Les fonds immobiliers européens peuvent encore offrir des perspectives intéressantes pour les gestionnaires d’actifs même s’il est peu probable que se reproduise l’envolée des prix de l’immobilier résidentiel londonien en Europe continentale ou qu’elle soit répliquée dans le secteur non résidentiel, selon le dernier bulletin mensuel de Cerulli Associates dédiée à l’Europe («The Cerulli Edge - European Monthly Product Trends Edition»). Bien que les fonds immobiliers résidentiels ne constituent encore qu’une petite partie de l’univers d’investissement au Royaume-Uni et quelques autres pays européens, Cerulli Associates estime que la situation pourrait évoluer. L’Allemagne, qui ne compte encore que très peu de propriétaires de leur maison, est le plus gros marché immobilier en Europe, relève Cerulli. Le prix moyen d’une résidence à Londres culmine à 500.000 livres, soit un doublement au cours des dix dernières années. Cette tendance devrait se poursuivre et l’immobilier résidentiel devrait occuper une place plus importante au sein des fonds. Alors que les fonds restent principalement investis dans l’immobilier commercial, la corrélation entre les secteurs commercial et résidentiel est en train de s’accroître, remarque Barbara Wall, directeur de rechercher Europe chez Cerulli. Le gouvernement britannique a d’ailleurs assoupli la réglementation sur la conversion de l’immobilier commercial pour une utilisation résidentielle pour tenter de répondre à la pénurie chronique de logements. Cela dit, Cerulli observe que les secteurs de l’immobilier commercial et résidentiel continuent d’enregistrer de très bonnes performances. L’indice Investment Property Databank Pan-Europe Property Funds affiche une progression de 17,4% depuis le début de l’année. Certains fonds, comme Aberdeen Property Trust, ont bien tire leur épingle du jeu, avec des progressions à deux chiffres en 2013 et en 2014 et une hausse de 7,3% depuis le début de l’année. En Europe, les fonds immobiliers représentent un encours sous gestion de 145 milliards d’euros, soit moins de 6% des fonds dédiés aux actions. Toutefois, estime Cerulli, pour se faire une idée plus précise de la composante immobilière de plus en plus importante des fonds diversifiés, il faut tenir compte des investissements dans le private equity et des fonds fermés. Au Royaume-Uni par exemple, la valeur des sociétés impliquées dans l’immobilier cotées à la Bourse de Londres s'élève à environ 89 milliards de livres, soit plus de deux fois la valeur des fonds immobiliers ouverts. En temps de crise, les fonds fermés sont perçus comme moins risqués et plus faciles à vendre. En Allemagne, où les fonds immobiliers ouverts ont traversé une crise sans précédent dans les années 2008, le secteur des fonds immobiliers fermés est d’ailleurs plus important que celui des fonds ouverts. Quoi qu’il en soit, les fonds résidentiels ont le vent en poupe, car ils proposent des revenus réguliers, un modèle d’affaires compréhensible de tous et la certitude que les actifs sous-jacents ne vont pas passer de mode, conclut Cerulli.