« Où sont les femmes ?! » Loin de vouloir ressusciter un vieux tube des années 70 haut dans les aigus, cette question a surtout hanté le monde de la gestion d’actifs en début de semaine… Dans son dernier rapport annuel sur la responsabilité sociale dans l’entreprise, Columbia Threadneedle Investments a été très clair : les femmes font de très bonnes professionnelles de l’investissement mais la réputation difficile des métiers du secteur des services financiers comme l’asset management les dissuade d’y faire carrière. Pis, l'étude a noté que les femmes ont tendance à ne pas se présenter à un poste parce qu’elles ne remplissent pas l’ensemble des critères demandés par la fonction. Contrairement aux hommes. Dans un genre assez proche, Pascale Auclair, directeur général de La Française AM, qui a reçu la semaine précédente le prix de la Femme Manager 2015, ne pense pas différemment. Invitée à s’exprimer en marge de la remise des Trophées de L’Agefi dont un article rappelait les bénéficiaires en début de semaine, elle a pointé le fait que les jeunes filles s’autocensuraient trop sur leur potentiel, et notamment en gestion d’actifs, en dépit de leurs qualités managériales, humaines et relationnelles évidentes…D’autres annonces ont également apporté « un peu de douceur dans un monde de brutes », selon la formule consacrée. Et aussi de l’air frais. Ainsi, selon le cabinet d’audit et de conseil PwC, l’intensité carbone a chuté en 2014 dans les économies du G20. A sa façon, BNP Paribas Wealth Management a également apporté sa pierre à l’édifice en annonçant que ses encours investis en ISR et Impact Investing avaient enregistré une croissance de 50% par an depuis 2010. Avec la COP 21 dans le scope si l’on peut dire, à moins de deux mois de la grande réunion qui se tiendra à Paris, chacun se félicite de l’avancée de l’ISR. Certains ont même décidé d’y jouer un rôle de poids lourd. C’est le cas de deux agences de notation Vigeo et Eiris. L’une est française, l’autre est britannique, mais leur cause est commune. Et leur mariage scellé. Mais le monde de la gestion d’actifs est loin de celui des « Bisounours ». Parfois, il lui faut aussi combattre. Cette semaine a été l’occasion de plusieurs sorties de publications avec la réglementation pour cible. Dans l’une d’entre elles, le cabinet de recherche indépendant New City Initiative (NCI) a estimé que sept ans après la crise financière, « les régulateurs européens n’ont pas réussi à identifier les différences clés entre sociétés de gestion et banques, ce qui les incite à poursuivre des réformes dommageables pour les sociétés de plus petite taille ». Par ailleurs, selon un article de nos confrères du Financial Times, les régulateurs trainent aussi des pieds sur la question des fonds qui se prétendent actifs, mais se contentent de suivre un indice. « Ni l’Autorité européenne des marchés financiers, ni la Financial Conduct Authority n’ont pris, en tout cas, les mesures nécessaires », est-il précisé. Aux Etats-Unis en revanche, les autorités s’affichent en forme. Ce qui, de ce côté-ci de l’Atlantique, n’est pas forcément une bonne nouvelle. Dans leur mire cette semaine, le groupe Crédit Agricole. Ce dernier devrait clore le litige lié aux embargos américains en acquittant une amende de 700 millions d’euros. Un moindre mal cependant si l’on se souvient que BNP Paribas a écopé d’une amende de 9 milliards de dollars. En outre, le Crédit Agricole n’aurait pas à plaider coupable.Et puis, il y a bien sûr la concurrence et les marchés pour rappeler que la période est difficile. En tout cas pour les fonds de droit français qui, on l’a appris, ont été victimes en septembre à la fois d’un effet collecte et marché négatifs. Leur encours est désormais passé sous la barre des 800 milliards d’euros. Le poids lourd de la gestion d’actifs BlackRock a également annoncé un bénéfice net au troisième trimestre en recul de 8% à 843 millions de dollars. Mais avec tout de même une collecte nette de 44 milliards d’euros dont des entrées nettes de long terme à 31 milliards d’euros contre 25,5 milliards d’euros un an plus tôt…. Que les réglementations, l’environnement économique et les guerres commerciales soient rudes, c’est un fait. Mais l’on ne pensait tout de même pas feuilleter les journaux à la rubrique « faits divers » pour y trouver de l’asset management. En Chine, le pas a été franchi. Un directeur de société de gestion a été poignardé par un investisseur qui avait, pour justifier son geste, perdu sa mise de 50 000 euros. Le financier est dans le coma. Souhaitons naturellement que plaie d’argent ne soit toujours pas mortelle… et préparons-nous à finir en douceur cette semaine automnale, en réécoutant ce tube des années 80 au titre bien pensé, y compris dans la gestion d’actifs : « Femmes, je vous aime »…