté sa carrière en tant qu’ingénieur conseil en système d’information avant de devenir Responsable de la Trésorerie de la Banque Fédérative du Crédit Mutuel (BFCM) de 1988 à 1992. Il entre ensuite au Crédit National au poste de Trésorier Adjoint. Après le rachat par le Crédit National de la Banque Française du Commerce Extérieur (BFCE), il intègre Natixis Banque au sein du département Développement des produits dérivés de taux où il restera de 1996 à 2000. Après le rapprochement de Natexis Banque et du Groupe Banques Populaires, il devient Responsable de la Trésorerie et du Refinancement long terme du Groupe Natexis Banques Populaires (NBP). En 2006, il est nommé Trésorier long terme et Responsable de la Gestion globale du risque de taux du Groupe Natixis puis Directeur général de Natixis Funding.
En effet, selon le magazine Option Finance (n°1263), le groupe BPCE a confirmé la place centrale qu’il souhaiterait attribuer à la gestion d’actifs en octroyant une enveloppe de 1,5 milliard d’euros à la NGAM pour faire des acquisitions. Pierre Servant, responsable du pôle Epargne de Natixis et directeur général de NGAM a tenu à préciser: « Nous aimerions nous renforcer sur certaines classes d’actifs comme la gestion alternative ou les fonds multi-classes d’actifs car la demande est forte sur ces expertises actuellement. Mais nous pourrons aussi nous développer par le biais d’une croissance externe en visant des partenaires distributeurs. »
Alexandre Cavé, membre de l'équipe de recherche Européenne de Citywire, a interrogé des investisseurs basés à Genève sur les tendances en sélection de fonds pour l’année à venir. Les fonds à performances absolues semblent plébiscités sur la place genevoise pour 2014. Le responsable de la sélection de fonds d’une banque internationale a indiqué à Citywire que: « Les cinq dernières années ont été difficiles pour les stratégies absolute return, mais les résultats ont été positifs en 2013 et nous sommes confiants pour 2014». Les sélectionneurs de fonds ont expliqué préférer les gérants de fonds faisant preuve de flexibilité dans leur stratégie à cause d’incertitudes persistantes au niveau macroéconomique. « De plus en plus de clients en Suisse privilégient la gestion en rendements absolus dans une optique de protection de leur capital, les clients en Suisse préfèrent traditionnellement les prises de risques faibles et cela s’accentue en ce moment» a indiqué un responsable des investissements dont les encours s'élèvent à plus de CHF 10 milliards. Le fonds obligataire M&G Optimal Income, géré par Richard Woolnough, est particulièrement populaire auprès des sélectionneurs de fonds basés en Suisse grâce à une performance de 7.8% en 2013 et une allocation d’actifs diversifiée comprenant des actions. Les autres fonds plébiscités incluent Alken Absolute Return Europe, Standard Life Global Absolute Return Strategies Fund (GARS), Abaco Financials Fund et International Value Advisers Worldwide Fund. Malgré cet enthousiasme, les sélectionneurs de fonds interrogés ont soulignés le manque de définition précise du terme « absolute return » et son utilisation à des fins marketings. Le fonds PIMCO StocksPLUS Absolute Return Fund a été cité par un gérant de fortune basé à Genève comme un exemple de fonds absolute return qui en pratique performe similairement au benchmark, le S&P 500. Une minorité de sélectionneurs de fonds reste sceptique quant à l’utilité de la gestion en rendements absolus elle-même, soulignant que beaucoup de « all weather funds » n’ont pas tenus leurs promesses en 2008 et tendent généralement a sous performer dans les bullish markets.
L’Association Française de la Gestion financière (AFG), vient de publier une petite note éclairante sur l’impact de la gestion d’actifs dans le financement de l'économie. Avec plus de 3000 milliards d’actifs gérés en 2013, l’industrie française de la gestion d’actifs place près de 1500 milliards en fonds de droit français alimente différents acteurs de l'économie en capitaux à court, moyen et long terme. Cette participation peut s’illustrer par de l’apport en capitaux aux sociétés cotées, le financement des PME non cotées, le financement de l’immobilier d’entreprise via les OPCI, la contribution à la liquidité des banques ou en répondant au besoin de financement à moyen-long terme de l’Etat Français. Consulter la note de l’AFG
La dernière augmentation de capital du groupe Crédit Mutuel remontait à 1998, lorsque la banque mutualiste avait dû financer le rachat du CIC. Une quinzaine d’années plus tard, la Banque Fédérative du Crédit Mutuel (BFCM), la société anonyme qui fait office de holding du groupe CM11-CIC, fait appel aux caisses locales - les agences -, aux caisses régionales et aux organismes fédéraux pour procéder à une augmentation de capital de 3,9 milliards d’euros. Selon un document interne dont « Les Echos » ont eu connaissance, cette opération doit se dérouler en deux temps. Une première tranche sera souscrite au printemps 2014 pour un montant de 2,6 milliards d’euros, suivie d’une deuxième tranche de 1,3 milliard d’euros au printemps 2015. Le Mouvement Desjardins associé Il s’agit à travers cette opération de réduire l’endettement qui pèse sur la situation financière de la BFCM, après une série d’acquisitions ou de prises de participation menées ces dernières années : Citibank Deutschland (rebaptisée Targobank), Targobank Espagne et Banco Popular en Espagne ou encore Cofidis. Plus récemment, le Crédit Mutuel a décidé d’investir 200 millions de dollars dans le cadre d’une transaction où son partenaire canadien, le Mouvement Desjardins, va racheter les activités de l’assureur américain State Farm au Canada. La BFCM, détenue à 93 % par la Caisse fédérale de Crédit Mutuel, est la structure chargée des opérations financières et du refinancement pour le groupe. Pour continuer de jouer le rôle d’outil financier du développement du groupe, elle veut donc conforter ses ressources. La dette de la BFCM s'élève en effet à plus de 5,2 milliards d’euros, pour un niveau de capitaux propres de 4,4 milliards d’euros. Pour ce faire, la BFCM se tourne aujourd’hui vers ses actionnaires (la Caisse fédérale de Crédit Mutuel est détenue à 82 % par les caisses locales, les caisses régionales et la fédération du Crédit Mutuel Centre Est Europe). Pour participer à cette opération, les agences et caisses vont devoir mobiliser, selon leurs moyens, leurs fonds propres disponibles. Le Crédit Mutuel n’a pas commenté ces informations, mais lors de la présentation des résultats du groupe, mercredi dernier, son président, Michel Lucas, l’a souligné : « [Il faut] du cash pour investir, puisque, en tant que groupe mutualiste, nous n’avons pas fait le choix d’introduire en Bourse 30 % du CIC. » Il a ajouté que le groupe coopératif canadien Desjardins allait opérer « dans les deux ou trois mois une prise de participation dans la BFCM ». Lire la suite : cliquez ici
Dopés par les espoirs de reprise, les titres bancaires européens ont surperformé les indices actions depuis le début de l’année Les récentes craintes ravivées par le conflit ukrainien ne remettent pas en cause le potentiel du secteur à moyen terme