Le « shadow banking » ou système bancaire parallèle – qui couvre des activités liées à l’intermédiation non bancaire du crédit - peut soutenir la croissance. Tel est le résultat de l'étude mondiale (*) réalisée par le CFA Institute, l’association internationale des professionnels de l’investissement, qui fournit des recommandations en faveur de la simplification et d’une plus grande transparence de ce type de financement, dont la gestion du collatéral et la réforme du marché de la titrisation. Après avoir été considéré comme un risque systémique potentiel par le secteur de la finance et de l’investissement au lendemain de la crise financière, le «shadow banking», dans le contexte actuel de restriction des prêts bancaires, est désormais vu comme une solution possible permettant de favoriser l’acheminement de capitaux vers les entreprises productives et de raviver ainsi l’économie réelle, indique l’enquête. Dans ce cadre, plusieurs recommandations figurent, jugées pertinentes pour l’Europe et l’Union des Marchés de Capitaux (Capital Market Union) dans la mesure où elles répondent à l’agenda politique, dont l’une des priorités est de favoriser la relance de l’économie grâce au financement de marché dans un contexte de restriction des prêts bancaires.En particulier en matière de titrisation, où, selon l'étude, «des projets de réglementation devraient se focaliser sur l’uniformisation et la simplification des structures émettrices ainsi que sur l’amélioration de la transparence via la communication initiale et continue d’informations aux investisseurs». «Cette uniformisation des cadres juridiques des différents marchés faciliterait et garantirait également le respect des droits de propriété et la protection des créanciers», est-il précisé. En matière d’opérations de financement sur titres et collatéral, l’enquête recommande également de mettre en place un cadre solide régulant la réutilisation du collatéral afin de limiter l’effet de levier excessif et éviter la survenue de risques affectant la stabilité financière. «Cette recommandation porte essentiellement sur davantage de transparence pour les opérations de financement sur titres et sur la communication des données aux référentiels centraux et investisseurs», note-t-elle encore. Cette étude a été documentée par les résultats de l’enquête réalisée auprès de 600 de ses membres, indique le CFA Institute, dont il ressort que «le risque de défaillance des produits chinois de fiducie et de gestion d’actifs constitue le principal risque systémique d’après 25 % des membres, suivi de près par le risque lié à l’utilisation inadéquate du collatéral, cité par 23 % des membres». Par ailleurs, «l’amélioration de la transparence et la divulgation d’informations sur les activités du secteur bancaire parallèle devraient être placées au rang des priorités des autorités réglementaires, selon les participants des zones APAC et EMEA». En outre, «55% des participants à l’enquête à l’échelle mondiale ont appelé à plus d’uniformisation et de simplification des structures émettrices intervenant sur les marchés de titrisation». Enfin, 47% des participants à l’échelle mondiale s’accordent pour considérer que les risques liés aux opérations de financement sur titres seraient contenus plus efficacement si l’on pouvait compter sur plus de transparence, par le biais d’un meilleur reporting auprès des référentiels centraux et des investisseurs. (*) « Shadow Banking : cadres réglementaires et perspectives pour les investisseurs en matière de financement de marché ». Menée en avril 2014, l’étude « Shadow Banking » analyse le périmètre de ce secteur et la manière dont ces déterminants varient en fonction des pays. L’étude porte sur les États-Unis d’Amérique, l’Union Européenne et la zone Asie-Pacifique (principalement la Chine). Pour accéder à l'étude complète : http://www.cfapubs.org/doi/pdf/10.2469/ccb.v2015.n2.1